Civilisation mycénienne

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La civilisation mycénienne est une civilisation égéenne de l’Helladique récent (fin de l'âge du bronze) s'étendant de 1650 à 1100 av. J.-C. environ, dont l'apogée se situe environ entre 1400 et 1200 av. J.-C. Elle se répand progressivement à partir du sud de la Grèce continentale sur le monde égéen dans son ensemble, qui connaît pour la première fois une certaine unité culturelle. Cette civilisation est notamment caractérisée par ses palais-forteresses, ses différents types de poterie peinte que l'on retrouve tout autour de la mer Égée, ainsi que son écriture, le linéaire B, la plus ancienne écriture connue transcrivant du grec. Depuis son déchiffrement par Michael Ventris et John Chadwick en 1952, la civilisation mycénienne est, de toutes les civilisations égéennes pré-helléniques, la seule connue à la fois par des vestiges archéologiques et des documents épigraphiques[1].

Le terme « mycénien » a été choisi par l'archéologue Heinrich Schliemann pour qualifier cette civilisation dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant que Charles Thomas Newton n'en définisse les caractéristiques en identifiant sa culture matérielle homogène à partir des trouvailles effectuées sur plusieurs sites[2]. Ce nom est repris de celui de la ville de Mycènes (Péloponnèse), d'une part parce qu'il s'agit du premier site archéologique fouillé à révéler l'importance de cette civilisation et d'autre part en raison de l'importance que revêtait cette cité dans la mémoire des auteurs grecs antiques (en premier lieu Homère, qui faisait du roi de Mycènes le chef des « Achéens »). Par la suite, Mycènes s'est révélée n'être qu'un pôle de cette civilisation parmi d'autres, mais le terme de « mycénien » est resté utilisé par convention.

Histoire de la Grèce
Image illustrative de l'article Civilisation mycénienne
Préhistoire de la Grèce
3200 av. J.-C. Civilisation cycladique
2700 av. J.-C. Civilisation minoenne
1550 av. J.-C. Civilisation mycénienne
Grèce antique
1200 av. J.-C. Siècles obscurs
 800 av. J.-C. Époque archaïque
 510 av. J.-C. Époque classique
 323 av. J.-C. Époque hellénistique
 146 av. J.-C. Grèce romaine
Grèce médiévale
 330 Empire byzantin
1202 Quatrième croisade
Grèce ottomane
1453 Chute de Constantinople
1799 République des Sept-Îles
1821 Guerre d'indépendance
Grèce contemporaine
1832 Royaume de Grèce
1936 Régime du 4-Août
1941 Occupation
1946 Guerre civile
1967 Dictature des colonels
1974 République hellénique

Sommaire

Historique des découvertes[modifier | modifier le code]

Masque funéraire mycénien en feuille d'or, improprement appelé « masque d'Agamemnon », tombe V du cercle A de Mycènes, musée national archéologique d'Athènes.

Le passé des Grecs n'est longtemps connu que par les légendes des épopées et des tragédies. L'existence matérielle de la civilisation mycénienne est révélée par les fouilles d'Heinrich Schliemann à Mycènes en 1876 et à Tirynthe en 1886. Celui-ci croit avoir retrouvé le monde décrit par les épopées d'Homère, l'Iliade et l'Odyssée. Dans une tombe de Mycènes, il trouve un masque d'or qu'il nomme le « masque d'Agamemnon ». De même, on baptise « palais de Nestor » un palais fouillé à Pylos[3]. Il faut attendre les recherches d'Arthur Evans, au début du XXe siècle, pour que le monde mycénien acquière une autonomie par rapport au monde minoen qui le précède chronologiquement[4].

En fouillant à Cnossos (Crète), Evans découvre des milliers de tablettes d'argile, cuites accidentellement dans l'incendie du palais, vers 1450 av. J.-C. Il baptise cette écriture « linéaire B », car il l'estime plus avancée que le linéaire A[5]. En 1952, le déchiffrement du linéaire B par Michael Ventris et John Chadwick[6], qui révèle une forme archaïque du grec, projette la civilisation mycénienne de la Protohistoire à l'histoire, et l'insère à sa véritable place dans l'âge du bronze du monde égéen.

Les tablettes en linéaire B restent toutefois une source documentaire réduite. En y ajoutant les inscriptions sur les vases, elles ne représentent qu'un corpus de 5 000 textes, alors qu'on recense plusieurs centaines de milliers de tablettes sumériennes et akkadiennes[7]. Par ailleurs, les textes sont courts et de nature administrative : il s'agit d'inventaires et d'autres documents comptables, qui n'étaient pas destinés à l'archivage. Ils présentent néanmoins l'avantage de montrer une vision objective de leur monde, sans marque de propagande royale[7].

Sur la base de ces tablettes, les historiens décrivent dans les années 1960 un monde composé de petits royaumes, chacun doté d'une administration palatiale, ayant vécu la chute de la civilisation minoenne et eux-mêmes disparus vers la fin du XIIIe siècle av. J.-C.[8] De nouvelles découvertes à partir des années 1980 — ensembles architecturaux, nouveaux lots de tablettes, nodules, cargaisons d'épaves de navire — permettent de préciser et de nuancer ce tableau. Elles stimulent également les études mycénologiques et l'intérêt du grand public : ainsi, une grande exposition intitulée Le Monde mycénien (The Mycenaean World) se tient à Athènes en 1988-1989 et se déplace ensuite dans plusieurs capitales européennes[9]. Elle est suivie en 1990 de la commémoration du centenaire de la mort d'Heinrich Schliemann.

Évolution et traits généraux de la civilisation mycénienne[modifier | modifier le code]

Les sources sur la civilisation mycénienne proviennent de sites répartis surtout en Grèce continentale, mais aussi autour de la mer Égée et d'une bonne partie du bassin méditerranéen. Cette civilisation s'est développée en plusieurs phases depuis les environs de la seconde moitié du XVIIe siècle av. J.-C. et atteint son apogée dès la fin du XIVe siècle av. J.-C. avec la construction des grands centres palatiaux (Pylos, Mycènes, Tirynthe, Midea, Gla et peut-être Thèbes). La chronologie est devenue plus précise grâce à l'introduction de méthodes de datation absolues comme le radiocarbone et la dendrochronologie. En l'absence de sources écrites plus détaillées, l'évolution de cette civilisation doit être abordée à partir des seules données archéologiques, présentées ci-dessous avant l'étude des aspects de la société mycénienne.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Cercle A des tombes, à Mycènes

La chronologie fine de la civilisation mycénienne repose sur l'évolution stylistique de la poterie, bien mise en évidence par Arne Furumark à partir des niveaux stratigraphiques des sites fouillés[10]. Cette chronologie relative reste toujours valable[11], mais la datation de certains intervalles « flottants » donne lieu à des controverses dans le monde scientifique. Ceci vaut particulièrement pour le début de la période mycénienne (Helladique récent I) où la rareté des associations d'objets égéens et de produits du Proche-Orient empêche de restituer l'étendue chronologique réelle de cette phase. Les progrès atteints dans la datation au radiocarbone permettent cependant de fixer le début de la civilisation mycénienne dans la deuxième moitié du XVIIe siècle av. J.-C.[12].

La période mycénienne - période récente de l'âge du Bronze égéen (Helladique) - s'étend sur plus de 500 ans. L'Helladique commence vers 3000 av. J.-C. L'appellation Helladique récent (abrégé en HR) est utilisé pour l'époque de la civilisation mycénienne ; elle est divisée en plusieurs périodes successives :

  • 1650–1600 : Helladique Récent I, 1623/1600 éruption volcanique à Théra[13], début du cercle des tombes à fosse B de Mycènes;
  • 1600–1470 : Helladique Récent IIA, cercle des tombes à fosse A de Mycènes;
  • 1470–1410 : Helladique Récent IIB, construction des premiers palais mycéniens vers la fin de cette phase ;
  • 1410–1370 : Helladique Récent IIIA1 ;
  • 1370–1315 : Helladique Récent IIIA2, ca. 1370 palais de Cnossos détruit, puis reconstruit, apogée de la construction des palais mycéniens ;
  • 1315–1225 : Helladique Récent IIIB1 ;
  • 1225–1190 : Helladique Récent IIIB2, ca. 1200 destruction de la plupart des palais mycéniens et de celui de Cnossos (?)[14] ;
  • 1190–1130 : HR IIIC1 ;
  • 1130–1070 : HR IIIC2 ;
  • 1070–1030 : HR IIIC3.

La Grèce continentale : le centre de la civilisation mycénienne[modifier | modifier le code]

Emplacement des principaux sites mycéniens en Grèce continentale.

L'Helladique récent voit le développement démographique, économique, politique et culturel de la Grèce méridionale et centrale continentale, en particulier dans plusieurs régions du Péloponnèse, en Attique et en Béotie. Ce développement est sensible dès la fin de l'Helladique moyen et le début de l'HR I, qui voit l'affirmation des sites principaux de la période mycénienne. Les découvertes les plus remarquables concernant cette période restent les tombes du cercle A et du cercle B de Mycènes. L'architecture domestique et palatiale de cette période est en revanche très peu représentée sur le continent, ce qui fait qu'on doit se contenter de l'architecture funéraire et surtout des trouvailles artistiques effectuées dans les tombes dynastiques pour en déduire l'apparition d'un pouvoir politique de plus en plus puissant au cours de cette phase, une hiérarchisation sociale croissante, et également une croissance démographique[15]. On ne peut plus considérer comme on le faisait autrefois que ce développement est impulsé par l'arrivée de chefs d'origine extérieure, car il semble manifeste que les racines de l'HR I se trouvent dans les phases précédentes de l'histoire de la Grèce continentale[16]. La civilisation mycénienne se développe donc de façon essentiellement autonome avec de très fortes originalités remontant pour beaucoup aux cultures qui l'ont précédée sur son sol. Pour autant, l'ouverture vers l'extérieur joue un rôle décisif dans certaines évolutions locales. C'est notamment la Crète qui exerce une influence forte dans le monde égéen, comme on le voit dans le fait que les tombes des élites continentales de cette époque sont bien pourvues en productions crétoises ou de style crétois, qui sont utilisées comme objets de prestige au service des classes dirigeantes mais ne témoignent pas d'une influence crétoise profonde[17]. Au contraire, l'HR I est par bien des aspects une période de créations sur le plan artistique, même si plusieurs d'entre elles n'ont pas de postérité aux périodes suivantes (masques d'or, bas-reliefs sculptés), mêlées à des emprunts et des adaptations continentales de modèles extérieurs[18]. La période suivante, l'HR II, voit ces tendances se poursuivre, mais des changements se profilent. Elle est encore mal connue[19].

Galerie voûtée des fortifications de Tyrinthe, HR III.

La première phase de l'HR III, l'HR III A1 (début du XIVe siècle), est une phase de transition vers l'affirmation de la civilisation mycénienne à proprement parler[20], caractérisée par différents « marqueurs » identifiables sur ses principaux sites : les citadelles, les palais royaux, deux types de tombes dominants – les tombes à tholos et les tombes à chambre – qui prennent tous des aspects de plus en plus monumentaux, et enfin l'utilisation croissante de l'écriture linéaire B dont l'exemplaire le plus récent se trouve en Crète et date du Minoen récent II, correspondant à l'HR II[21]. Du point de vue économique, la période semble être prospère, avec le développement de l'agriculture, des échanges commerciaux et culturels, et l'affirmation du palais en tant qu'institution jouant un rôle de stockage et de redistribution d'une partie des produits, ce qui fait passer les régions concernées de la Grèce continentale dans le domaine des civilisations palatiales du Bronze récent, à l'image de la Crète et du Proche-Orient. L'HR III A est également la période à partir de laquelle l'hégémonie dans l'Égée semble passer de la Crète vers le continent après la destruction des principaux palais minoens et la possible occupation de celui de Cnossos par des « Mycéniens ».

L'HR III B (fin XIVe-début XIIIe siècle) voit cette croissance se poursuivre[22]. Les complexes palatiaux de Mycènes, Tyrinthe, Pylos et Thèbes atteignent alors leur apogée, de même que l'architecture défensive, sur les sites de Mycènes ou de Gla, et les tombes à tholoi royales de Mycènes ou Orchomène. La civilisation mycénienne est alors relativement homogène sur le continent, et on a pu parler d'une koinè, même si les éléments de diversité sont toujours importants et que certaines régions voisines des grands centres ignorent le système palatial et sa prospérité, notamment la Phocide, l'Achaïe, la Thessalie[23]. L'HR III B est également la période de rédaction de la plupart des documents en linéaire B qui nous permettent de saisir le fonctionnement des systèmes palatiaux de Grèce continentale et de la Crète qui entre progressivement dans la sphère mycénienne tout en gardant des spécificités. C'est également la phase durant laquelle les contacts de la Grèce continentale avec le reste du monde égéen et les autres régions du monde méditerranéen atteignent leur apogée, avec la possible constitution d'une domination politique mycénienne hors du continent en plus de l'expansion commerciale. Une grande partie de l'Égée est alors fortement marquée par l'empreinte culturelle mycénienne.

Qui étaient les Mycéniens ?[modifier | modifier le code]

Fresque du XIIIe siècle à Mycènes, participante à une procession religieuse, Musée national archéologique d'Athènes

Depuis la traduction des tablettes en linéaire B, on sait que ceux que l'on appelle « Mycéniens » parlaient une forme archaïque de grec, les locuteurs de langue grecque étant arrivés dans l'espace égéen au plus tard au début du IIe millénaire. Aucune source écrite provenant d'un site mycénien ne nous a indiqué comment ce peuple se nommait lui-même (son autoethnonyme). À la lecture de l'Iliade, où les Grecs sont souvent appelés « Achéens », et en prenant en compte la mention d'Ahhiyawa vers la région égéenne dans les sources hittites du Bronze Récent, on a voulu voir dans les Mycéniens des Achéens. Mais le second argument est loin d'être admis de tous, alors que pour le premier, on remarque que le terme « Achéen » peut avoir plusieurs significations dans les textes d'Homère. L'analyse linguistique des textes en linéaire B rattache la langue mycénienne à des dialectes grecs des époques ultérieures. Elle serait un dialecte apparenté à l'arcado-chypriote du millénaire suivant[24], donc une forme dite « proto-achéenne ». De fait, on serait bien en présence d'Achéens sur une grande partie de la Grèce continentale méridionale, avant l'arrivée de « Doriens » au Ier millénaire comme le prétendent les historiens grecs antiques ultérieurs ; mais ce point reste l'objet de débats[25].

La question linguistique, reposant sur la comparaison avec les langues des périodes suivantes, ne constitue sans doute pas une preuve suffisante pour identifier clairement les Mycéniens, qui ont pu, tout en ayant une culture matérielle uniforme, parler plusieurs dialectes du grec, voire des langues non-grecques, les langues dites « égéennes », non indo-européennes et implantées dans la région avant l'arrivée des locuteurs de langues « proto-grecques ». Il est du reste difficile d'évaluer l'évolution des rapports de la langue grecque avec ces langues « égéennes » qui nous sont inconnues et qu'elle côtoyait alors, et auxquelles elle a beaucoup emprunté[26]. Faire correspondre l'expansion mycénienne à une expansion des parlers grecs est malaisée, même si elle paraît fortement probable au moins pour le cas de Chypre à la fin du XIIIe siècle, car on parle par la suite une langue proche du dialecte mycénien sur cette île.

La Crète et le monde mycénien[modifier | modifier le code]

Les principaux sites de Crète occupés durant la période Minoen Récent III.
Un témoignage de l'influence minoenne en Grèce continentale à l'époque mycénienne : statuette de style crétois, vers 1400, retrouvée à Sparte, Staatliche Antikensammlungen de Munich.

