Délos

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Délos
Δήλος (el)
Panorama
Panorama
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Cyclades
Localisation Mer Égée (mer Méditerranée)
Coordonnées 37° 23′ 36″ N, 25° 16′ 16″ E
Superficie 3,5 km2
Point culminant Kynthos (113 m)
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
Nome Cyclades
Démographie
Population 14 hab. (2001)
Densité 4 hab./km2
Plus grande ville Port de Délos
Autres informations
Fuseau horaire UTC+02:00

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Délos
Délos
Îles en Grèce

Délos (grec moderne : Δῆλος / Dễlos, dorien : Δᾶλος / Dẫlos, grec moderne : Δήλος / Đílos) est l'une des îles des Cyclades, en Grèce. Minuscule (3,5 km2), aride, inhabitée depuis longtemps, elle se situe en face de l'île de Rhénée (14 km2, inhabitée) et à proximité de Mykonos. Ses pentes sont douces et le mont Cynthe (Kynthos) ne dépasse pas 113 m. Le port a toujours été exposé aux vents qui, dès qu'ils se lèvent, rendent l'île inaccessible. Dans la partie basse se trouvait jadis un lac sacré d'eau douce, aujourd'hui à sec.

Elle a joué un rôle considérable en Grèce antique, lorsqu'elle avait de l'eau potable, tant sur le plan commercial que religieux, et son rayonnement a connu son apogée sur le plan religieux au VIe siècle av. J.-C. Le site de Délos a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1990.

Elle a connu plusieurs dénominations dans l'Antiquité : Lagia (l'« île aux lièvres »); Ortygie (l'« île aux cailles ») ; Prypile (« porte de feu ») ; Cynthère (l'« île de Cynthia », nom carien d'Artémis)[1] ou encore Pélasgie (l'« île des Pélasges »). Son nom de Délos (« claire », « visible ») s'explique par la mythologie.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Le principal facteur de développement de l'île est le fait qu’elle soit considérée comme l’île sacrée d’Apollon, l’endroit où le dieu est né. Selon la légende, lorsque Léto fut enceinte de Zeus, Héra, jalouse la poursuivit pour l’empêcher de donner naissance à son enfant. Léto ne put trouver refuge que sur un rocher à peine visible à la surface des flots qui se nommait Astéria. Elle promit à l'île qu’elle cesserait de dériver et que l’enfant à naître la rendrait prospère et renommée. Une fois l’enfant né, l’îlot d’Astéria qui était alors invisible le devint (visible = délos en grec).

C’est avec cette légende, que Délos devint l’un des lieux sacrés les plus renommés et les plus fréquentés de la Grèce antique.

« [...] aiant esté couverte de la mer, elle se descouvrit et apparut tout en un coup : ce qui a donné occasion aux poetes de feindre que ceste estendue de terre, avoit long temps erré à l’avanture, et qu’en fin elle fut arrestee en la mer Ægee et mise au rang des Cyclades, où Léto acoucha depuis de Phœbus et de Diane. »

— Simon Goulart

On racontait aussi que l'île aurait été créée :

  • par le plongeon d'Astéria, sœur de Léto, dans la mer, pour échapper aux poursuites de Zeus
  • par Poséidon, à la demande de Zeus. D'un coup de son trident, le dieu de la mer fit sortir de l'eau deux rochers plats (Délos et Rhénée).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Cyclades.

« Plus spécialement la piraterie était le fait des insulaires, Cariens et Phéniciens, telle était, en effet la population de la plupart des îles ; et voici qui en témoigne : lors de la purification de Délos par les Athéniens, au cours de la guerre qui nous occupe, quand on fit disparaître toutes les tombes qui se trouvaient dans l’île, on s’aperçut que plus de la moitié était des tombes cariennes ; cela se reconnu à l’attirail guerrier accompagnant le mort, ainsi qu’au mode de sépulture, qui est celui que pratique encore les Cariens aujourd’hui ».

Cette citation de Thucydide nous permet de comprendre quels étaient les premiers habitants de Délos. Quand il parle de Cariens, il fait référence au peuple venant de Carie, une région d’Asie Mineure.

