Bête du Gévaudan

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Bête du Gévaudan
Description de cette image, également commentée ci-après
« Figure du Monstre qui désole le Gévaudan ».
Gravure sur cuivre de 1764-1765[n 1].

Créature

Groupe canidé
Sous-groupe Bête dévorante

Origines

Origine Attaques animales causant entre 88 et 124 morts
Région Pays du Gévaudan (France)
Première mention 30 juin 1764
Dernière mention 19 juin 1767

La Bête du Gévaudan (la Bèstia de Gavaudan en occitan) est un animal à l'origine d'une série d'attaques contre des humains survenues entre le et le . Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l'ancien pays du Gévaudan (qui correspond globalement à l'actuel département de la Lozère), région d'élevage. Quelques cas ont été signalés dans le sud de l'Auvergne, et dans le nord du Vivarais et du Rouergue.

La « Bête du Gévaudan » dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette « bête » — vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente[n 2] — que sur les raisons qui la poussaient à s'attaquer aux populations — du châtiment divin à la théorie de l'animal dressé pour tuer. Alors qu'une centaine d'attaques équivalentes se sont produites au cours de l'histoire de France dont toutes les régions[n 3] sont peuplées par environ 20 000 loups à cette époque, ce drame intervient opportunément pour la presse en mal de ventes après la guerre de Sept Ans : le Courrier d'Avignon local puis La Gazette de France nationale et les gazettes internationales voient l'occasion de s'emparer de cette affaire pour en faire un véritable feuilleton, publiant des centaines d'articles sur le sujet en quelques mois[1].

Parmi les nombreux animaux abattus au cours de cette période, deux canidés sont soupçonnés d'être la Bête[2]. Le premier est un grand loup tué par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, sur le domaine de l'abbaye royale des Chazes en septembre 1765. Une fois ce loup empaillé à Versailles, les journaux et la Cour se désintéressèrent de cette affaire, bien que d'autres morts aient été déplorées ultérieurement. En juin 1767, Jean Chastel, paysan originaire de La Besseyre-Saint-Mary, tua le second animal, identifié comme un loup ou un canidé ressemblant partiellement à un loup. Selon la tradition, l'animal tué par Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, passé cette date, plus aucune attaque mortelle ne fut signalée dans la province. L'identité biologique du ou des canidé(s) responsable(s) des attaques fait toujours l'objet de débats parfois avivés par la problématique contemporaine de la réapparition du loup gris en France.

Consécutivement à la publication en 1910 d'un essai du gynécologue Paul Puech ainsi que des romans historiques de l'angliciste Abel Chevalley (1936) et du folkloriste Henri Pourrat (1946), plusieurs ouvrages et articles dédiés à l'affaire évoquent l'œuvre d'un tueur en série éventuellement identifié au comte de Morangiès ou à un fils de Jean Chastel, bien qu'aucun document ne corrobore l'hypothèse d'une implication humaine, inspirée essentiellement par le genre romanesque.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières attaques[modifier | modifier le code]

Avant le Gévaudan ?[modifier | modifier le code]

En 1763, une série d'attaques est recensée du côté du Dauphiné. On parle d'un animal « de la taille d’un très gros loup, couleur de café brûlé un peu clair, ayant une barre un peu noire sur le dos, le ventre d’un blanc sale, la tête fort grosse et [rebondie ?], une espèce de bourre qui forme une houppe sur la tête et à côté des oreilles, la queue couverte de poil comme celle d’un loup ordinaire mais plus longue et la portant retroussée au bout ». Vers la fin du mois d'octobre, la bête traverse un troupeau de moutons pour se jeter sur un petit berger âgé de quatorze ans, qui est délivré par sa camarade[3]. Les attaques et la description de l'animal présentant de nombreux points communs avec la Bête du Gévaudan, certains auteurs tel Jean-Claude Bourret avancent l'hypothèse qu'il s'agit du même animal[4].

Les premiers cas au Gévaudan[modifier | modifier le code]

Acte de sépulture de Jeanne Boulet à St Étienne-de-Lugdarès (Ardèche).
« L'an 1764 et le 1er juillet a été anterrée Jeane Boulet sans sacremens, ayant été tuée par la bette féroce présans Joseph Vigi(er) et Jean Rebour ».
Gravure allemande au moment des événements[n 4].

Au début de l'été 1764, en juin, une vachère habitant tout près de Langogne rentre au village en affirmant avoir été attaquée par une « bête ». Elle ne s'en tire sans autre mal que des habits déchirés après avoir été défendue par ses bœufs. Le 30 du même mois, Jeanne Boulet, jeune fille âgée de quatorze ans, est tuée au village des Hubacs (près de Langogne) dans la paroisse de Saint-Étienne-de-Lugdarès en Vivarais. C'est la première victime officielle de la Bête[5].

La victime fut enterrée « sans sacrements », n'ayant pu se confesser avant sa mort. On relève toutefois sur la consignation de sa mort que le curé de la paroisse mentionne qu'elle fut victime de « la bette féroce », ce qui suggère qu'elle ne fut pas la première victime mais seulement la première déclarée[n 5]. En outre, on observe que l'acte a été inséré entre deux autres datant respectivement des 13 juin et 18 septembre, comme s'il avait été initialement omis. Mais l'ordre chronologique semble déficient : l'acte qui suit celui du 18 septembre date du 7 du même mois - à moins d'une erreur de transcription pour octobre car l'acte immédiatement postérieur est du 17 octobre. Mais dans tous les cas, ces inexactitudes répétées traduisent un défaut d'attention.

Une deuxième victime est rapportée le 8 août. Âgée de 14 ans, elle habitait au hameau de Masméjean, paroisse de Puy-Laurent[6]. Ces deux victimes ont été tuées dans la vallée de l'Allier. Les suivantes, dès la fin du mois d'août, et au cours du mois de septembre, meurent autour et dans la forêt de Mercoire[7].

Étienne Lafont, syndic du diocèse de Mende, se trouvait à Marvejols en cette fin du mois d'août. C'est depuis cet endroit qu'il envoya des chasseurs de Mende, dirigés par le sieur Mercier, afin de venir en aide aux chasses qui se mettaient peu à peu en place à proximité de Langogne[5]. Cependant, Lafont se rendit vite compte que ces chasses étaient insuffisantes et avertit donc M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc, et M. le comte de Montcan, gouverneur de la province, de la situation. C'est ce dernier qui donna l'ordre au capitaine Duhamel, stationné à Langogne avec les dragons du régiment de troupes légères de Clermont-Prince, de conduire les opérations de chasse contre la Bête[8].

Duhamel et le régiment de Clermont-Prince[modifier | modifier le code]

Le capitaine Duhamel et six hommes du régiment de troupes légères de Clermont-Prince dans la cour d'une ferme où ils bivouaquent durant l'hiver (fin 1764 - début 1765).
Vue d'artiste de Patrick Berthelot[9].
Un cavalier du régiment de Clermont-Prince tente de sabrer la bête.
Vue d'artiste de Patrick Berthelot.

Stationnant dans la région cette année-là[n 6], le régiment de troupes légères de Clermont-Prince fournit au capitaine Duhamel les dragons nécessaires à la traque de la bête[11],[n 7]. À partir du 15 septembre, Duhamel et ses troupes débutent la chasse[8] et arment les paysans prêts à les aider.

Durant les multiples battues menées en la forêt de Mercoire, jamais la Bête n'est aperçue. Cependant, c'est sans doute à cause de ces diverses chasses que la Bête quitte rapidement cette zone et atteint les confins de la Margeride et de l'Aubrac en octobre.

En effet, le 7 octobre, une jeune fille est tuée au village d'Apcher, paroisse de Prunières, et sa tête n'aurait été retrouvée que huit jours plus tard. Le lendemain, un garçon vacher est attaqué à proximité de La Fage-Montivernoux. Ce même jour, la Bête attaque un autre vacher entre Prinsuéjols et le château de la Baume, propriété du comte de Peyre. Cependant, le jeune garçon se réfugie parmi ses vaches, qui parviennent à repousser la Bête[16]. Peu de temps après, des chasseurs qui sortent d'un bois avoisinant aperçoivent la Bête qui rôde encore autour du garçon[17]. Deux de ces chasseurs tirent et touchent la Bête qui, par deux fois, tombe puis se relève. Personne n'arrive cependant à la rattraper alors qu'elle s'enfuit dans un bois. La battue qui est organisée le lendemain se solde par un échec. Deux paysans affirment avoir vu l'animal sortir, en boitant, durant la nuit. Ainsi, et pour la première fois, la Bête a été blessée[8]. C'est pendant ce mois d'octobre 1764 que la Bête perpétra ses attaques les plus méridionales, notamment celle qui coûte la vie à Marie Solinhac, attaquée au Brouilhet, sur la commune des Hermaux.

Le 2 novembre, Duhamel et ses dragons quittent Langogne pour s'installer à Saint-Chély, chez l'aubergiste Grassal[18]. Ce n'est pourtant que le qu'ils peuvent effectuer leur première chasse, en raison d'importantes chutes de neige[19],[8]. Voyant le manque de résultat des chasses jusqu'à présent, les États du Languedoc se réunissent le , et promettent une prime de 2 000 livres à qui tuerait la Bête[20]. Cinq nouvelles personnes meurent pourtant après une attaque attribuée à la Bête[n 8] durant ce mois de décembre[7].

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L'appel aux prières[modifier | modifier le code]

Le , l'évêque de Mende, monseigneur Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, également comte de Gévaudan, lance un appel aux prières et à la pénitence. Cet appel est resté dans l'Histoire sous le nom de « mandement de l'évêque de Mende »[n 9]. Tous les prêtres du diocèse ont pour ordre de l'énoncer à leurs fidèles. Dans ce texte, l'évêque qualifie la Bête de fléau envoyé par Dieu pour punir les hommes de leurs péchés[22]. Il cite saint Augustin pour évoquer la « justice de Dieu », ainsi que la Bible et les menaces énoncées par Dieu à travers la bouche de Moïse : « j'armerai contre eux les dents des bêtes farouches »[23]. À l'issue de ce mandement, il est ordonné que soient respectées quarante heures de prières et de chants, et ce durant trois dimanches consécutifs.

Mais les prières semblent vaines, puisque la Bête continue son massacre en ce début d'année 1765. Au cours des mois de janvier et de février, les chasses des dragons menés par Duhamel s'avèrent infructueuses. Les habitants des lieux se plaignent, par ailleurs, de l'attitude des soldats. Ils sont ainsi accusés de ne pas payer les logements ni la nourriture, ou encore de détruire les récoltes[24]. Le conseiller du roi Louis XV, Clément Charles François de L'Averdy, envoie alors un chasseur normand, le sieur Denneval (ou d'Enneval), pour les suppléer. Il est réputé le meilleur chasseur de loups du royaume, puisque ce louvetier en aurait abattu plus de 1 200[25]. Martin Denneval[n 10] et son fils se rendent donc en Gévaudan au milieu du mois de février.

Le combat de Portefaix[modifier | modifier le code]

Illustration du combat de Jacques Portefaix et ses compagnons contre la Bête. L'un des enfants tient sa joue, en partie arrachée par l'animal. Paris, BnF, 1764[26].

Avant l'arrivée des Denneval, le 12 janvier, la Bête s'attaque à sept enfants du Villaret, paroisse de Chanaleilles. Le combat qui l'a opposée aux jeunes bergers et le courage dont ces derniers ont fait preuve sont restés dans les annales. Depuis l'apparition de la Bête, il était recommandé de ne pas envoyer seuls les enfants garder le bétail et les troupeaux sont souvent groupés afin que les jeunes gardent ensemble les animaux.

C'est le cas des sept enfants du Villaret, cinq garçons et deux filles âgés de huit à douze ans. La Bête attaque en tournant autour des enfants regroupés pour se défendre. Elle dévore la joue d'un des plus jeunes garçons puis revient ensuite à la charge, saisissant dans sa gueule le bras de Joseph Panafieu et emportant l'enfant avec elle. Un des enfants suggère de prendre la fuite pendant que l'animal est occupé, mais le jeune Jacques André Portefaix les incite à secourir leur compagnon. Ralentie par la nature du terrain, la Bête est rejointe par les enfants qui tentent de l'atteindre aux yeux à l'aide de lames fixées sur leurs bâtons. Portefaix et ses amis parviennent à lui faire lâcher prise et à le tenir à distance. À l'arrivée d'un ou plusieurs hommes alertés par les cris, la Bête s'enfuit dans un bois voisin[27],[28].

Monsieur de Saint-Priest informe monsieur de l'Averdy de cet affrontement. Pour le récompenser de son courage, le roi offrit de payer l'éducation de Jacques Portefaix. Ainsi, le , Portefaix est admis chez les Frères de la Doctrine Chrétienne[Contradiction avec l'article : Frères de la Doctrine Chrétienne], ou Frères Ignorantins, de Montpellier. Il y reste jusqu'en novembre 1770, date à laquelle il entre à l'école du Corps Royal d'artillerie. Il devient ensuite lieutenant, sous le nom de Jacques Villaret, et meurt le , à l'âge de 32 ans[29].

L'arrivée des Denneval[modifier | modifier le code]

Fontaine à Aumont-Aubrac, où la Bête tient les armes de la ville.

C'est le que les Denneval arrivent à Clermont-Ferrand où ils sont présentés à l'intendant d'Auvergne, monsieur de Ballainvilliers. Le lendemain, ils sont à La Chapelle-Laurent et, le surlendemain, à Saint-Flour[30]. Au début du mois de mars ils prennent place en Gévaudan.

Le , Jeanne Jouve tente d'arracher son enfant des crocs de la Bête.
Gravure de François Grenier de Saint-Martin, Journal des chasseurs, octobre 1839 - septembre 1840.

Ce mois de mars est le témoin du combat héroïque de Jeanne Jouve pour sauver ses enfants[31]. Jeanne Chastang, femme de Pierre Jouve, domiciliée au mas de la Vessière (Saint-Alban) est devant sa maison avec trois de ses enfants vers midi en ce 14 mars. Soudain, attirée par un bruit, elle s'aperçoit que sa fille de 9 ans vient d'être saisie par la Bête qui est passée par-dessus la muraille. La fille Jouve tenait, qui plus est, le plus jeune des garçons, âgé de 14 mois environ. Jeanne Jouve se jette alors sur la Bête et parvient à lui faire lâcher prise. Cette dernière revient malgré tout à la charge sur le plus jeune des enfants, mais elle ne peut l'atteindre, car la mère le protège. La Bête se jette alors sur l'autre garçon, Jean-Pierre, âgé de six ans, le saisit par le bras et l'emporte. Jeanne Jouve se jette à nouveau sur la Bête. S'ensuit un long combat où Jeanne Jouve est repoussée au sol, griffée, mordue à plusieurs reprises. Finalement la Bête, qui tient toujours Jean-Pierre, parvient à s'échapper, mais elle se retrouve face aux deux aînés des enfants Jouve, qui se préparaient à emmener le troupeau aux pâtures. Ces derniers parviennent à libérer leur jeune frère et à faire fuir la Bête. Jean-Pierre succomba cependant à ses blessures quelques heures plus tard. En récompense de son acte héroïque, Jeanne Jouve reçut 300 livres de gratification de la part du roi[32].

Les Denneval, eux, s'installent en Gévaudan. Dès leur arrivée, ils veulent l'exclusivité des chasses, et doivent donc éliminer Duhamel. Ils font alors intervenir monsieur de l'Averdy et, le 8 avril, Duhamel et ses hommes doivent quitter le pays pour leur nouvelle affectation de Pont-Saint-Esprit[33]. Cependant, les Denneval tardent à lancer de grandes chasses, la première n'intervenant que le 21 avril. Le but de cette première chasse semblait être de ramener la Bête vers Prunières et les bois appartenant au comte de Morangiès[34]. S'ils purent approcher la Bête, celle-ci parvint à s'échapper sans qu'ils puissent tirer.

Dessin de 1765 envoyé à la Cour représentant l'animal féroce qui ravage le Gévaudan depuis 1764. Archives départementales de l'Hérault C 44-2

En ce mois d'avril 1765, l'histoire de la Bête se répand dans toute l'Europe. Le Courrier d'Avignon relate ainsi que des journalistes anglais tournent en dérision le fait que l'on ne puisse abattre un simple animal[35]. Pendant ce temps, monseigneur l'évêque ainsi que les intendants doivent faire face à un afflux massif de courrier. Des personnes de toute la France proposent des méthodes plus ou moins farfelues pour venir à bout de la Bête[36]. La Cour reçoit également des représentations de la Bête, qui sont diffusées dans le Gévaudan afin que « chacun [soit] moins épouvanté à son approche et moins sujet à se méprendre » et pour que l’on puisse exercer les meutes de chiens de chasse à pourchasser la Bête grâce à une effigie « exécutée en carton »[37].