Le développement de la Grèce continentale à la période mycénienne est lié à l'évolution de la Crète, le foyer de la brillante civilisation minoenne que la civilisation mycénienne supplante dans le monde égéen après lui avoir tant emprunté[18]. C'est aussi une des régions de Grèce les mieux connues par l'archéologie, et la seule à avoir livré des lots de tablettes en linéaire B hors du continent, cette écriture ayant d'ailleurs peut-être été inventée sur l'île[27]. Elle occupe une place à part dans le monde égéen, et sa culture exerce toujours une influence forte dans cet espace même si elle s'ouvre plus aux influences de la Grèce continentale. On ne peut pas vraiment considérer que la période minoenne s'achève sur cette île car les traits culturels sont identiques à ceux de la période précédente. La terminologie des périodes locales garde d'ailleurs toujours cette référence en parlant de « Minoen récent » (MR) dont les phases correspondent en gros à celles de l'Helladique récent continental.

Une série de destructions violentes vers 1450 mettent fin à la phase dite MR I, qui a vu l'apogée de la civilisation minoenne et de son expansion dans l'Égée (la supposée « thalassocratie » minoenne). Les grands palais de Phaistos, Malia et Zakros sont abandonnés après cela, seul celui de Cnossos étant réoccupé sans réaménagement important[28]. Il semble dominer une grande partie de l'île après cela. Ce même palais est ensuite détruit à la fin du MR III A1, vers 1370 (correspondant en gros à l'HR III A1)[29], et son influence semble alors décliner avant son abandon final à la fin du MR III A2 vers 1300[30]. Les tablettes de Cnossos sont datables d'une de ces deux destructions, mais on ne sait laquelle, en admettant d'ailleurs qu'elles datent toutes de la même période[31].

Fouilles dans les ruines minoennes récentes de La Canée.

La phase MR III A1 voit une croissance de l'influence mycénienne dans la culture matérielle locale, ce qui indique probablement une conquête de l'île par des « Mycéniens » qui domineraient ensuite depuis le palais de Cnossos qu'ils auraient réoccupé[32]. Le fait que les palais de Grèce continentale connaissent leur période de prospérité après la chute de Cnossos semble indiquer que c'est cette première région qui exerce alors une domination sur le monde égéen, prenant le relais sur la seconde. Mais, on ne peut pas pour autant parler d'un véritable déclin en Crète, qui reste une région prospère même si elle n'est quasiment plus mentionnée dans les textes égyptiens ou levantins, ce qui indique une perte de dynamique vers l'extérieur du monde égéen.

Au MR III B, la culture de Crète exerce pourtant une influence importante dans la culture matérielle des régions voisines du monde égéen, dont la Grèce continentale avec qui les échanges commerciaux sont de plus en plus forts[33]. La Crète est alors incontestablement une composante du monde mycénien, même si on ne peut une nouvelle fois pas dire avec certitude si elle est dominée par des gens venus de continent, ou même incorporée dans un État dont le centre est localisé sur le continent. S'il y a bien des noms de personnes grecs dans les tablettes des palais de l'île, la culture matérielle y subit peu d'influence continentale[34]. On constate une période de prospérité économique, et la présence d'un réseau de centres administratifs dense. Il y a alors un affaiblissement de l'influence de Cnossos face à l'émergence de nouveaux centres comme La Canée (Kydonia) à l'est, ou Haghia Triada au sud dans la plaine de la Messara[35].

L'expansion mycénienne autour de la mer Égée[modifier | modifier le code]

Les sites archéologiques principaux autour de la mer Égée à la période mycénienne.

À partir du début de l'HR III A, la présence des habitants de la Grèce continentale méridionale à l'extérieur est de plus en plus importante. Cette expansion se manifeste avant tout dans un horizon proche, celui de la mer Égée, déjà traversée par des relations importantes depuis de nombreux siècles. D'ailleurs, la présence mycénienne sur les sites de cet espace succède souvent à celle des Minoens, qui décline après la fin du MR I/HR I à la suite des destructions de 1450 visibles sur les sites crétois. L'expansion mycénienne se fait principalement en direction de la partie sud du monde égéen : la Crète, mais aussi des Cyclades, le Dodécanèse et le littoral de l'Asie mineure ; le sud des Balkans a eu des contacts limités avec le monde mycénien[36]. C'est essentiellement par la diffusion de la céramique mycénienne que l'on peut supposer cela[37], mais aussi par des objets en ivoire de type mycénien[38], même s'il est souvent complexe de distinguer les exportations et les inspirations. De plus, il est difficile de savoir si une céramique mycénienne retrouvée hors de la Grèce continentale a été exportée pour sa fonction de contenant, ou bien pour elle-même[39].

La nature et les causes de cette expansion sont débattues. Des motifs commerciaux paraissent incontestables, même s'il est compliqué de déterminer quels produits étaient réellement échangés[40]. L'idée d'un impérialisme mycénien, et d'une expansion qui prennent par endroits un caractère conquérant a pu être proposée sur la base de certaines sources archéologiques et épigraphiques dans le monde égéen, en plus de la situation crétoise, mais ce point reste très débattu. Du reste, les tentatives de conclusions d'ordre général sont peu évidentes dans un espace constitué d'îles, qui sont par définition isolées, et de régions littorales souvent découpées et séparées par un relief montagneux. Cela entraîne l'existence de nombreux particularismes locaux.

Réplique d'un navire de la période mycénienne, d'après les épaves fouillées en mer Égée.

Les Cyclades connaissent une première phase d'influences mycéniennes durant l'HR III A (ou début du « Cycladique récent » III selon la dénomination régionale), décelable sur plusieurs sites, dont Haghia Irini sur Kéa et Phylakopi sur l'île de Milo[41]. Un édifice avec mégaron a été bâti sur ce dernier, peut-être par des Mycéniens après une prise de contrôle de l'île. Le sanctuaire voisin dans lequel ont été retrouvées de nombreuses figurines votives témoigne bien d'une influence mycénienne, mais les spécificités locales sont fortes[42]. À l'HR III B, l'influence continentale décline dans les Cyclades, et plusieurs sites se fortifient, se repliant sur eux-mêmes, reflet probable d'une période d'insécurité. Une reprise des contacts se produit à l'HR III C qui est une phase de prospérité sur plusieurs sites cycladiques, avec peut-être même une arrivée de populations depuis le continent, avant que ces îles ne déclinent à la fin de la période mycénienne dans des conditions obscures. En fin de compte, il reste impossible de dire si l'influence mycénienne est due à des facteurs commerciaux, politiques ou plutôt culturels, en admettant qu'on puisse bien les distinguer[43]. Le Dodécanèse connaît également une forte influence mycénienne par endroits[44]. Deux nécropoles de l'île de Rhodes, Ialysos et Pylona, ont livré pour l'HR III A un important matériel céramique continental ainsi que des tombes à chambre, ce qui pourrait indiquer la présence d’une communauté mycénienne sur place, au moins dans un but commercial. À l'HR III B, la présence mycénienne est là aussi déclinante.

Alabastre en terre cuite retrouvé à Rhodes, HR III A2 (c. 1350), Musée du Louvre.
Jarre piriforme découverte à Milos (Grèce), HR IIIb (c.1350-1200), Musée du Louvre.

Sur le continent asiatique à proximité de ces îles, la présence mycénienne est moins forte, par exemple dans les nécropoles de Carie (Kos et Müsgebi). Plus au nord, on arrive vers les régions connues par les textes provenant du royaume hittite qui domine l'Anatolie à cette période depuis sa partie centrale. Le royaume le plus puissant de l'Asie mineure est l'Arzawa, dont la capitale Apasa est peut-être Éphèse, et qui finit par être soumis et divisé par les Hittites. Les textes provenant de ces derniers parlent également d'un royaume d'Ahhiyawa, qui pourrait bien être celui d'Achéens, donc de Mycéniens[45]. Ce royaume est documenté par quelques tablettes relatives à des événements politiques dans l'Ouest anatolien, là où l'influence du roi des Ahhiyawa rencontre celle du royaume hittite. Au début du XIIIe siècle av. J.-C., son roi est considéré comme un « Grand roi » par son homologue hittite, c'est-à-dire son égal, au même titre que les rois d'Égypte et de Babylone, qui avaient tous plusieurs États vassaux mais aucun suzerain. L'influence du roi des Ahhiyawa dans la région orientale de l'empire hittite ne dure cependant pas longtemps, et il disparaît finalement des textes. Son territoire dominait au moins une partie de l'Asie mineure, car il a à un moment donné un gouverneur dans la cité de Millawanda, probablement Milet. Sur ce dernier site, détruit par les Hittites vers la fin de l'HR III A, l’influence mycénienne paraît forte, mais côtoie celle des peuples anatoliens. On débat sur la localisation du centre du royaume Ahhiyawa : beaucoup veulent le situer à Mycènes ou du moins en Grèce continentale, faisant alors correspondre son extension à celle de la civilisation mycénienne, alors que certains proposent de le situer plutôt en Asie mineure littorale ou bien sur une île comme Rhodes, car ce sont les seules régions qu'on le voit dominer clairement dans les sources écrites[46].

Plus au nord, le site archéologique de Troie (Hissarlik) pose de nombreuses questions en lien avec l'épopée homérique. Des générations d'archéologues ont cherché à savoir quel était le niveau de la ville qui aurait été détruit par les assaillants mycéniens lors d'un conflit réel qui aurait inspiré les récits sur la guerre des Achéens menés par le Mycénien Agamemnon contre les Troyens dans l’Iliade et le cycle de légendes sur la Guerre de Troie[47]. Deux candidats sont en lice : le niveau VIh et son successeur le niveau VIIa, qui finissent tous les deux par des destructions dont la nature exacte est à préciser (conquête violente ou tremblement de terre ?). Mais il faut encore démontrer que l'histoire d'Homère fait bien référence à un événement réel, alors que la présence mycénienne sur le site reste faible.

La place du monde mycénien dans le monde méditerranéen[modifier | modifier le code]

La Méditerranée orientale et le Moyen-Orient au XIIIe siècle av. J.-C.

À une échelle plus petite, on dispose de traces indiquant des contacts entre les Mycéniens et divers points du bassin méditerranéen au-delà de l'Égée. Ces traces sont, encore plus que pour les régions des rives de l'Égée, essentiellement des céramiques[37]. On en retrouve en effet dans des régions parfois très éloignées du monde égéen : vers l'ouest, en Sardaigne, dans la vallée du , dans la Péninsule Ibérique, au nord en Macédoine ou en Thrace, et vers l'est et le sud-est à Chypre et jusqu'aux rives de l'Euphrate ou encore dans la basse vallée du Nil[48]. En réalité, c'est en direction de Chypre et du Levant que les traces sont les plus importantes et peuvent laisser supposer l'existence d'échanges plus importants et réguliers. Cela pourrait être confirmé par l'épave retrouvée à Uluburun au sud de Kaş en Turquie, datée de la fin du XIVe siècle, transportant surtout du cuivre de Chypre, mais aussi quelques vases mycéniens à côté d'autres objets d'Égypte, de Syrie ou du Taurus, indiquant que le monde mycénien était bien intégré à des réseaux d'échanges impliquant le bassin méditerranéen oriental[49]. Mais aucune trace écrite de relations commerciales entre les ports du Levant (comme Ougarit) et les Mycéniens n'apparaît. Les échanges maritimes de cette période se faisant essentiellement par cabotage et par étapes, il n'y avait pas forcément de liaisons directes importantes. Chypre (notamment l'antique royaume d'Alashiya qui en occupe au moins une partie), où la présence mycénienne est plus forte, pourrait avoir joué le rôle d'intermédiaire entre les Mycéniens d'un côté et le Levant et l'Égypte de l'autre[50]. Du reste, cette île était importante pour le monde mycénien en tant que fournisseur de cuivre. À la fin du XIIIe siècle, Chypre voit finalement l'installation de migrants du monde mycénien, dans le contexte des mouvements de population qui touchent la Méditerranée orientale à la fin du Bronze récent.

Un lingot de cuivre chypriote retrouvé à Zakros en Crète, forme sous laquelle ce métal était généralement échangé au Bronze récent.

De nombreuses études ont porté sur la documentation concernant les relations entre le monde égéen mycénien et les régions situées à son orient qui sont si bien connues par ailleurs, mais il faut admettre que les conclusions les plus audacieuses, parlant de relations diplomatiques parfois, sont très spéculatives et que nos certitudes sont bien minces[51]. Les nombreux textes provenant des régions situées à l'est du monde égéen ont beau documenter les relations diplomatiques et commerciales dans cet espace, il y a assez peu de textes rattachables à des affaires qui impliqueraient le monde mycénien. Le dossier le plus consistant est celui des Ahhiyawa dans les sources hittites déjà évoquées pour le cercle proche de l'expansion mycénienne. Ailleurs et plus loin, on n'en parle pas, hormis dans des sources égyptiennes dans lesquelles le monde mycénien apparaît peut-être dans de rares écrits sous l'appellation tanaju (hiéroglyphe tj-n3-jj-w, terme lié aux Danéens de Homère ?), dont Thoutmosis III reçoit des messagers porteurs de présents[52]. En Grèce même, la trouvaille de sceaux-cylindres chypriotes et syro-mésopotamiens dans le palais de Thèbes n'est pas suffisante pour évoquer des échanges diplomatiques[53]. De ce fait, il est plus raisonnable de considérer que les Mycéniens sont au mieux marginaux dans le système diplomatique de l'époque, qui est pourtant étendu ; ou bien ils en sont totalement absents.

Au final, l'ouverture sur l'extérieur du monde mycénien a été décisive dans sa construction, sa complexification[54]. Mais les échanges culturels entre la Grèce mycénienne et ces régions extérieures restent faibles et n'entament pas son originalité. Le commerce semblant un peu plus important, encore qu'on ne puisse en mesurer l'intensité réelle, ses modalités ou ses motivations. Le monde mycénien ne semble pas un partenaire notable pour les royaumes orientaux, pas plus que les importations de ces derniers ne semblent déterminantes pour lui. Pour la Méditerranée occidentale, les Mycéniens ne sont pas des « passeurs » de la culture du monde oriental qui exerce un certain attrait sur plusieurs sites de cet espace, même s'ils participent à cette influence venue de l'est[55].

L'architecture sur les sites de la Grèce mycénienne[modifier | modifier le code]

La civilisation mycénienne est en premier lieu caractérisée par les découvertes architecturales effectuées sur les sites majeurs localisés en Grèce continentale, avant tout Mycènes, Tyrinthe et Pylos, sur lesquels ont été mis au jour les palais les plus vastes. Les autres marqueurs de l'architecture mycénienne sont les forteresses, ainsi que les tombes à tholos et à chambres. Les lieux fouillés sont ceux qui témoignent du mode de vie et des habitudes des élites de la société mycénienne, les couches sociales inférieures n'étant pas représentées dans les habitats ni dans la plupart des nécropoles mis au jour. Ces différents éléments illustrent bien l'originalité de la civilisation mycénienne et son ancrage dans les traditions plus anciennes de la Grèce continentale, et ne peuvent pas être expliqués par des apports extérieurs.

Les forteresses[modifier | modifier le code]

Ruines des fortifications de Gla, suivant les courbes du relief du site.
« Porte des Lions » de Mycènes

Les principaux sites mycéniens sont fortifiés, prenant appui sur des éminences rocheuses. Ils peuvent être situés sur des acropoles dominant des plaines, comme Athènes, Gla ou Tirynthe, adossés à une grande colline comme Mycènes, ou sur le front de mer, comme Asinè[56]. Certaines enceintes comme celle de Gla enserrent un espace qui n'est pas totalement bâti, ce qui semble indiquer qu'elles étaient prévues pour servir de refuge aux populations des alentours. Dans les sites majeurs de Tyrinthe et Mycènes, où ont été retrouvées les plus importantes fortifications, ce sont les édifices palatiaux, leurs dépendances et quelques résidences qui sont défendus. À côtés de ces citadelles, on a aussi trouvé des forteresses isolées, servant sans doute au contrôle militaire de territoires.

Les murailles les plus anciennes de Mycènes et Tyrinthe sont bâties dans un appareil dit « cyclopéen », parce que les Grecs des périodes suivantes attribuaient leur construction aux Cyclopes. Elles sont constituées de grands blocs de calcaire pouvant avoir jusqu'à huit mètres d'épaisseur, non dégrossis, empilés les uns sur les autres sans argile pour les souder. Les murs de Mycènes ont une épaisseur moyenne de 4,50 mètres, et leur hauteur pourrait avoir atteint 15 mètres même si on ne peut avoir de certitude[57]. Plus tardivement, on élabore des murailles avec des blocs dégrossis, pour les encastrer en comblant les espaces vides par de petites pierres. Sur les autres forteresses, les blocs de pierres utilisés sont moins massifs[58].

