Joël Vernet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Joël Vernet
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Joël Vernet est un écrivain et poète français né en 1954 au Puy-en-Velay (Haute-Loire)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il passe une vingtaine d'années dans un petit bourg de la Margeride, aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère[2], vivant entre une ferme et une maison de village. Il effectue ses années de lycée au Puy-en-Velay où il est interne. Il entre ensuite à l'Université de Lyon où il entreprend des études de philosophie, de psychologie et de sciences politiques. Dès les années 1970, il entreprend plusieurs voyages à travers le monde, plutôt des sortes de vagabondages qui le conduiront en Afrique, Asie, Europe, dont le désert saharien[2] et dans le nord du Mali, à Gao, d’où il ne reviendra jamais tout à fait.

Il rencontre l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à Abidjan, qui l’invite - sans succès - à se convertir à l’islam. Il vit alors à Treichville, quartier populaire d’Abidjan et partage la vie de quelques amis africains. C'est l'époque de ses premières tentatives d’écriture. Dans les années 1980, il voyage en Égypte et au Soudan. Il découvre l’œuvre de François Augiéras[3] et commence à produire des émissions pour France Culture[4].

Il crée en 1986 avec Philippe Arbazaïr, conservateur à la BNF, la revue Noir sur Blanc dans laquelle de nombreux artistes contemporains du monde entier, poètes, peintres et photographes, ont été publiés.

Dès 1988, il commence à publier ses premiers livres grâce à Michel Camus et Claire Tiévant chez Lettres Vives, Bruno Roy[5] (1940- ), directeur des éditions Fata Morgana. Il rencontre le peintre Jean-Gilles Badaire, le photographe Bernard Plossu, le poète Vincent La Soudière (chez qui il habite quelque temps), Pierre Verger et d’autres artistes avec lesquels il entamera des aventures fécondes.

À l’automne 1997, il séjourne trois mois à Montréal, à l’invitation de l’Agence Rhône-Alpes du livre et de l’Union des écrivains québécois.

Il vit pendant deux ans à Alep[2] à partir de l’automne 1999, découvrant l’est de la Turquie et le désert syrien. En 2001, il obtient la bourse d’année sabbatique du Centre national du livre pour l’ensemble de son œuvre.

Il retourne au Québec en 2003 à l’invitation de la Maison de la Poésie de cette ville. En avril 2004, il est invité par le service culturel de l’Ambassade de France au Bahreïn pour une série de lectures et conférences.

En 2005, il publie avec des photographies de Michel Castermans, La Montagne dans le dos, Impressions du pays dogon[6], livre qui traduit des années de voyages dans cette partie du monde.

Il a dirigé un numéro des éditions Autrement consacré aux Pays du Sahel (entretiens avec Théodore Monod, René Dumont et d’autres africanistes de renom).

En octobre 2004, il édite avec Marie-Ange Sébasti, chercheuse à La Maison de l’Orient de Lyon, un livre collectif sur le site d'Ougarit en Syrie : Ougarit, la Terre, le ciel[7], à l’occasion de l’exposition que le Musée des Beaux-Arts de Lyon a consacrée à Ougarit.

Il a publié plusieurs livres chez Lettres Vives, Fata morgana, Cadex Éditions, L’Escampette, Le Temps qu’il fait, La Part commune, La Part des anges, tous livres inclassables, ni poèmes véritables ni journaux de voyages, où sont célébrés le minuscule et l’immense.

« Désormais, c'est certitude, pour en avoir vécu l'épreuve, chaque instant nous porte au sommet, chaque défaite nous permet d'atteindre les cimes et, à l'instar des peintres les plus grands, nous avons appris à découvrir la beauté, toute la beauté du monde, parmi les choses les plus pauvres, les plus délaissées, les plus indigentes. Bien entendu, nous n'avons pas remisé les voyages au grenier. Mais le plus proche sait nous nourrir tout comme le plus lointain. Nous n'allons plus forcément chercher de l'or à l'étranger puisque nous l'avons sous la main, dans la fragilité de quelques mots, dans l'éclat de quelques rires, dans le lit même des solitudes. Nous lançons nos filets dans les rues immédiates et ramenons sans effort les beautés de la vie nue. Pour cela, tout simplement, il nous suffit d'habiter les heures sans gloire et les jours solitaires, il nous suffit d'être là, aux aguets avec, pour seul souci, la merveille de cette vie. » La Journée vide, Ed. Lettres vives, 2001

En 2015, il publie Cœur sauvage, lettre à Marina Tsvetaeva, sur les traces de la poète russe Marina Tsvetaeva[8] (1892-1941).