Le 1er mai, la Bête se trouve à proximité du bois de la Rechauve, entre Le Malzieu et Saint-Alban[n 11]. À 6 h et demie du soir, alors qu'elle s'apprête à attaquer un jeune berger d'environ 15 ans, un homme, l'un des frères Marlet[38] du hameau de La Chaumette, situé au sud-est de Saint-Alban, l'aperçoit depuis la fenêtre de sa maison, située à 200 mètres de là environ. Il prévient alors ses deux frères et tous s'empressent de s'armer et de sortir de la maison. La Bête aurait reçu deux coups de fusil, serait tombée à chaque fois avant de pouvoir se relever. Elle parvient à s'échapper bien que blessée au cou[30]. Le lendemain, Denneval, prévenu entretemps, se rend sur place et poursuit la trace accompagné d'une vingtaine d'hommes. Tous espèrent que la Bête a été blessée à mort. L'annonce qu'une femme a été tuée dans l'après-midi, sur la paroisse de Venteuges, les détrompe finalement.

Le lendemain de cette chasse, le marquis Pierre-Charles de Morangiès écrit au syndic Étienne Lafont pour se plaindre des Denneval : « MM. Denneval arrivèrent et donnèrent comme à l'ordinaire de jactance de l'inutilité la plus désolante. […] vous qui êtes homme politique êtes obligé de dévoiler aux yeux des puissances l'effronterie de ces normands qui n'ont d'humains que la figure. »[30]. Le 18 mai, Morangiès adresse une nouvelle lettre de plainte auprès de Lafont, alors que les chasses des Denneval sont toujours infructueuses. Le 8 juin, sur ordre du roi, François Antoine, porte-arquebuse de sa majesté, quitte Paris pour le Gévaudan. Il est accompagné de son plus jeune fils, Robert François Antoine de Beauterne, mais également de huit capitaines de la garde royale, six garde-chasses, un domestique, et deux valets de limiers[30].

Antoine remplace Denneval[modifier | modifier le code]

Le combat de Marie-Jeanne Valet, dite la « Pucelle du Gévaudan », contre la bête.
Sculpture de Philippe Kaeppelin, Auvers (Haute-Loire).
Représentation de la Bête féroce nommée hiene.... Dix représentations des méfaits de la Bête encadrent la scène centrale qui dépeint la « Pucelle de Paulhac » perçant son agresseur de sa baïonnette. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765.

C'est le 20 juin que l'écuyer François Antoine, souvent nommé « Monsieur Antoine », arrive à Saint-Flour. Investi du pouvoir du roi, il ne peut pas échouer dans sa mission. Il s'installe au Malzieu, qu'il atteint le 22 juin[39]. Antoine et ses hommes se joignent alors à Denneval lors de différentes chasses. Cependant, il ne parvient pas à s'accorder avec ce dernier sur la manière dont les chasses doivent être conduites. La cohabitation semblant impossible, les Denneval quittent le pays le 18 juillet sur ordre du roi[40]. Pour Antoine, la Bête n'est rien d'autre qu'un loup, c'est d'ailleurs ce qu'il écrit dans l'une de ses nombreuses correspondances : les traces relevées n'offrent « aucune différence avec le pied d'un grand loup »[41]. Le porte-arquebuse ne parvient cependant pas immédiatement à débusquer l'animal. Il est mis à mal par la géographie du pays et demande donc de nouveaux chiens en renfort[41]. Il reçoit également le secours du comte de Tournon, gentilhomme d'Auvergne.

Le dimanche 11 août, il organise une grande battue. Pourtant, cette date ne reste pas dans l'Histoire pour ce fait, mais pour l'exploit réalisé par « la Pucelle du Gévaudan ». Marie-Jeanne Valet, âgée d'environ 20 ans[42], était la servante du curé de Paulhac. Alors qu'elle emprunte, en compagnie d'autres paysannes, une passerelle[n 12] pour franchir un petit cours d'eau, elles sont attaquées par la Bête. Les filles font quelques pas de recul, mais la Bête se jette sur Marie-Jeanne. Cette dernière arrive alors à lui planter sa lance[n 13] dans le poitrail. La Bête se laisse alors tomber dans la rivière et disparaît dans le bois[43]. L'histoire parvient rapidement à Antoine, qui se rend alors sur les lieux pour constater que la lance est effectivement couverte de sang, et que les traces retrouvées sont similaires à celle de la Bête. C'est dans une lettre au ministre qu'il surnomme Marie-Jeanne Valet la « pucelle du Gévaudan »[44].

Les Chastel emprisonnés[modifier | modifier le code]

Quelques jours plus tard, le 16 août, se produit un événement qui aurait pu rester dans l'anonymat s'il n'avait pas été lié à la famille Chastel, dont le père est reconnu comme le tueur de la Bête. Ce jour, une chasse générale est organisée dans le bois de Montchauvet. Jean Chastel et ses deux fils, Pierre et Jean-Antoine, y participent. Deux des garde-chasse de François Antoine, Pélissier et Lachenay, passent à leur côté et demandent leur avis sur le terrain avant de s'engager, à cheval, dans un couloir herbeux entre deux bois[44]. Ils veulent en effet s'assurer qu'il ne s'agit pas là de marécages. Les Chastel les assurant de la sûreté du sol, Pélissier s'engage alors sans crainte, avant que son cheval ne s'embourbe et qu'il soit désarçonné. C'est non sans mal qu'il parvient, avec l'aide de Lachenay, à sortir du marécage, pendant que les Chastel s'amusent de la situation. Trempé, Pélissier empoigne le plus jeune des fils et le menace de le conduire en prison pour cet outrage. Le père et l'aîné le couchent aussitôt en joue avec leurs armes. Lachenay se jette sur Jean Chastel et détourne son fusil. Les gardes battent en retraite et s'en vont faire leur rapport à leur commandant[44].

Sur la base du procès-verbal qu'ils rédigent, François Antoine fait incarcérer les Chastel en la prison de Saugues. «  J'ai l'honneur d'informer […] du détail et de la hardiesse de ces mauvaises gens d'avoir osé coucher en joue nos dits gardes à brûle-pourpoint. Il est fort heureux qu’ils ne les aient pas tués et ce qu'ils auraient bien mérité en pareille occasion. »[45]. La consigne suivante est donné aux juges et consuls de la ville : « Ne les laissez sortir que quatre jours après notre départ de cette province ! »[46].

Le loup des Chazes[modifier | modifier le code]

François Antoine lors de la chasse des Chazes.
Cuivre chez Maillet à Paris, sans date[47].
Présentation de la bête tuée par François Antoine à la cour de Louis XV.
Gravure publiée chez Mandare[48].

Vers le 20 septembre, François Antoine est averti qu'un loup de bonne taille, peut-être la Bête, rôde près du bois des dames de l'abbaye des Chazes, près de Saint-Julien-des-Chazes. Même si, jusqu'alors, la Bête ne s'était jamais rendue de ce côté de l'Allier, Antoine décide de s'y porter et y fait cerner le bois de Pommier par quarante tireurs venus de Langeac. C'est lui, François Antoine, qui débusque l'animal à cinquante pas de lui. Il tire, la bête tombe, se relève, et se jette sur lui. Le garde Rinchard, qui se trouve à proximité, tire à son tour et abat l'animal[49]. Selon le procès-verbal dressé par François Antoine, cet animal n'est autre qu'un gros loup d'un poids de 130 livres. Ils le transportent alors à Saugues où il est disséqué par le sieur Boulanger, chirurgien de la ville. Selon ce même procès-verbal, plusieurs témoins confirment qu'il s'agit bien là de la Bête qui les a attaqués. Parmi les témoins cités se trouvent Marie-Jeanne Valet et sa sœur[50].

Presque immédiatement après la rédaction du procès-verbal, Antoine de Beauterne, le fils, charge l'animal sur son cheval et prend la route vers Paris. À Saint-Flour, il le montre à M. de Montluc, puis arrive à Clermont-Ferrand où il le fait naturaliser[50]. Le 27 septembre, Antoine de Beauterne quitte Clermont avec l'animal et arrive à Versailles le 1er octobre. La bête est alors exposée dans les jardins du Roi à Versailles[50]. Pendant ce temps, François Antoine et ses garde-chasses sont restés en Auvergne et continuent de chasser dans les bois proches de l'abbaye royale des Chazes, où une louve et ses petits ont été signalés. Le dernier de ces louveteaux est abattu le 19 octobre[51]. François Antoine et ses assistants quittent le pays le 3 novembre.

Officiellement, la Bête du Gévaudan a été tuée par le porte-arquebuse du Roi, François Antoine ; et peu importe les événements qui ont suivi, le loup des Chazes était bien la Bête. Ce caractère officiel a d'ailleurs été confirmé en 1770 lorsque François Antoine s'est vu accorder, par brevet, le droit de porter un loup mourant, symbolisant la Bête, dans ses armes[52],[n 14].

Les nouvelles attaques[modifier | modifier le code]

La Bête attaque une femme. Gravure colorisée[n 15].

Le mois de novembre se déroule sans qu'aucune attaque soit relevée. Le peuple commence à considérer qu'Antoine a bien tué le monstre qui terrorisait le pays. Dans une lettre du 26 novembre, Lafont indique d'ailleurs à l'intendant du Languedoc : « On n'entend plus parler de rien qui ait rapport à la Bête »[53]. Rapidement pourtant, la rumeur commence à relater des attaques qu'aurait commises la Bête vers Saugues et Lorcières. Ces attaques sont épisodiques jusqu'au début de l'année 1766, et le peuple comme Lafont ne savent s'ils doivent attribuer ces méfaits à la Bête ou à des loups. Cependant, le 1er janvier, M. de Montluc, dans une lettre à l'intendant d'Auvergne, semble persuadé que la Bête a bien reparu[54]. Ce dernier alerte le roi, mais celui-ci ne veut plus entendre parler de cette Bête puisque son porte-arquebuse en est venu à bout. À partir de cet instant, les journaux n'ont d'ailleurs plus relaté les attaques survenues en Gévaudan ou dans le sud de l'Auvergne.

Le 24 mars, les États particuliers du Gévaudan se tiennent en la ville de Marvejols. Étienne Lafont et le jeune marquis d'Apcher préconisent d'empoisonner des cadavres de chiens et de les porter aux passages habituels de la Bête[54]. Les attaques se sont d'ailleurs multipliées durant ce mois de mars, et les gentilshommes du pays se sont aperçus que leur salut ne viendrait pas de la cour du roi. La Bête, elle, semble ne plus parcourir autant de terrain qu'auparavant. Elle s'est, en effet, fixée dans la région des trois monts : mont Mouchet, mont Grand et mont Chauvet. Ces trois sommets sont distants d'environ 15 kilomètres l'un de l'autre.

Les mesures prises s'avèrent inefficaces. De petites battues sont bien organisées, mais en vain. La Bête continue ses attaques durant toute cette année 1766. Il semble cependant que son mode opératoire ait légèrement changé, elle serait moins entreprenante, beaucoup plus prudente. C'est en tout cas ce qui est écrit dans les diverses correspondances, comme celles du curé de Lorcières, le chanoine Ollier, à destination du syndic Étienne Lafont[55].

La Bête de Chastel[modifier | modifier le code]

Stèle érigée en juillet 1995 en l'honneur de Jean Chastel.
Sculpture de Philippe Kaeppelin, village de La Besseyre-Saint-Mary.

Au début de l'année 1767, une légère accalmie des attaques se fait sentir[56]. Mais au printemps, on assiste à une recrudescence des attaques. Le peuple ne sait plus que faire pour en venir à bout, si ce n'est prier. Alors les pèlerinages se multiplient, principalement à Notre-Dame-de-Beaulieu[n 16] et à Notre-Dame-d'Estours[n 17]. L'un d'eux est resté célèbre, au début du mois de juin, puisque la légende veut que Jean Chastel y aurait fait bénir trois balles, fondues à partir des médailles de la Vierge Marie qu'il portait à son chapeau[57].

Le 18 juin, il est rapporté au marquis d'Apcher que, la veille, la Bête avait été vue dans les paroisses de Nozeyrolles et de Desges. Elle aurait tué, dans cette dernière paroisse, Jeanne Bastide, âgée de 19 ans, au village de Lesbinières[7]. Le marquis décide de mener une battue dans cette région, sur le mont Mouchet dans le bois de la Ténazeyre, le 19 juin. Il est accompagné de quelques volontaires voisins, dont Jean Chastel, réputé excellent chasseur[56].

Le vieux Chastel a chargé son fusil d'une balle et de cinq chevrotines. Il abat un animal de grande taille, ressemblant à un loup, au lieu-dit la « Sogne d’Auvers » (Auvers)[n 18]. « (Jean Chastel) tomba (la Bête) d’un coup de fusil qui le blessa à l’épaule. Elle ne bougea guère et d’ailleurs fut assaillie de suite d’une troupe de bons chiens de chasse de M. d’Apcher. Dès qu’on la vit hors d’état de pouvoir faire des victimes, elle fut chargée sur un cheval et portée au château de Besque, paroisse de Charraix dans le Gévaudan, près des frontières d’Auvergne ».

Depuis, les attaques cessèrent entièrement. De ce coup de fusil, la légende[48] a conservé le discours romancé de l'abbé Pierre Pourcher qu'il disait tenir de la tradition orale de sa famille : « Quand la Bête lui arriva, Chastel disait des litanies de la Sainte Vierge, il la reconnut fort bien, mais par un sentiment de piété et de confiance envers la Mère de Dieu, il voulut finir ses prières ; après, il ferme son livre, il plie ses lunettes dans sa poche et prend son fusil et à l'instant tue la Bête, qui l'avait attendu. »[58].

Huit jours après la destruction de la Bête par Jean Chastel, le , une louve qui, selon plusieurs témoignages, accompagnait la Bête, est tuée par le sieur Jean Terrisse, chasseur de monseigneur de la Tour d'Auvergne[56]. Il reçoit alors 78 livres de gratification[59].

Le destin de la Bête[modifier | modifier le code]

La Bête est alors portée au château de Besque[60], vers Charraix, résidence du marquis d'Apcher. On mande le notaire Marin, qui établit un rapport très précis sur les dimensions de l'animal. Il est accompagné du chirurgien de Saugues, le sieur Boulanger, et de son fils, ainsi que d'Agulhon de la Mothe, médecin[61]. La Bête est ensuite empaillée par Boulanger, et exposée au château de Besque. Le marquis d'Apcher ne rechigne pas à la dépense pour recevoir fastueusement la foule qui s'empresse de venir voir la Bête. De nombreux témoignages de victimes d'attaques viennent alors s'inscrire au rapport Marin. La Bête reste donc un long moment à Besque (une douzaine de jours[56]). Le marquis d'Apcher mande alors un domestique, le dénommé Gilbert, de l'emporter à Versailles pour la montrer au roi.

La légende veut que Chastel était également du voyage pour présenter la Bête à la Cour, et que Louis XV l'aurait dédaigneusement chassé devant la puanteur dégagée par la charogne empaillée (l’apothicaire s'étant en effet juste contenté de vider les entrailles et de les remplacer par de la paille). Cette histoire est remise en cause par une récente étude sur le témoignage du domestique du marquis d'Apcher, datant de 1809 :

« Gibert arrive enfin à Paris, va séjourner à l’hôtel de M. de la Rochefoucault à qui il remit en même temps une lettre dans laquelle M. d’Apchier priait le seigneur d’informer le roi de la délivrance heureuse du monstre […] Le roi se trouvait pour lors à Compiègne et, d’après la nouvelle qu’on lui apprenait, il donna ordre à M. de Buffon de visiter et d’examiner cet animal. Ce naturaliste, malgré le délabrement où l’avaient réduit les vers et la chute de tous les poils, suite des chaleurs de la fin de juillet et du commencement d’août, malgré encore la mauvaise odeur qu’il répandait, après un examen sérieux, jugea que ce n’était qu’un gros loup […] Il trouvait dans des chairs toutes nues une nourriture moins embarrassante et il devint, ainsi, en peu de temps, le fléau des malheureux habitants du Gévaudan. Dès que M. de Buffon eut fait l’examen de cette bête, Gibert se hâta de la faire enterrer à cause de sa grande puanteur et il dit en avoir été tellement incommodé qu’il en fut malade à garder le lit pendant plus de 15 jours à Paris. Il se ressentit de cette maladie plus de 6 ans et il attribua même à cette mauvaise odeur qu’il respira pendant si longtemps la mauvaise santé dont il a toujours joui depuis cette époque ».

Jean Chastel ne s'est jamais rendu à Paris, Louis XV n'a jamais vu la Bête, et Buffon n'a pas laissé de documents à son propos. La Bête n'a pas fini dans les collections du Jardin du Roi à Paris, et n’a pas non plus été enterrée à Versailles. L'ancien hôtel de la Rochefoucault (situé rue de Seine) a été démoli en 1825[62],[63],[64].