Différents types d'ouvertures peuvent être employés pour traverser ces murailles : porte monumentale, rampe d'accès, portes dérobées ou galeries voûtées pour sortir en cas de siège[59]. Le palais de Tyrinthe dans son dernier état a également vu la construction de passages voûtés (en encorbellement) sous son enceinte, dont la fonction est énigmatique[60]. L'entrée principale du complexe fortifié de Mycènes, la « Porte des Lions », nous est parvenue dans un bon état de conservation. Elle est faite de blocs bien taillés. Son linteau est surmonté par un relief calcaire masquant le triangle de décharge. Les deux animaux représentés, probablement des lions mais dont la tête manque (tout comme l'ornement du relief), se font face autour d'une colonne.

Les palais mycéniens[modifier | modifier le code]

Plan du palais de Pylos, avec le bâtiment principal en foncé, organisé autour du mégaron (4).
Les ruines du mégaron du palais de Mycènes.

Les palais mycéniens ont pour exemples ceux fouillés à Mycènes, Tirynthe ou Pylos, qui sont en fait les seuls édifices dégagés qui sont incontestablement de type palatial, même s'il est probable que le « Kadmeion » de Thèbes en soit également un bien que son plan soit différent[61]. La forteresse qui protégeait l'Acropole d'Athènes à l'époque mycénienne a pu renfermer un autre palais, mais comme les niveaux archéologiques de cette période ne peuvent pas être atteints par les fouilles, cela ne peut être vérifié[62]. Ces palais sont les centres de l'administration des États mycéniens, comme l'ont montré les archives qu'ils ont fournies. Du point de vue architectural, ils sont les héritiers des palais minoens, mais aussi d'autres grandes résidences bâties en Grèce continentale à l'Helladique Moyen[63]. Le développement des palais mycéniens est décelable à l'HR III A à Tyrinthe, et sur d'autres sites où on trouve des édifices préfigurant les grands palais de la période suivante, les niveaux de cette période n'ayant pas été identifiés dans les palais de Pylos et Mycènes. C'est durant l'HR III B que l'architecture palatiale atteint son apogée dans les trois palais principaux du Péloponnèse.

Les grands palais[64] sont organisés autour d'un ensemble de cours ouvrant sur plusieurs salles de différentes dimensions, dont des magasins, et des ateliers, en plus des zones de réception et de résidence, et peut-être des lieux de culte. Un trait essentiel de ces édifices est le ou les mégaron : c'est un ensemble constitué d'un porche ouvert sur une entrée monumentale, d'un vestibule et surtout d'une grande salle à foyer central entouré de quatre piliers, à proximité duquel se trouve un trône[57]. On en trouve dans d'autres constructions monumentales mycéniennes. Des trois édifices incontestablement palatiaux de la période HR III B qui ont été dégagés, celui de Pylos est le mieux conservé[65]. Il est organisé autour d'un bâtiment principal de 50 sur 32 mètres environ, dominé par un vaste mégaron de près de 145 m2. On entrait dans cet édifice par son côté sud-est, une porte donnant sur la cour principale qui ouvrait sur toutes les autres parties du bâtiment, notamment des espaces de stockage, des salles de garde, et peut-être des salles ayant servi à des cérémonies religieuses. Plusieurs escaliers indiquent que l'édifice avait un étage. Le bâtiment principal était entouré de trois autres unités. L'édifice sud-ouest, le plus vaste après lui, dont le plan reste mal connu, est peut-être le plus ancien. Au nord du complexe, un espace de stockage contenait de nombreuses jarres à vin, et un dernier bâtiment au nord-est est constitué de plusieurs salles dont certaines ont pu servir d'ateliers, ou d'espaces cultuels. Les palais de Tyrinthe et de Mycènes, dont l'état de conservation est moins bon, sont solidaires de la citadelle dans laquelle ils prennent place, et la circulation y est sans doute plus complexe.

À un niveau inférieur, on trouve des édifices ressemblant aux palais mais qui ne sont pas forcément à considérer comme tels, car sans sources administratives témoignant de la présence d'une institution palatiale ou bien en raison de l'absence d'un corps central semblable à celui des grands palais. Ce sont par exemple les bâtiments principaux de Gla, d'Orchomène ou de Sparte, auxquels on pourrait ajouter l'édifice avec mégaron de Phylakopi. P. Darcque a qualifié ce type de bâtiment d'« édifices intermédiaires » entre palais et maisons, en y ajoutant des grandes constructions des sites de Mycènes (« Maison du marchand d'huile », « Maison des sphinx », « Maison des boucliers ») et de Tyrinthe qui sont liées aux grands palais[66]. Leur fonction reste à déterminer : résidences de potentats locaux quand elles sont isolées (donc palais en miniature), ou bien résidences d'aristocrates, ou encore dépendances du palais quand elles sont sur des sites palatiaux ? Ce sont des résidences de plus grande taille que l'habitat courant, couvrant de 300 à 925 m², dont l'aspect monumental, les techniques de construction et l'organisation interne rappellent les trois grands palais. Elles servent manifestement pour des fonctions plus complexes que les résidences plus petites, sans être des édifices de la taille des trois grands palais.

La technique de construction des palais et édifices apparentés présente de nombreux points communs d'un site à l'autre[67]. Les palais principaux se distinguaient par la présence de murs en blocs de calcaire taillés, mais partout on trouve généralement des murs utilisant des grosses pierres servant de parement couvrant des moellons. Les murs des grands palais étaient peints, de même que certains sols. Les portes extérieures et intérieures étaient également très travaillées.

Urbanisme et résidences[modifier | modifier le code]

Ruines d'une résidence de la citadelle de Mycènes.

Les sites mycéniens comportent différents types de résidences, dont la nature exacte est parfois difficile à déterminer[68]. D'une manière générale, la fonction de constructions ou de pièces des résidences est difficile à déterminer, même dans le cas de trouvailles de nombreux artefacts pouvant indiquer la présence d'un atelier. La hiérarchie entre les édifices est souvent incertaine. Les exemples d'urbanisme analysables sont rares faute de plus de fouilles de quartiers habités : on en trouve uniquement dans le quartier sud-ouest de la citadelle de Mycènes, où les édifices sont séparés par des escaliers souvent longés par des caniveaux, du fait du relief accidenté, et dans la partie basse de celle de Tyrinthe.

Les maisons sont construites dans un calcaire extrait localement. Elles sont en majorité de forme quadrangulaire, mais on connaît des cas de bâtiments de formes curvilignes (ovales, absidales) sur des sites isolés[69]. Les plus petites maisons ont une seule pièce, et mesurent en général entre 5 et 20 mètres de côté, ne dépassant pas la soixantaine de mètres carrés. C'est là que résident les couches sociales les plus basses. D'autres maisons plus vastes comportent plusieurs pièces, disposées de façon plus ou moins complexe, les plus basiques ayant une organisation linéaire, parfois une organisation autour de pièces parallèles, alors que certaines ont une structure plus complexe et disposent parfois d'un couloir principal, voire d'une terrasse à l'étage. Ces résidences à organisation plus complexes sont plus grandes, occupant une surface au sol de plus de 100 m², et servent sans doute pour les couches sociales plus élevées. Les maisons mycéniennes sont dans la continuité des traditions architecturales des périodes précédentes, et peu d'innovations sont attestées dans les techniques, le changement principal étant l'apparition de constructions plus vastes.

Les fonctions des pièces sont difficiles à déterminer, car le mobilier manque souvent[70]. Les pièces principales de ces résidences ont généralement un foyer, dans certains cas plusieurs, mais parfois aucun. Une différentiation fonctionnelle de l'espace dans ces plus petites maisons est souvent impossible à déterminer, les maisons à pièce unique étant plurifonctionnelles comme sans doute de nombreuses pièces des maisons plus complexes. En fait, seuls les édifices palatiaux ou liés aux palais ont montré des pièces spécialisées dans une certaine fonction, surtout le stockage et l'archivage.

L'architecture funéraire[modifier | modifier le code]

Le mode d'enterrement le plus courant durant l'Helladique Récent est l'inhumation. On enterre les morts sous le sol même des maisons, ou bien à l'extérieur des zones résidentielles, dans des cimetières. Les tombes individuelles sont en forme de ciste, avec un parement de pierres. Un mobilier funéraire apparaît à l'HR I, alors qu'il était absent aux périodes précédentes. Mais les formes les plus spectaculaires de l'architecture funéraire des sites mycéniens sont les tombes monumentales, en majorité collectives, qui s'affirment à la période de transition entre l'Helladique moyen et l'Helladique récent, qui voit l'expansion des deux modèles les plus courants à l'époque mycénienne : les tombes à tholos et les tombes à chambre. Pourtant, les plus anciennes tombes appartenant à un ensemble monumental attribuable à une dynastie régnante sont d'un autre type : il s'agit des cercles de tombes à fosse de Mycènes, le « cercle A » et le « cercle B », datés de l'HR I (vers 1550-1500), le second étant le plus ancien[71]. C'est dans le cercle A que Schliemann a découvert le riche mobilier funéraire qui a participé à la légende de ses découvertes. Le cercle B a été mis au jour dans les années 1950.

Les tombes à tholos (θόλος / thólos) sont le type le plus spectaculaire à la période mycénienne, qui trouve son origine dès l'Helladique moyen. Les plus vastes sont considérées comme étant des tombes royales ou princières[72]. Elles sont constituées d'une entrée (stomion) ouvrant sur un couloir souterrain (dromos) couvert par un tumulus, qui mène à la tholos à proprement parler, une chambre de forme circulaire couverte d'une voûte à encorbellement. Sur la centaine de tombes de ce type qui a été retrouvée essentiellement en Grèce continentale, quatorze se démarquent par le fait que le diamètre de la chambre est supérieur à 10 mètres. On les trouve surtout en Messénie où elles se développent dès les débuts de l'Helladique récent, et aussi en Argolide, les plus remarquables étant sur le site de Mycènes. La plus célèbre est le « Trésor d'Atrée » (ou « tombeau d'Agamemnon »), dont le dromos est long de 36 mètres et la coupole est haute de 15 mètres pour un diamètre de même longueur. Ce groupe de tombes date probablement du XIIIe siècle av. J.-C., date à laquelle les architectes ont atteint une grande maîtrise de ce type de construction.

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Mais le type de tombes le plus répandu est celui des tombes à chambre, composées elles aussi d'un stomion et d'un dromos, ouvrant cette fois-ci sur une chambre simplement taillée dans la roche de forme variable, avec une prédilection pour un plan quadrangulaire[73]. La plus vaste chambre, à Thèbes, mesure 11,50 × 7 mètres au sol, pour 3 mètres de hauteur. C'est peut-être la tombe d'une dynastie locale, dans une région où on n'a pas construit de tholos. Il s'agit dans tous les cas de tombes collectives.

Il reste difficile à établir si les différentes formes d'inhumation traduisent une hiérarchisation sociale, comme on l'a parfois pensé, en faisant des tholoi les tombes des élites dirigeantes, les tombes individuelles celles des classes aisées, et les tombes communes celle du peuple[74]. Mais il reste clair que les tholoi les plus vastes étaient probablement destinées à des membres d'une dynastie régnante, et que même les plus petites nécessitaient sans doute un investissement qui les réserve aux notables et non aux couches inférieures de la société.

Les documents en linéaire B[modifier | modifier le code]

La période mycénienne est la période la plus ancienne pour laquelle on dispose de documents écrits compréhensibles provenant du monde égéen, rédigés dans une écriture spécifique à la civilisation mycénienne : le linéaire B. Il ne s'agit pas de la plus ancienne forme d'écriture développée dans le monde égéen, puisque la Crète a également vu la naissance du linéaire A qui est un ancêtre du linéaire B, mais n'a pas été déchiffrée. La documentation qui nous intéresse ici est une source primordiale pour notre connaissance de divers aspects de la société mycénienne. Le langage des tablettes rédigées est une forme ancienne de grec. Son déchiffrement est dû à Michael Ventris et John Chadwick en 1952. Il s'agit avant tout de voir le contexte de rédaction des documents, les caractéristiques de l'écriture et la nature des textes écrits, de façon à mieux comprendre les enjeux de leur interprétation.

Provenance, quantification et datation des documents[modifier | modifier le code]

Tablette fragmentaire inscrite en linéaire B provenant de Mycènes.

Le linéaire B est avant tout connu par des tablettes d'argile sur lesquelles il avait été inscrit, comme c'est le cas pour l'écriture cunéiforme originaire de Mésopotamie. Les premières tablettes découvertes l'ont été dans le palais de Cnossos en Crète au cours d'une des nombreuses campagnes de fouilles menées sur place par Arthur Evans[75]. En 1939, d'autres ont été mises au jour dans le palais de Pylos, où on en trouva encore lors de campagnes suivantes après 1952. D'autres ont été découvertes sur le site de Mycènes, puis à Thèbes, et en moindre quantité à Midéa et à La Canée ainsi que sur d'autres sites grecs. Une inscription en linéaire B a peut-être été retrouvée hors de Grèce, sur un objet en ambre retrouvé à Bernsdorf en Bavière, mais cela reste sujet à discussion[76]. Aujourd'hui, Cnossos est de loin le site qui en a fourni le plus avec environ 3 000 tablettes[77], pour 1 200 à Pylos[78], près de 300 à Thèbes[79] et une soixantaine à Mycènes[80].

Des inscriptions en linéaire B ont été retrouvées également sur des « nodules », ancêtres des étiquettes modernes. Il s'agit de petites boulettes d'argile, façonnées entre les doigts autour d'une lanière (probablement de cuir) qui sert à attacher l'ensemble sur l'objet. Le nodule présente une empreinte de sceau et un idéogramme représentant l'objet. Les administrateurs y ajoutaient parfois d'autres informations : qualité, origine, destination, etc. Une soixantaine ont été mis au jour à Thèbes[81]. Ont également été retrouvés une centaine de vases portant des inscriptions peintes dans cette écriture[82], et d'autres objets en moindre quantité (un sceau en ivoire, un poids en pierre).

Cela fait en tout un corpus de près de 5 000 documents répartis sur une dizaine de sites en Grèce continentale et sur l'île de Crète, avec trois sites fournissant la grosse majorité de notre documentation, soit bien peu en comparaison de la documentation contemporaine en provenance d'Égypte ou du Moyen-Orient[7], mais qui suffit à apporter des informations importantes pour comprendre la société mycénienne, encore qu'il faille faire face à des difficultés notables pour interpréter les textes.

Les débuts du linéaire B sont l'objet de débats : la Crète des XVIe ‑ XVe siècles[83], ou bien la Grèce continentale[84],[85] ? Quoi qu'il en soit, le plus ancien document remonte aux environs de 1375 et a été retrouvé à Cnossos. Le linéaire B est clairement une forme de linéaire A adaptée par des scribes connaissant cette première écriture d'origine crétoise à la langue grecque des « Mycéniens ». La majorité des documents retrouvés plus tard date de l'HR III B, notamment de sa phase B2 (XIIIe siècle)[86]. Elles ont été conservées, dans un état plus ou moins bon, parmi les ruines d'édifices à la suite de la destruction de ceux-ci. Elles témoignent donc de l'activité des institutions qui les ont produites durant les mois précédant cette destruction car il ne s'agit pas d'archives qu'on souhaitait conserver sur le long terme.

Caractéristiques du linéaire B : un système associant syllabogrammes et logogrammes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Linéaire B.

Le linéaire B est un système d'écriture nommé suivant la forme de ses signes, de la même manière que le cunéiforme (qui est composé de signes constitués d'incisions en forme de « coins », cuneus en latin). C'est donc une écriture composée de signes formés par des lignes tracées dans l'argile ou peintes, représentant parfois des choses stylisées, dans les cas où c'est identifiable. Elle comporte près de 200 signes, divisés en deux catégories : 87 signes phonétiques (phonogrammes) syllabiques (un signe = une syllabe), donc des « syllabogrammes » ; et une centaine de signes logographiques (un signe = un mot).

