René Pottier (cyclisme)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le cycliste. Pour l'explorateur et auteur, voir René Pottier (auteur). Pour les homonymes, voir Pottier.
René Pottier
René Pottier.jpg
Informations
Naissance
Décès
Nationalité
Équipes amateurs
1903 Individuel
Équipes professionnelles
1904 Pro individuel
1905 Peugeot - Wolber
1906 Peugeot
Principales victoires

1 grand tour
Tour de France 1906
5 étapes dans les grands tours

Tour de France (5 étapes)

René Édouard Pottier, né le ( à Moret-sur-Loing et mort le à Levallois-Perret, est un coureur cycliste français. Il a remporté le Tour de France 1906, au cours duquel il gagne six étapes. Il s'impose également sur le Bol d'or, une épreuve sur piste de 24 heures et confirme ses qualités exceptionnelles de rouleur. Premier coureur à franchir le sommet du Ballon d'Alsace sur le Tour de France 1905, il est considéré comme le premier « roi de la montagne » du Tour à la suite de cet exploit. Il se suicide par pendaison dans les locaux du service de course de son équipe Peugeot. Sa mort tragique le prive d'une brillante carrière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunes années[modifier | modifier le code]

René Pottier naît le 5 juin 1879 au no 3 de la rue Montrichard à Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne. Son père Léon travaille au début des années 1870 comme meunier au moulin d'Esmans, près de Montereau, puis s'installe à Moret-sur-Loing avec sa femme Anna avant la naissance de René. René Pottier effectue son service militaire de trois ans au peloton cycliste du 76e régiment de Coulommiers[1].

Premiers succès (1903-1904)[modifier | modifier le code]

Membre du Vélo Club de Levallois[2], René Pottier remporte l’édition amateurs du Bordeaux-Paris 1903 ainsi que la course Paris-Caen, puis en octobre de la même année, s'attaque au record de l'heure. Sur la piste du vélodrome Buffalo, il parcourt la distance de 40,080 km, ce qui constitue alors la deuxième performance mondiale après celle de l'Américain Willie Hamilton[3]. En 1904, il remporte la course Paris-Provins-Paris puis est déclaré professionnel à la fin de l'année, en compagnie de son frère Albert. En octobre 1904, dans sa deuxième tentative sur le record de l'heure, il améliore sa performance, parcourant cette fois la distance de 40,340 km[3].

De « premier roi de la montagne » à vainqueur du Tour (1905-1906)[modifier | modifier le code]

Deuxième de Paris-Roubaix et de Bordeaux-Paris en 1905, il dispute en juillet la troisième édition du Tour de France. Il se distingue lors de la deuxième étape entre Nancy et Besançon, qui emprunte pour la première fois le col du Ballon d'Alsace. Quatre coureurs sont en tête dans les premiers mètres de l'ascension, mais Louis Trousselier, Hippolyte Aucouturier et Henri Cornet lâchent tour à tour, laissant René Pottier franchir seul le sommet du col, ce qui lui vaut d'être considéré comme le premier « roi de la montagne du Tour de France[2] ». Rattrapé ensuite par Hippolyte Aucouturier, il arrive à Besançon avec dix minutes de retard sur ce dernier[4]. Grâce à sa troisième place lors de la première étape, il prend la première place du classement général, alors établi aux points[5],[4]. Il souffre cependant d'un tendon depuis une chute lors de la première étape et abandonne la course au départ de la troisième étape[6]. Son abandon prématuré n'enlève rien aux qualités dont il a fait preuve, ce qui fait dire à Henri Desgrange, directeur du Tour de France : « Son ascension du Ballon d'Alsace est l'une des plus passionnantes choses que j'ai vues.[2] »

René Pottier sur le Tour de France 1906.

René Pottier se présente au départ du Tour de France 1906 en tant que favori de l'épreuve, après s'être notamment classé, troisième de Paris-Roubaix. Alors qu'Émile Georget remporte la première étape, René Pottier prend la tête du classement général dès la seconde et réussit la performance notable de gagner quatre étapes consécutives. Il est d'abord premier à Nancy, malgré plusieurs crevaisons[7], puis signe un exploit retentissant au ballon d'Alsace. Comme l'année précédente, il franchit le sommet en tête, puis s'impose à Dijon après avoir passé 200 kilomètres seul en tête, reléguant son premier poursuivant, Georges Passerieu, à 48 minutes[2]. Il gagne ensuite à Grenoble et à Nice, après être passé en tête à Laffrey et au col Bayard, et remporte la dernière étape à Paris. Il sort vainqueur de ce Tour de France qu'il domine outrageusement[7]. Peugeot, qui l'emploie, écrase la course en occupant les quatre premières places du classement général et en remportant onze des treize étapes, dont cinq pour René Pottier et quatre pour Louis Trousselier, vainqueur du Tour de France l'année précédente[8].

René Pottier remporte sa dernière victoire le 10 septembre 1906 en gagnant le Bol d'or, une épreuve sur la piste du vélodrome Buffalo de 24 heures[9], lors de laquelle il parcourt 925,2 km. Après la chute de Louis Trousselier, deux autres favoris abandonnent à la dixième heure de course, Henri Cornet et Lucien Petit-Breton. Marcel Cadolle, dernier rival de René Pottier abandonne quant à lui à la dix-huitième heure de course[3].