Réunis le , les États particuliers du Gévaudan octroient à Jean Chastel une modique récompense s'élevant à 72 livres[56],[58].

Compléments historiques[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte du Gévaudan et alentours.

La Bête a sévi principalement dans le pays du Gévaudan, dont les limites sont sensiblement les mêmes que celles du département de la Lozère. Mais elle s'est rendue également dans le Velay (Haute-Loire), la Haute-Auvergne (Cantal), et le Rouergue (Aveyron). Si l'on considère le découpage administratif des années 2000, la Bête aurait fait plus de 80 victimes[n 19] dans la région Auvergne et plus de 70 dans le Languedoc-Roussillon. Au niveau des départements, c'est la Lozère qui est la plus touchée avec plus de 70 victimes, devant la Haute-Loire qui en déplore plus de 60. Les cantons de Saugues, de Pinols et du Malzieu sont ceux où l'on recense le plus de victimes, avec respectivement 34, 23 et 22 personnes[65].

La Bête a été présente majoritairement dans les montagnes de la Margeride, et en certaines occasions sur les monts de l'Aubrac. Elle sévit d'abord dans l'est du Gévaudan, vers Langogne et la forêt de Mercoire, avant de migrer vers la Margeride et la zone des Trois Monts : mont Chauvet, Montgrand et mont Mouchet.

Au XVIIIe siècle, l'environnement du Gévaudan était constitué de vallées et montagnes très boisées. Il existe alors, en Margeride, de nombreuses tourbières (aussi appelées « sagnes » ou « molières »), rendant difficile tout déplacement. Les villages étaient alors à la fois très dispersés et isolés. En ce qui concerne le climat, il n'était pas rare que l'hiver soit très long, entre les premières neiges pouvant survenir dès septembre et le mois de mai.

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

Date En Gévaudan ou en Auvergne En France
1715 Fin de la guerre des Camisards Mort de Louis XIV
- Fin de la Régence, Louis XV atteint sa majorité
1723 Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré devient évêque de Mende -
1756 - 1763 - Guerre de Sept Ans
avril - Premières attaques d'un animal sauvage -
Jeanne Boulet est la première victime officielle de la Bête -
Début des chasses de Duhamel -
Duhamel s'installe à Saint-Chély -
Mandement de l'évêque -
Combat de Portefaix -
mars 1765 Arrivée de Denneval -
- François Antoine quitte Paris pour le Gévaudan
François Antoine s'installe au Malzieu -
Les Denneval quittent le Gévaudan -
Combat de Marie-Jeanne Valet -
Jean, Pierre et Antoine Chastel sont emprisonnés -
Le loup des Chazes est abattu par François Antoine -
1er octobre 1765 - Antoine de Beauterne présente la Bête au roi
François Antoine quitte le Gévaudan -
- Mort du dauphin Louis
Jean Chastel abat la Bête du Gévaudan à la Sogne d'Auvers -

Le rapport Marin[modifier | modifier le code]

Le 20 juin 1767, lendemain de la mort de l'animal tué par Jean Chastel, le notaire royal Roch Étienne Marin rédige un rapport de son autopsie depuis le château de Besque, propriété du marquis d'Apcher, dans la commune de Charraix (Haute-Loire). Ce rapport a été retrouvé en 1958, et apporte quelques informations sur la nature de cet animal[66], qui « nous a paru être un loup, mais extraordinaire et bien différent par sa figure et ses proportions des loups que l'on voit dans ce pays »[67]. Voici une partie des dimensions (avec comme repère, un pied faisant 32,4 cm, un pouce faisant 27 mm et une ligne faisant 2,25 mm) :

Élément Taille en pouces/pieds Équivalent actuel
Longueur depuis la racine de la queue jusqu’au sommet de la tête trois pieds 99 cm
Depuis le sommet de la tête jusque entre les deux grands angles des yeux six pouces 16,2 cm
Largeur d’une oreille à l’autre sept pouces 18,9 cm
Ouverture de la gueule sept pouces 18,9 cm
Largeur horizontale du col huit pouces six lignes 23 cm
Largeur des épaules onze pouces 29,7 cm
Largeur à la racine de la queue huit pouces six lignes 23 cm
Longueur de la queue huit pouces 21,6 cm[n 20]
Diamètre de la queue trois pouces six lignes 9,5 cm
Longueur d’oreille quatre pouces six lignes 12,2 cm
Largeur du front au-dessous des oreilles six pouces 16,2 cm
Longueur de l’humérus huit pouces quatre lignes 22,5 cm
Longueur de l’avant bras huit pouces 21,6 cm
Longueur de la mâchoire six pouces 16,2 cm
Largeur du nez un pouce six lignes cm
Longueur de la langue quatorze pouces depuis sa racine 37,9 cm
Largeur des yeux un pouce trois lignes 3,4 cm
Épaisseur de la tête sept pouces 18,9 cm
Jambes de derrière de la première à la seconde articulation sept pouces deux lignes 19,4 cm
De la seconde à la troisième articulation jusqu’aux ongles dix pouces 27 cm
Largeur des pattes quatre pouces six lignes 12,2 cm
De la châtaigne au bout de la patte six pouces 16,2 cm

(la tradition décrit l'animal comme pesant plus de 50 kg[69].)

Par ailleurs, ce rapport nous apprend des détails sur les mâchoires de l'animal. Ainsi, on apprend que la mâchoire supérieure est composée de 20 dents, soit 6 incisives, 2 crochets et 12 molaires. La mâchoire inférieure, elle, comporte 22 dents : 6 incisives, 2 crochets et 14 molaires. Cette formule dentaire est sans équivoque : il s'agit bien d'un canidé. Sont inclus également dans le document plusieurs témoignages de personnes reconnaissant l'animal, ainsi que les blessures et cicatrices qu'il portait[n 21].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Les statistiques sont assez variables suivant les auteurs et la période de leurs écrits. Elles doivent, de plus, être pondérées pour plusieurs raisons. Tout d'abord rien ne prouve que toutes les victimes qualifiées d'officielles par les actes de décès sont vraiment à attribuer à la Bête. Certaines personnes ont en effet pu faire passer un mort comme étant une victime de la Bête. A contrario, à la suite du mandement de l'évêque mettant en avant les péchés du peuple, certains actes de sépulture ont pu ne pas signaler qu'il s'agissait là d'un meurtre perpétré par la Bête. De la même façon, après le départ de François Antoine, les sources sont moins fréquentes.

Les sources qualifiées d'officielles font état d'un peu plus de 80 personnes tuées[70],[71]. Il y aurait également eu une trentaine de personnes blessées, et une cinquantaine d'autres attaquées[72].

S'il semble exact que la Bête n'a fait aucun mort chez les hommes adultes, elle ne faisait pas de préférence entre les femmes et les hommes. Elle s'attaquait cependant plus fréquemment aux enfants qu'aux adultes[71]. En effet, c'étaient ces derniers qui étaient chargés de mener les troupeaux en pâture et donc les plus exposés aux attaques.

Caractéristiques de la Bête[modifier | modifier le code]

Gravure du XVIIIe siècle, représentant la Bête dévorant une femme.

Les diverses interrogations à propos de la Bête du Gévaudan elle-même ont contribué à l'intérêt de son histoire.

Au plan de sa morphologie, aucun des animaux tués n'ayant été conservé, il s'agirait d'un canidé, mais d'aspect inhabituel, selon le rapport Marin[73]. Toutefois, de nombreux témoins, accoutumés à la présence de loups dans leur campagne, n’ont pas reconnu dans cet animal un loup et l’ont spontanément appelé bestia, « la bête » en langue d'oc.

Ensuite, de nombreux témoignages font penser à une relative invulnérabilité de cette Bête. Le manque d'efficacité des armes a alimenté la théorie selon laquelle elle aurait pu porter une cuirasse en peau de sanglier, comme en portaient les chiens utilisés à la guerre jusqu'au début du XIXe siècle. De nombreux témoignages relatent le fait que la Bête aurait été touchée par une ou plusieurs balles de fusil, tirées par des chasseurs de bonne réputation, et pourtant elle se serait relevée à chaque fois.

Des témoignages attribuent de l'ubiquité à la Bête qui aurait été aperçue dans un très faible intervalle de temps en des lieux distants de plusieurs kilomètres. Cependant, ces distances restent, dans bien des cas, envisageables pour un seul animal.

Deux des traits les plus singuliers de la Bête sont sa familiarité et son audace. Au moins jusqu'au départ de François Antoine, elle semble ne pas craindre l'homme. Lorsque la bête rencontre une résistance de la part de la victime ou de ses compagnons, elle s'éloigne de « 40 pas », s'assoit parfois sur le train arrière pendant quelques instants et, si elle n'est pas poursuivie, revient à la charge. Puis elle s'éloigne au petit trot ou au pas. Plusieurs fois, les victimes auraient été attaquées en plein village[n 22] et une majeure partie des témoignages concernent des attaques dans la journée[74].

Enfin la Bête est très agressive[75] : cette agressivité se traduit par un acharnement qui ne semble pas toujours dicté par la faim. Elle est de plus très agile, car selon les témoignages, elle avait la capacité de sauter par-dessus des murs qu'un chien n'aurait pu franchir.

Les personnes liées[modifier | modifier le code]

La famille Chastel[modifier | modifier le code]

Article connexe : Jean Chastel.

Les Chastel, originaires du village de La Besseyre-Saint-Mary, sont restés dans l'histoire de la Bête pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que Jean Chastel est considéré comme le tueur du loup de juin 1767 près de la forêt de la Ténazeyre, mais également pour les accusations portées contre cette famille par plusieurs auteurs, dès les années 1930, qui voient en ces paysans des meneurs de loups suspectés d'avoir commis les meurtres par pur sadisme ou justice privée.

Jean Chastel (56 ans au moment des faits) est connu sous le sobriquet de « de la masca », autrement dit « (fils) de la sorcière » en occitan. Père de neuf enfants (5 filles et 4 garçons), il est lettré et signe fréquemment les registres paroissiaux ; signatures par lesquelles on identifie son métier, laboureur, brassier, mais également cabaretier[76]. Son frère, Jean-Pierre Chastel, est un condamné à mort en cavale pour le meurtre de son neveu Joseph Pascal[77].

Le nom de deux des fils de Jean Chastel revient souvent dans les écrits sur la Bête depuis les récits romancés du diplomate Abel Chevalley et du conteur Henri Pourrat : Jean-Antoine (plus communément appelé « Antoine ») et Pierre, tous deux garde-chasses, alors âgés d'une vingtaine d'années. Chevalley et Pourrat façonnent l'histoire fictive d'Antoine Chastel, fuyant très jeune la région avant d'être fait prisonnier et émasculé par les pirates musulmans en Méditerranée. Les écrivains imaginent également que le jeune marginal, une fois revenu au pays, dresse une Bête à tuer sous les ordres du comte de Morangiès. Michel Louis reprend à son compte cette explication romanesque[2]. Mais aucun argument valable n'accrédite ces accusations[76],[78]. Antoine Chastel est comme son père dans la lorgnette de certains auteurs[2] car il était garde-chasse de la forêt de la Ténazeyre. Sur le mont Mouchet, cette forêt était le repaire principal de la bête, c'est aussi là que son père, Jean Chastel, l'a abattue.

Selon Roger Oulion[79], c'est Jean Chastel et ses fils qui auraient été les maîtres d'une portée de plusieurs hybrides chiens-loups dressés à tuer. C'est peu après qu'une de ces bêtes eut tué par erreur la jeune Marie Denty que connaissait très bien Chastel, que celui-ci, pris de remords, se serait confessé au curé de La Besseyre-Saint-Mary, l'abbé Fournier. Ce dernier aurait convaincu Chastel d'arrêter ses agissements coupables et, avec l’appui du marquis d'Apcher, organisé en catastrophe une battue de nuit avec seulement 12 personnes dans une forêt de plusieurs centaines d'hectares. Chastel abat alors au matin une de ses bêtes pour donner le change.

Jean-François-Charles de Molette, comte de Morangiès[modifier | modifier le code]

Jean-François-Charles, comte de Morangiès, est né le au château du Boy. À 14 ans, il devient mousquetaire du Roi. Pendant la guerre de Sept Ans, il devient colonel du premier bataillon du régiment d'infanterie du Languedoc et combat en Allemagne, participant à la bataille de Hastenbeck avec ses frères avant d'être fait prisonnier à Minden jusqu'au début de l'année 1761[80]. Beaucoup d'historiens lui prêtent un titre de gouverneur de l'île de Minorque, mais aucun document historique (comme les archives des états militaires de France) ne corrobore cette information[81]. Après de multiples emprisonnements pour dettes, il meurt assassiné par sa seconde épouse en 1801[82].

Jean-Joseph de Randon, marquis d'Apchier[modifier | modifier le code]

Le marquis d'Apchier[n 23].
Article connexe : Jean-Joseph d'Apchier.

Jean-Joseph, est né le au château de Besque est le fils de Joseph de Randon et Henriette de La Rochefoucauld. En 1765 il a 20 ans quand il prend peu à peu la tête des chasses contre la Bête du Gévaudan. C'est d'ailleurs lui qui organise la battue du , où Jean Chastel a vaincu la Bête.

Le corps ecclésiastique[modifier | modifier le code]

L'église d'Aumont-Aubrac.
  • Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré était évêque de Mende, et de ce fait comte de Gévaudan depuis 1723, tandis que, pendant son épiscopat, ses cousins, César Gabriel de Choiseul-Praslin et Étienne François de Choiseul, occupaient des postes de haut rang[n 24]. Soucieux du sort des habitants du Gévaudan, il n'hésite pas à critiquer leurs mœurs lors d'un mandement connu pour cette raison. Esprit critique, il déclare dans son mandement que la bête n'est en rien un animal surnaturel.
  • L'abbé Trocellier, curé d'Aumont-Aubrac, a organisé de nombreuses battues dans sa paroisse et au-delà. Témoin oculaire de la Bête, il l'a décrite à plusieurs reprises dans sa correspondance. Il écrit ainsi que « … la Bête se redresse sur ses deux jambes de derrière, et, dans cette position elle badine de ses deux pattes de devant, pour lors elle paraît de la hauteur d’un homme de taille médiocre »[83]. Cette bipédie lui suggère l'idée d'un babouin pour présenter la Bête dans une lettre adressée au syndic Lafont. Il consigna ses impressions dans le registre paroissial, y joignant un dessin de la Bête[84].

Le corps administratif[modifier | modifier le code]

Portrait de Saint-Florentin par Van Loo.
  • Étienne Lafont était avocat au parlement de Toulouse, syndic du diocèse de Mende et, depuis 1749, subdélégué de l'intendant du Languedoc en Gévaudan. Le Gévaudan était en effet l'un des pays d'états qui composaient la province du Languedoc. Il était né à Marvejols le [n 25] et est mort en juillet 1767, 18 jours après la Bête tuée par Chastel. Ses frères, Jacques et surtout Trophime, l'ont aidé dans sa traque de la Bête.
  • Pierre de Tassy de Monluc, né à Saint-Flour en 1721 et mort en 1796, était le subdélégué de l'intendant d'Auvergne dans le diocèse de Saint-Flour.
  • Jean-Baptiste Marin, comte de Moncan, était maréchal des armées du Roi et gouverneur militaire du Languedoc. Il fut ensuite lieutenant-général et grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, et nommé sénéchal et gouverneur du Rouergue le 1er mars 1767. Il resta en fonction jusqu'à sa mort, en 1779.
  • Marie-Joseph de Guignard de Saint Priest était l'intendant du Languedoc à partir de 1764. Il fut préalablement conseiller à la cour des aides de Montpellier, puis, en 1757, maître des requêtes, avant de devenir intendant[85].
  • Simon Charles Sébastien Bernard de Ballainvilliers était intendant de la province d'Auvergne de 1757 à 1767[86]. Le 19 juin, il relate la fin de la Bête : « Jean Chastel, un enfant du pays, a tué une bête qui parut être un loup, mais un loup extraordinaire et bien différent par sa figure et ses proportions des loups que l'on voit dans ce pays. »
  • Le comte Louis Phélypeaux de Saint-Florentin était secrétaire d'État de la Maison du Roi. Il fut l'un des interlocuteurs privilégiés des correspondances entre les gentilshommes du Gévaudan et la cour du Roi.
  • Clément de l'Averdy était contrôleur général des finances et a entretenu une correspondance avec le Gévaudan.

Les chasseurs[modifier | modifier le code]

Théories sur la nature de la bête[modifier | modifier le code]

Un ou plusieurs loups[modifier | modifier le code]

Un loup.