Les syllabogrammes[87] transcrivent en majorité des syllabes ouvertes simples, de type consonne+voyelle (CV), par exemple ro, pu, ma, ti, etc. Quelques signes sont des voyelles simples (V) : a, qui peut être noté par trois signes différents (des homophones), i, u et o. Certains signes syllabiques sont plus complexes, type CCV, comme twe, pte, nwa, etc. Enfin, une quinzaine de signes supposés syllabiques ne sont toujours pas compris. Ce système phonétique est simple et souple. Pour noter les syllabes non comprises dans le corpus de signes élaboré, les scribes les décomposaient, et dans le cas de Cnossos ils écrivaient ko-no-so ; ou bien les réduisaient, en écrivant par exemple pa-i-to pour Phaistos. Ce système est plus pratique pour une langue indo-européenne qu'un syllabaire complexe comme le cunéiforme, ou que les hiéroglyphes égyptiens qui notent rarement les voyelles, même s'il n'est pas aussi pratique qu'un alphabet, forme d'écriture qui n'en est d'ailleurs qu'à ses balbutiements au Levant à la même période.

Quant aux logogrammes[88], ils servent à économiser l'écriture phonétique d'un mot (un signe suffit ainsi à noter « mouton » ou « char ») ou bien à préciser le sens d'un mot écrit en phonétique, par exemple dans le cas où on associerait le dessin d'un tripode (forme de vase à trois pieds) au groupe de signes phonétiques ti-ri-po-de[89]. Ces signes cherchent en général à représenter les choses qu'ils désignent de la façon la plus réaliste possible pour en faciliter la compréhension, au point qu'on a pu chercher à comparer les logogrammes les plus réalistes avec des objets archéologiques exhumés sur les sites mycéniens ou des représentations peintes[90]. Dans les transcriptions de textes en linéaire B, on note les logogrammes par convention en majuscules dans le terme latin signifiant la chose désignée, ou ses premières lettres : VIR pour « homme », OVIS pour « mouton », HORD (hordeum) pour « orge », etc. Ce type de signes empêche de connaître le terme exact en dialecte mycénien, et limite donc la connaissance du vocabulaire de cette langue.

Nature des documents : des sources administratives[modifier | modifier le code]

Une tablette administrative de Cnossos, en format « feuille » (allongé).

Les documents en linéaire B connus sont exclusivement des productions de l'administration des palais[91]. Il s'agit de documents qui ont pour but d'enregistrer des informations liées à la gestion des biens meubles stockés dans cette institution, ou fabriqués pour son compte, leur circulation (entrées et sorties, avec la destination ou les destinataires ou la provenance), voire le but de ces opérations, leur localisation ; ou bien des informations sur la gestion des biens immeubles dépendant de l'institution, des terres agricoles, leur localisation, les personnes à qui elles sont attribuées. Les plus simples sont les nodules, les étiquettes, les inscriptions peintes sur vase et les tablettes de petites dimensions qui enregistrent juste des informations sur la nature de biens meubles ou d'animaux, et sur leur circulation. Les tablettes de plus grande taille peuvent enregistrer les opérations les plus complexes : listes d'opérations liées à la circulation de biens, ou à la gestion de terres agricoles (donc des documents de type cadastral).

Il ne s'agit que de documents rudimentaires, à but temporaire, conservés quelques mois voire une année, mais pas plus ; ceux qui nous sont parvenus n'ont pas été effacés et recyclés car leur lieu de stockage a été détruit auparavant. On ne connaît pas de tablettes faisant des bilans annuels ou pluriannuels d'un atelier ou d'une exploitation agricole[92]. Dans la majorité des cas, le rédacteur de la tablette voulant enregistrer une opération simple a pu se contenter de quelques signes, sans noter de verbes ou de prépositions. Ainsi, la séquence e-ko-to pa-i-to OVIS 100 peut être transcrite comme « Hector Phaistos 100 moutons », à comprendre « Hector à Phaistos (a un troupeau de) 100 moutons »[93]. Des phrases plus complexes avec des verbes peuvent être notées dans le cas d'opérations plus compliquées comme les documents cadastraux[94]. On comprend donc que cela limite notre connaissance de la langue mycénienne.

En comparaison à la variété de la documentation écrite exhumée sur plusieurs sites du Moyen-Orient contemporain comme Ougarit, Hattusha ou Nippur, celle des sites mycéniens paraît très limitée : pas de documents de nature scolaire, lexicographique, juridique, technique, scientifique, mythologique, cultuel, épistolaire, diplomatique et historique[7]. Impossible donc de connaître des événements politiques ou une grande partie des croyances et pratiques religieuses. Cela s'ajoute à l'écart quantitatif (un site comme Nippur a livré à lui seul environ 12 000 tablettes du Bronze récent[95]). D'un autre côté, si on tourne la comparaison vers la civilisation minoenne dont les écritures n'ont pas été déchiffrées, la civilisation mycénienne est cette fois-ci avantagée. Les archives palatiales en linéaire B sont donc un apport inestimable pour la connaissance de la société du monde mycénien.

L'organisation politique et sociale de la civilisation mycénienne[modifier | modifier le code]

Les sources archéologiques et surtout les textes en linéaire B nous donnent des indications sur l'organisation et le fonctionnement de certains États mycéniens, en Grèce continentale (surtout à Pylos) mais aussi en Crète autour de Cnossos. Elles permettent de replacer ces régions du monde mycénien dans un contexte plus vaste, celui des États du Bronze récent attestés essentiellement au Moyen-Orient (Ougarit, Alalakh, Babylone ou encore l'Égypte pour ceux dont on dispose de plus de sources sur la vie courante), dont la société et l'économie sont dominées par une institution émanant du pouvoir central : le palais. Son influence réelle est systématiquement débattue car on ne peut savoir exactement quelle part de la société nous échappe du fait qu'on connaît celle-ci essentiellement par les archives palatiales, et même uniquement par ces dernières dans le monde mycénien qui n'a livré aucune archive de nature privée.

Ces sources locales sont cependant trop allusives pour permettre d'en dresser un tableau précis, et elles ne permettent cependant pas de comprendre l'organisation générale du monde mycénien. Les informations sur le monde mycénien venant des autres États ayant des intérêts politiques en Méditerranée occidentale (Hittites, Égypte) sont complexes à interpréter. Ces réserves ayant été émises, on peut reconnaître que l'analyse de ces sources permet d'émettre des reconstructions séduisantes et parfois vraisemblables qu'il ne faut pas éviter, même s'il convient de garder en tête le fait qu'elles sont bien souvent impossibles à prouver de façon définitive.

Quelle géographie politique dans le monde mycénien ?[modifier | modifier le code]

La forteresse de Mycènes, un des plus importants sites du monde égéen durant l'Helladique récent.

En l'absence de sources écrites directes, puisque les tablettes mycéniennes ne nous documentent que sur l'organisation interne des États régionaux de Pylos et de Cnossos (et encore de façon bien imprécise), l'organisation politique générale du monde mycénien ne peut être connue avec certitude. Suivant Homère, la Grèce est vue comme étant divisée en plusieurs États, ceux cités dans l’Iliade : Mycènes, Pylos, Orchomène qui sont connus par l'archéologie, mais aussi peut-être Sparte ou Ithaque. Mais l'archéologie ne peut restituer la présence de royaumes autour de chacun de ces sites, même si une organisation du monde mycénien en plusieurs États est la plus probable. Les sites palatiaux dont l'importance laisse supposer qu'ils ont dominé des États régionaux en Grèce continentale sont Mycènes, Tirynthe, Pylos, Thèbes, et à la rigueur Midéa, et en Crète Cnossos et La Canée[96],[97]. En dehors de ces centres, on ne trouve pas de tablettes témoignant d'une administration développée (même s'il faut se méfier des arguments a silentio). Il faudrait peut-être y ajouter d'autres sites mycéniens importants comme Orchomène, Gla, Athènes, Sparte ou Dimini (Iolcos) qui auraient pu être des centres palatiaux mais ont livré peu ou pas de tablettes, ou encore Phylakopi dans les Cyclades.

Donc, il n'y a de traces d'un État dominé par un palais qu'en Argolide, Messénie, Béotie ainsi qu'en Crète, laissant de côté les autres régions, comme la Phocide, l'Arcadie, l'Achaïe, la Thessalie et le Nord-Ouest de la Grèce, qui semblent rester en marge d'un système palatial[98]. Pour les régions disposant de plusieurs centres palatiaux, il faut affiner les analyses : en Argolide, il reste à déterminer quel centre dominait de Mycènes, Tyrinthe ou Midéa, même si les faveurs vont souvent au premier, sans preuve ; en Crète, Cnossos domine une grande partie de l'île avant la destruction de son palais vers 1370, après quoi émergent des centres autonomes dont La Canée qui était auparavant sous sa coupe ; en Béotie enfin, il est possible que Thèbes doive faire face à un État d'Orchomène (qui domine peut-être la citadelle de Gla), préfiguration de la rivalité des deux cités à l'époque classique[97].

Y avait-il un État qui a pu dominer tout le monde mycénien à une certaine période ? Cela reste impossible à déterminer. L'existence d'une sorte de koinè mycénienne autour de l'Égée ne veut pas dire qu'il y avait une puissance politique dominant la région. Les traces archéologiques d'une influence mycénienne plus ou moins forte en Crète, dans les Cyclades, le Dodécanèse ou l'Asie mineure littorale pourraient indiquer une domination politique mycénienne à certains moments, mais une telle interprétation des sources est loin d'être convaincante. C'est finalement la mention dans les sources hittites des XIVe ‑ XIIIe siècles av. J.-C. d'un « Roi des Ahhiyawa », rapproché du « Roi des Achéens » Agamemnon dans l'Iliade, qui est le principal argument en faveur de l'existence d'un souverain dominant le monde mycénien[45],[46]. Mycènes reste alors le meilleur candidat en tant que capitale de ce supposé royaume hégémonique (mais assurément pas « impérial » au regard de la documentation), du fait du souvenir qu'elle a laissé chez les Grecs des périodes suivantes, au premier chef Homère, et aussi de l'importance du site[99].

En l'état actuel des choses, c'est une étude d'un monde mycénien fragmenté entre plusieurs États et autres entités politiques qui reste plus raisonnable. C'est donc sur leur nature que se concentrent l'essentiel des réflexions sur la politique, l'économie et la société du monde mycénien, même s'il est complexe de déterminer dans quelle mesure ce qu'on y observe est généralisable aux autres régions sur lesquelles s'étend cette civilisation.

L'administration des palais mycéniens d'après les textes[modifier | modifier le code]

La connaissance de l'organisation politique de la société mycénienne est meilleure pour l'échelle locale, grâce aux sources administratives en linéaire B provenant des palais de Pylos et de Cnossos, ou encore de Thèbes[100]. Il s'agit ici de « palais » en tant qu'institution contrôlant un territoire, autour de laquelle gravitent des administrateurs et/ou guerriers qui sont sans doute les personnages les plus importants du royaume, et qui jouent un rôle économique important. Cette situation est par bien des aspects similaire à celle que l’on trouve dans les archives des royaumes du Proche-Orient de la même période pour lesquels ce modèle d'institution palatiale a été étudié depuis longtemps.

Les archives administratives nous laissent entrevoir l'organisation politique de l'État, qui paraît être un royaume, dirigé le wa-na-ka (ϝάναξ / wánax), terme utilisé sur quatre vases inscrits et une quarantaine de tablettes : le wa-na-ka est celui qui nomme ou mute les fonctionnaires et fait travailler des artisans à son service[101],[102]. Le titre n'étant jamais accompagné d'un nom propre, on suppose donc qu'il est le seul dirigeant[102],[103]. Il est très probablement identifiable au ἄναξ / anax homérique (« seigneur divin, souverain, maître de maison »)[7], mais son rôle est moins bien défini — il est sans doute militaire, juridique et religieux, et peu étendu car les marqueurs d'un pouvoir royal fort sont limités dans le monde mycénien[104]. Il possède un domaine foncier propre, le te-me-no, mot qui a donné le grec τέμενος / témenos désignant les terres royales du souverain homérique ou des rois de Sparte[105]. Neuf occurrences du mot wa-na-ka apparaissent dans des textes d'offrandes, ce qui suggérerait que les souverains de Pylos ou Cnossos reçoivent un culte ; toutefois, comme chez Homère, le terme peut aussi désigner un dieu[7].

Les tablettes ne précisent pas non plus le nom du ra-wa-ke-ta, qui est donc probablement un dignitaire unique dans le royaume[106],[107]. L'une d'entre elles, à Pylos, le mentionne à la suite du wa-na-ka ; il est le seul dignitaire à avoir un te-me-no, dont la superficie est trois fois moindre que celle du wa-na-ka, et possède également des dépendants[107]. Le ra-wa-ke-ta serait donc le second de ce dernier[107]. On a supposé qu'il était un chef de guerre, en décomposant le terme en law-agetas (de λαϜός, qui désigne la classe des guerriers chez Homère, et ἄγω, « mener, conduire »), « conducteur des guerriers », mais les textes n'indiquent rien en ce sens[107]. D'autres dignitaires sont les te-re-ta, qui apparaissent dans les textes comme les détenteurs d'une certaine catégorie de terres, les ki-ti-me-na[108]. Leur nom suggère qu'elles sont liées à une charge (τέλος), mais dont on ignore la nature[109]. Ils exercent peut-être une fonction religieuse[109]. Les e-qe-ta, littéralement les « compagnons » (des « chevaliers »), reçoivent du palais de la nourriture, des vêtements et des armes, mais possèdent des revenus par ailleurs[107]. Ils reçoivent du palais des missions importantes et leur nom, proche de ἑπετας, « serviteur », laisse supposer qu'ils en sont dépendants[107]. Ils pourraient avoir une fonction guerrière[107].

À côté des membres de la cour, d'autres dignitaires du palais ont en charge l'administration locale du territoire. Le royaume de Pylos est divisé en deux grandes provinces, la de-we-ra ka-ra-i-ja, la « province proche », autour de la ville Pylos sur la côte, et la Pe-ra-ko-ra-i-ja, la « province lointaine », autour de la ville de Re-u-ko-to-ro[110]. Elles sont à leur tour divisées respectivement en neuf et sept districts, puis un ensemble de « communes ». Pour diriger les districts, il semble que le roi nomme un ko-re-te (koreter, « gouverneur ») et un pro-ko-re-te (prokoreter, « sous-gouverneur ») qui l'assiste (termes également attestés dans les tablettes de Cnossos)[109]. La fonction de qa-si-re-u (cf. le grec βασιλεύς / basileús) est mal définie : ses détenteurs ont des prérogatives variables, dans l'administration provinciale ou dans la direction des groupes d'artisans[111],[107]. Chez les Grecs classiques, le basileus est le roi, le monarque, comme si entre la désintégration de la société mycénienne et l'âge classique n'avait survécu comme plus haute autorité, de facto puis au fil des générations de jure, que le fonctionnaire communal.

Ces personnages sont parmi la couche sociale la plus importante, ce sont probablement eux qui habitent dans les vastes demeures retrouvées à proximité des palais mycéniens. D'autres personnes sont liées par leur métier au palais, mais pas forcément plus aisés que les membres du da-mo (littéralement « peuples », cf. δῆμος / dễmos). Ce dernier est une sorte de communauté agricole, disposant de terres exploitées en commun et d'autres attribuées à des individus contre redevance[112]. Le da-mo est apparemment géré par des agriculteurs chefs de famille, et le da-mo-ko-ro, fonctionnaire du palais, est peut-être chargé de son contrôle pour le pouvoir central. Au plus bas de l'échelle sociale se trouvent les esclaves, do-e-ro (masculin) et do-e-ra (féminin) (cf. grec δούλος / doúlos). Seuls sont attestés dans les textes ceux travaillant pour le compte du palais. Mais il faut se méfier du sens de ce terme, qui peut aussi avoir le sens de « serviteur » dans toutes ses acceptions possibles, et donc indiquer des gens libres en position de soumission par rapport à une autorité. C'est sans doute le cas de ceux que les tablettes nomment « esclaves » d'une divinité[113].