Les plus anciennes traces d’habitations remontent à la deuxième moitié du IIIe millénaire avant notre ère et se trouvent sur le mont Cynthe. Il s’agit de populations préhelléniques installées dans des habitations sommaires comme des abris de pêcheurs, ou de pirates comme le dit Thucydide.

Entre cet habitat et l’époque mycénienne, aucune documentation ne permet d’établir avec certitude la présence d’hommes sur l’île.

Période archaïque (VIIe – VIe siècles av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

À l’époque archaïque, et au début de son développement, Délos est visiblement influencée par l’île de Naxos au niveau artistique et architectural. En témoigne les nombreux monuments historiques édifiés à cette époque, comme l’oikos des Naxiens, la terrasse des lions, le Colosse des Naxiens et la statue de Nicandre, offrande à Artémis.

L’essentiel de la construction de l’oikos des Naxiens date ainsi du premier quart du VIe siècle av. J.-C. La charpente et le toit étaient entièrement en marbre, ce qui montre la maîtrise technique des Naxiens; car il s’agit surement du premier toit de marbre à Délos et peut-être même de Grèce. Cependant aucun texte ne précise la nature de la présence naxienne, il est donc peu probable que Naxos ait eu un rôle politique ou institutionnel à Délos à cette époque.

Dans la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C., c’est surtout la cité d’Athènes qui cherche à affirmer son autorité sur l’île et son sanctuaire. Entre 540 et 528, le tyran Pisistrate ordonne une première “purification” de l’île. Il s’agit en fait d’enlever les sépultures présentes au niveau du sanctuaire d’Apollon et de les déplacer sur l’île voisine Rhénée, en raison de l’interdiction sacrée de mourir sur Délos.

« Jadis Pisistrate, tyran d’Athènes, l’avait purifiée, mais seulement en partie, sur l’étendue de l’île que l’on découvre du temple. » Thucydide, livre III, 104.

Cette mainmise d’Athènes se traduit notamment par la construction du Pôrinos Naos, un des trois temples d’Apollon, qui est de technique attique.

Vers 525, un autre tyran se manifeste à Délos, Polycrate de Samos. D’après Thucydide, c’est lui qui consacra l’île de Rhénée à Apollon Délien et qui aurait relié les deux îles par une chaîne[2]. Délos conserva ensuite toujours la propriété d’une partie de Rhénée et en tira l’essentiel de ses revenus à travers l’exploitation des terres. C’est également sur cette île que se déroulaient les accouchements et qu’on soignait les malades, puisqu’il était interdit de naître et de mourir sur Délos.

Période classique (Ve – IVe siècles av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Délos est par la suite mentionnée par Hérodote[3] au moment des guerres médique, en 490. Un amiral perse, Datis, se rend sur l’île sacrée lors de son expédition vers la Grèce. Alors qu’il a saccagé l’île de Naxos, il respecte et honore le sanctuaire d’Apollon Délien.

En 478 av. J.-C. Athènes créé sa Ligue Maritime et choisit Délos comme siège de la confédération, qui forme donc la ligue de Délos : nom que les historiens modernes donnent à l’alliance que formèrent les cités grecques pour lutter contre les Perses, après que ceux-ci eurent été refoulés de Grèce. C’est dans le Grand Temple d’Apollon qu’est déposé le trésor commun de la ligue, avant d’être transféré à Athènes en 454 av. J.-C. Cette domination athénienne se traduit alors par un contrôle administratif du sanctuaire : de nombreuses inscriptions relatives aux comptes du sanctuaire indiquent la présence de magistrats athéniens, les amphictyons, qui ont la charge d’administrer les biens du dieu. De plus, cette domination prend aussi une forme religieuse et politique. En effet pendant la guerre du Péloponnèse, une épidémie se déclare sur Athènes, qu’on attribue à la colère d’Apollon. Athènes décide alors à nouveau, en 426 av. J.-C., d’effectuer une purification de l’île, cette fois-ci complète. Tout ce que contiennent les tombes des Déliens est transporté dans la « fosse de purification », dans l'île de Rhénée pour obéir à un oracle qui commandait que toute l'île soit consacrée entièrement à Apollon[2]. Depuis, il était interdit d'y naître et d'y mourir. Juste après cette purification, Athènes organise pour la première fois la fête quadriennale des Délia, faisant revivre les traditions archaïques que cite « l'Hymne à Apollon » d'Homère. Ces pèlerinages sont accompagnés de danses et de concours sportifs et culturels, mais donnent également lieu à de nombreux échanges commerciaux.