Pour monsieur de Buffon à propos de l'animal tué par François Antoine, comme de celui de Jean Chastel, tous les animaux tués lors des chasses étaient des loups. L'éventualité d'un loup mangeur d'homme a été évoquée à l'époque, et s'est maintenue par la suite. L'abbé François Fabre évoque une famille de loups, alors qu'à partir des années 1960 on en compte trois. Ces trois loups, selon l'abbé Xavier Pic, auraient été celui tiré par les frères Marlet de la Chaumette[n 27], celui tué par François Antoine et le garde Rinchard, et le troisième tué par Jean Chastel[88].

Jacques Delperrié de Bayac arrive à la même conclusion, même s'il évoque la possibilité d'un quatrième loup[89]. Guy Crouzet[90],[91] et le chanoine Félix Buffière[92] sont beaucoup moins précis sur leur nombre, mais concluent également à la culpabilité des loups.

Pour l'historien Jean-Marc Moriceau, la parenté de la bête du Gévaudan avec les « loups carnassiers » qui désolaient d'autres régions à la même époque est manifeste[93]. Il remarque notamment que des empreintes de loup ont été relevées près de certaines victimes, comme Marguerite Oustallier et Claude Biscarrat[94]. L'appellation de « bête » désignerait plusieurs loups, une « horde de loups mangeurs d'hommes »[95].

Pour Michel Louis, directeur du parc zoologique d'Amnéville, le comportement et le physique de la Bête ne correspondent pas au loup qui serait bien connu — et peu redouté — des paysans de l'époque. L'hypothèse du loup enragé ne peut être retenue car les survivants aux attaques ne contractèrent pas cette maladie qui les aurait tués en quelques mois[96].

Un hybride du chien et du loup[modifier | modifier le code]

Mâtin espagnol, puissant gardien et chien de guerre connu depuis l'Antiquité.
Charnaigre, race aujourd'hui disparue mais présente à l'époque en Languedoc.

Michel Louis, ancien maître-chien et directeur du parc zoologique d'Amnéville, est le tenant principal de l'hypothèse de l'hybride du chien et du loup[43],[97]. Selon lui, la description de la Bête du Gévaudan correspond, en beaucoup de points, à celle d'un chien de type berger : gueule plate et museau fin, courtes oreilles, poil roux (« fauve » ou « sable ») traversé de bandes noires, marque blanche sur le poitrail (« de l’avis de tous les chasseurs, on n’a jamais vu aux loups de pareilles couleurs »[98] ; « Cet animal ressemblait plus au chien qu'au loup, tant à cause de son pelage que la forme de sa tête »[99]).

Louis affirme que la Bête ne peut pas être un loup gris commun au motif que les Français vivaient, à cette époque, avec le loup au quotidien : il y avait encore des loups sur 90 % du territoire au XIXe siècle[100]. Par conséquent, l'auteur conclut que les paysans savaient identifier le loup et que les témoins n'auraient pas pu se tromper sur la nature de cette Bête rousse à la gueule noire. Dans les actes de sépulture, les curés notent par exemple « Tué par la Bête féroce » et non pas par « le loup »[101].

Louis avance les hypothèses suivantes : l'autopsie de l'animal tué par Jean Chastel (le rapport Marin) correspond à la description donnée par les témoins, mis à part la raie noire sur le dos. Celle-ci ne serait pas caractéristique d'un loup et s'expliquerait par le port d'une protection. La denture (42 dents) serait la même que celle du chien[102]. En outre, le directeur du parc zoologique d'Amnéville certifie que le loup est un animal craintif face à l'homme[103] et que mis à part les loups enragés ou en meute, les attaques contre les êtres humains seraient historiquement rares (contrairement aux grands fauves comme le tigre). Aucune victime de la Bête du Gévaudan n'a présenté les symptômes de la rage (à la différence de celles de la Bête de Sarlat). Selon Michel Louis, des victimes auraient été décapitées et déshabillées, ce qui suggérerait des mises en scène macabres commises par un criminel. Enfin, un loup est très difficile à dresser, y compris pour le cinéma[104],[105].

Pour hériter des caractéristiques du loup et du chien, la bête devrait donc être le fruit d'un croisement. Les chiens de troupeaux les plus répandus dans ces populations d'éleveurs étaient le mâtin (aujourd'hui appelé mastiff), molosse également utilisé comme chien de guerre. Avant les races « officielles » de chiens de type bergers (le premier standard de la race du berger allemand date de 1899)[106], il existait déjà des chiens similaires, à l'apparence « lupoïde ». Aujourd'hui disparu, le charnaigre[107] était présent en Provence, en Languedoc et en Roussillon.

Au XVIIIe et au XIXe siècle, des hybrides de chien et de loup étaient aussi connus en France ; réputés instables et appelés « mulets » ou « métis ». Ce fut peut-être le cas de la Bête du Gévaudan comme en témoigne certains chasseurs de l'époque (« Il devient nécessaire de combattre ce métis [que l’on aura] plutôt par surprise avec l’arme blanche qu’avec des fusils »[108] ; « Ce devait être un mulet provenant d'un loup avec une chienne ou d'un chien avec une louve »[109]).

Michel Louis pense que la Bête a les traits physiques du molosse, mais le comportement du loup[54] : parfois méfiante, elle emporte ses victimes très discrètement, après une longue période d'observation. D'autres fois, elle se comporte comme un chien « entrainé au mordant » et attaque à découvert.

Pour le journaliste Jean-Claude Bourret, « la bête est certainement un croisement entre un chien de combat descendant des légions romaines et un loup. » Une sculpture en résine et polyuréthane de la Bête, d'après les mesures exactes du rapport d'autopsie de juin 1767, a été présentée à Paris en 2016[110],[111].

Louis XV et son porte-arquebuse François Antoine ayant décidé que la Bête serait un loup (ou plusieurs loups), il était difficile d'aller à l'encontre de l'explication officielle à l'époque. C'est pourquoi cette hypothèse est restée très ancrée dans les esprits[réf. nécessaire].

Animal exotique, cryptide et autres conjectures[modifier | modifier le code]

Une hyène.

Une des premières théories, avancée au moment même des événements, voit dans la Bête un animal exotique. Le 31 décembre 1764, un mandement de l'évêque de Mende évoque « une bête féroce, inconnue dans nos climats[112]. » Dans une lettre, le capitaine Duhamel, capitaine aide-major du régiment de Clermont-Prince, décrit la Bête comme un animal monstrueux, progéniture d'un lion[113],[n 28].

L'animal exotique le plus souvent cité est alors la hyène[114]. Un tel carnivore aurait pu s'évader de la foire de Beaucaire, avancent certains auteurs[115]. Guy Crouzet l'évoque avec prudence en sus des exactions des loups, conjecturant que la présence accidentelle d'une hyène égarée n'est pas nécessairement impossible eu égard aux achats royaux et princiers d'animaux exotiques[116].

De son côté, afin de réhabiliter le loup[117], Gérard Ménatory se fonde sur les fictions d'Abel Chevalley et Henri Pourrat pour émettre l'hypothèse d'une hyène ramenée d'Afrique par Antoine Chastel[118]. Le fondateur du parc à loups du Gévaudan associe ainsi l'animal exotique à l'intervention humaine[117].

Pour corroborer l'hypothèse du carnivore africain, est parfois utilisé un petit fascicule paru en 1819, et vendu au Jardin des plantes. Ce fascicule évoque un animal autrefois exposé, une hyène barrée d'Orient : « Ce féroce et indomptable animal est rangé dans la classe du loup cervier ; il habite l’Égypte, il parcourt les tombeaux pour en arracher les cadavres ; le jour, il attaque les hommes, les femmes et les enfants, et les dévore. Il porte une crinière sur son dos, barrée comme le tigre royal ; celle-ci est de la même espèce que celle que l’on voit au cabinet d’Histoire Naturelle, et qui a dévoré, dans le Gévaudan, une grande quantité de personnes »[n 29],[n 30].

Mais bien d'autres animaux ont été cités comme étant la Bête, comme le glouton[119] (ou carcajou) ou bien le tigron[120]. Sont suggérés également : un grand singe de la famille des cynocéphales[n 31] (comme le babouin) ou même un ours[114]. L'auteur Marc Saint Val évoque, dans son essai La Malebête du Gévaudan, un ou plusieurs Thylacine, carnivore marsupial importé en France depuis l'Océanie[118],[121].

En se fondant sur certaines descriptions, des adeptes de la cryptozoologie se sont demandé s'il ne s'agissait pas d'un des derniers survivants des mesonychia, sortes de « loups à sabots » disparus vers la fin de l'éocène[122],[123]. En 2017, l'écrivain Pierric Guittaut formule l'hypothèse d'un « loup servier » issu d'une hybridation avec Canis dirus, un canidé préhistorique dont les particularités physiques correspondraient aux descriptions de la Bête[n 32],[124].

Théories de l'implication humaine[modifier | modifier le code]

Un « fou sadique » ?[modifier | modifier le code]

Revêtu d'une peau de loup, un homme s'apprête à lâcher sur une bergère la bête du Gévaudan, elle-même couverte d'une cuirasse.
Ensemble de statues, Le Malzieu-Ville (photographie des Randonneurs de la Fare).

Dans l'ouvrage auto-édité en 1889 qu'il consacre au « fléau divin » du Gévaudan, l'abbé Pierre Pourcher retranscrit une légende tardive évoquant la rencontre de deux habitantes de Saugues avec un « homme extrêmement bourru » dont l'estomac se couvre de longs poils[125]. Le critique littéraire et essayiste Michel Meurger observe que ce récit oral rapporté par l'abbé « fondamentaliste », entremêlant la Bête et le vieux fond de croyances relatives aux loups-garous, nourrit ultérieurement les spéculations publiées durant la seconde moitié du XXe siècle par des écologistes, « partisans d'une nature sauvage idéalisée » qui tentent de réhabiliter le loup en recherchant une main humaine dans les exactions de l'animal carnassier[126].

En 1911, le docteur Puech, gynécologue de l'école de médecine de Montpellier, rédige un mémoire où il accuse des sadiques d'être à l'origine des attaques de la Bête du Gévaudan. Selon lui, la présence de mystificateurs recouverts de peaux de loup aurait entretenu la responsabilité d'une bête qui « n'a jamais existé[127]. » Puech devient ainsi le premier auteur contemporain à soutenir la théorie de l'implication humaine dans l'affaire de la Bête du Gévaudan, en évoquant des tueurs supposément reconnaissables dans les décapitations ainsi que dans des mises en scène macabres consistant en des corps retrouvés nus et leurs habits « semés » le long de chemins, ou même « rhabillés »[n 33].

En 1962, Marguerite Aribaud-Farrère publie une plaquette, La Bête du Gévaudan enfin démasquée, dans laquelle elle accuse un sadique d'avoir commis les meurtres en se faisant passer pour un loup-garou. Elle affirme que le criminel, qu'on appelait « Messire », aurait été originaire « d'une vieille famille puissante du midi de la France. » À l'époque, un de ses descendants « touchait de très peu au pouvoir »[131]. En 1972, Alain Decaux reprend cette théorie pour une émission télévisée et un article paru dans la revue Historia[132],[133].

Michel Louis soutient qu'au moins quinze victimes furent décapitées[134]. On parle de tête « coupée », « emportée » ou « séparée du tronc ». Selon Gérard Ménatory[135], des cas d'égorgement d'humain par des animaux existent (très souvent de grands fauves) mais il assure qu'aucune décapitation n'a été relevée et qu'une telle mutilation serait très improbable de la part d'un loup dont la mâchoire n'aurait pas la puissance nécessaire[135]. Michel Louis renchérit en affirmant que la décapitation n'est pas un comportement animal car d'un point de vue alimentaire, une tête humaine ne serait pas une partie intéressante, un carnivore préférant les parties plus charnues comme les cuisses ou les viscères. Sylvain Macchi, responsable zootechnique du Parc à loups du Gévaudan, en arrive à la même conclusion[136].

En se basant sur des cas de zoanthropie, cas de délire au cours duquel un homme croit être devenu un animal (voir les hommes-panthères du Congo), Pierre Cubizolles rédige Loups-Garous en Gévaudan dans lequel il affirme que des membres de la famille Chastel étaient des sadiques déguisés en bêtes[137].

Entre 2009 et 2012, André Aubazac publie trois livres sur la Bête du Gévaudan dans lesquels il accuse l'homme. Pour lui, il y a plusieurs coupables : des soldats cannibales traumatisés par la guerre de Sept Ans (revenant d’Autriche via les Alpes) ; des vagabonds attirés par la construction de la route allant à Montpezat-sous-Bauzon ; et la famille Chastel lancés dans un règlement de comptes familial[138],[139],[140].

Un complot ?[modifier | modifier le code]

Deux ans avant l'apparition de la Bête en Gévaudan, la famille Rodier est accusée d'avoir utilisé des loups apprivoisés pour détrousser les voyageurs. Les parents sont condamnés à être pendus, tandis que les deux fils (19 et 15 ans) et un complice, Paul Serre du Vivarais, sont envoyés aux galères[141].

Une lettre, adressée à l'intendant d'Auvergne en juillet 1766, note à propos de l'animal : « On le cherchait dans les bois, et il fallait le trouver dans les maisons. Pour mieux m'expliquer, je crois que ce sont des sorciers qui fourmillent dans le monde ». Ce document suggère, sans trop se prononcer, que la Bête entretient une relation avec l'homme[142]. « Maison » pouvant signifiant à l'époque la demeure d'un seigneur[143]. Plusieurs autres correspondances évoquent la peur des paysans d'un « sorcier déguisé »[144] .

En 1936, le roman La Bête du Gévaudan d'Abel Chevalley fait mine de publier les mémoires du paysan Jacques Denis, personnage fictif qui évoque ses souvenirs des événements de 1764-1767. Le soi-disant mémorialiste laisse planer de lourds sous-entendus sur la culpabilité de Jean-François-Charles, comte de Morangiès : « J’aurai à revenir sur cet affreux personnage depuis lors tristement célèbre. Mais nous ignorions alors qu'il fût aux abois et déjà vautré dans la crapule de Paris… après les sordides affaires qui l’auraient dû conduire en prison pour le reste de ses jours… » Chevalley met également en scène la courageuse sœur de Jacques Denis, qui entretient des soupçons au sujet d'Antoine Chastel, présenté ici pour la première fois comme un sinistre marginal à demi-sauvage, castré par les barbaresques puis revenu au pays afin d'y dresser des molosses[145]. Le conteur Henri Pourrat utilise le même procédé en 1946[146].

Alain Decaux, Gérard Ménatory et Jean-Jacques Barloy reprennent cette fiction en conjecturant qu'un meurtrier aurait opéré sous le couvert d'une haute protection. En 1988, Raymond-Francis Dubois, membre d'une association de défense des loups[147], émet l'hypothèse d'un chien de guerre recouvert d'un gilet (ou cuirasse) comme il en existait au XVIe siècle, en peau de sanglier le protégeant des balles et des couteaux. La raie noire constatée sur le dos de la Bête ne concorde pas avec le pelage du loup, et est, par contre, caractéristique du sanglier. Il relève également que cette particularité n'a pas été constatée sur le cadavre des différents fauves tués. Selon lui, c'est le fils Chastel qui aurait élevé et conduit cet animal suivant les ordres d'un noble du Gévaudan prénommé Charles[148],[149].

Dans son ouvrage paru en 1992, Michel Louis, ancien maître-chien et fondateur du parc zoologique d'Amnéville, désigne le comte de Morangiès comme l'instigateur des attaques de la Bête du Gévaudan, le fils Chastel lui servant de complice. Louis évoque un militaire déchu, calculateur et dénoué de scrupules : « À travers la bête, le comte pouvait assouvir à la fois une vengeance et une soif de puissance frustrée. La confusion dramatique engendrée par sa terrible création dut lui procurer un sentiment de puissance fantastique. La revanche d'un sadique mégalomane »[2]. Pour Louis, la raie noire aperçue sur le dos de la Bête ne concorde pas avec le pelage du loup ; par contre, elle serait caractéristique du sanglier. Il relève également que cette particularité n'a pas été constatée sur le cadavre des différents animaux tués. Louis développe de nouveau sa théorie en 2011 lors d'une émission de Franck Ferrand[150].

Cette théorie sera reprise par plusieurs auteurs, comme Léobazel qui évoque le comte de Morangiès comme « un officier des plus médiocres, personnage taré et prodigue, honte de la noblesse locale, désespoir de son père, bourreau de ses frères et sœurs »[151]. D'autres essayistes prêtent à Morangiès un titre de gouverneur de l'île de Minorque où il aurait rencontré Antoine Chastel, prisonnier des pirates musulmans, mais cette information est invalidée par les archives des États Militaires de France. Le comte se trouvait en Allemagne pendant la guerre de Sept Ans, puis est rentré en Gévaudan pour soigner une tuberculose[152]. Bien que le comte de Morangiès ait effectivement mené une vie dissolue en dilapidant la fortune familiale, en étant assigné en justice par des créanciers et se fâchant avec ses frères après une succession avant terme[153], les accusations qui l'impliquent dans l'affaire de la Bête relèvent uniquement de spéculations suscitées par le roman d'Abel Chevalley publié en 1936[154].