En plus d'être un organisme administratif, le palais est également un agent économique. Dans le domaine agricole, deux lots de tablettes nous fournissent quelques indications sur le régime foncier des terres du royaume de Pylos, avant tout celles du palais. Mais ils ne concernent que des parties limitées du terroir. On y voit deux types de terres : ki-ti-me-na, qui pourrait être un domaine palatial, et le ke-ke-me-na, qui serait un domaine communal, cultivé par des particuliers[114]. Une partie des terres palatiales documentées compose le te-me-no du wa-na-ka et du ra-wa-ke-ta, déjà évoqués ; ces personnes disposeraient donc d'un domaine public important dû à leur fonction. L'autre partie des terres ki-ti-me-na est accordée en bénéfice (o-na-to) à des membres de l'administration du palais, comme les te-re-ta, peut-être en guise de rétribution comme c'est le cas au Proche-Orient à la même période. Les mêmes archives de Pylos nous montrent que le palais prélevait des taxes en nature sur des membres des communautés rurales, sans doute en tant que redevance contre l'attribution de terres palatiales[115]. Cette institution disposait également d'ateliers : le textile mobilise un nombre important d’ouvrières à Cnossos comme à Pylos, regroupées en plusieurs ateliers ; et pour la production de la laine, le palais doit disposer de troupeaux ovins importants. La métallurgie est également documentée à Pylos par une série de tablettes qui montre que le palais distribuait du bronze à des forgerons qui devaient ensuite rendre le produit fini. Enfin, l'institution est aussi un acteur important des échanges, au niveau local par la redistribution des produits de l'économie qu'elle prélève et stocke, et sans doute aussi pour les échanges à longue distance, qui sont cependant absents des tablettes administratives.

Le palais avait enfin une fonction dans l'organisation militaire des royaumes, comme cela est visible dans les archives de Pylos, qui pourraient témoigner d'une situation de crise précédant la destruction violente du palais, et nous montrent donc des mesures qui paraissent se préparer à des attaques[116]. L'institution palatiale fait fabriquer, stocker et entretenir des armes offensives et défensives, des cuirasses, et ses stocks de métaux et ses relations avec les forgerons du royaume semblent avant tout dévolues à cela. Il y a aussi des mentions de chars et de chevaux, qui ont pu servir pour les combats, mais aussi pour les transports, leur fonction n'étant pas précisée. Un groupe de tablettes de Pylos mentionne l'envoi de contingents de rameurs réquisitionnés, ainsi que de « garde-côtes » (o-ka) pour surveiller le littoral de Messénie, dirigés par un e-qe-ta. Comme ce dernier, plusieurs des personnages de l'administration palatiale qui apparaissent dans les tablettes de gestion ont dû avoir une fonction militaire, constituant alors une sorte d'« aristocratie militaire » des royaumes mycéniens.

Les limites du pouvoir palatial[modifier | modifier le code]

Un espace de stockage avec jarres enterrées dans le palais de Pylos, témoignage archéologique du rôle joué par le palais dans la redistribution de certaines productions agricoles.

L'organisation socio-économique des royaumes mycéniens connue par les textes paraît donc être en gros bipartite : un premier groupe travaille dans l'orbite du palais (en tant qu'institution), tandis qu'un autre travaille pour son propre compte, en général dans le cadre d'une économie de subsistance qui échappe à la documentation disponible. Cela reflète une sorte de division entre un domaine « public » et un domaine « privé ». Mais il ne faut pas envisager une séparation rigide entre les deux, car rien n'empêche que des personnes travaillant pour le palais n'aient pu parallèlement mener leurs affaires personnelles. Il faut admettre que les archives dont on dispose sont très limitées, et ne concernent pas toute la population des États étudiés. De plus, la reconstitution de l'organisation économique et sociale du monde mycénien est largement tributaire des archives des palais de Cnossos et de Pylos, ou encore de Thèbes. C'est donc une vision biaisée de celle-ci qui apparaît.

Une question récurrente concernant les États mycéniens de Pylos et Cnossos est la place qu'aurait eu le palais dans l'ensemble de l'économie et la société du territoire dominé. On a pu penser à un moment que le palais était un organisme ayant une vaste emprise sur l'économie et la société, jouant un rôle d'employeur principal et de redistributeur des ressources qu'il collectait[117]. Cette vision des choses était marquée par le fait que les sources écrites ne proviennent que du palais, mais aussi par l'approche « substantiviste » de l'économie antique qui dominait auparavant, ainsi que par l'exemple des reconstructions des économies du Proche-Orient ancien, et de Mésopotamie en particulier qui avaient cours alors, les voyant comme fortement encadrées par les palais (et parfois aussi les temples). Depuis, ces interprétations d'institutions exerçant une large emprise sur la société et l'économie de l'âge du bronze ont été nuancées, et les études récentes sur le rôle du palais des États mycéniens ont largement relativisé sa place[118]. Cette institution est de plus en plus vue comme étant essentiellement au service des rois et de l'élite, leur fournissant une source de richesses et un moyen de contrôle sur la population. Mais reste encore à savoir si le palais jouait tout de même un rôle important dans l'économie du royaume, ou bien s'il était négligeable[119].

La gestion de l'économie palatiale de ces États était plus précisément prise en charge par des scribes, qui ne semblent pas avoir été des scribes professionnels mais plutôt des administrateurs sachant lire et écrire[120]. Les archives retrouvées ne sont l'œuvre que de quelques dizaines de ces scribes au maximum (une centaine à Cnossos, une cinquantaine à Pylos). Ils notent les entrées et les sorties de produits, donnent les travaux à faire, et se chargent de la distribution des rations. Il existait quelques bureaux spécialisés pour l'élevage ovin ou le textile à Cnossos. Mais les textes ne sont groupés dans des lots importants qu'à Pylos ; en général ils sont dispersés et peu nombreux. Rien ne témoigne donc d'une véritable bureaucratie encadrant la société dans ces États, et incontournable pour le bon déroulement de l'économie[121]. La stratégie économique des administrateurs du palais semblerait plutôt orientée vers la satisfaction de certains besoins : subsistance et rémunération des élites qui sont aussi les administrateurs, et leur approvisionnement en biens de prestige ; gestion de produits stratégiques pour l'État, avant tout l'armement ; peut-être assurer des surplus pour faire face aux éventuelles pénuries pouvant affecter la population ; voire investissement dans des productions rémunératrices (huile, laine). Concrètement les secteurs où il apparaît le plus présent sont l'agriculture, la production textile et la métallurgie.

Il faut également mettre en avant le fait que la documentation écrite pose des problèmes qui rappellent ceux de la documentation architecturale et artistique : provenant de l'institution palatiale, elle reflète donc une vision de la société mycénienne qui est celle des élites, qui sont les mêmes que ceux qui ont pensé, fait bâtir et organisé les édifices qui ont été mis au jour, pour qui on a construit la grande majorité de tombes que l'on connaît, et qui ont commandité la plupart des productions artisanales/artistiques qui nous sont parvenues. Les autres catégories sociales ne sont essentiellement perceptibles que quand elles entrent en relations avec le milieu des élites, et on ne sait pas quelle était l'importance des activités qu'elles pouvaient faire en dehors du cadre institutionnel.

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Les activités économiques de la période mycénienne nous sont accessibles par des études archéologiques nous documentant notamment sur les productions artisanales, et parfois sur leur circulation qui laisse supposer des circuits d'échanges, ainsi que par l'étude des produits agricoles consommés par les populations ayant habité des sites fouillés. Alors que jusqu'à l'Helladique moyen l'économie de subsistance à but local était quasiment la seule attestée, les productions étant rarement spécialisées ou diffusées à une échelle supra-locale[122], les premiers temps de l'Helladique récent voient se mettre en place des sociétés plus prospères, pratiquant des activités plus variées et spécialisées[123], et les circuits d'échanges s'allongent considérablement. La mise en place progressive des structures palatiales et les traces de leur fonctionnement qui apparaissent dans leurs archives en linéaire B à partir de l'HR III confirment cette impression. C'est pour cette dernière période que nous sommes donc le mieux documentés sur les activités économiques de la Grèce mycénienne, avant tout dans ce cadre institutionnel palatial sur lequel s'est concentré l'essentiel des fouilles et dans lequel on a trouvé les textes administratifs.

Agriculture[modifier | modifier le code]

La production agricole, qui est l'activité la plus importante comme pour toute société antique, mais pas la mieux documentée, est dominée par une polyculture associée à un élevage de petit bétail. Les premiers temps de l'Helladique récent ont vu se mettre définitivement en place en Grèce continentale la « triade méditerranéenne[124] » : céréales, vigne et olivier, à la suite de l'expansion de la culture de ce dernier depuis les îles égéennes, avant tout la Crète, qui la pratiquaient depuis le Bronze ancien[123].

Les céréales cultivées sont le blé et l'orge. On évalue à 982 000 litres les rentrées annuelles de céréales à Cnossos, contre 222 000 litres à Pylos[125]. Il y a également des plantations d'oliviers, pour la production d'huile d'olive. Celle-ci ne sert pas seulement à l'alimentation, mais aussi pour les soins corporels, les parfums ou l'éclairage[126]. Les Mycéniens connaissent d'autres oléagineux : le lin, le safran (ka-na-ko), le sésame (sa-sa-ma), ainsi sans doute que le ricin et le pavot[125]. La vigne est cultivée, souvent en association avec des oliviers et des figuiers, voire d'autres cultures intercalaires[126]. On en tirait plusieurs variétés de vins : des vins mielleux, liquoreux, ou doux. Une tablette de Mycènes mentionne un cratère, ce qui suggère que le vin est déjà mélangé à de l'eau, comme à l'époque classique[127]. Le vin était distribué lors de grandes fêtes religieuses : une tablette de Pylos mentionne la distribution de 11 808 litres de vin à neuf localités lors d'un tel événement. Les fouilles de sites crétois (Phaïstos notamment) ont mis au jour des maies de pressoirs à levier ayant servi à presser de l'huile ou du vin. Des salles des palais ont quant à elles abrité de vastes réserves de vin ou d'huile, comme dans l'édifice situé juste au nord du complexe palatial de Pylos, où étaient enterrées 35 jarres contenant chacune de 45 à 62 hectolitres[126]. Ces éléments nous permettent d'envisager l'existence d'une agriculture qui va au-delà de la recherche de la subsistance pour ces productions et dans le cadre palatial, notamment celui des domaines dont bénéficiaient les principaux notables.

Les tablettes mentionnent la coriandre, probablement sous forme de graines (ko-ri-(j)a-da-na) comme de feuilles (ko-ri-ja-do-no), le fenouil (ma-ra-tu-wo) et le cumin (ku-mi-no)[128], ainsi que la menthe poivrée (mi-ta), la menthe pouliot (ka-ra-ko)[129]. Là encore, on ignore si ces plantes, connues aujourd'hui comme des épices, sont utilisées dans la cuisine ou si elles ont d'autres usages, par exemple médicaux[130]. Les textes ne citent aucune légumineuse, mais des restes végétaux attestent la consommation de pois, lentilles, fèves et pois chiches[131].

L'élevage ne connaît pas de modifications dans la composition du cheptel, mais semble bien avoir connu une augmentation de la quantité de têtes de bétail. Les ovins et les caprins sont les animaux les plus présents, ce qui est logique dans un milieu méditerranéen ; les bovins et les porcins semblent plus rares : les tablettes de Pylos mentionnent environ 10 000 ovins, 2 000 chèvres, 1 000 cochons et une vingtaine de bœufs[132]. Les chevaux sont essentiellement destinés à tracter les chars de guerre[132]. La pêche de mollusques ou de poissons pouvait fournir un complément alimentaire, avant tout sur les sites côtiers.

Artisanat[modifier | modifier le code]

Tablette mycénienne traitant d'une commande de laine, Musée national archéologique d'Athènes

Depuis les débuts de l'Helladique récent, l'artisanat local traditionnel se couple d'un artisanat qui se spécialise de plus en plus, suivant l'émergence de structures socio-politiques plus complexes[123]. Cela permet l'émergence d'une production de masse standardisée dans certains secteurs, avant tout la céramique, le textile et la métallurgie. Ce développement est solidaire de celui des échanges, aussi bien dans un cadre régional qu'« international », qui offre de nouveaux débouchés et permet l'apport de certaines matières premières comme les métaux. Dans les mines du Laurion, l'activité extractive se développe : on y trouve de l'argent, du plomb et aussi du cuivre.

Ces changements sont solidaires de l'émergence des centres palatiaux, dont les archives nous permettent d'entrevoir le fonctionnement de certains secteurs artisanaux (mais qui ne sont jamais « industriels »[133]). Les archives de Pylos montrent un travail spécialisé, chaque ouvrier appartenant à une catégorie précise, et disposant d'une place spécifique dans les étapes de la production, notamment dans le textile. Le tout se faisait sous le contrôle de l'administration palatiale. Des édifices servant d'ateliers ont également été mis au jour à proximité des palais mycéniens, par exemple la « Maison aux boucliers » de Mycènes qui a servi de lieu de fabrication d'objets en ivoire, en faïence et en pierre[134]. Les réalisations artisanales retrouvées sur les sites et dans les nécropoles nous montrent l'étendue des activités des travailleurs de l'artisanat du monde mycénien : poterie en terre cuite, en pierre, travail des métaux (bronze, or essentiellement), de l'ivoire, faïence, réalisation de sceaux, transformation de denrées alimentaires, etc. Les tablettes nous montrent l'artisanat textile, impossible à appréhender par l'archéologie ; c'est avec la métallurgie le domaine dont l'organisation est la mieux connue, sans doute parce que c'étaient les deux domaines qui intéressaient le plus le palais pour des raisons stratégiques. En revanche, l'organisation du travail de l'ivoire, bien documenté par les trouvailles archéologiques, échappe à la documentation[133],[135].

L'activité textile est un secteur qui n'a sans doute pas connu de changements techniques notables durant l'Helladique Récent, mais a connu des changements structurels dans le cadre palatial, dirigé par une administration centralisée[136]. Les tablettes de Cnossos permettent ainsi de suivre toute la chaîne de production, gérée par une poignée de fonctionnaires se répartissant entre eux la supervision de domaines précis de l'activité. D'abord l'élevage des troupeaux de moutons comportant de nombreuses têtes de bétail qui sont comptabilisées et tondues. La laine obtenue passe alors dans le domaine artisanal en étant répartie entre des tisserands (souvent des femmes) qui la travaillent. Ensuite, les tablettes comptabilisent les produits finis qui sont ensuite récupérés et stockés dans les magasins du palais. Les ouvriers du textile étaient jusqu'à 900, organisés dans une trentaine d'ateliers (la production textile étant donc décentralisée, à la différence de l'administration), et rémunérés par des rations[137]. Les archives du palais de Pylos montrent qu'on y travaillait surtout le lin qui poussait dans des champs locaux et était sans doute obtenu en bonne partie par des prélèvements fiscaux. Les étoffes produites sont mal connues : les tablettes de stockage mentionnent différentes couleurs, notamment sur leurs franges, et différentes qualités. On ignore de quelle manière elles étaient utilisées après stockage.

La métallurgie est bien attestée à Pylos, où le palais recense dans ses archives environ 400 ouvriers dont les ateliers sont dispersés sur plus de 25 localités du territoire, et semblent donc peu dépendants de l'institution[133],[137]. Elle leur distribue le métal pour qu'ils réalisent le travail demandé : en moyenne 3,5 kg de bronze par forgeron. Cela est effectué dans le cadre d'une sorte de corvée pour l'institution (ta-ra-si-ja), qui concerne aussi des textiles et d'autres produits. Leur rémunération est inconnue, car ils sont mystérieusement absents des listes de distributions de rations. À Cnossos, quelques tablettes témoignent de la fabrication d'épées, mais sans évoquer de véritable activité métallurgique importante. En tout cas, c'est souvent en lien avec l'armée que cette production paraît organisée, ou bien pour faire des objets de luxe destinés à l'export ou au culte.