Cette appropriation de l’île par les Athéniens se poursuit en 422 av. J.-C., lorsque Athènes ordonne l’expulsion de tous les habitants déliens pour motifs d’impureté (sans doute aussi pour des motifs politiques). Les Déliens furent accueillis à Adramyttion en Asie Mineure mais reviennent dès l’année suivante à la suite d'un ordre de l’oracle de Delphes[4].

Après la défaite athénienne de 404 av. J.-C. (fin de la guerre du Péloponnèse), les Déliens recouvrent momentanément le contrôle de leur île et du sanctuaire. Athènes reprend les rênes dès 394, au grand dam des Déliens.

Période hellénistique (323 av. J.-C. à 30 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Depuis la mort d’Alexandre le Grand en 323 av. J.-C., des tensions et des guerres se jouent dans l’ancien empire. Entre 321 av. J.-C. et 281 av. J.-C. se passe la guerre dite des diadoques : les successeurs d’Alexandre tentent de s’emparer du pouvoir et se disputent les terres de l’empire. Les diadoques étaient les généraux les plus proches d’Alexandre, ses philoi. Ils prennent peu à peu le titre de roi et se partagent l’ancien empire. Cela se passe d’abord entre Antipater, le régent de l’empire et quelques diadoques influents : Ptolémée, Séleucos et Antigone le Borgne. Puis la guerre se déroule entre les Antigonides et une coalition regroupant Ptolémée, Séleucos, Lysimaque et Cassandre.

En 315 av. J.-C., Antigone le Borgne fait voter par ses troupes un décret déclarant la liberté des grecs. C’est ce qu’on appelle la proclamation de Tyr. Il envoie par la suite son neveu Dioscoridès en Égée pour libérer les îles qui étaient sous le contrôle de Cassandre. Se créé alors le koinon des Nésiotes (également appelée ligue des Nésiotes), la première organisation fédérale regroupant les îles égéennes. Délos est nommé centre religieux de cette confédération en raison de l’importance du sanctuaire d’Apollon.

L'indépendance de Délos (314 - 167)[modifier | modifier le code]

À partir de 314 av. J.-C., l'île est donc sous la protection des Antigonides mais elle devient indépendante d’Athènes. Les Athéniens sont écartés de l’administration du sanctuaire d’Apollon, qui revient aux Déliens. Délos est alors entièrement contrôlée par les Déliens, aucune puissance étrangère n’interfère dans la gestion de la cité.

L’économie de Délos est une de celles qu’on connaît le mieux grâce aux décrets de la cité et aux documents de comptes (comptes des Hiéropes) du sanctuaire d’Apollon. Les Hiéropes étaient en effet chargés de compter et de répertorier les richesses du dieu, qu’il s’agisse de ses terres ou des offrandes qui lui été faites.

Le sanctuaire avait notamment une activité bancaire importante, car les grands sanctuaires dans le monde grec servaient de banques de dépôt. De nombreux Déliens empruntent au Sanctuaire pour la construction de bâtiments publics. L’époque de l’Indépendance connaît ainsi la construction de nombreux bâtiments comme le Kynthion, le Monument aux Taureau, le Théâtre, le Portique de Philippe ou encore les Sarapieion A et B, pour ne citer qu’eux. Certains de ces monuments, comme le Portique de Philippe, sont également dû à l'évergétisme des divers monarques hellénistiques. Ces derniers financent et organisent aussi des fêtes en l’honneur des dieux.