Une autre théorie du complot évoque les Grands jours d'Auvergne et du Languedoc, procès établis par Louis XIV pour condamner les abus commis par la noblesse sur les paysans (de 1664 à 1667, soit exactement un siècle avant la Bête). Les coupables étaient exécutés à la roue ou décapités, et beaucoup ont vu leurs biens confisqués ou rasés[155],[156]. Ce fut le cas de la famille Lamotte-Beaufort-Canillac, illustre baronnie d'Auvergne qui fut la plus touchée par les poursuites avec cinq membres condamnés à mort. La famille Morangiès, liée aux Canillac, rachète leurs terres en 1740 après que le dernier s'est éteint sans descendance[157],[158]. La famille du marquis d'Apcher a également eu au moins un ancêtre qui a été condamné pour meurtres : le comte Christophe d'Apcher[159],[160]. Les partisans de la théorie, comme Roger Oulion[161], pensent que certains nobles se sont servis d'un ou de plusieurs animaux dressés pour venger leurs ancêtres. En 2016, Marc Saint-Val signe un ouvrage romancé intitulé Dans la peau de la Bête ! dans lequel il aborde les aspects pratiques liés à la logistique et l'introduction d'animaux exotiques hors de leur habitat naturel, ainsi que leur dressage dans le but de les lancer à l'attaque d'humains[162].

En 1777, un assassin déguisé en Bête à Saugues[modifier | modifier le code]

En juillet 1777, dix ans après l'affaire de la Bête du Gévaudan, un homme est condamné à Thoras, canton de Saugues, pour avoir assassiné une femme en se faisant passer pour un animal[163].

Marianne Thomas, la servante du chirurgien de Saugues, est retrouvé grièvement blessée dans la cuisine de son domicile au Cros[164], « assaillie et battue par la Bête », « persuadée que c'était une bête qui lui avait fait le mal ». Elle ne survit pas à ses profondes blessures et meurt dans la nuit du 23 au 24 juillet. Le curé de Saugues et le chirurgien, constatant que le crime ne pouvait être imputé à un animal, alertent aussitôt la justice :

« Il résulte que cette fille a été assassinée, heure de nuit, dans cette même maison où elle couchait seule; la position où elle fut trouvée, son état de pâmoison, les meurtrissures qui ont paru sur son corps et principalement ce qui résulte du rapport du médecin et du chirurgien qui ont procédé à l'ouverture du cadavre, constatent assez la nature du délit qui paraît avoir été commis avec force et violence [effraction], puisqu'il a été remarqué qu'il y avait des égratignures fraîchement faites sur les pierres extérieures du montant de la porte de la maison et sur l'accoudoir d'une fenêtre, et que la porte volet fut ouverte lorsque l'on fut au secours de cette fille »[165].

Pour ce « crime capital qui mérite toute la punition des lois », le procureur fiscal ordonne une enquête, qui commence le 28 août. Quatorze témoins sont appelés à témoigner. Un dénommé Jean Chausse, dit Lanterolle, est bientôt soupçonné d'avoir assassiné, et probablement violé, Marianne Thomas en s'étant recouvert d'un peau de bête à laine et de gants pour « aller faire le loup » (le rapport d'autopsie de la victime évoque du sang « suintant par le rectum »[166]). L'homme, cultivateur au Cros, est finalement inculpé de meurtre et conduit aux prisons de Saugues puis à celles du siège présidial de Riom[167].

La Bête dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Le char de la Bête ouvre chaque année le corso fleuri des grandes fêtes de Mende (août).
Le blason de la commune de Paulhac-en-Margeride, adopté en 2001, présente deux Bêtes du Gévaudan[n 34].

En Lozère, plus particulièrement en Margeride, de nombreux sites touristiques entretiennent la légende de la Bête avec des musées, des statues et des sentiers pédagogiques.

La Bête est représentée seule à Saint-Privat-d'Allier, à Saugues (sculpture sur bois) et une à Marvejols sculptée par Emmanuel Auricoste (même si la Bête n'est jamais venue jusqu'au territoire de cette commune). Au Malzieu-Ville, deux sculptures existent : une première représentant la lutte d'une villageoise contre la Bête a été inaugurée en 2010[168] et une seconde inaugurée en août 2012 par le « comte de Paris »[169],[170] qui reprend la théorie du meneur de loups.

Les protagonistes sont aussi mis à l'honneur, ainsi le combat de Marie Jeanne Vallet contre la Bête a été sculpté par Philippe Kaeppelin et installée dans le village d'Auvers. Elle a été inaugurée en 1995, suscitant même une polémique à propos de l'usage touristique d'une Bête ayant commis de tels crimes[52]. Le vainqueur officiel de la Bête, Jean Chastel, est célébré dans son village de La Besseyre-Saint-Mary où une stèle à sa mémoire a été érigée.

Saugues présente le « Musée fantastique de la Bête du Gévaudan ». Il est constitué de vingt-deux dioramas de grande taille, avec des personnages en plâtre et des effets sonores[n 35]. Il fête ses dix ans d'existence en juillet 2009[171].

À cela s'ajoute le musée du Parc à loups du Gévaudan, qui possède quelques documents relatifs à la légende. De plus, de nombreuses entreprises, ou autres clubs sportifs, de Lozère et de Haute-Loire, ont choisi la Bête du Gévaudan comme emblème[172].

Théâtre[modifier | modifier le code]

La Bête du Gévaudan est un mélodrame en trois actes joué pour la première fois à Paris en juillet 1809. La pièce s'éloigne de l'histoire officielle[173].

Une pièce en trois actes de Jacques Audiberti est sortie en 1936 sous le nom de La Bête noire[174]. Elle est présentée en 1948 à la Huchette à Paris, et a été renommée en La Fête noire. Les noms historiques n'ont pas été conservés. La pièce présente une lutte entre paysans et aristocrates locaux[175].

En 2008, une nouvelle pièce est montée sous le nom de La Bête est là..., avec Geneviève et Robert Sicard et une mise en scène de Patricia Capdeveille. Il s'agit d'une adaptation du livre de Laurent Fournier intitulé Petite histoire des grands ravages d'une méchante bête[176].

Littérature[modifier | modifier le code]

La bête du Gévaudan et le nouveau monstre est un texte de 32 pages publié en en 1839[177].

L'écrivain écossais Robert Louis Stevenson traverse le Gévaudan en 1878, périple qu'il raconte dans son récit Voyage avec un âne dans les Cévennes. Il écrit ainsi à propos de la Bête : « C'était, en effet, le pays de la toujours mémorable Bête, le Napoléon Bonaparte des loups. Quelle destinée que la sienne ! Elle vécut dix mois à quartier libre dans le Gévaudan et le Vivarais, dévorant femmes et enfants et « bergerettes célèbres pour leur beauté » […] si tous les loups avaient pu ressembler à ce loup-ci, ils eussent changé l'histoire de l'humanité »[178].

Jeannot-Grandes-Dents et la Bête dans le roman-feuilleton La Bête du Gévaudan d'Élie Berthet, Journal pour tous, no 148, .
Jeannot-Grandes-Dents accompagné de la Bête.
Illustration de Gustave Janet pour le roman-feuilleton La Bête du Gévaudan d'Élie Berthet, Journal pour tous, no 149, .

En 1858, l'écrivain Élie Berthet rédige le roman La Bête du Gévaudan, publié initialement sous forme de feuilleton dans le Journal pour tous du 2 janvier au 6 mars 1858[179] avant de paraître en format relié aux éditions L. de Potter en 1858[180],[181]. L'abbé François Fabre juge « fort bien fait » ce roman-feuilleton « agrément[é] […] d'épisodes imaginés. L'intrigue est mouvementée, les personnages vivants et bien campés […] surtout le Lycanthrope, cet horrifiant Jeannot-Grandes-Dents, retourné à l'état sauvage et devenu le compagnon inséparable du loup[182]. » Élie Berthet brosse le portrait d'un colosse dément, à la figure et aux manières bestiales, qui s'en va terroriser le pays dès qu'il sort de sa tanière[183]. Selon Félix Buffière et l'essayiste Michel Meurger, ce « Jeannot-Grandes-Dents » fictionnel constitue vraisemblablement une source d'inspiration pour l'auteur Abel Chevalley lorsque ce dernier imagine Antoine Chastel en « sauvage à mi-chemin de l'homme et de la bête[181]. »

Angliciste, professeur agrégé et diplomate, Abel Chevalley (4 juillet 1868 - décembre 1933)[184] rédige La Bête du Gévaudan, un roman paru à titre posthume en 1936. L'œuvre littéraire se présente sous forme de mémoires couchés sur le papier au XIXe siècle par Jacques Denis, témoin oculaire fictif des ravages de la Bête[n 36]. Brouillant les frontières entre imaginaire, tradition orale et réalité, ce roman exerce une influence considérable sur la littérature consacrée à l'affaire. Les vagues accusations portées contre Antoine Chastel et le comte de Morangiès sont ainsi prises au sérieux par plusieurs lecteurs et auteurs[186]. Dans un compte rendu publié en 1937, la Revue des études historiques se figure que Chevalley a réellement édité le « manuscrit » d'un « contemporain des événements »[187].

Des romanciers se sont également inspirés de l'histoire de la Bête comme La Bête du Gévaudan de José Féron Romano[188] ; Gévaudan de Philippe Mignaval[n 37] ; Le Chien de Dieu de Patrick Bard[n 38] ; Le carnaval des loups de Jean-Paul Malaval[189] ou encore le deuxième tome de la série Alpha & Omega de Patricia Briggs[190].

En 2014, dans son roman La Bête, Catherine Hermary-Vieille présente le fils de Jean Chastel comme un esclave échappé des geôles du dey d'Alger avec une hyène[191].

La même année, Gérard Roche, sénateur de la Haute-Loire, signe un roman de 500 pages intitulé Gévaudan, le roman de la bête aux éditions De Borée : « Je me suis mis à la place des gens de l'époque pour décrire la vie d'un village d'autrefois »[192],[193].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

La Bête est devenue, à partir des années 1970, le personnage central de plusieurs bandes dessinées. Ces premières apparitions sous ce format sont même antérieures, puisque le magazine Héroic dans son numéro 23, du 1er juin 1955, a raconté le « récit véridique de la Bête du Gévaudan »[194]. Entre 1970 et 1990, la Bête apparaît dans les dessins de Comès, de Claude Auclair ou encore du duo Pierre Christin/Enki Bilal[195]. Certains auteurs de bandes dessinées, comme Didier Convard, tentent de s'éloigner légèrement de l'histoire dite officielle, en ne citant aucun nom notamment[196]. Dans les années 2000, le duo Adrien Pouchalsac et Jan Turek sortent une trilogie, La Bestia, qui se veut la plus proche possible de l'histoire[n 39]. Il en est de même pour La Bête du Gévaudan de Jean-Louis Pesch, ou encore Le Secret de Portefaix, l'enfant du Gévaudan de Cyrille Le Faou et Roger Lagrave. Il existe aussi une BD de l'italien James Fantauzzi qui raconte les dernières heures de vie de la « Bestia » : Chastel, le vainqueur du Gévaudan[197].

En 2010, le journaliste Jean-Claude Bourret publie deux bandes dessinées pédagogiques aux Éditions du Signe en assurant avoir percé le mystère. Il affirme que la Bête est un hybride, croisement naturel entre un chien et une louve, et qu'elle provient de la province du Dauphiné où des attaques auraient été signalées en 1763[198],[199].

En avril 2015, le scénariste de bande dessinée Aurélien Ducoudray et le dessinateur Pierre-Yves Berhin publient La Malbête aux éditions Grand Angle[200]. L'histoire retrace l'arrivée de « monsieur Antoine » en Gévaudan, aidé d'un jeune palefrenier, Barthélemy.

Mangas[modifier | modifier le code]

Dans le tome 5 du manga «Les Mémoires de Vanitas» (ヴァニタスの手記, Vanitas no Carte?) de Jun Mochizuki, les protagonistes rencontrent la bête, qui s'avère être une vampire contaminé par un mystérieux mal que seul l'un des protagoniste est en mesure de soigner. Ils croisent d'ailleurs la route du porte-arquebuse du roi, François Antoine

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Plusieurs œuvres cinématographiques et télévisuelles ont pris pour trame de fond l'histoire de la Bête du Gévaudan.

La Bête du Gévaudan (1967)[modifier | modifier le code]

Évocation dramatique réalisée par Yves-André Hubert dans le cadre de l'émission Le Tribunal de l'impossible diffusée en 1967 sur l'ORTF[201],[202].

Ce téléfilm narre les tragiques échecs des hommes et leur comportement face au fléau qui les accable. Les protagonistes et événements marquants de l'affaire apparaissent à l'écran, comme le combat de Jacques André Portefaix et ses camarades contre la Bête en janvier 1765 ; les chasses du capitaine Duhamel, du sieur Denneval ou de François Antoine ; ou encore la mort de l'animal tiré par Jean Chastel le 19 juin 1767. La Bête n'est que très furtivement montrée au spectateur, renforçant ainsi son aspect mystérieux.

Le Pacte des loups (2001)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Pacte des loups.

Film français sorti en 2001 par Christophe Gans, d'après un scénario de Stéphane Cabel et Christophe Gans[203].

En 1766, le naturaliste Grégoire de Fronsac (Samuel Le Bihan) est envoyé dans le Gévaudan pour étudier la Bête et ramener son cadavre au Jardin du Roi, à Paris. Il est accompagné de Mani (Mark Dacascos), un Indien Mohawk rencontré au Canada. Les deux hommes se heurtent au « Pacte », un groupe de fanatiques religieux qui s'oppose aux idées nouvelles des philosophes...

Œuvre romanesque opposant l'obscurantisme et les Lumières, Le Pacte des loups ne s'inspire que très librement du mystère de la Bête. Beaucoup de personnages et de lieux ne correspondent pas à la réalité historique. Le film reprend la théorie du complot popularisée par les auteurs Abel Chevalley, Henri Pourrat et Michel Louis dans leurs livres respectifs. Ainsi, la Bête est un fauve ramené d'Afrique et conditionné à tuer par des mains criminelles, en l’occurrence le comte de Morangiès (Vincent Cassel). Parallèlement, la mort de la Bête tuée par François Antoine est expliquée comme étant une escroquerie ordonnée par Louis XV lui-même.

La Bête du Gévaudan (2003)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Bête du Gévaudan (téléfilm).

Téléfilm français réalisé en 2003 par Patrick Volson, d'après un scénario de Daniel Vigne et Brigitte Peskine[204].

Pierre Rampal (Sagamore Stévenin) est un médecin de campagne de passage dans le Gévaudan. Au village de Saugues, l'abbé Pourcher et sa mère, une veuve autoritaire, encouragent les superstitions et accusent un paysan, Jean Chastel (Jean-François Stévenin), de sorcellerie...

La Bête du Gévaudan reprend à la fois les théories du fou sadique et du loup. Le comte de Morangiès est dépeint comme l'auteur des meurtres, revêtu d'une peau de loup et broyant la gorge de ses victimes avec une mâchoire en fer. Des loups enragés viennent ensuite dévorer les corps laissés par l'assassin. Le téléfilm ne correspond pas à la réalité historique : il n'y a jamais eu de Dragons du roi aux ordres d'un capitaine Denneval; le personnage de Jean Chastel n'était pas tisseur et n'avait pas de fille aînée (les fils Chastel, Pierre et Antoine, liés à l'histoire de la Bête, ne sont jamais mentionnés); le porte-arquebuse n'est pas intervenu en 1767 mais en 1765. Le personnage de l'abbé (Guillaume Gallienne) est inspiré de Pierre Pourcher, un curé considéré comme le premier historien de la Bête[205].

Wolfman (2010)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wolfman (film, 2010).

Dans ce film américain de Joe Johnston qui se situe dans l’Angleterre de l'époque victorienne, le personnage de Talbot (Benicio del Toro) se fait offrir une canne au pommeau en forme de gueule de loup par un mystérieux vieil homme (Max von Sydow). La canne proviendrait du Gévaudan. Cet objet pourrait être lié avec la malédiction du loup-garou, et reprend la thèse selon laquelle la Bête du Gévaudan en aurait été un.

Nicolas Le Floch (2010)[modifier | modifier le code]

Dans Le Grand Veneur, épisode 2 de la troisième saison de Nicolas Le Floch (série télévisée basée sur les romans de Jean-François Parot) le célèbre commissaire au Châtelet enquête sur une série d'attaques par un étrange animal en Aquitaine. Bien que la Bête soit désignée comme étant la Bête de Sarlat (un loup enragé), l'histoire se rapproche plus volontiers de celle du Gévaudan. Dans cet épisode, deux chiens, recouverts de peaux de sangliers, ont été dressés à tuer par de riches notables aux mœurs étranges.