Les potiers (ke-ra-me-u) sont cités également dans les sources épigraphiques, alors que peu d'ateliers de fabrication de céramique sont connus[138]. Ils apparaissent notamment dans des listes de travailleurs employés par le palais. Les céramiques sont en effet essentielles pour le fonctionnement de l'économie palatiale : elles servent de contenants pour les aliments stockés et déplacés, notamment pour les distributions de rations, d'offrandes aux dieux. Elles sont également un mobilier essentiel à cette période pour des usages courants comme la cuisine et l'alimentation quotidiens[139].

L'artisanat de la parfumerie est également attesté[133],[126]. Les tablettes décrivent ainsi la fabrication d'huile parfumée : à la rose, à la sauge, etc. On sait également par l'archéologie que les ateliers dépendants plus ou moins du palais comprenaient d'autres types d'artisans : orfèvres, ivoiriers, lapicistes, presseurs d'huile, etc.

Échanges de produits[modifier | modifier le code]

Maquette du bateau dont l'épave a été retrouvée à Uluburun au large de la Turquie, caractéristique des navires de la Méditerranée orientale durant le Bronze récent.

Les échanges commerciaux restent curieusement absents des sources écrites, qui ne documentent pas de marchands[140]. Ainsi, une fois l'huile parfumée de Pylos stockée dans de petites jarres, nous ignorons ce qu'elle devient. De grandes jarres à étrier ayant contenu de l'huile ont été retrouvées à Thèbes, en Béotie. Elles portent des inscriptions en linéaire B indiquant leur provenance, la Crète occidentale. Cependant, les tablettes crétoises ne soufflent pas mot d'exportations d'huile. Nous disposons de peu d'informations sur le circuit de distribution des textiles. Les Minoens ont exporté des tissus fins en Égypte ; sans doute les Mycéniens ont-ils fait de même. En effet, ils ont probablement repris à leur compte les connaissances des Minoens en matière de navigation, comme l'atteste le fait que leur commerce maritime prenne son essor après l'affaiblissement de la civilisation minoenne. Certaines productions, notamment les tissus et l'huile, voire les objets métallurgiques et de la céramique, étaient probablement destinées à être écoulées à l'extérieur du royaume, car elles étaient trop importantes en quantité pour la seule consommation intérieure. Mais on ne sait pas dans quelle modalité. Il est cependant évident que le développement des échanges a été une condition du développement de la civilisation mycénienne, de ses structures palatiales, et de son expansion égéenne.

Cratère mycénien retrouvé à Chypre, un des nombreux témoignages sur la circulation des productions mycéniennes autour de la Méditerranée, British Museum.

On peut se tourner vers les trouvailles d'objets sur des sites archéologiques, en suivant les traces de l'expansion mycénienne dans l'Égée et au-delà, pour repérer des circuits d'échanges à longue distance. De nombreux vases mycéniens ont ainsi été retrouvés sur les rives de l'Égée, en Anatolie, à Chypre, au Levant, en Égypte, mais aussi plus à l'ouest en Sicile, ou même en Europe centrale. Le témoignage de l'épave d'Uluburun a déjà été évoqué plus haut. Mais si tout cela nous indique que des produits mycéniens et peut-être des marchands mycéniens se déplaçaient sur une vaste aire, pour des raisons sans doute commerciales, la nature des produits échangés reste énigmatique. Même les sources d'approvisionnement en métal de la Grèce mycénienne restent mal établies : il semble que le plomb et l'argent proviennent du Laurion, ce qui suppose leur circulation à l'intérieur de la Grèce continentale et du monde égéen, alors que l'origine probable du cuivre est Chypre, donc dans le cadre d'échanges à longue distance, mais sans preuve déterminante[141].

La circulation de biens mycéniens à l'échelle régionale est également traçable grâce aux « nodules ». Ainsi, 55 nodules, retrouvés à Thèbes en 1982, portent un idéogramme représentant un bœuf. Grâce à eux, on a pu reconstituer l'itinéraire de ces bovins[81] : venus de toute la Béotie, voire de l'Eubée, ils sont convoyés à Thèbes pour être sacrifiés. Les nodules visent à prouver qu'il ne s'agit pas de bêtes volées et à prouver leur provenance. Une fois les bêtes arrivées sur place, les nodules sont ôtés et rassemblés pour établir une tablette comptable. Les nodules sont utilisés pour toute sorte d'objets et expliquent comment la comptabilité mycénienne pouvait être aussi rigoureuse. Le scribe n'a pas à compter lui-même les objets, il se fonde sur les nodules pour établir ses tables.

Religion[modifier | modifier le code]

« Dame de Mycènes », fresque du XIIIe siècle à Mycènes représentant peut-être une déesse, Musée national archéologique d'Athènes

Le fait religieux est assez difficile à identifier dans la civilisation mycénienne, en particulier quand il s'agit de sites archéologiques, où il demeure compliqué de repérer avec certitude un lieu de culte. Quant aux textes, seules quelques listes d'offrandes nous donnent des noms de dieux, mais ne nous en apprennent pas plus sur les pratiques religieuses. D'une manière générale, il semble que la frontière entre profane et sacré soit peu nette dans le monde mycénien, ce qui rend complexe l'identification des traces du religieux[142].

Les premières traces du panthéon grec antique[modifier | modifier le code]

Le panthéon mycénien attesté par les tablettes en linéaire B comporte déjà de nombreuses divinités que l'on retrouve dans la Grèce classique. Poséidon (po-si-dai-jo[143]) semble occuper une place privilégiée, notamment dans les textes de Cnossos et de Pylos[144]. Le sacrifice qu'offre Nestor, roi de Pylos, à Poséidon dans l’Odyssée en est un souvenir[145]. Poséidon est probablement à cette période une divinité chtonienne, liée aux tremblements de terre. On trouve aussi un ensemble de « Dames » ou « Madones » (Potnia), liées à des lieux de culte, comme une « Dame du Labyrinthe » en Crète — qui rappelle le mythe du labyrinthe mycénien, à l'instar de la présence d'un dieu nommé Dédale. On trouve aussi une « Déesse-Mère » nommée Diwia. D'autres divinités que l'on retrouve aux périodes suivantes ont été identifiées, comme le couple Zeus-Héra, Arès, Hermès, Athéna, Artémis, Dionysos, Ilithyie, Érinys et Déméter[146]. La présence de Déméter à l'époque mycénienne a été récemment établie par les tablettes trouvées à Thèbes[147]. On note l'absence d'Apollon, d'Aphrodite et d'Héphaïstos. Inversement, certains noms identifiés comme ceux de divinités, par exemple pi-pi-tu-na ou pa-de, ne sont pas connus à l'époque classique[146].

Le problème de l'identification des lieux de cultes[modifier | modifier le code]

Aucun temple, en tant qu'unité architecturale bien différenciée des autres bâtiments, n'a été identifié pour l'époque mycénienne[148]. Certains groupes de pièces intégrés dans des bâtiments plus vastes, comportant une pièce centrale de forme généralement oblongue entourée de petites pièces ont pu servir de lieux de culte. C'est le cas à Mycènes, Tyrinthe, Pylos ou Asinè. Certains sanctuaires ont pu être repérés, comme à Phylakopi, où a été retrouvé un nombre important de statuettes faisant sans doute office d'offrandes[149], et on suppose que des sites comme Delphes, Dodone, Délos ou Éleusis étaient déjà d'importants sanctuaires, sans preuve déterminante une nouvelle fois[150]. Enfin, des cérémonies cultuelles, voire des fêtes religieuses, ont pu avoir lieu dans certaines salles de palais, notamment à Pylos[151]. Cela reste toutefois difficile à prouver de manière évidente. En effet, la présence d'une organisation spatiale qui semble être celle d'un lieu de culte (avec des sortes de banquettes, d'autels), la présence de statuettes qui semblent être des dépôts d'offrande, ou de rhytons qui semblent être destinés à des libations, et les restes nombreux d'ossements calcinés d'animaux ayant peut-être été sacrifiés, tout cela ne vaut pas une confirmation définitive quant à la fonction cultuelle de l'endroit fouillé[152], même si cela reste l'hypothèse la plus plausible et la plus couramment admise. On trouve dans les textes des lieux où se déroulent des sacrifices qui sont souvent identifiés comme des lieux de culte, mais dont on ne peut pas déterminer la nature, savoir s'ils sont construits ou à l'air libre[58]. Les tablettes nous indiquent enfin que des divinités possédaient des biens : la déesse Potnia dispose ainsi de troupeaux à Cnossos, de forgerons à Pylos, d'esclaves[153]. Cela indique peut-être que les sanctuaires étaient des organismes économiques comme au Proche-Orient. On peut du reste supposer l'existence d'un culte domestique, différent du culte officiel qui est le mieux documenté.

Quelles croyances et pratiques religieuses ?[modifier | modifier le code]

Il existe donc peu de certitudes sur les pratiques religieuses mycéniennes. Des « prêtres » (i-je-re-u, ἱερεύς / hiereús) et « prêtresses » (i-je-re-ja, ἱέρεια / hiéreia) apparaissent dans les tablettes, mais elles ne disent rien sur leur rôle[58]. Ces sources semblent en revanche documenter la pratique de sacrifices et d'offrandes, quand certaines évoquent les noms de divinités dans des listes de biens. Il faut sans doute y identifier la préparation par le palais de diverses offrandes : épices, vin, huile, miel, céréales, laine, vases en or et bétail. Des êtres humains apparaissent sur les listes, sans qu'on sache s'il s'agit de futures victimes de sacrifices ou d'esclaves divins[146]. Les tablettes nous montrent que le palais supervise la collecte des bêtes et denrées nécessaires pour le culte courant mais aussi des cérémonies et banquets publics, donc de véritables fêtes religieuses, qui auraient pu être dirigées par le wa-na-ka ou le ra-wa-ke-ta, notamment la fête de l'« initiation du wa-na-ka » à Pylos à l'occasion de laquelle plus de 1 000 personnes reçoivent des rations alimentaires[146],[154]. Plus largement, la combinaison de l'analyse des supposés lieux de culte, des tablettes et de peintures murales fournit un ensemble de sources intéressantes sur les pratiques religieuses festives dans le monde mycénien[155].

Si les pratiques funéraires sont bien documentées, il reste impossible d'en tirer quelque chose de concluant sur les croyances sur l'au-delà des Mycéniens[156]. Les inhumations sont largement supérieures en nombre aux crémations avant l'HR III C qui voit une croissance de cette dernière pratique. Les tombes sont souvent accompagnées d'offrandes : vases remplis de nourriture et de boisson, figurines, objets du défunt, parfois même des animaux sacrifiés (chiens, chevaux). Mais cela se fait au moment de la mort, et apparemment rarement après l'inhumation. Les tombes collectives sont courantes, mais le sens de cette pratique reste indéterminable avec certitude. Certaines études ont tenté d'aller plus loin dans l'interprétation des pratiques et croyances funéraires mycéniennes, par exemple en émettant l'idée de l'existence d'un culte des ancêtres[157], mais ce genre de conclusion est trop audacieux en l'état actuel de notre documentation.

Productions artistiques et artisanales[modifier | modifier le code]

La civilisation mycénienne se caractérise par sa prospérité et par l'uniformité de sa culture matérielle. L'influence de la Crète minoenne est forte dès le début dans tous les domaines de l'artisanat, même si une originalité continentale se développe progressivement au cours de l'Helladique récent. Cependant certains types d'objets remarquables et originaux parmi les plus anciens sont sans postérité. La culture matérielle mycénienne est avant tout connue par les trouvailles archéologiques, notamment les tombes riches qui n'ont pas été pillées dans l'Antiquité, mais aussi l'habitat. Les fresques et autres représentations graphiques (comme les gravures et peintures sur vases) fournissent d'autres indices, ainsi que les sources administratives en linéaire B.

Vases en terre cuite[modifier | modifier le code]

L'archéologie a retrouvé une grande quantité de poteries pour l'époque mycénienne[158], qui se caractérisent par l'emploi d'une argile fine, recouverte d'un engobe clair et lisse, à décor peint en rouge, orange ou noir. Les vases ont des formes très diverses : jarres à étrier, cruches, cratères, vases dits « coupes à champagne » en raison de leur forme, etc. Les tailles des vases peuvent varier. La céramique mycénienne apparaît à l'HR I au sud du Péloponnèse, sans doute sous l'influence de la céramique minoenne. Les modèles sont très homogènes dans tout l'espace mycénien à l'HR III B, durant lequel la production augmente considérablement en quantité, notamment en Argolide d'où proviennent un grand nombre des vases exportés hors de Grèce. Quelques innovations apparaissent dans les formes : ainsi, les pieds de certaines coupes s'allongent progressivement, au point que les anciens « verres à vins » deviennent des « coupes de champagne ». Les décors sont souvent des spirales, des chevrons, coquillages, des fleurs, etc. D'autres vases sont décorés par des représentations figurées, représentant notamment des scènes de chars, et plus tard des scènes animales avec des taureaux, des oiseaux, ou des sortes de sphinx.

Les fonctions de cette céramique peuvent être déterminées parfois selon leur forme, voire grâce à des indices fournis par des tablettes mentionnant leur usage au sein du palais. Leur production intéresse ce dernier en tant que contenant pour le stockage de denrées alimentaires, les offrandes aux dieux, mais sans doute aussi la cuisine ou la boisson au quotidien[139]. La céramique peinte plus luxueuse est en bonne partie destinée à l'exportation, et se retrouve sur des sites de Chypre ou du Levant, sans doute pour elle-même, mais aussi dans certains cas pour sa fonction de contenant[39].

Vers la fin de l'Helladique récent, la céramique mycénienne perd son homogénéité, et des styles locaux apparaissent[159] : le « style du grenier » en Argolide, des bols profonds à décor monochrome simple, qui préfigure les modèles de l'époque géométrique ; il côtoie dans cette même région le « style dense » sur lequel les décors (rosettes, oiseaux, etc.) occupent presque tout l'espace ; le « style à franges » de Crète, représentant des motifs abstraits épais entourés de lignes fines servant de remplissage, et le « style à poulpes », sur la même île, dont les scènes peintes sont dominées par un poulpe dont les tentacules couvrent une grosse partie de la surface, entourées de petits oiseaux ou poissons ; certains vases portent encore des représentations figurées.

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Vases en métal, pierre et faïence[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'Helladique récent voient la production d'une vaisselle en or ou argent répandue dans les riches tombes de l'époque[160]. On distingue plusieurs modes de fabrication : vases ciselés, repoussés, et, fait nouveau, plaqués ou incrustés. Il s'agit de vases à boire comme des coupes à pied ou des formes de type tasse, ou encore de canthares, coupes à deux anses. Deux gobelets cylindriques remarquables ont été retrouvés dans une tombe à tholos de Vaphio près de Sparte, avec une seule anse, et un décor gravé d'inspiration crétoise représentant sur l'un une scène de capture d'un taureau sauvage et sur l'autre des taureaux apprivoisés tirant un char. À l'HR III, les types de vases métalliques se raréfient et le bronze devient le métal le plus répandu dans le répertoire connu, alors que les tablettes montrent qu'on réalise toujours de nombreux vases en or et qu'on connaît deux vases d'argent incrustés de figures en or retrouvés à Dendra et Pylos[161]. On ne trouve plus de tasses basses ni de gobelets cylindriques, mais des formes diverses de vases en bronze sont connues : chaudrons tripodes, bassins, coupes à pied, lampes, etc.

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Quelques vases en faïence sont connus, mais dans un état fragmentaire[162]. De nombreux vases en pierre (cristal de roche, porphyre, serpentine, stéatite, etc.) notamment des rhytons, ont également été retrouvés sur des sites mycéniens, mais ils proviennent essentiellement de Crète durant la plupart de l'Helladique récent, avant que quelques productions ne soient faites sur le continent dans les dernières périodes mycéniennes, à partir d'obsidienne ou de porphyre extraits dans cette région[163].