Mort tragique[modifier | modifier le code]

Le , René Pottier est retrouvé mort au service de course de Peugeot, sans avoir laissé aucune explication[10],[8]. Son mécanicien le retrouve pendu au crochet auquel il attachait habituellement son vélo[11]. Son frère André explique ce suicide par un chagrin d'amour, bien qu'aucune preuve de ce qu'il avance ne soit jamais apportée. Quelques semaines après le décès du champion, Henri Desgrange, directeur du Tour de France, fait élever une stèle en sa mémoire au sommet du ballon d'Alsace[12]. Celle-ci porte l'inscription : « Dans le Tour de France, course annuelle de 5 000 kilomètres organisé par L'Auto, René Pottier (1879-1907) arriva premier en cet endroit en 1905-1906 après avoir soutenu dans l'escalade du Ballon d'Alsace une vitesse moyenne de 20 km/h et dépassé tous ses adversaires[8]. »

Style et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le journaliste Jacques Augendre considère que René Pottier est « le premier roi de la montagne dans l'histoire du Tour de France » et le présente comme un coureur complet, « excellent pistard, spécialiste des courses derrière tandem[2]. » Serge Laget, journaliste et documentaliste à L'Équipe, regrette quant à lui la disparition précoce du coureur, affirmant qu'il était « parti pour être un des athlètes les plus extraordinaires de l'Histoire[3]. » Ses contemporains le présentent comme un homme discret, à l'image d'un chroniqueur de La Vie au grand air sur le Tour de France 1906 qui déclare : « Toujours régulier, toujours sérieux, il gagnait sans manifester sa joie, silencieux, sévère et entêté[3]. » Lucien Petit-Breton, son adversaire dans le Tour 1906, reconnaît la supériorité de René Pottier, l'un des meilleurs coureurs de sa génération : « Pottier était tellement supérieur qu'il nous a mis à la raison dès la deuxième étape. Ce garçon-là me glace, me flanque le trace, m'anéantit. Avec Pottier, neuf fois sur dix, je pars battu d'avance[2]. »

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Une stèle honore la mémoire de René Pottier au Ballon d'Alsace, le col dont il a franchi le premier le sommet sur le Tour de France 1905. De même, une plaque est apposée sur la maison où il vécut rue Hoche à Levallois-Perret, à l'initiative de son ancien club, le Vélo Club de Levallois[2]. En 2006, sa ville natale de Moret-sur-Loing célèbre le centenaire de sa victoire sur le Tour de France avec une série de manifestations qui s'étalent de mai à septembre. À cette occasion, un livre retraçant la vie de René Pottier est publié à l'initiative de la communauté de communes Moret Seine et Loing[1].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès année par année[modifier | modifier le code]

René Pottier et Georges Passerieu, tour d'honneur à l'arrivée du Tour de France 1906

Résultats sur le Tour de France[modifier | modifier le code]

  • 1905 : abandon (3e étape)
  • 1906 : Leader du classement général Vainqueur du classement général et de cinq étapes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pascal Villebeuf, « Il y a 100 ans, l'enfant de Moret remportait la Grande Boucle », sur leparisien.fr, Le Parisien,‎ (consulté le 8 juillet 2016).
  2. a, b, c, d, e, f et g Jacques Augendre, Petites histoires secrètes du Tour..., Solar, (ISBN 978-2-263-06987-1), p. 325-326.
  3. a, b, c, d et e Christophe Penot, « René Pottier, un cœur énorme... », sur lncpro.fr, La France cycliste, Ligue nationale de cyclisme (consulté le 8 juillet 2016).
  4. a et b The Story of the Tour de France, p. 15.
  5. « Tour de France 1905 - 2e étape », sur memoire-du-cyclisme.net (consulté le 23 janvier 2011).
  6. Chany 2004, p. 85-90.
  7. a et b The Story of the Tour de France, p. 17-18.
  8. a, b et c Christian-Louis Eclimont, Le Tour de France en 100 Histoires Extraordinaires, Paris, First, (ISBN 978-2754050449), p. 18-20.
  9. Chany 2004, p. 98-103.
  10. « Le suicide d'un champion cycliste », Revue illustrée,‎ , p. 138-139 (lire en ligne).
  11. (en) « Cycling's longstanding, predictable and troubling relationship with depression », sur theguardian.com, The Guardian,‎ (consulté le 16 juillet 2016).
  12. Chany 2004, p. 103-104.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Pierre Chany, La fabuleuse histoire du Tour de France : livre officiel du centenaire, Minerva, , 959 p. (ISBN 2830707664) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Communauté de communes de Moret Seine et Loing, Service Animation et promotion du territoire, René Pottier, cycliste morétain (1879-1907), Lys éditions Amatteis, coll. « Le vélo et ses champions : au coeur de Moret Seine et Loing », , 59 p. (ISBN 978-2-86849-241-8)
  • (en) Bill McGann et Carol McGann, The Story of the Tour de France, vol. 1 : How a Newspaper Promotion Became the Greatest Sporting Event in the World, Dog Ear Publishing, , 304 p. (ISBN 9781598581805, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thierry Cazeneuve, 1903-1939 L'invention du Tour, L'Équipe, coll. « La Grande histoire du Tour de France » (no 1), , 62 p. (ISBN 978-2-8152-0293-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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