Teen Wolf (2011-2017)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Teen Wolf (série télévisée).

Cette série américaine suit Scott McCall, un lycéen ayant le pouvoir de se transformer en loup-garou. L'épisode 6 de la saison 1 est particulièrement centré sur l'histoire de la Bête du Gévaudan, quand Allison Argent découvre son histoire familiale. L'histoire de la bête est davantage développée durant la deuxième partie de la saison 5, où la Bête du Gévaudan apparaît comme une version ancestrale des loups-garous. L'épisode 18 de la saison 5 est entièrement consacré à sa légende. Il est dit dans cet épisode que Marie-Jeanne Valet (qui est d'ailleurs une ancêtre d'Allison ayant vecu au XVIIIe siècle) serait celle qui aurait tué la bête, qui était en réalité son frère, Sebastian Valet.

Documentaires TV[modifier | modifier le code]

Émissions de radio[modifier | modifier le code]

Jeux et musique[modifier | modifier le code]

L'histoire de la Bête du Gévaudan a également servi de trame pour un jeu vidéo sorti en 1985. Ce jeu vidéo a été développé et édité par CIL (Compagnie informatique ludique)[221]. Se présentant sous la forme d'un jeu d'aventure textuelle, il est sorti sur les micro-ordinateurs Apple II. L'histoire reprend l'hypothèse selon laquelle la Bête était un loup-garou. Le joueur incarne cette Bête et doit trouver un moyen de soigner son mal[222].

Un jeu de société sur la Bête du Gévaudan est sorti en 1990, distribué par Riviera Quest. Il s'agit d'un jeu de plateau où le but est d'enquêter sur la Bête, en évitant de se faire dévorer par cette dernière[223]. La Bête du Gévaudan est aussi un personnage qu'on peut choisir dans le jeu Atmosfear, mais elle s'appelle « Gévaudan le lycanthrope »[224].

Au début des années 1980, le groupe de musique Los del Sauveterre met en scène une version théâtrale et musicale basée sur l'histoire de la Bête. Le rappeur français MC Solaar fait un clin d'œil au Gévaudan dans la chanson Cash money, sur l'album Mach 6. Dans cette chanson qui évoque une femme superficielle et matérialiste, il lui dit en ces propos que : « Si t'aimes la F1, et ben on dormira dedans ; T'auras le collier en argent de la bête du Gévaudan ».

En 2013, un trio de musiciens (Gaël Hemery, Emmanuelle Aymès, Pascal Jaussaud), issu de la maison de production Ventadis, publie un disque intitulé La bestia que manjava lo monde[225]. Un autre disque sort la même année, œuvre collective en français et occitan, intitulé La bête du Gévaudan en 13 chansons et poèmes[226]. En 2014, le groupe L'Épaisseur du Trait a sorti une chanson accompagnée d'un clip sur la Bête du Gévaudan[227].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette gravure est a priori antérieure à janvier 1765, date à laquelle le roi Louis XV promet une récompense de 6 000 livres à qui tuera la Bête, portant ainsi le total des récompenses à 9 000 livres. La légende complète est la suivante : « Figure du Monstre qui désole le Gévaudan. Cette Bête est de la taille d'un jeune Taureau elle attaque de préférence les Femmes, et les Enfans, elle boit leur Sang, leur coupe la Tête et l'emporte. Il est promis 2 700lt (livres tournois) à qui tuerait cet animal ».
  2. L'hypothèse de l'intervention humaine dont les crimes seraient masqués par la Bête est apparue en 1910 avec les publications du docteur Puech. Cette version a été reprise dans plusieurs livres ou fiction dans les années 1990 et 2000, comme dans le film Le Pacte des loups.
  3. À l'exception de la Corse.
  4. Une version existe avec comme légende : « Représentation véritable de la Bête sauvage, une hyène qui se manifeste, présentement, depuis le mois de septembre 1764, en France, dans le Gévaudan, province du Languedoc et qu'on nomme aussi la grande dévoreuse ». [image] Autre version de la gravure.
  5. Acte visible sur le site des AD07, commune de Saint-Étienne-de-Lugdares, types d'acte : baptêmes, mariages et sépultures datés de 1757 à 1780, page 113 ((fr) [1]).
  6. Les soldats stationnent à Langogne ou Pradelles et sont commandés par Duhamel, capitaine et aide-major[10].
  7. Plusieurs auteurs évoquent des « dragons du roi » dans la région, en effectuant parfois un rapprochement avec les troupes royales qui pourchassaient autrefois les camisards durant la guerre des Cévennes[12],[13],[14]. Or Patrick Berthelot, spécialiste en uniformologie, précise que le « régiment princier mixte » de Clermont-Prince, composé de « troupes légères » appartenant au comte de Clermont, ne saurait être confondu avec des régiments de dragons royaux que Louis XV n'a jamais envoyé en Gévaudan pour chasser expressément la bête[15].
  8. Exemple avec [image] : l'extrait du registre paroissial de Rieutort-de-Randon, et l'acte d'inhumation de Jeanne Bonnet le 26 décembre 1764.
  9. [image] Exemple de couverture d'une impression du mandement.
  10. Ses prénoms exacts sont : Jean Charles Marc Antoine, cependant le prénom de Martin lui est souvent attribué.
  11. La commune n'a pris le nom de Saint-Alban-sur-Limagnole qu'en 1847. La ville se nommait alors simplement Saint-Alban.
  12. [image] Photo de la passerelle.
  13. [image] Photo de la lance.
  14. [image] Blason des Beauterne avec l'adjonction du loup mourant.
  15. L'original non colorisé date de 1764, Bibliothèque nationale, Histoire de France, titre original : Figure de la Bête féroce que l'on croit être une hyène.
  16. Commune de Paulhac-en-Margeride, Lozère.
  17. Commune de Monistrol-d'Allier, Haute-Loire.
  18. [image] Photo de la sogne d'Auvers.
  19. Le terme « victime » regroupe ici les personnes tuées, blessées ou simplement attaquées par la Bête. Les données sont approximatives et proviennent des compléments apportés par Jean Richard au livre de François Fabre.
  20. Cette valeur est anormalement faible pour la queue d’un grand canidé. Cela pourrait éventuellement correspondre à une queue amputée, mais d’autres sources indiquent une longueur de un pied et huit pouces (soit environ 54,6 cm), ce qui serait plus en accord avec la taille de la Bête. Étant donné que le rapport Marin a été produit en quatre exemplaires copiés à la main, il est possible que, sur le seul exemplaire disponible, une erreur de copie se soit produite et que « un pied » ait put être oublié pour la longueur de la queue[68].
  21. En 2016, une sculpture de la Bête en résine et polyuréthane est présentée à Paris par le journaliste Jean-Claude Bourret. Il s'agit d'une tentative de reconstitution grandeur nature d'après les mesures exactes du rapport d'autopsie de juin 1767 ; Une reconstitution de la légendaire bête du Gévaudan, (France Bleu).
  22. Selon Michel Louis, 22 % des victimes ont été agressées en plein village.
  23. Il s'agit d'une peinture à l'huile de 1,45 m par 1,10 m, qui a dû être exécutée avant 1789. Il existe deux versions de ce tableau, un original et une copie.
  24. Lieutenant général, secrétaire d'État.
  25. [image] Acte de naissance.
  26. Sur certaines gravures ou peinture, on retrouve également la graphie Rinhard.
  27. L'animal blessé n'a pas été retrouvé.
  28. Dans l'article d'un blog hébergé par le National Geographic, Karl-Hans Taake tente de confirmer le jugement de Duhamel en optant pour l'hypothèse d'un lion mâle. Taake affirme ainsi que de 1764 à 1767, environ 5 pour cent des attaques de carnivores sur l'homme dans le Gévaudan ont été effectuées par loups enragés et non enragés. En ce qui concerne les autres 95 pour cent, il exclut les loups et les canidés dans leur ensemble pour des raisons zoologiques et physiques ; ces attaques ont été exécutées par cet animal que l’on appelait « la Bête ». Selon cet article, il est impossible qu’un des loups tués dans le Gévaudan, y compris l’animal décrit dans le rapport Marin, soit la Bête. Le rapport Marin et les descriptions de loups démontreraient un effort visant à « adapter » la description d’un loup normal aux témoignages sur la Bête. Taake juge que les caractéristiques de la Bête, rapportées par des témoins oculaires, se complèteraient et formeraient une image cohérente, celle d'un lion mâle subadulte. Ces caractéristiques concerneraient, entre autres, les preuves directes et indirectes de la taille et de la masse corporelle (celle d’un bovin d’un an, empreintes de patte de 16 centimètres, blessures superficielles par balles, proportion importante d’adultes parmi les victimes humaines), morphologie (corps avant extrêmement puissant, tête plate, poils hérissés sur la tête et le dos, extrémité de la queue touffue), force physique (emportait des personnes adultes, brisait des crânes humains, sautait environ neuf mètres), couleur (rougeâtre, une bande sombre sur le long du dos, des taches sur les côtés du corps), comportement (utilisait ses griffes pour attaquer, attaquait de grands ongulés en sautant sur leur dos, étranglait ses victimes, grattait entièrement les tissus des crânes, préférait les paysages dégagés) et la vocalisation (un bruit sourd, comme celui d’un chien qui veut aboyer) ((en) Karl-Hans Taake, Solving the Mystery of the 18th-Century Killer “Beast of Gévaudan”, National Geographic, (lire en ligne)).
  29. Ce petit fascicule est toujours consultable à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle, 38 rue Geoffroy-Saint-Hilaire Paris 5 où il est archivé sous la cote : 8° Rés. 48.
  30. (fr) Numérisation du fascicule.
  31. C'est l'abbé Trocellier qui évoque cette hypothèse dans sa correspondance avec Étienne Lafont.
  32. Dans un essai paru en 2017, l'écrivain Pierric Guittaut émet une hypothèse basée sur les indices relatifs à la bête du Gévaudan et les points de coïncidence avec plusieurs autres bêtes dévorantes aux cours des siècles, tels que la bête de l'Orléanais, la bête du Lyonnais ou plus près de nous le monstre du Valais. L'auteur conclut que la bête est un canidé et que des remontées génétiques aléatoires se produiraient de temps à autre dans des meutes de loups, donnant naissance à un sujet présentant les caractéristiques de l'ancien loup cervier (ou plutôt loup servier, dévoreur de serfs au moyen-âge, n'ayant rien à voir avec le lynx). Pierric Guittaut envisage une hybridation ancienne de cette dernière espèce avec le canis dirus, un canidé disparu à la dernière glaciation et dont l'apparence et les particularités physiques correspondraient avec les descriptions majoritaires faites de la bête du Gévaudan et des autres bêtes citées (Pierric Guittaut, La dévoreuse : le Gévaudan sous le signe de la Bête 1764-1767, De Borée, coll. « Histoire Et Documents », 2017).
  33. Le , une fillette disparaît aux environs de Saugues : « (...) lorsque la Bête l'eut mangée en partie, elle arrangea au milieu d'un bourbier si bien ses os, sa tête coupée, qu'elle couvrit de ses habits et son chapeau, que quand on vint la chercher avant qu'il fût nuit, on la crut endormie(...) » (Bibliothèque Nationale).
    C'est aussi le cas, par exemple, à la lettre de Lafont à M. de Saint-Priest : « La mère, ne la voyant pas revenir, fut à ce pré où elle trouva les sabots de l'enfant sur le chemin. Elle s'en fut avertir son mari qui, avec les gens du village, courut toute la nuit pour faire des recherches et on trouva à la pointe du jour ses habits dans un champ avec un lambeau de la chemise mais on jamais pu découvrir le cadavre. Le 25 au soir, quelques batteurs retrouvèrent le cadavre qui était tout nu (...) »[128].
    Des agissements similaires sont décrits par Antoine de Beauterne dans son procès-verbal du  : « Une fille de 12 ans fut enlevée hier soir, à la Vachèlerie de Paulhac. […] Nous avons d'abord trouvé une partie de vêtement tout déchiré et, tout auprès, une grande effusion de sang. Plus haut encore, il a été trouvé une partie de jupon tout délabré par les plis. Beaucoup plus haut, dans la bruyère, a été trouvé, tout nu le cadavre de cette fille. »[129].).
    Le , Jeanne Delmas, épouse d'un meunier de Lorcières, est attaquée près de son moulin à la tombée de la nuit. Elle survit avec de profondes blessures, dont une ligne sanglante autour du cou « (...) Nous avons trouvé sur ladite femme tout le tour du col un cordon rouge à la jointure, comme si ledit monstre voulait lui couper la tête ». Pour certains auteurs, ce procès-verbal souligne prudemment, mais indéniablement, une tentative d'étranglement avec un collet, l'indice le plus convaincant d’une intervention humaine (Procès-verbal d'époque, dans Alain Bonet, Chronologie et documentation raisonnées, p. 451 ; La Bête du Gévaudan, autopsie d'un mythe, documentaire de David Teyssandier.
    Aux alentours du 20 mai de la même année, des chasseurs découvrent une mise en scène macabre en cherchant une femme disparue : « Quand le soir, la fille n'arrive pas, on va la chercher mais on ne la trouve pas dans la propriété avec les agneaux. En la cherchant, on entend des pleurs; alors, on se dirige vers ces cris de douleur et on trouve le tronc du cadavre planté contre une muraille, couvert de son manteau (...) ». Le 21 décembre, la petite Agnès Mourgues, 11 ans, « fut égorgée et dévorée (...) on trouva çà et là ses vêtements en pièce et son petit corps nu, comme si elle venait de naître et affreusement mutilé(...) »[130].
  34. Le blasonnement exact est : d'argent aux deux bêtes du Gévaudan affrontées de sable, allumées et armées de gueules, sur un mont de sinople, surmontées d'une croisette de Malte aussi de gueules.
  35. (fr) Présentation du musée.
  36. « Afin de pouvoir narrer plus aisément ses méfaits, et les conjectures qui l'amenèrent à présumer de son identité, Abel Chevalley eut recours à un subterfuge, celui de confier le récit à un témoin oculaire qui, entre 1815 et 1837 aurait écrit les mémoires de sa jeunesse troublée par les atrocités de la Bête. L'énorme documentation rassemblée par l'auteur et qui eût paru sèchement fastidieuse en tant que narration d'historien, prend de ce fait un pittoresque et une émotion qui ne nuisent en rien à sa véracité. Bien mieux, on ne peut se défendre de penser par moment au chef-d'œuvre d'Eugène Le Roy : Jacquou le Croquant. Même simplicité, même éloquence drue et naïve[185]. »
  37. Roman sorti en 2006 aux éditions du Pré aux Clercs.
  38. Roman sorti en avril 2008, aux éditions du Seuil.
  39. (fr) Plus d'information sur la trilogie, la Bestia.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Moriceau 2007, p. 124.
  2. a, b, c et d Louis 1992.
  3. Alain Bonet La Bête du Gévaudan, Chronologie et documentation raisonnées, p. 14-16
  4. Voir les deux tomes de Jean-Claude Bourret et Julien Grycan, Le Secret de la bête du Gévaudan, éditions du Signe, , 128 p..
  5. a et b Michel Louis, La Bête du Gévaudan, Tempus, , partie I, chapitre 2
  6. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, , Chapitre premier, p. 1
  7. a, b et c François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, , Annexes : tableau des victimes de la Bête
  8. a, b, c et d Michel Louis, La Bête du Gévaudan, Tempus, , partie I, chapitre 3
  9. Colin : L'armée et la chasse à la Bête, p. 209-211.
  10. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1142
  11. Colin : L'armée et la chasse à la Bête, p. ?.
  12. Claude-Catherine Ragache et Gilles Ragache, Les loups en France : légendes et réalité, Paris, Aubier, coll. « Floréal », , 255 p. (ISBN 2-7007-0264-6), p. 74.
  13. Gilles Ragache, Le retour des loups, Paris, Ramsay, , 269 p. (ISBN 2-85956-882-4).
  14. Marc Saint-Val, La « Malebête » du Gévaudan : quand le thylacine hantait les Trois-Monts, Éditions du Panthéon, , 272 p. (ISBN 978-2-7547-0575-2), p. 23.
  15. Gazette de la Bête n° 15, p. 4-5.
  16. Xavier Pic, La Bête qui mangeait le monde, p. 35
  17. Pourcher, chap. 4
  18. Pourcher, chap. 7.
  19. Jean-Louis Pesch, La Bête du Gévaudan, p. 12
  20. Pourcher, chap. 9
  21. a et b Jean-Marc Moriceau, La bête du Gévaudan : la fin de l'énigme ?, Rennes, Éditions Ouest-France, , 142 p. (ISBN 978-2-7373-6764-9)
  22. Pourcher, chap. 10
  23. Bible de Saci traduit du vulgate, Deutéronome, chap. XXXII, verset 24
  24. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Chapitre cinq p. 37.
  25. Jean-Louis Pesch, La Bête du Gévaudan, p. 23.
  26. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, table des illustrations
  27. (fr) Récit de l'histoire
  28. Moriceau 2008, p. 76-79.
  29. (fr) Récapitulatif des faits
  30. a, b, c et d Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 5
  31. (fr) Récit complet du combat de Jeanne Jouve
  32. Pourcher, chap. 21
  33. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1151
  34. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre septième, p. 52
  35. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Chapitre septième, p. 55
  36. Pourcher, chap. 17.
  37. Archives départementales de l’Hérault, Fonds de l’Intendance de Languedoc, dossier de la Bête du Gévaudan, C 44 : http://archives-pierresvives.herault.fr/ark:/37279/vta55959e5850e46 ; http://archives-pierresvives.herault.fr/ark:/37279/vta55959e586693b
  38. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1413
  39. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Chapitre neuvième p. 69
  40. Jean-Louis Pesch, La Bête du Gévaudan, p. 55
  41. a et b Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1162
  42. (fr) Plus d'informations sur Marie-Jeanne Valet et son combat avec la Bête
  43. a et b Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 6
  44. a, b et c Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1163
  45. Lettre d'ordre d'incarcération des Chastel par F. Antoine (21/08/1765)
  46. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1164
  47. Mazel et Garcin 2008, p. 48-49.
  48. a et b Mazel et Garcin 2008, p. 65.
  49. a et b François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XII
  50. a, b et c Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 7
  51. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XIV
  52. a et b Mazel et Garcin 2008, p. 132.
  53. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1167
  54. a, b et c Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 8
  55. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XVII.
  56. a, b, c, d et e François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XX.
  57. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1169
  58. a et b Pourcher, chap. 53
  59. Pierre Cubizolles, Loups-garous en Gévaudan : le martyre des innocents, 1995, p. 101
  60. Besque ou Besques
  61. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1172.
  62. a, b et c Chronologie et documentation raisonnées (2008 - Alain Bonet)
  63. Gazette de la Bête n° 11, p. ?.
  64. Massif Central Magazine, numéro 98, avril-mai-juin 2011 p. 26
  65. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes complétées
  66. (fr) Transcription du rapport Marin
  67. Moriceau 2008, p. 238.
  68. Gazette de la Bête n° 12, p. 2.
  69. (fr) [PDF] La deuxième mort de la Bête du Gévaudan, Franz Julien, p. 3
  70. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes : personnes tuées par la Bête
  71. a et b (fr) Études statistiques par Phil Barnson, d'après Alain Bonet
  72. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes : Les personnes blessées ou attaquées
  73. Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie II, chapitre 4
  74. Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie II, chapitre 2 : Une Bête bien familière.
  75. Mazel et Garcin 2008, p. 76.
  76. a et b (fr) Famille Chastel sur labetedugevaudan.com
  77. Alain Bonet, La Bête du Gévaudan, Index des personnes, p. 8.
  78. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1181-1183
  79. Roger Oulion, La Bête du Gévaudan - Nouvelles révélations sur un crime organisé au XVIIIe siècle, en Gévaudan, éditions du Roure, 2e édition 2009. (ISBN 9782906278820)
  80. Archives des États militaires de France, Les Armées de l'Histoire, la Maison du Roi, 1643-1792
  81. Le Régiment du Languedoc, Histoire de l'infanterie Française Tome 4.
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  84. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 259
  85. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, l'explication de leurs armes, & l'état des grandes terres du royaume, par François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois, p. 543, (fr) disponible sur Google Books
  86. Les derniers maîtres des requêtes de l'Ancien Régime (1771-1789), Sylvie Nicolas, p. 96, (fr) disponible sur Google Books
  87. Yvonne Bezard, « Les Porte-Arquebuses du Roi », Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, Versailles, Librairie Léon Bernard,‎ , p. 160, [lire en ligne].
  88. Pic 1971.
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  96. Michel Louis, « La bête du Gévaudan », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 5 octobre 2011.
  97. Michel Louis, La Bête du Gévaudan (ISBN 978-2262020545)
  98. Selon le procès-verbal du 20/06/1767 signées par Lamothe, Boulanger et Desgrignards pour le marquis d'Apcher
  99. Lettre du 21/06/1767, papiers de familles de Jean-Joseph Marie Ignon (ville de Mende), citée dans Hypothèse : L'animal hybride sur le Site de la Bête du Gévaudan
  100. « Répartition des loups »
  101. « Bête du Gévaudan »
  102. « La dentition du chien »
  103. « Le loup et le mouton ne sont pas incompatibles »
  104. Selon Daniel Jumentier, expert en chiens de patrouille et de défense.
  105. « Un loup n'est pas un chien »
  106. Les origines du Berger Allemand
  107. En Provençal charnego ou charnigou (Le nouveau dictionnaire provençal-français, Étienne Garcin, 1903)
  108. (lettre d'avril 1765)
  109. (lettre du 21/06/1765)
  110. Une reconstitution de la légendaire bête du Gévaudan présentée à Paris (BFM TV)
  111. Jean-Claude Bourret donne vie à la Bête du Gévaudan (Le Progrès)
  112. Fabre 1930, p. 13.
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  115. Marie-Pascale Vincent, Les Grandes Affaires Criminelles de la Lozère, p. 65.
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  119. Alex Marques, La Bête qui mangeait le monde en Gévaudan, 1993
  120. René de Chantal, La Fin d'une énigme, la Bête du Gévaudan, la Pensée universelle, 1983
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  122. The Cryptid Zoo: Beast of Gevaudan
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  124. Pierric Guittaut traque la Bête, La Montagne.
  125. Pourcher 1889.
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  138. André Aubazac, La Bête du Gévaudan - les faits, l’effet, les fées, des mots pour des maux, démo.
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  159. Mémoires sur Les Grands Jours d'Auvergne, Fléchier, 1856.
  160. Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France - Hugues-Daniel Chaubert, 1759.
  161. Un crime organisé au XVIIIe siècle en Gévaudan, Roger Oulion, Éditions Du Roure, 2013.
  162. Marc-Saint-Val, Dans la peau de la Bête !, 2016 (ASIN B01KVCKBOG)
  163. Loups-garous en Gévaudan: le martyre des innocents, P.Cubizolles, éditions Watel, 1995
  164. Lieu-dit Le Cros, près de Saint-Martin-de-Fugères (Haute-Loire, 43).
  165. procès verbal de Maître Prolhac, juge de la baronnie de Thoras-La-Clause, juillet 1777
  166. A.D.H.L 282 B/13)
  167. Le pays de Saugues et l'abbé Fabre, les années 1900 : un simulateur de la Bête du Gévaudan (pg.11-13), P.Cubizolles, impr.Watel, 1982
  168. (fr) Midi Libre Lozère, 5 août 2010
  169. (fr) betedugevaudan.com
  170. (fr) Photographies de l'inauguration sur le site d'Henri d'Orléans
  171. Midi libre Lozère du 5 août 2009, (fr) Le musée de la Bête fête ses 10 ans
  172. Mazel et Garcin 2008.
  173. La Bête du Gévaudan par Maurin de Pompigny, ballet de M.Miot, 1809
  174. Isabelle Ost, Pierre Piret, Laurent Van Eynde, Le Grotesque, Publications des Fac. St Louis, 2004, p. 115
  175. Mazel et Garcin 2008, p. 115.
  176. (fr) [PDF] Plaquette de présentation du spectacle
  177. La bête du Gévaudan et le nouveau monstre, 1839, réédité en 2013 chez Hachette
  178. Robert Louis Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes, p. 66-67, disponible (fr) sur Google Books
  179. Marius Balmelle, « Le Gévaudan et ses romanciers », Causses et Cévennes : revue du Club cévenol, t. IX, no 1,‎ , p. 354 (lire en ligne).
  180. Berthet 1858.
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  183. Berthet 1858, p. 178-179 ; 183-184, vol. 2.
  184. « CHEVALLEY, Abel », France Archives, lire en ligne.
  185. Germaine Beaumont, « La Bête du Gévaudan », Le Matin,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  186. Meurger 2017, p. 75 ; 81.
  187. « On lira avec curiosité et intérêt ce manuscrit de Jean-Jacques Denis, contemporain des événements, qui vient d'être publié. Il y aurait lieu d'abord d'établir une critique sévère du texte qui nous est présenté et d'où ne se dégage, en fin de compte, nulle conclusion décisive. », « Comptes rendus critiques », Revue des études historiques, Paris, Librairie Auguste Picard,‎ , p. 82 (lire en ligne).
  188. La Bête du Gévaudan, José Féron Romano, Hachette, 1988
  189. Le carnaval des loups, Jean-Paul Malaval, Presses de la Cité, 2004
  190. Alpha & Omega Tome 2 : Terrain de chasse, Édition Milady.
  191. Catherine Hermary-Vieille, La Bête (Albin Michel, 2014)
  192. Gévaudan : le roman de la bête, Gérard Roche, De Boree Eds, 2014 (ISBN 2812912553)
  193. Gérard Roche donne sa version de la Bête du Gévaudan, lamontagne.fr
  194. Mazel et Garcin 2008, p. 120.
  195. Mazel et Garcin 2008, p. 121.
  196. Mazel et Garcin 2008, p. 122.
  197. James Fantauzzi, Chastel, le vainqueur du Gévaudan., Italie, Youcanprint, , 52 p. (ISBN 9788891133540)
  198. La Bête du Gévaudan de J-C Bourret : le fruit de 20 ans d'enquête (Histoire pour Tous.fr)
  199. Intervention TV de Jean-Claude Bourret au sujet de son ouvrage
  200. Nouvelle série 2015 : La Malbête sur le site de l'éditeur
  201. La Bête du Gévaudan sur le site de l'Ina
  202. Bernard Papin, « La part de l’ombre ou la télévision dans le baquet de Mesmer », dans Bernard Papin (dir.), Images du Siècle des Lumières à la télévision : construction d'une culture commune par la fiction, De Boeck Supérieur, coll. « Médias-Recherches », 2010, (ISBN 978-2-8041-6240-5)
  203. Le Pacte des loups, un film de Christophe Gans
  204. La Bête du Gévaudan (2003)
  205. Abbé Pourcher Pierre, Histoire de La Bête du Gévaudan, Véritable Fléau de Dieu, d’après les documents inédits et authentiques, chez l’auteur, Saint Martin de Boubaux, Marseille, 1981 (réimpr. Laffite) (1re éd. 1889), in 32, 1040 p. (ISBN 978-2-86276-440-5)
  206. Librement consultable sur le site de la chaîne
  207. Consultable sur le site de l'INA
  208. Consultable sur le site de l'INA
  209. Consultable sur le site de l'INA
  210. Site officiel
  211. '1765, un an à tuer' : silence on tourne sur les traces de la Bête
  212. Échappées belles, émission du 11/10/2014 (France 5).
  213. Bienvenue au pays de Saugues
  214. INA.fr Consultable sur le site de l'INA
  215. INA.fr Consultable sur le site de l'INA
  216. [2]
  217. [3]
  218. [4]
  219. [5]
  220. Légendes d'été sur Europe 1
  221. Jacques Harbonn, « Test de La Bête du Gévaudan sur Apple II », Tilt, no 24,‎ , p. 118 (ISSN 0753-6968)
  222. (fr) Apple2c Dsk Archive. Notice de La Bête du Gévaudan
  223. (fr) Présentation du jeu
  224. (en) Présentation du jeu
  225. (fr) Présentation sur le site de Ventadis
  226. (fr) Présentation sur le site de l'association des Lozériens de Paris
  227. (fr) La Bête