On peut estimer la population entre 700 et 1 200 citoyens à cette époque[5]. Si on ajoute les femmes et les enfants, on peut atteindre le nombre de 5 000 voire 6 000 habitants. En comptant les étrangers et les esclaves présents sur l’île on pouvait même arriver à 10 000 ou 12 000 personnes résidant à Délos.

La ville semble encore petite à cette période, réduite au Quartier du Théâtre. L’urbanisation des autres quartiers semble dater d’après 167 av. J.-C.. Les fouilles ont montré que l’Est du Sanctuaire d’Apollon et du Quartier du Lac étaient encore occupés par des jardins.

En effet l’île était composée des terrasses servant à la culture des céréales. Les terres appartiennent au Sanctuaire qui se charge de les entretenir et les travailler. Des esclaves sont placés sur ces terres pour assurer le travail agricole, d’un caractère intensif. On y cultivait surtout de l’orge mais aussi des fruits (figue, vigne). On sait aussi qu’il y avait des troupeaux sur Délos et sur l’île de Rhénée, en particulier des chèvres et des bœufs.

Il y avait toutefois beaucoup d’importations. On importait une partie des céréales que la population consommait ainsi que du bois et de l’encens pour le Sanctuaire. Toutes ces marchandises arrivaient par le port de Délos : l’emporion. C’était un grand port de commerce qui servait de transit entre Délos et les autres îles des Cyclades, ainsi qu’avec l’Orient. Cependant il était moins important que celui de l’île de Rhodes. Cette dernière est la puissance dominante au IIe siècle av. J.-C. et prend même la place de Délos comme gouverneur de la Ligue des Nésiotes vers 200 av. J.-C. . Délos reste tout de même un important centre de redistribution des denrées à l’échelle des Cyclades.

Délos sous domination athénienne (167 - 69)[modifier | modifier le code]

À partir de 167 av. J.-C., Délos perd son indépendance et est donnée à Athènes par les Romains, tandis que son port est déclaré franc (régime d’immunité dont on ne connaît malheureusement pas les détails). Jusque là, Délos était restée indépendante et entretenait de bonnes relations avec Rome. La décision des Romains s’explique en fait principalement par leur volonté de ruiner l’île de Rhodes, adversaire puissant grâce à son économie portuaire.

De nombreuses communautés viennent s’installer sur l’île, expliquant la forte urbanisation de la période. Délos devient un centre culturel et marchand très important. On estime alors sa population à 25 000 personnes environ, la majorité étant composée d’Athéniens et d’Italiens. De nombreux commerçants se sont installés amenant avec eux leurs divinités orientales et leurs pratiques marchandes. On observe ainsi une véritable cité cosmopolite, qui comprend aussi des populations égyptiennes, syriennes, phéniciennes et israélites.

C’est à cette période que le commerce d’esclave s’est développé, notamment après la destruction de Corinthe en 146 av. J.-C.. On a très peu d’informations sur la façon dont se faisait ce commerce. Les fouilles n’ont montré aucune place ou entrepôt qui permettrait d’accueillir autant d’esclaves sur l'île. Une hypothèse est alors avancée : le commerce se ferait directement en mer. En effet, au niveau du port de Délos, on a trouvé une grande jetée qui permettrait aux bateaux de s’y appuyer pour transférer leurs marchandises d’un bateau à l’autre. Quant à l’artisanat, les fouilles ont permis de montrer l’existence d’une production de luxe destinée notamment aux pèlerins venant visiter l’île. On observe ainsi des traces d’ateliers de sculpteurs, de verriers, de parfumeries et de fabriques de pourpre.

Malgré cette intense activité économique, peu d’événements marquent réellement l’histoire de l’île de 167 av. J.-C. à la fin de la période hellénistique (vers 25 av. J.-C.). En 88 av. J.-C. , une guerre oppose Rome à Mithridate Eupatôr, roi du Pont, qui a de fâcheuses conséquences pour Délos. L’armée de Mithridate prend l’île à l’automne 88 et saccage la cité. En 69 av. J.-C. des pirates alliés de Mithridate débarquent sur Délos et détruisent à nouveau la ville. Ces deux événements ne provoquèrent pas l’abandon complet de l’île, mais réduisirent la population et une partie des activités économiques.