Méconnue d'un large public, à l'écart des modes, l'œuvre de Joël Vernet s'impose néanmoins comme l'une des voix importantes de la poésie française contemporaine.[9]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • J'ai épuisé la ville, Editions Brandes, 1985
  • Lettre de Gao, Lettres Vives, 1988
  • Lâcher prise, Noël Blandin, 1992
  • Lettre d'Afrique à une jeune fille morte, Noël Blandin, 1992
  • Lettre à l’abandon dans un jardin, Fata morgana, 1994
  • Totems de sable, Fata morgana, 1995
  • La main de personne, Fata morgana, 1997
  • Petit traité de la marche en saison des pluies[10], Fata Morgana, 1999 ; et rééd.
  • Les jours sont une ombre sur la terre, Lettres Vives, 1999
  • Le silence n'est jamais un désert, Lettres Vives, 2000
  • Sous un toit errant, Fata morgana, 2000
  • Au bord du monde - Entre Haute-Loire et Lozère, éditions du Laquet, puis Éditions Tertium, 2001
  • La journée vide, Lettres Vives, 2001
  • Lettre d'Afrique à une jeune fille morte, Fata morgana/Cadex, 2002
  • La nuit errante[2],[9], Lettres Vives, 2003
  • Lâcher prise, Escampette, 2004
  • La lumière effondrée, Lettres Vives, 2004
  • Visage de l'absent, Escampette, 2005
  • L'abandon lumineux, Lettres Vives, 2006
  • Chemins, fougères et détours. Un tour du monde en Ardèche, La Part des Anges, 2007
  • L'homme de la scierie sous la pluie", Circa 1924, 2007
  • Une barque passe près de ton seuil, La Part Commune, 2008
  • Le désert où la route prend fin, Escampette, 2008
  • Marcher est ma plus belle façon de vivre, La Part des Anges, 2008 ; rééd. L'Escampette, 2014
  • Celle qui n'a pas les mots, Lettres Vives, 2009
  • Le regard du cœur ouvert, Des carnets (1978-2002), La Part commune, 2009
  • Le Séjour invisible, Escampette, 2009
  • L'ermite et le vagabond, Escampette, 2010
  • Pourquoi dors-tu, Jonas, parmi les jours violents, La part commune, 2011
  • Vers la steppe, Lettres Vives, 2011
  • Journal fugitif au Moyen-Orient, Le Temps qu'il fait, 2012
  • Rumeur du silence[10], Fata morgana, 2012
  • L'instant est un si bref éclat, Circa 1924, 2013
  • Si un cobra vous regarde dans les yeux, Conte malien et autres diableries, Tertium Éditions, 2013
  • Les Petites Heures, Lettres Vives, 2014
  • Cœur sauvage, lettre à Marina Tsvetaeva[8], L'Escampette, 2015
  • Nous ne voulons pas attendre la mort dans nos maisons, mini zoé, Ed. Zoé, 2015
  • L'Adieu est un signe, Fata morgana, 2015
  • La vie tremblante, hommage à Christian Dotremont[11], Le Paresseux éditeur, 2015
  • Lettre ouverte à un marcheur déraisonnable, Le Réalgar, 2016
  • La vie buissonnière, Fata morgana, 2017

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur le site Auteurs en Rhône-Alpes.
  2. a, b, c et d « Joël Vernet / marcher vers un ciel de pierre », article revue remue.net de 2003.
  3. Il lui a consacré un livre : François Augiéras, l'aventurier radical, Jean-Michel Place, 2004
  4. Émissions pour France Culture de 1986 à 1987 : Les Nuits Magnétiques, Les chemins de la connaissance. Il a consacré notamment des émissions à l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ en direct de Bandiagara (Mali), au Burkina Faso
  5. Cf. la notice d'autorité de la BnF.
  6. éd. Le Temps qu’il fait
  7. éd. La Part des Anges
  8. a et b article du Cahier Critique de Poésie, du 30 juin 2015.
  9. a et b Louis Ceschino, Thierry Guichard, « Le Matricule des Anges : La Nuit errante - Joël Vernet », sur www.lmda.net (consulté le 27 mars 2017)
  10. a et b Emission "Du jour au lendemain", radio France Culture du 17 mai 2013.
  11. article du Paresseux littéraire, avril 2015.