Sculpture[modifier | modifier le code]

Les seuls bas-reliefs sur pierre qui ont été sculptés en Grèce mycénienne et qui nous sont parvenus proviennent du site de Mycènes, dans les premiers temps de l'Helladique récent. Il s'agit de treize stèles retrouvées sur les tombes à fosse de ce site, représentant dans un style fruste des scènes de guerre, de chasse ou des combats d'animaux, ornées de motifs décoratifs à base de spirale[164]. Elles sont sans postérité connue. Le seul bas-relief de l'Helladique récent, mais plus tardif, provient du même site : il s'agit du décor surmontant la « Porte des Lions ». Il représente deux animaux acéphales identifiés sans certitude comme étant des lions, disposés de part et d'autre d'une colonne et posant les pattes antérieures sur une sorte d'autel. Le décor a également disparu. Le style de cette œuvre rappelle celui de sceaux crétois, à la différence des bas-reliefs funéraires plus anciens qui sont proprement mycéniens[165].

Parmi les trésors du cercle A de Mycènes, Schliemann a retrouvé cinq masques funéraires en or, dont le fameux « masque d'Agamemnon ». Dans le cercle B, on a mis au jour un masque en électrum. Ils étaient formés d'une feuille de métal mise en forme sur une figure en bois sculpté[166]. Plusieurs d'entre eux semblent être des portraits des souverains enterrés dans la tombe où ils ont été retrouvés. Il s'agit d'œuvres isolées, sans parallèle dans le monde mycénien.

La période mycénienne n'a pas livré de statues de grande taille, hormis une tête féminine (un sphinx ?) de plâtre peinte de couleurs vives retrouvée à Mycènes[167]. L'essentiel de la statuaire de cette période consiste en des statuettes fines et des figurines en terre cuite, retrouvées notamment sur le site de Phylakopi, mais aussi à Mycènes, Tirynthe ou Asinè[168]. La majorité de ces statuettes représente des figurines anthropomorphes (mais il existe aussi des zoomorphes), masculines ou féminines. Elles ont différentes postures : bras tendus, levés vers le ciel ; bras repliés sur les hanches ; assises. Elles sont peintes, monochromes ou polychromes. Leur vocation n'est pas certaine, mais il est fort probable qu'il s'agit d'objets votifs, retrouvés dans des contextes qui paraissent être des lieux de culte[169].

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Glyptique[modifier | modifier le code]

Les sceaux sont une caractéristique importante des réalisations artistiques mycéniennes[170]. Ils pouvaient être portés en pendentif, en bracelet ou bien en bague, et servaient avant tout à identifier des marchandises, et plusieurs empreintes de sceaux ont été retrouvées sur de l'argile dans des sites palatiaux, mais ils avaient aussi une fonction symbolique et ornementale. Les sceaux sont en effet généralement taillés en forme de lentille ou d'amande et gravés dans un matériau de qualité, le plus souvent une pierre rare (agate, cornaline, serpentine, stéatite), parfois dans de l'ivoire ou de l'ambre ; certaines bagues sont réalisées dans du métal, notamment de l'or dans le cas de certaines retrouvées dans les tombes à fosse de Mycènes pour l'HR I. Cette période marque le début de la glyptique sur le continent, à la suite d'une forte inspiration crétoise. Les thèmes dominants sont guerriers : combats ou chasse (notamment un homme barbu maîtrisant des animaux sauvages). D'autres représentent des scènes religieuses, comme une bague-sceau en or de Tyrinthe qui représente quatre démons en procession portant des cruches en direction d'une déesse qui tient un vase qu'ils vont sans doute remplir. À l'HR III, le répertoire iconographique s'appauvrit, et des motifs décoratifs comme les rosaces ou les cercles apparaissent et se généralisent.

Bijoux et parures[modifier | modifier le code]

Les riches tombes de l'HR I (tombes à fosse de Mycènes, tombes à tholos de Messénie) ont livré de la joaillerie fortement marquée par la tradition minoenne, ou bien plus originale et sans postérité, comme des diadèmes estampés dans une feuille d'or[171]. Plusieurs progrès se notent dans la technique au cours de l'HR : généralisation du filigrane, de la granulation, de l'incrustation, du placage en feuilles d'or, de la pâte de verre moulée. Les artisans réalisent des perles en or, faïence, pâte de verre, ambre, de formes variées. Des plaques appliques étaient réalisées dans des feuilles d'or pour être cousues sur du tissu ; elles avaient là encore des formes variées : motifs géométriques, naturalistes, rosettes, animaux. Des bagues en or se retrouvent également dans les tombes. Les épingles sont en ivoire ou en or dans les premières périodes de l'HR, mais les épingles en bronze sont de plus en plus nombreuses au cours du temps.

Ivoires[modifier | modifier le code]

Pyxide en ivoire sculptée retrouvée à Athènes, fin du XVe siècle av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes.

L'art de l'ivoire sculpté a produit plusieurs des œuvres les plus remarquables exhumées sur des sites mycéniens, en premier lieu sur le site éponyme de la civilisation[172]. Le palais de la citadelle de Mycènes a ainsi livré un groupe de deux déesses accompagnées d'un enfant, fortement influencé par la tradition des ivoires crétois datant des périodes antérieures, car les personnages portent des vêtements typiques des sculptures de l'île. Une vaste quantité d'ivoires (près de 18 000 objets et fragments) ont été trouvés dans deux résidences extérieures à la citadelle, la « Maison des boucliers » et la « Maison des sphinx », qui n'étaient probablement pas des ateliers où l'on fabriquait ces objets mais plutôt là où on ajoutait ces ivoires à des meubles qu'ils décoraient. On y a trouvé de remarquables plaques sculptées. D'autres sites ont livré des ivoires, notamment une tombe de l'Agora d'Athènes où a été trouvée une boîte à fards (pyxide) sculptée dans une défense d'éléphant, sur laquelle sont sculptés des griffons chassant des cerfs, ou encore Spatta en Attique d'où provient une plaque d'ivoire décorée de sphinx.

Peintures murales[modifier | modifier le code]

La peinture murale de l'époque mycénienne est très largement influencée par celle de l'époque minoenne à laquelle elle emprunte beaucoup tant pour le style que pour les sujets[173]. Quelques fresques murales ont survécu à l'épreuve du temps dans des palais mycéniens. Les thèmes représentés sont variés : des processions « religieuses » qui étaient déjà courantes en Crète, mais aussi des scènes de chasses (dont tauromachies), et de combats guerriers qui sont des innovations thématiques. Une fresque du palais de Thèbes représente ainsi une procession de femmes vêtues à la crétoise et portant des offrandes à une déesse. D'autres fragments de scènes semblables ont été trouvés à Pylos et Tyrinthe. De Mycènes provient un exemple de fresque militaire représentant une scène de siège, ornant les murs du mégaron du palais. D'autres fresques sont constituées de motifs géométriques. Une partie de la céramique était elle aussi peinte, avec des thèmes identiques.

Armement[modifier | modifier le code]

Fresque de Mycènes représentant un bouclier symbole de la déesse de la guerre, Musée national archéologique d'Athènes

Des objets militaires ont été retrouvés dans des trésors de la période mycénienne[174]. Les tablettes de linéaire B, retrouvées dans les palais et qui contiennent des idéogrammes représentant les armes, nous donnent aussi des indications sur l'armement (même si ces signes n'expriment que le concept d'une arme et ne nous donnent pas les différentes variantes des armes), qu'on peut compléter par d'autres représentations figurées (fresques, poteries peintes).

Du point de vue de l'armement défensif, mal connu, le casque le plus attesté est celui réalisé avec des défenses de sanglier cousues sur des lanières de cuir, mentionné dans l'Iliade. Deux types de boucliers sont attestés : un type en forme de huit, et un autre semi-cylindrique, faits d'une armature en bois couverte par plusieurs peaux de bœufs. La trouvaille la plus impressionnante est celle de l'armure de Dendra, datée de l'HR II/III A1. Elle est composée de plusieurs plaques de bronze liées de façon à s'articuler et cousues sur un vêtement de cuir.

Concernant l'armement offensif, mieux connu, on remarque une évolution tout le long de l'HR. L'épée, en bronze, se développe à partir du poignard court et se répand à la période mycénienne sur le continent. Deux types cohabitent au départ : une longue épée lourde à lame étroite, et une autre plus légère, courte et large. Les modèles développés à l'HR III A permettent de frapper d'estoc et de taille, avec une lame courte et une garde plus efficace. Par la suite, la dague, à lame plus courte et plus solide, se généralise. Les pointes de lance, arme sans doute très utilisée dans les combats mais peu attestée dans les tombes, ont tendance à devenir plus courtes et pointues. Des pointes de javelines sont également connues, ainsi que de nombreuses pointes de flèches, qui peuvent être en bronze, mais aussi en silex ou en obsidienne. Les guerriers pouvaient monter sur des chars de combat, qui se diffusent sur le continent à l'époque mycénienne, mais le relief accidenté de Grèce n'a pas dû faciliter son utilisation sur les champs de bataille[175].

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Fin de la civilisation mycénienne[modifier | modifier le code]

La fin de la période mycénienne pose un ensemble de problèmes qui ne sont toujours pas résolus, tant du point de vue de la chronologie que de celui de l'interprétation des événements.

La fin de l'HR III B1 est marquée par quelques destructions, notamment à Mycènes[176]. À l'HR III B2, on remarque une augmentation des systèmes de défense des sites mycéniens, signe que l'insécurité augmente. Mais il ne s'agit pas d'une période de crise, car ces niveaux ont fourni un matériel archéologique qui témoigne d'un niveau de richesse qui n'a rien à envier à celui des précédents. La fin de cette période est néanmoins marquée par de nombreuses destructions sur une grande partie des sites mycéniens de Grèce continentale. L'HR III C voit ensuite une baisse du nombre de sites en Grèce[177], qui peut être très importante dans certaines régions (9/10e des sites de Béotie disparaissent, 2/3 de ceux d'Argolide). Mais certains sites comme Mycènes ou Tirynthe sont toujours habités, leurs citadelles sont entretenues et la culture matérielle qu'on y retrouve présente toujours des traits mycéniens, qui font que l'HR III C est considéré comme un niveau de la civilisation mycénienne. On note cependant des changements : les édifices érigés sur les anciens palais sont de plan différent (abandon du mégaron à Tyrinthe), apparition d'un nouveau type de céramique, dite « barbare » parce qu'elle a jadis été attribuée à des envahisseurs extérieurs, et aussi une poursuite de l'augmentation de la pratique de la crémation.

Quelles sont les causes du déclin de la civilisation mycénienne à cette période[178] ? Plusieurs explications ont été avancées. Celles concernant des facteurs naturels (changement climatique, tremblements de terre) sont aujourd'hui souvent rejetées[179]. Deux grandes théories dominent : celle des mouvements de population et celle des conflits internes. La première attribue la destruction des sites mycéniens à des envahisseurs. On invoque tantôt les Doriens tantôt les Peuples de la mer. On envisage désormais que les premiers, dont parlent les historiens grecs ultérieurs, étaient déjà présents en Grèce continentale auparavant, et on a donc tendance à ne plus accepter l'ancienne théorie d'une « invasion dorienne » balayant la civilisation des Achéens, qui n'apparaît pas dans la documentation archéologique et repose uniquement sur des arguments linguistiques. Les mouvements de peuples se produisant depuis les Balkans jusqu'au Proche-Orient à cette période, mentionnés dans les inscriptions égyptiennes désignant les envahisseurs sous le nom de « Peuples de la mer », sont eux bien certains. On sait que ces peuples participent à des mouvements de populations probablement responsables de nombreuses destructions en Anatolie ou au Levant, mais la chronologie de ces destructions est très mal établie. La mention d'un peuple nommé Aqweš (qui rappelle le terme « Achéen ») dans un texte égyptien du XIIe siècle a fait supposer à des spécialistes que des Mycéniens auraient pris part à ces mouvements de populations, d'autant plus que des Mycéniens se sont probablement installés à Chypre vers 1200. Mais une nouvelle fois ces arguments demeurent impossibles à prouver. La seconde théorie, qui fait choir la civilisation mycénienne au cours de conflits sociaux internes, entraînés par un rejet du système palatial par les couches sociales les plus défavorisées, qui s'appauvriraient à la fin de l'Helladique Récent. Cette hypothèse rejoint parfois la précédente, quand on essaie de mêler les divisions sociales à des divisions ethniques. Des recherches plus récentes ont nuancé l'impression de décadence qui ressortait des anciennes : la période finale de la civilisation mycénienne verrait plutôt se mettre en place un processus de recomposition sociale, de redistribution du pouvoir dans la société, expliquant la disparition des traits caractéristiques des élites mycéniennes[180].