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie et webographie[modifier | modifier le code]

Études sur le loup et le contexte historique[modifier | modifier le code]

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  • Julien Alleau, « « À qui peut-on faire croire ce genre de sornettes ? » », Sens-Dessous, Édition de l'Association Paroles, no 12,‎ , p. 51-62 (lire en ligne).
  • Corinne Beck et Éric Fabre, « Interroger le loup historique ? Entre la biologie et l'histoire : un dialogue interdisciplinaire », dans Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline (dir.), Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Caen, Pôle rural MRSH-Caen / Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 2), , 254 p. (ISBN 978-2-9510796-6-3), p. 13-21.
  • Félix Buffière, « Ce tant rude » Gévaudan, Mende, SLSA Lozère (Société des Lettres, Sciences et Arts de la Lozère), , 1924 p., 2 tomes cartonnés.
  • Véronique Campion-Vincent, « Les réactions au retour du loup en France : une tentative d'analyse prenant « les rumeurs » au sérieux », Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d'ethnologie, nos 1-3 « Le fait du loup. De la peur à la passion : le renversement d'une image »,‎ , p. 11-52 (lire en ligne).
  • Jean-Paul Chabrol (dir.) (préf. Janine Bardou et Jean-Paul Pottier), La Lozère de la Préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, Éditions Jean-Michel Bordessoules, coll. « L'histoire des départements de la France », , 429 p. (ISBN 2-913471-39-0).
  • Élisabeth Claverie et Pierre Lamaison (préf. Jean Richard), L'impossible mariage : violence et parenté en Gévaudan, 17e, 18e et 19e siècles, Paris, Hachette, coll. « La mémoire du temps », , 361 p. (ISBN 2-01-006518-2, présentation en ligne).
  • Antoine Doré, « L'histoire dans les méandres du public : quand les « méchants loups » ressurgissent du passé », dans Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline (dir.), Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Caen, Pôle rural MRSH-Caen / Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 2), , 254 p. (ISBN 978-2-9510796-6-3), p. 75-89.
  • François Grout de Beaufort, Écologie historique du loup, Canis lupus L. 1758, en France, thèse d'État ès Sciences, université de Rennes I, 1988, 1074 p. multigr.
  • François Grout de Beaufort (ill. Jeane Meunier), Encyclopédie des carnivores de France, t. 1 : Le Loup en France, éléments d'écologie historique, Puceul, Société française pour l'étude et la protection des mammifères, , 32 p. (ISBN 2-905216-09-3).
  • Alain Molinier et Nicole Molinier-Meyer, « Environnement et histoire : les loups et l'homme en France », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. XXVIII,‎ , p. 225-245 (lire en ligne).
  • Alain Molinier, « État des recherches sur les loups en France à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe », dans Alain Couret et Frédéric Oge (dir.), Études / Semaine internationale de l'animal, mai 1987, Toulouse. Histoire et animal. vol. 2 : Des animaux et des hommes, Toulouse, Presses de l'Institut d'études politiques, , 552 p. (ISBN 2-903847-30-4), p. 457-462.
  • Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup : 3000 attaques sur l'homme en France, XVe-XXe siècle, Paris, Fayard, , 623 p. (ISBN 978-2-213-62880-6, présentation en ligne)
    Réédition augmentée : Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup : la question des attaques sur l'homme en France, XVe-XXe siècle, Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 634 p. (ISBN 978-2-8185-0505-2).
  • Jean-Marc Moriceau, « La dangerosité du loup sur l'homme : une enquête à l'échelle de la France (XVIe-XXe siècle) », dans Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline (dir.), Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Caen, Pôle rural MRSH-Caen / Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 2), , 254 p. (ISBN 978-2-9510796-6-3), p. 41-74.
  • Jean-Marc Moriceau, L'homme contre le loup : une guerre de deux mille ans, Paris, Fayard, , 479 p. (ISBN 978-2-213-63555-2, présentation en ligne)
    Réédition augmentée : Jean-Marc Moriceau, L'homme contre le loup : une guerre de deux mille ans, Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 573 p. (ISBN 978-2-8185-0324-9).