Période impériale (27 av. J.-C. - Ve siècle)[modifier | modifier le code]

Délos n’est alors plus qu’un village peu peuplé qui reste occupé jusqu’au VIe siècle. Ce déclin reste difficile à expliquer, probablement dû à la concurrence des ports italiens et aux relations désormais plus directes entre l’orient et l’occident. La piraterie rend également les routes commerciales peu sûres.

On observe tout de même sur l’île le développement du christianisme vers la fin du IIIe siècle : on a reconnu les restes d’églises dans le Portique de Philippe, derrière les magasins du port, dans la Maison du Fourni et un monastère sur l’emplacement de la Salle hypostyle.

On a également retrouvé les traces d’une basilique paléochrétienne dédiée à Saint-Cyrique édifiée au Ve siècle, seul édifice chrétien encore visible aujourd’hui sur l’île.

Époque médiévale (Ve – XVe siècles)[modifier | modifier le code]

Le déclin de l’île est encore plus visible au VIIIe siècle lorsque Délos ne figure plus sur la liste des îles appartenant à l'évêché de Syros. Ce sont des communautés catholiques de rites latins qui se sont installées dans les îles des Cyclades. Ces communautés sont encore présentes aujourd’hui.

L’île connaît de nombreux pillages et ravages au cours des VIIIe siècle et IXe siècle. Elle est d’abord ravagée par l’empereur byzantin Léon III l’Isaurien en 729, puis en 769 par des Slaves ainsi que par des Sarrasins venus de Crète en 821.

À la suite de ces évènements, Délos est ruinée et désertée. Les Latins en profitent pour la conquérir en 1204, après la prise de Constantinople.

Pour lutter contre la piraterie, encore très présente dans la région, ce qui rendait le trafic marchand peu fiable, des Hospitaliers de Saint Jean sont venus s’y installer ; avec l’appui des ducs de Naxos. On suppose qu’ils vivaient plus sur l’île de Rhénée que sur Délos. On sait qu’au début XVe siècle, ils avaient quitté l’île.

Époque moderne (XVe – XVIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

En 1566, elle est conquise par les Turcs, et est alors appelé Sdili. L’île est désormais un repaire de pirates et une carrière pour les habitants des autres îles.

Elle reste sous sa domination jusqu’à la Guerre d’Indépendance grecque qui a lieu entre 1821 et 1827.

Toutefois l’île suscite la curiosité des navigateurs. En effet on la retrouve dans de nombreux Insulaires des XVe et XVIe siècles. Ces recueils de cartes sont accompagnés de textes descriptifs relatant des visites sur l’île. On en dénombre près d’une centaine entre le XVe et le XIXe siècle. Presque tous les navigateurs ont parlé d’une île hostile et peu de monuments sont identifiés.

Époque contemporaine (XVIIIe siècle à nos jours)[modifier | modifier le code]

Délos *
La Terrasse des Lions
La Terrasse des Lions
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Subdivision Cyclades, Égée-Méridionale
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (iv) (vi)
Superficie 351 ha
Numéro
d’identification
530
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1990 (14e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

C’est à la suite de la création de l’École française d’Athènes en 1846 que l’île est réellement redécouverte pour son histoire. Les ruines étaient en effet à peine visibles sous la végétation et peu de monuments étaient identifiables, à part le Colosse des Naxiens, le Portique de Philippe et le théâtre. L’institution engage des fouilles à partir de 1872, sous la direction d’Albert Lebègue. On commença par dégager les zones du sanctuaire d’Apollon et du mont Cynthe jusqu’à la Première Guerre Mondiale. À partir des années vingt, les recherches se concentrent sur l’étude des monuments, du mobilier et des inscriptions découvertes précédemment.

Des fouilles ponctuelles se poursuivirent jusqu’à aujourd’hui, même si les préoccupations premières ont changé. Il s’agit en effet maintenant de conserver et de restaurer tous ces vestiges. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1990, mais les moyens restent insuffisants pour empêcher la lente dégradation des ruines.