Quelles qu'en soient les causes et les modalités, la civilisation mycénienne disparaît définitivement après l'HR III C, quand les sites de Mycènes et de Tirynthe sont détruits à nouveau, abandonnés, et deviennent des sites mineurs pour le reste de leur existence[181]. Cette fin, à dater des dernières années du XIIe siècle, se produit après un lent déclin de la civilisation mycénienne, qui a mis de nombreuses années avant de s'éteindre. La culture mycénienne se désagrège progressivement, et ses traits principaux se perdent et ne sont pas conservés durant les périodes ultérieures. Les grands palais royaux, leurs archives administratives en écriture linéaire B, les tombes collectives et les styles artistiques mycéniens sont sans postérité : tout le « système » de la civilisation mycénienne s'est effondré et a disparu[182]. Le début du XIe siècle ouvre un contexte nouveau, celui du proto-géométrique, début de la période géométrique, les « siècles obscurs » de la tradition historiographique. Les cultures qui se développent après l'effondrement de la civilisation mycénienne sont moins ouvertes sur l'extérieur, leurs élites sont moins riches, et leur organisation socio-économique est moins complexe. Au sortir des premiers siècles du Ier millénaire av. J.-C., les Grecs de l'époque archaïque comme Hésiode et Homère ne savent manifestement que très peu de choses de la période mycénienne et même des siècles obscurs, et c'est une nouvelle civilisation grecque qu'ils mettent en place.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 309
  2. Higgins 1995, p. 9-10
  3. Farnoux 1994, p. 6.
  4. Farnoux 1994, p. 7.
  5. Poursat 1995, p. 55
  6. (en) J. Chadwick, The decipherment of Linear B, Cambridge University Press, Canto Edition 2003, p. 67-80
  7. a, b, c, d, e et f Carlier 1994, p. 34-35.
  8. Farnoux 1994, p. 10.
  9. Farnoux 1994, p. 16.
  10. (en) A. Furumark, Mycenaean Pottery, vol. II Chronology, 1941.
  11. Farnoux 1994, p. 96-97 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 352.
  12. (en) S. W. Manning, « Chronology and Terminology », dans E. H. Cline (dir.), The Oxford Handbook of the Bronze Age Aegean, New York, 2010, p. 18-24
  13. Santorini Eruption Radiocarbon Dated to 1627–1600 B.C., (en) S. W. Manning, « Eruption of Thera/Santorini », dans E. H. Cline (dir.), The Oxford Handbook of the Bronze Age Aegean, New York, 2010, p. 457-474
  14. La longévité du palais mycénien reste fort discutée et aucun argument stratigraphique ne s'est révélé décisif jusqu'ici. Voir dans Jan Driessen, « Le palais de Cnossos au MR II-III. Combien de destructions?», dans Jan Driessen et Alexandre Farnoux (Ed.), La Crète mycénienne, Actes de la Table Ronde internationale organisée par l'École française d'Athènes (Athènes, 25-28 mars 1991), "Bulletin de correspondance hellénique supplément 30" et Erik Hallager, « Crete », dans Eric H. Cline (Ed.), The Oxford Handbook of the Bronze Age Aegean, New York, 2010, p. 151-155
  15. Pour les tendances générales de cette période, voir Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 278-282
  16. Touchais 1994, p. 19-24
  17. Touchais 1994, p. 30-32 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 285-286
  18. a et b Touchais 1994, p. 24-32
  19. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 352
  20. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 353-355
  21. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 321
  22. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 357-358
  23. Darcque 2005, p. 403-404
  24. Godart 2001, p. 150
  25. Sur ces questions, voir Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 327-332
  26. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 333-335
  27. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 321-322
  28. Driessen 1994, p. 68-69
  29. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 464
  30. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 470-471
  31. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 455-456
  32. Driessen 1994, p. 70-72 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 461-462
  33. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 469-470
  34. Driessen 1994, p. 74
  35. Driessen 1994, p. 75-79
  36. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 479
  37. a et b Farnoux 1994, p. 96-99
  38. Poursat 1994, p. 91-93.
  39. a et b Farnoux 1994, p. 106-107
  40. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 361-363
  41. (en) R. L. N. Barber, The Cyclades in the Bronze Age, Iowa City, 1987, p. 224-246 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 365-367
  42. (en) C. Renfrew, The Archaeology of Cult: The Sanctuary at Phylakopi, Londres, 1985
  43. En plus des références citées ci-dessus, voir par exemple (en) A.-L. Schallin, Islands under influence: The Cyclades in the Late Bronze Age and the nature of Mycenaean presence, Jonsered, 1993
  44. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 366-368
  45. a et b J. Freu et M. Mazoyer, L'apogée du nouvel empire hittite, Les Hittites et leur histoire 3, Paris, 2008, p. 102-118
  46. a et b Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 368
  47. On trouvera des synthèses rapides sur ce long débat dans (en) T. R. Bryce, « The Trojan War: Is There Truth behind the Legend? », dans Near Eastern Archaeology 65/3, 2002, p. 182-195, et J. Freu et M. Mazoyer, op. cit., p. 98-102
  48. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 359
  49. Sur cette épave et les débats relatifs à son équipage et son trajet, on peut consulter la synthèse de (en) C. Pulak, « The Uluburun Shipwreck: An Overview », dans International Journal of Nautical Archaeology 27, 1998, p. 188-224 ; (en) C. Bachhuber, « Aegean Interest on the Uluburun ship », dans American Journal of Archaeology 110, 2006, p. 345-364 propose que le bateau soit à destination du monde égéen et transporte notamment des présents diplomatiques pour un palais local.
  50. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 370-372
  51. Sur ce type d'études, voir notamment (en) C. Lambrou-Phillipson, Hellenorientalia: The Near Eastern Presence in the Bronze Age Aegean ca. 3000-1100 B.C., Göteborg, 1989 ; (en) E. H. Cline, Sailing the Wine-Dark Sea: International Trade and the Late Bronze Age Aegean, Oxford, 1994. Sur les précautions à prendre face à ce genre d'interprétations, on lira par exemple le compte-rendu de ce dernier ouvrage par (en) J. M. Weinstein, dans Bulletin of the American Schools of Oriental Research 297, 1995, p. 89-91
  52. Liste de notre documentation sur ce point dans (en) E. H. Cline, Sailing the Wine-Dark Sea: International Trade and the Late Bronze Age Aegean, Oxford, 1994, p. 114-116
  53. Comme proposé par (en) E. Porada, « The Cylinder Seals found at Thebes in Boeotia », dans Archiv fur Orientforschung 28, 1981-1982, p. 1-70
  54. Touchais 1994, p. 32-33 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 372-373
  55. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 364-365
  56. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 401
  57. a et b Higgins 1995, p. 82
  58. a, b et c Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 451.
  59. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 401-402
  60. Higgins 1995, p. 86
  61. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 398
  62. B. Holtzmann, L'Acropole d'Athènes, Monuments, cultes et histoire du sanctuaire d'Athéna Polias, Paris, 2003, p. 34-37
  63. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 393-394
  64. Darcque 2005, p. 367-386
  65. Higgins 1995, p. 83-86 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 395-397
  66. Darcque 2005, p. 357-366
  67. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 399-400
  68. Darcque 2005, p. 341-355. Résumé par le même auteur Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 386-404
  69. Darcque 2005, p. 341-355
  70. Darcque 2005, p. 275-310
  71. Higgins 1995, p. 76-77 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 255-257 et 263-265
  72. Higgins 1995, p. 86-91 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 404-406
  73. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 406-407
  74. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 410-411
  75. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 314-316 pour un bref historique et une localisation des découvertes de documents en linéaire B.
  76. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 365
  77. (en) J. Chadwick, L. Godart, J. T. Killen, J.-P. Olivier, A. Sacconi et I. Sakellarakis, Corpus of Mycenaean Inscriptions from Knossos, 4 vol., Cambridge, 1986–1998 ; (en) J. T. Killen et J.-P. Olivier, The Knossos Tablets, A Transliteration, Fifth Edition, Salamanque, 1989
  78. (en) E. L. Bennett et J.-P. Olivier, The Pylos Tablets Transcribed, 2 vols., Rome, 1973 et 1976
  79. L. Godart et A. Sacconi, Les tablettes en linéaire B de Thèbes, Rome, 1978
  80. (it) A. Sacconi, Corpus delle iscrizioni in lineare B di Micene, Rome, 1974
  81. a et b Chr. Piteros, J.-P. Olivier et J.-L. Melena, « Les inscriptions en linéaire B des nodules de Thèbes (1982) : la fouille, les documents, les possibilités d'interprétation », Bulletin de Correspondance Hellénique 114, 1990, p. 103–184
  82. (it) A. Sacconi, Corpus delle iscrizioni vascolari in lineare B, Rome, 1974
  83. J.-P. Olivier, « L'origine de l'écriture linéaire B », dans Studi Micenei ed Egeo-Anatolici 20, 1979, p. 43-52
  84. L. Godart, « Le linéaire A et son environnement », dans Studi Micenei ed Egeo-Anatolici 20, 1979, p. 27-42
  85. Il existe un doute sur un galet découvert à Kafkania près d'Olympie, et daté du XVIIe siècle (Helladique moyen III) sur lequel sont inscrits des signes semblables à ceux du linéaire B. Pour Godart 2001, p. 148-149 il s'agit d'un authentique, qui indiquerait donc qu'il faudrait remonter la date d'invention du linéaire B, tandis que Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 321 note 2 qualifie cette découverte de « suspecte ».
  86. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 319-320
  87. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 322, 326 et 336-339 pour les caractéristiques générales de ces phonogrammes et les problèmes que pose leur compréhension.
  88. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 325 et 327
  89. C'est à partir de cet exemple que Ventris et Chadwick prouvèrent de façon décisive qu'ils avaient déchiffré le linéaire B, cf. Farnoux 1994, p. 103.
  90. F. Vandenabeele et J.-P. Olivier, Les idéogrammes archéologiques du linéaire B, Paris, 1979
  91. Olivier 1994, p. 51-56 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 339-340
  92. Olivier 1994, p. 51 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 320
  93. Exemple donné par (en) J.-P. Olivier, « Cretan Writing in the Second Millennium B.C. », dans World Archaeology 17/3, Early Writing Systems, 1986, p. 379
  94. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 341-342
  95. B. Lion, « Cassites », dans F. Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, 2001, p. 163
  96. Carlier 1984, p. 30-39
  97. a et b L. Godart et A. Sacconi, « La géographie des États mycéniens », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 143/2, 1999, p. 527-546
  98. Darcque 2005, p. 402-403
  99. Carlier 1984, p. 132-134. L. Godart et A. Sacconi, op. cit., p. 545, proposent néanmoins qu'un tel rôle ait pu être joué par Thèbes vers la fin du HR III B.
  100. On trouvera une étude fondamentale des institutions mycéniennes dans Carlier 1984, p. 1-134
  101. Carlier 1984, p. 44-106
  102. a et b Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 412.
  103. A contrario, J. Hooker, « The wanax in Linear B Texts », Kadmos 18 (1979), p. 100-111 défend l'idée de plusieurs dignitaires royaux.
  104. Carlier 1984, p. 128-132
  105. Carlier 1984, p. 61-63.
  106. Carlier 1984, p. 102-107
  107. a, b, c, d, e, f, g et h Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 413.
  108. Carlier 1984, p. 129.
  109. a, b et c Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 414.
  110. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 418
  111. Carlier 1984, p. 108-116
  112. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 416
  113. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 417
  114. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 422-423.
  115. M. Perna, Recherches sur la fiscalité mycénienne, Nancy, 2004, notamment les conclusions p. 287-297
  116. Carlier 1984, p. 125-128. L. Godart, « Le rôle du palais dans l'organisation militaire mycénienne », dans E. Lévy (dir.), Le Système palatial en Orient, en Grèce et à Rome, Leyde, 1987, p. 237-253
  117. Point de vue défendu en son temps par (en) M. Finley, « The Mycenaean Tablets and Economic History », dans Economic History Review 10, 1957, p. 128-141.
  118. Voir déjà les conclusions de Carlier 1984, p. 119-125. Sur les difficultés de la comparaison entre Grèce et Proche-Orient : Carlier 1994, p. 46-47.
  119. L'essentiel des débats récents sur la question de la place du palais dans l'économie et la société mycéniennes sont contenus dans (en) M. L. Galaty et W. A. Parkinson (dir.), Rethinking Mycenaean Palaces, New Interpretations of an Old Idea, Los Angeles, 1999, dont les réflexions sont actualisées dans (en) M. L. Galaty et W. A. Parkinson (dir.), Rethinking Mycenaean Palaces II, Revised and Expanded Second Edition, Los Angeles, 2007. Voir aussi (en) S. Voutsaki et J. Killen (dir.), Economy and Politics in the Mycenaean Palace States, Cambridge, 2001
  120. Carlier 1984, p. 118-119. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 414-415
  121. Carlier 1984, p. 119, 124 et 132
  122. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 211-213
  123. a, b et c Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 284
  124. Expression introduite par Sir Colin Renfrew dans The Emergence of Civilisation: The Cyclades and the Aegean in The Third Millennium BC, 1972.
  125. a et b Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 423.
  126. a, b, c et d J.-P. Brun, Archéologie du vin et de l'huile. De la préhistoire à l'époque hellénistique, Paris, 2004, p. 77-80
  127. Dalby 1996, p. 48.
  128. Dalby 1996, p. 50.
  129. Dalby 1996, p. 51.
  130. Dalby 1996, p. 52.
  131. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 425.
  132. a et b Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 424
  133. a, b, c et d Olivier 1994, p. 59.
  134. Darcque 2005, p. 286-288
  135. Poursat 1994, p. 84.
  136. (en) M.-L. Nosch, « The Mycenaean Palace-Organised Textile Industry », dans M. Perna et F. Pomponio (dir.), The Management of Agricultural Land and the Production of Textiles in the Mycenaean and Near Eastern Economies, Naples, 2008, p. 135-154
  137. a et b Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 427.
  138. Farnoux 1994, p. 102
  139. a et b Farnoux 1994, p. 102-106
  140. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 444-445
  141. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 284, 361-363 et 426
  142. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 452
  143. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,‎ 1999 (édition mise à jour) (ISBN 2-252-03277-4) à l'article Ποσειδῶν.
  144. (en) Walter Burkert (trad. John Raffan), Greek Religion [« Griechische Religion des archaischen und klassichen Epoche »], Oxford, Blackwell,‎ 1985 (éd. orig. 1977) (ISBN 978-0-631-15624-6), p. 136.
  145. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], III, 4-6.
  146. a, b, c et d Farnoux 1994, p. 109 et 112.
  147. Godart 2001, p. 153.
  148. Farnoux 1994, p. 112 ; Darcque 2005, p. 301-303
  149. (en) C. Renfrew, The Archaeology of Cult: The Sanctuary at Phylakopi, London, 1985
  150. Farnoux 1994, p. 112-115.
  151. (en) S. Stocker et J. Davis, « Animal Sacrifice, Archives, and Feasting at the Palace of Nestor », dans J. C. Wright (dir.), The Mycenaean Feast, Hesperia 73/2, 2004, p. 59-76
  152. Darcque 2005, p. 293-303
  153. Farnoux 1994, p. 119.
  154. Voir en dernier lieu (en) T. G. Palaima, « Sacrificial Feasting in the Linear B Documents », dans J. C. Wright (dir.), The Mycenaean Feast, Hesperia 73/2, 2004, p. 97-126
  155. (en) J. C. Wright, « A Survey of Evidence for Feasting in Mycenaean Society », dans J. C. Wright (dir.), op. cit., p. 13-58 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 449 pour une vision critique de ce genre d'analyses.
  156. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 408-410
  157. (en) C. Gallou, The Mycenaean Cult of the Dead, Oxford, 2005
  158. Farnoux 1994, p. 96-96 ; Higgins 1995, p. 110-116 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 429-432
  159. Higgins 1995, p. 118-122 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 432
  160. Higgins 1995, p. 144-153 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 276-277
  161. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 432-434
  162. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 434
  163. Higgins 1995, p. 154-165 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 277 et 434
  164. Higgins 1995, p. 91 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 267
  165. Higgins 1995, p. 92
  166. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 267
  167. Higgins 1995, p. 93
  168. Higgins 1995, p. 124-129 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 439-443
  169. Darcque 2005, p. 246-252 pour un exposé critique des propositions des fonctions de ces objets
  170. Higgins 1995, p. 184-188 ; Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 275 et 443-444
  171. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 274-275 et 438-439
  172. Poursat 1994, p. 84-93. J.-C. Poursat, Les ivoires mycéniens, Essai sur la formation d'un art mycénien, Paris, 1977 ; Id., Catalogue des Ivoires Mycéniens du Musée National d'Athènes, Les Ivoires Mycéniens, Athènes, 1997 ; I. Tournavitou, The 'Ivory Houses' at Mycenae, Londres, 1995
  173. Higgins 1995, p. 102
  174. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 271-274 et 435-438
  175. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 415
  176. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 373-375
  177. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 375-377.
  178. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 377-382.
  179. Cette argumentation est cependant encore défendue : Godart 2001, p. 152.
  180. M. Betelli, « Les dernières occupations des palais mycéniens », dans Palais en Méditerranée, Dossiers d'Archéologie 339, mai-juin 2010, p. 10-11
  181. Treuil, Darcque, Poursat et Touchais 2008, p. 382-383
  182. (en) R. Osborne, Greece in the Making, 1200-479 BC, Londres et New York, 2009, p. 44-47

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Mycéniens, Des Grecs du IIe millénaire, Les Dossiers d'archéologie 195,‎ juillet-août 1994 (ISSN 1141-7137) :
    • Pierre Carlier, « Histoire et institutions du monde mycénien », p. 34-49
    • Jan Driessen, « La Crète mycénienne », p. 66-83
    • Alexandre Farnoux, « Actualités mycéniennes », p. 6-17
    • Alexandre Farnoux, « La céramique mycénienne », p. 94-107
    • Alexandre Farnoux, « Les dieux mycéniens. État de la question », p. 108-119
    • Jean-Pierre Olivier, « L'économie des royaumes mycéniens », p. 50-65
    • Jean-Claude Poursat, « Les ivoires mycéniens », p. 84-93
    • Gilles Touchais, « Les origines du monde mycénien », p. 18-33
  • (en) John Chadwick, The Mycenaean World, Cambridge University Press,‎ 1976 (ISBN 0521290376).
  • John Chadwick, Le déchiffrement du linéaire B, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires »,‎ 1972.
  • Pierre Carlier, La royauté en Grèce avant Alexandre, Strasbourg,‎ 1984.
  • (en) Andrew Dalby, Siren Feasts: A History of Food and Gastronomy in Greece, Londres, Routledge,‎ 1996 (ISBN 0-415-15657-2)
  • Louis Godart, « L'avenir de la mycénologie », Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 145, no 1,‎ 2001, p. 147-155 (lire en ligne).
  • Reynold Higgins (trad. Anne-Marie-Terel), L'Art de la Crète et de Mycènes [« Minoan and Mycenaean Art »], Paris, Thames & Hudson,‎ 1995 (ISBN 2-87811-097-8)
  • Jean-Claude Poursat, La Grèce préclassique, des origines à la fin du VIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité »,‎ 1995 (ISBN 2-02-013127-7)
  • Pascal Darcque, L'habitat mycénien, Formes et fonctions de l'espace bâti en Grèce continentale à la fin du IIe millénaire avant J.-C., Paris, École française d'Athènes, Éditions de Boccard,‎ 2005 (ISBN 2-86958-189-0)
  • René Treuil, Pascal Darcque, Jean-Claude Poursat et Gilles Touchais, Les Civilisations égéennes du Néolithique et de l'Âge du Bronze, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2008 (2e édition refondue) (ISBN 978-2-13-054411-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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