Vladimir Boukovski

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Vladimir Boukovski

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Vladimir Boukovski en 2007.

Nom de naissance russe : Владимир Константинович Буковский
Naissance 30 décembre 1942 (71 ans)
Nationalité russe
Profession
écrivain, dissident

Vladimir Konstantinovitch Boukovski ou Boukovsky (en russe : Владимир Константинович Буковский), né le 30 décembre 1942, est un ancien dissident soviétique qui a passé 12 ans de sa vie emprisonné (camp Perm-36, prison, hôpital psychiatrique). Il est le premier à dénoncer l'utilisation de l'emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union soviétique. En 1976, il est échangé contre le dirigeant communiste chilien Luis Corvalán.

Il s'est installé au Royaume-Uni pour terminer sa carrière à l'université de Cambridge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Vladimir Boukovski est né en 1942 à Belebeï, ville de la République socialiste soviétique autonome bachkire (actuellement Bachkortostan), où sa famille est évacuée (alors qu'elle vivait à Moscou) durant la Seconde Guerre mondiale. En 1959, il est expulsé de l'école de Moscou pour avoir créé et édité un magazine non autorisé.

Activisme et arrestations[modifier | modifier le code]

De juin 1963 à février 1964, Boukovski est envoyé dans un hôpital psychiatrique pour avoir organisé des rencontres de poésie dans le centre de Moscou (près de la statue de Vladimir Maïakovski) (conformément à l'article 70-1 du code pénal). En janvier 1967, il est de nouveau arrêté et emprisonné pour avoir organisé une manifestation pour la défense d'Alexandre Ginzbourg, Iouri Galanskov et d'autres dissidents (article 190-1, 3 ans d'emprisonnement). Il est relâché en 1970.

En 1971, il réussit à faire parvenir à l'Ouest 150 pages sur les mauvais traitements dans les hôpitaux psychiatriques en URSS. Ces informations déchaînent les défenseurs des droits de l'homme dans le monde et à l'intérieur du pays, ce qui est alors un prétexte pour une nouvelle arrestation en janvier 1972. Officiellement, le motif est « contacts avec des journalistes étrangers », « possession et distribution de samizdats » (article 70-1, 7 ans d'emprisonnement plus 5 ans d'exil).

Avec son compagnon de cellule de la prison de Vladimir, le psychiatre Semvon Glouzman, il coécrit un Manuel de psychiatrie pour les dissidents, afin d'aider les autres dissidents à lutter contre les mauvais traitements infligés par les autorités soviétiques dans les hôpitaux psychiatriques.

Déportation[modifier | modifier le code]

Le destin de Boukovski et des autres prisonniers politiques en Union soviétique, fréquemment porté à l'attention des associations de défense des droits de l'Homme et des diplomates occidentaux, est une cause d'embarras et d'irritation pour les autorités soviétiques[1]. En décembre 1976, alors qu'il est emprisonné, Boukovski est échangé contre l'ancien chef communiste chilien, Luis Corvalán.

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Depuis 1976 Boukovski vit à Cambridge, en Angleterre, où il se concentre sur l'écriture et la neurophysiologie. Il a obtenu un mastère en biologie et a écrit plusieurs livres et essais politiques. En plus de critiquer le régime soviétique, il s'est attaqué à ce qu'il a appelé la « crédulité occidentale », un manque de position ferme du libéralisme contre les abus communistes. En 1983, avec Vladimir Maximov et Édouard Kouznetsov, il fonde l'organisation internationale anti-totalitaire Resistance International L’Internationale de la Résistance, dont il devient le président[réf. souhaitée].

Jugement à Moscou[modifier | modifier le code]

En avril 1991, Vladimir Boukovski fait un voyage à Moscou, pour la première fois depuis sa déportation. Lors de l'élection présidentielle de 1991, Boris Eltsine considère Boukovski comme un potentiel vice-président (parmi notamment Galina Starovoitova et Gennady Bourboulis)[réf. nécessaire]. Finalement, la vice-présidence est offerte à Alexandre Routskoï. En 1992, après la dislocation de l'Union soviétique, le gouvernement de Boris Eltsine invite Boukovski à servir d'expert à la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie lors d'un procès devant déterminer si le Parti communiste de l'Union soviétique était une organisation criminelle. Pour préparer son témoignage, Boukovski eut accès à un très grand nombre de documents issus des archives soviétiques. Il numérisa certains documents classés confidentiels et les rassembla dans un livre publié deux ans plus tard sous le titre de Jugement à Moscou.

Après 1992[modifier | modifier le code]

Vladimir Boukovski en 2007.

En 1992 des députés du Conseil de la ville de Moscou proposent à Boukovski de se présenter aux élections municipales, à la suite de la démission de l'ancien maire Gavriil Popov. Mais Boukovski refuse cette offre. Début 1996, c'est un groupe d'académiciens, de journalistes et d'intellectuels qui lui suggère de se présenter à l'élection présidentielle, en tant qu'alternative au président sortant, Boris Eltsine, et à son adversaire communiste, Guennadi Ziouganov. Cette proposition n'a pas eu de suite.

En janvier 2004, il s'associe avec Garry Kasparov, Boris Nemtsov, Vladimir Kara-Mourza et d'autres personnalités politiques d'opposition pour fonder le Comité 2008, une organisation démocrate russe dont le but est de garantir une élection présidentielle « libre et juste » en 2008. En 2005, à la suite des diverses révélations concernant Guantanamo, Abou Ghraib et les prisons secrètes de la CIA, Boukovsky critique la rationalisation de la torture.

La même année, il évoque un point commun entre l'Union européenne et l'URSS : le totalitarisme[2]. Il développe sa thèse dans un essai au titre évocateur[3]: L'Union européenne, une nouvelle URSS ? L'ouvrage a été écrit en collaboration avec Pavel Stroilov et traduit de l'anglais et du russe par Pierre Lorrain.

Candidature à l'élection présidentielle russe de mars 2008[modifier | modifier le code]

Le 28 mai 2007, de nombreuses personnalités, réunies dans un « Groupe d'initiatives », ont proposé à Boukovski de se présenter à l'élection présidentielle de 2008, offre qu'il a acceptée. Sa candidature reste toutefois incertaine du fait de sa longue absence de Russie[4] et de sa double nationalité russo-britannique (disposition rajoutée à la loi fédérale en 2006, dont la validité est actuellement discutée à la Cour constitutionnelle).

Boukovski a déposé début juillet 2007 les documents nécessaires au renouvellement de son passeport russe, lui permettant ainsi de revenir en Russie. Au mois de décembre, Boukovski avait collecté les documents nécessaires à l'enregistrement de sa candidature mais celle-ci a été annulée par la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie parce qu'il n'avait pas résidé en Russie lors des dix années précédentes et qu'il avait une double nationalité[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anne Applebaum, Goulag, trad. par P.-E. Dauzat, Gallimard, 2003, p. 871 (ISBN 9782070348725)
  2. Former Soviet Dissident Warns For EU Dictatorship The Brussels Journal.
  3. L'édition originale de cet ouvrage a été publiée en France, en langue française.
  4. La Constitution russe exige que le président ait vécu 10 ans sur le territoire russe.
  5. « Présidentielle russe : Vladimir Boukovski ne sera pas candidat », RIA Novosti, 19 décembre 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]