Délos
Image 1
Délos en 1829, lors de l'Expédition de Morée.
 
Image 2.
Plan des fouilles de Délos en 1903-1904
 

Description du site[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire d'Apollon et ses abords[modifier | modifier le code]

Les pèlerins arrivaient à Délos et entraient dans le sanctuaire par un itinéraire que suivent encore les touristes contemporains. L’endroit où les bateaux abordent aujourd’hui correspond au port principal de la ville antique, mais il est presque impossible de le reconnaître en raison de l’ensablement naturel et des déblais de fouilles.

Agora des Compétaliastes

Les nouveaux arrivants été accueillis à l’agora des Hermaïstes ou Compétaliastes, du nom des Compitalia, divinités romaines honorées par les esclaves et les affranchis.

De l’agora des Compétaliastes, la voie processionnaire (Dromos) conduit au sanctuaire d’Apollon, encadrée par le Portique Sud d’un côté et du Portique de Philippe de l’autre. Ce dernier fut notamment édifié par le roi Philippe V de Macédoine vers 210 av. J.-C. et comporte sur l’architrave la dédicace suivante : “Offrande de Philippe, roi de Macédoine, fils du roi Démétrios, à Apollon”[6].

Précédé de propylées en ruines, le sanctuaire est constitué d’une vaste esplanade où subsistent de nombreux vestiges, dont quatre temples consacrés au dieu Apollon. Il s’y dressait aussi jadis une colossale statue le représentant, mais qui a subi des dégradations et des tentatives de déplacement multiples. Il ne demeure que le torse et une partie du bassin et un pied conservé au British Museum.

Immédiatement à droite des propylées se trouve l’oikos des Naxiens, un des monuments les plus remarquables de la période archaïque à Délos. Construit entre 600 et 575 av. J.-C., il s’agit d’un bâtiment in antis de 24 m sur 10 m pourvu d’une colonnade intérieure. D’après une hypothèse soutenue par Paul Courbin, il s’agirait du premier temple d’Apollon. Mais la plupart des historiens considèrent aujourd’hui qu’il s’agit d’un oikos ou d’une salle de banquet en raison de sa grande taille.

Les temples d'Apollon[modifier | modifier le code]

Trois des quatre temples d’Apollon sont ensuite alignés côte à côte à l’Est.

Celui qui se trouve le plus au Nord est communément appelé le “Pôrinos Naos”. Généralement attribué aux Athéniens, il daterait du temps ou les Pisistratides cherchaient à s’imposer à Délos, dans la deuxième moitié du VIe siècle av. J.-C.. Il s’agit d’une temple in antis, c’est-à-dire composé d’un naos (salle principale) et d’un pronaos cerné de deux colonnes.

Soubassement du temple d'Apollon, 1919

Le temple suivant est appelé “Temple des Athéniens” ou parfois “Temple aux sept statues”. C’est un temple au plan amphiprostyle de style dorique. Au niveau de la technique de construction, il est typiquement attique et dans la lignée du Parthénon d’Athènes. Il daterait de 425-420 et aurait pu être inauguré par Nicias en 417, un général athénien.

Le troisième et dernier temple s’appelle le “Grand Temple” et est le seul édifice connu de Délos à être périptère. Il fut bâti en deux fois : d’abord vers 475-470 ou il est élevé jusqu’à la frise comprise. Il y a ensuite eu un toit provisoire jusqu’à l’indépendance de Délos (314 av. J.-C.) ou on reprend et termine les travaux.

Le quatrième temple d’Apollon est un vaste édifice situé au Nord de l’esplanade, entre le Kératôn et l’Artémision. Il s’agit du Pythion, sanctuaire de l’Apollon de Delphes, mentionné dans nombre d’inscriptions.