Essais et études sur la Bête du Gévaudan[modifier | modifier le code]

Divers documents écrits et audiovisuels sur la Bête du Gévaudan.
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  • Auguste André, « La Bête du Gévaudan : notice historique », Bulletin de la Société d'agriculture, industrie, sciences et arts du département de la Lozère, Mende, imprimerie typographique de C. Privat, t. XXXV,‎ , p. 189-210 (lire en ligne)
    Reproduction en fac-similé : Auguste André, La Bête du Gévaudan : notice historique, Nîmes, Éditions Lacour-Ollé, coll. « Rediviva », , 20 p. (ISBN 978-2-75042-405-3, présentation en ligne).
  • Auguste André, « La Bête du Gévaudan, nouveaux documents », Bulletin de la Société d'agriculture de la Lozère, 1890. Réédition : Mende, Chaptal, 1931.
  • Ferdinand André, « Les ravages des loups en Gévaudan », Annuaire administratif, statistique, historique & commercial du département de La Lozère, Mende, t. 41,‎ , p. 3-46.
    Reproduction en fac-similé : Ferdinand André, Les ravages des loups en Gévaudan, Nîmes, Éditions Lacour-Ollé, coll. « Rediviva », , 46-III p. (ISBN 978-2-75042-205-9, présentation en ligne).
  • Marius Balmelle, « Un recueil inédit sur la Bête du Gévaudan (octobre 1764-avril 1765) », dans Actes du quatre-vingtième Congrès des sociétés savantes, Lille, 1955, Paris, Presses universitaires de France, , 569 p. (lire en ligne), p. 101-111.
  • Benoît Baud'huin et Alain Bonet (préf. Alexandre Astier), Gévaudan : petites histoires de la grande bête, Plombières-les-Bains, Ex Aequo Éditions, coll. « Hors Temps », , 248 p. (ISBN 978-2-37873-070-3).
  • Gérard Blanc, « Représentations du Gévaudan dans le Courrier d'Avignon (1764-1765) », dans Henri Duranton, Claude Labrosse et Pierre Rétat (dir.), Les gazettes européennes de langue française (XVIIe-XVIIIe siècles) : actes de la table ronde internationale de Saint-Étienne (21-23 mai 1992), Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, , 349 p. (ISBN 2-86272-025-9, présentation en ligne), p. 155-165.
  • Alain Bonet, La Bête du Gévaudan, chronologie et documentation raisonnées, 2008-2011 (lire en ligne).
  • Alain Bonet, Index des noms, 2008-2011 (lire en ligne).
  • Alain Bonet, Liste des victimes, 2008-2011 (lire en ligne).
  • Pierre Benoist et Bernard Soulier (préf. Jean Richard), Du sang dans la vallée : quand la bête du Gévaudan rôdait entre Saugues et Langeac, Prades, Éditions de l'Arzalier, , 166 p. (ISBN 978-2-9544487-3-2).
  • Patrick Berthelot, « Les dragons de la légion de Clermont-Prince dans le Gévaudan, 1764-1765 », Club français de la figurine historique, L'Haÿ-les-Roses,‎ 2e trimestre 2004, p. 9-17 (ISSN 0752-2738).
  • Bruyère, « La Bête du Gévaudan ». Bulletin des sciences et de l'Académie de Nîmes no 10, 1er trimestre 1957.
  • Félix Buffière, La bête du Gévaudan : une énigme de l'histoire, Toulouse, Félix Buffière, , 224 p.
    Réédition revue et corrigée : Félix Buffière, La bête du Gévaudan : une énigme de l'histoire, Toulouse, Félix Buffière, , 224 p.
  • Jacqueline Chabrol, « Le Gévaudan sous l'Ancien Régime : la Bête, créature du Gévaudan ? », dans Jean-Paul Chabrol (dir.), La Lozère de la Préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, Éditions Jean-Michel Bordessoules, coll. « L'histoire des départements de la France », , 429 p. (ISBN 2-913471-39-0), p. 236-251.
  • Jean-Paul Chabrol, La bête des Cévennes et la bête du Gévaudan en 50 questions, Nîmes, Alcide Éditions, coll. « Histoire », , 122 p. (ISBN 978-2-37591-028-3).
  • Pierre Clavel, « La bête du Gévaudan dans l'est de la Margeride durant l'automne 1764 », Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay,‎ .
  • Serge Colin, Autour de la bête du Gévaudan, Le Puy-en-Velay, Imprimerie Jeanne d'Arc, , 125 p.
  • Serge Colin, « Autour de la Bête du Gévaudan : le véritable état-civil du porte-arquebuse du roi », Bulletin historique de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, t. LXXIII,‎ , p. 45-52.
  • Serge Colin, « En marge de la Bête du Gévaudan, défense et illustration du comte de Morangiès », Bulletin historique historique publié par la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, t. LXXIX,‎ , p. 107-121 (lire en ligne).
  • Serge Colin, « Le pseudo-mémoire de Jacques Portefaix, ou comment on introduit dans l'Histoire un document forgé », Bulletin historique de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, t. LXXX,‎ , p. 97-104.
  • Serge Colin, « L'armée et la chasse à la Bête du Gévaudan : le régiment de Clermont-Prince », Bulletin historique de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, t. LXXX,‎ , p. 203-212.
  • Serge Colin, « Le Colonel des montagnes et la Bête du Gévaudan », Bulletin historique de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, t. LXXXI,‎ , p. 171-179.
  • Collectif, Revue du Gévaudan, des Causses & Cévennes, no 32, 2e semestre 2011, Société des lettres, sciences et arts de la Lozère (inclus les actes du colloque sur la Bête du Gévaudan).
  • Guy Crouzet, Quand sonnait le glas au pays de la Bête, Clermont-Ferrand, C.R.D.P., coll. « Annales du Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand. Documents régionaux », , 97 p.
    Nouvelle édition revue et augmentée : Guy Crouzet, Quand sonnait le glas au pays de la Bête, Clermont-Ferrand, C.R.D.P., coll. « Annales du Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand. Documents régionaux », , 136 p. (ISBN 2-86619-034-3)
    Nouvelle édition revue et augmentée : Guy Crouzet, Requiem en Gévaudan, Clermont-Ferrand, C.R.D.P., coll. « Annales du Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand. Documents régionaux », , 217 p. (ISBN 2-86619-096-3).
  • Guy Crouzet, La grande peur du Gévaudan, Moulins, Guy Crouzet, , 267 p. (ISBN 2-9516719-0-3).
  • Guy Crouzet, Bêtes en Gévaudan : complément d'enquête faisant suite à La grande peur du Gévaudan, Moulins, Guy Crouzet, , 98 p. (ISBN 2-9516719-2-X).
  • Guy Crouzet, Et en Gévaudan, s'installa une bête féroce inconnue dans nos climats : complément d'enquête après La grande peur du Gévaudan, 2001 et Bêtes en Gévaudan, 2010 : nouveaux documents, nouvelles réflexions, Moulins, Guy Crouzet, , 64 p. (ISBN 2-9516719-3-8).
  • Jacques Delperrié de Bayac, Du sang dans la montagne : vrais et faux mystères de la bête du Gévaudan, Paris, Fayard, , 272 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Fabre (abbé), Notes historiques sur Saugues (Haute-Loire), Saint-Flour, Imprimerie de H. Boubounelle, , 362 p. (lire en ligne), « Saugues et la Bête du Gévaudan. 1764-1767 », p. 207-222.
  • François Fabre (abbé), La Bête du Gévaudan en Auvergne, Saint-Flour, Imprimerie de H. Boubounelle, , 228 p. (lire en ligne)
    Réédition : François Fabre (abbé), La Bête du Gévaudan, Paris, Librairie Floury, , 208 p. (lire en ligne). 
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  • Élie Pandraud, « Le petit garçon et la bête du Gévaudan », Bulletin Historique de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, t. LXVI,‎ , p. 45-52.
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  • Xavier Pic (abbé), La bête qui mangeait le monde en pays de Gévaudan et d'Auvergne, Mende, Imprimerie Chaptal, , 345 p.
    Réédition : Xavier Pic (abbé), La bête qui mangeait le monde en pays de Gévaudan et d'Auvergne, Paris, Albin Michel, , 347 p. (présentation en ligne). 
  • Christophe Pincemaille, « La vérité sur la bête du Gévaudan », L'Histoire, no 101,‎ , p. 58-63.
  • Pierre Pourcher (abbé), Histoire de la bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu : d'après les documents inédits et authentiques, Saint-Martin-de-Boubaux, Pierre Pourcher, , 1040 p.
    Reproduction en fac-similé : Pierre Pourcher (abbé), Histoire de la bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu : d'après les documents inédits et authentiques, Nîmes, Éditions Lacour-Ollé, (ISBN 978-2-84149-637-2)
    Réédition : Pierre Pourcher (abbé), Histoire de la bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu : d'après les documents inédits et authentiques, Marseille, Jeanne Laffitte, , 388 p. (ISBN 978-2-86276-440-5, présentation en ligne). 
  • Jean Richard (préf. Marcel Astruc et Dimitri Laurent, ill. Lucien Gires, photographies de Marcel Astruc, Blandine Gires et Sylvie Trémouillère), La bête du Gévaudan dans tous ses états, Saugues, Association des Amis de la Tour, , 2e éd., 99 p.
  • Louis Sabatier, « La bête du Gévaudan a existé !!! », L'Avenir du Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand, no 5719,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  • Yannick Seité, « La bête du Gévaudan dans les gazettes : du fait divers à la légende », dans Henri Duranton, Claude Labrosse et Pierre Rétat (dir.), Les gazettes européennes de langue française (XVIIe-XVIIIe siècles) : actes de la table ronde internationale de Saint-Étienne (21-23 mai 1992), Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, , 349 p. (ISBN 2-86272-025-9, présentation en ligne), p. 145-153.
  • (en) Jay M. Smith, Monsters of the Gévaudan : The Making of a Beast, Cambridge, Harvard University Press, , 378 p. (ISBN 978-0-674-04716-7, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Bernard Soulier, « Aperçu de la société rurale en Gévaudan au temps de la Bête (1764-1767) », Histoire sociale Haute-Loire, Polignac, Éditions du Roure, no 4,‎ , p. 175-231 (ISBN 978-2-919762-22-4).
  • Bernard Soulier, Sur les traces de la bête du Gévaudan et de ses victimes, Strasbourg, Éditions du Signe, , 232 p. (ISBN 978-2-7468-2573-4)
    Réédition revue et augmentée : Bernard Soulier (préf. Jean-Claude Bourret), Sur les traces de la bête du Gévaudan et de ses victimes, Strasbourg, Éditions du Signe, , 256 p. (ISBN 978-2-7468-2573-4).
  • Bernard Velay, « La Bête du Gévaudan « mise en scène » dans le blason de la famille Antoine grâce à une augmentation d'armoiries », Revue du Gévaudan, des Causses et des Cévennes, Société des lettres, sciences et arts de la Lozère, no 32 « Actes du colloque sur la Bête du Gévaudan »,‎ 2e semestre 2011, p. 103-116.
  • Catherine Velay-Vallantin, « Le conte mystique du Petit Chaperon rouge : la Bête du Gévaudan et les « inutiles au monde » », Féeries, no 10,‎ , p. 27-58 (lire en ligne).
Bulletin annuel consacré à la Bête du Gévaudan[modifier | modifier le code]
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 0, Saugues, MACBET - Musée de la Bête, , 2 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 1, Saugues, MACBET - Musée de la Bête, , 2 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 2, Saugues, MACBET - Musée de la Bête, , 2 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 3, Saugues, MACBET - Musée de la Bête, , 12 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 4, Saugues, MACBET - Musée de la Bête, , 5 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 5, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 19 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 6, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 11 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard, La Gazette de la Bête, vol. 7, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 12 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard et Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 8, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 18 p. (lire en ligne).
  • Jean Richard et Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 9, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 26 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 10, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 32 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 11, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 28 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 12, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 31 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 13, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 31 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 14, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 37 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 15, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 35 p. (lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 16, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 40 p. (ISSN 2428-6451, lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 17, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 36 p. (ISSN 2428-6451, lire en ligne).
  • Bernard Soulier, La Gazette de la Bête, vol. 18, Saint-Paulien, Au pays de la bête du Gévaudan, , 37 p. (ISSN 2428-6451, lire en ligne).

Études et essais consacrés à d'autres « Bêtes »[modifier | modifier le code]

  • Maurice André, « La bête féroce du Bas-Vivarais et de l'Uzège », Revue du Vivarais, t. LXI,‎ , p. 21-34 ; 64-76 ; 92-101.
  • Guy Crouzet, « La Bête des Cévennes », Causses et Cévennes : revue trimestrielle du Club cévenol, no 1 « La Bête des Cévennes et autres loups »,‎ , p. 4-13 (lire en ligne).
  • Madeleine Ferrières, « Le dragon de la Fontaine de Vaucluse : le plus rusé des prédateurs ? », dans Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline (dir.), Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Caen, Pôle rural MRSH-Caen / Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 2), , 254 p. (ISBN 978-2-9510796-6-3), p. 225-236.
  • Léon Foin, « Une « Bête du Gévaudan » dans l'Auxerrois (1732-1734) », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Auxerre, vol. 55,‎ , p. 51-58 (lire en ligne).
Essais spéculatifs, consacrés à la défense des loups ou à la théorie de l'implication humaine dans l'affaire de la Bête du Gévaudan[modifier | modifier le code]
  • Marguerite Aribaud-Farrère, La Bête du Gévaudan identifiée, Béziers, chez l'auteur, .
  • Jacques Baillon, Le Loup. Essai de bibliographie, Orléans, Les Naturalistes orléanais, 1994, 68 p.
  • Jean-Jacques Barloy, « La Bête du Gévaudan démasquée par l'ordinateur », Science et Vie, t. CXXXI, no 756,‎ , p. 54-59 ; 172.
    L'article s'intitule également « La Bête du Gévaudan soumise à l'ordinateur ».
  • Hervé Boyac, La Bête du Gévaudan, Plaidoyer pour le loup, chez l'auteur, 2004.
  • Hervé Boyac, La Bête du Gévaudan : Le loup acquitté enfin !, 2007, (ISBN 2952183503 et 978-2952183505)
  • René de Chantal, La Fin d’une énigme : la Bête du Gévaudan, Paris, La Pensée universelle, 1983.
  • Pierre Cubizolles, Loups-garous en Gévaudan : le martyre des innocents, Brioude, Watel, , 308 p.
  • Alain Decaux, « La bête du Gévaudan était-elle un sadique ? », Historia, no 370,‎ , p. 16-27.
  • Raymond Francis Dubois, Vie et Mort de La Bête du Gévaudan, Liège, Ogam, 1988. Réédition : 1991.
  • Raymond Francis Dubois, Les Loups du Gévaudan, Modave, Ogam, 1990.
  • Raymond Francis Dubois, L'enfer n'a pas de porte, le livre de la bête en Gévaudan, Liège, Ogam, 1989.
  • G. Lenotre, « La Bête du Gévaudan », dans Histoires étranges qui me sont arrivées, 1933.
  • Michel Louis, La bête du Gévaudan : l'innocence des loups, Paris, Perrin, coll. « Vérités et légendes », , 331 p. (ISBN 2-262-00970-8)
    Nouvelle édition mise à jour : Michel Louis, La bête du Gévaudan : l'innocence des loups, Paris, Perrin, , 338 p. (ISBN 2-262-01739-5)
    Réédition : Michel Louis, La bête du Gévaudan : l'innocence des loups, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 41), , 331 p., poche (ISBN 2-262-02054-X).
  • Gérard Ménatory, La Bête du Gévaudan : histoire, légende, réalité, Mende, Gérard Ménatory, , 130 p.
    Réédition : Gérard Ménatory, La Bête du Gévaudan : histoire, légende, réalité, Mende, Gérard Ménatory, .
  • Hugues Ménatory, La Bête du Gévaudan, Portet-sur-Garonne, Loubatières, coll. « Terres du sud » (no 46), , 31 p. (ISBN 2-86266-071-X).
  • Paul Puech, « Qu'était la bête du Gévaudan ? », Académie des sciences et lettres de Montpellier. Mémoires de la section de médecine, Montpellier, Imprimerie générale du Midi, 2e série, t. II, no 4,‎ , p. 409-430.
    Article repris dans : Paul Puech, « Qu'était la bête du Gévaudan ? », Revue du Midi (Gard et Vaucluse) : religion, littérature, histoire, t. 44, no 8,‎ , p. 481-494 (lire en ligne)
    Paul Puech, « Qu'était la bête du Gévaudan ? (suite et fin) », Revue du Midi (Gard et Vaucluse) : religion, littérature, histoire, t. 44, no 9,‎ , p. 529-541 (lire en ligne).

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Élie Berthet, La Bête du Gévaudan, Paris, L. de Potter, (notice BnF no FRBNF30095346)
    Réédition : Élie Berthet, La Bête du Gévaudan, Paris, Librairie de Louis Hachette et Cie, , 396 p. (lire en ligne).
  • Abel Chevalley, La Bête du Gévaudan. Psalmanazar. L'Affaire Overbury, Paris, Gallimard, coll. « Histoires extraordinaires » (no 9), , 246 p.
    Édition abrégée : Abel Chevalley, La Bête du Gévaudan, Paris, J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse » (no 200), , 192 p., poche
  • Henri Pourrat (ill. Philippe Kaeppelin), Histoire fidèle de la Bête en Gévaudan, Clermont-Ferrand, Éditions de l'Épervier, , 127 p.
    Réédition : Henri Pourrat (ill. Philippe Kaeppelin), Histoire fidèle de la Bête en Gévaudan, Marseille, Laffitte, (ISBN 978-2-73480-646-2).
  • Roger Lagrave, La Bête au temps de la bête, Gévaudan, Cévennes, 1976.
  • Catherine Hermary-Vieille, La Bête (roman). Albin Michel, 2014, (ISBN 2253045462).
  • Marc Saint-Val, Dans la peau de la Bête !, 2016, (ASIN B01KVCKBOG).

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]