Juste en face de l’entrée du Pythion se trouve le Kératôn, ou “Autel de cornes”. Souvent cité dans les comptes du sanctuaire, il s’agit en fait d’un autel monumental composé d’un podium de plan absidal à l’Est et pourvu de deux escaliers latéraux à l’Ouest. Selon la légende il aurait été créé par Apollon lui-même. C’est là qu’on pratiquaient le sacrifice des bœufs offerts à Apollon et les rites spécifiquement déliens de la “géranos” (danse rituelle) et de la course avec flagellation, un autre rite mentionné dans l’Hymne à Délos de Callimaque de Cyrène.

Le temple d'Artémis[modifier | modifier le code]

Délos est également le lieu de naissance de la déesse Artémis, sœur jumelle d’Apollon. Il est donc tout naturel de retrouver un temple lui étant consacré sur l’île. L’Artémision, comme on l’appelle, se situe juste derrière le Pythion sur l’esplanade du sanctuaire. On y distingue les restes de trois édifices successifs, le plus récent ayant recouvert ou coupé, mais non détruit, les deux autres. Le bâtiment le plus ancien, daté de l’époque mycénienne, s’agirait seulement d’un dépôt sacré et non d’un temple. Le deuxième monument, daté du VIe siècle av. J.-C., est un temple au plan in antis. Le dernier est un temple de la période hellénistique au plan prostyle d’environ 15 m sur 10 m.

On sait également qu’un sanctuaire dédié à Artémis se trouvait sur l’île de Rhénée, dit “l’Artémision-en-île” mais dont l’exploration archéologique reste encore aujourd’hui assez sommaire.

Au Nord et à l’Est du sanctuaire d’Apollon se trouvent de nombreux autres bâtiments aux fonctions diverses.

À l’Est se trouvent les restes d’un bâtiment qui pourrait avoir été un Bouleutérion (lieu de réunion de la Boulè); le Prytanée qui a pu servir de salle de banquet de local pour les archives; ou encore le Néôrion, bâtiment original construit vers la fin du IVe siècle av. J.-C. pour abriter un navire consacré à Apollon à la suite d’une victoire navale d’un roi macédonien (Démétrios Poliorcète ou Antigone Gonatas).

Au Nord du sanctuaire, on trouve également le Portique d’Antigone, sans doute établit par le roi Antigone Gonatas durant le troisième quart du IIIe siècle av. J.-C.; ainsi que l’Ekklésiastérion (lieu de réunion de l'Ecclésia).

Le stibadeion de Dionysos[modifier | modifier le code]

Stibadeion de Dionysos

A l'Est du portique d'Antigone, on aperçoit l'édifice cultuel de Dionysos, non pas temple véritable mais plutôt exèdre, où l'on a retrouvé une statue du dieu flanquée de deux papposilènes-acteurs. Il semble que cet édifice, identifié dès 1907, était plutôt orienté vers le versant chtonien du culte dionysiaque, selon les travaux de Charles Picard[7] en 1944. Le contenu statuaire de l'édifice a été transféré au musée, laissant sur place les deux colonnes ithyphalliques monumentales qui l'encadraient, ultérieurement mutilées.

Le quartier du Lac[modifier | modifier le code]

L’espace qu’on désigne comme le quartier du Lac se trouve directement au nord du sanctuaire d’Apollon. Urbanisé seulement au cours du IIe siècle, l’ensemble était auparavant composé de grands jardins, du lac (aujourd’hui asséché) et de quelques bâtiments dont le Dôdékathéon et le temple de Léto.

Le Dôdékathéon ou sanctuaire des Douze Dieux comporte un temple de marbre amphiprostyle de style dorique dont il ne reste que des ruines; ainsi que plusieurs autels, datés des IVe et IIIe siècles av. J.-C.. Ce culte des douze dieux concernait à Délos la triade apollinienne (Apollon, Artémis, Léto), celle de Zeus, Athéna et Héra, et possiblement deux autres sur lesquelles les doutes des historiens subsistent : Déméter, Koré, Zeus Eubouleus et Poséidon, Aphrodite, Hermès.

Le sanctuaire de Léto, aussi appelé Létoon, est aussi très ancien et remonte à la période archaïque. D’après Strabon, son culte était très important et le lac appartenait également au domaine de Léto. Le temple est un édifice d’environ 10 m sur 12 m de plan in antis et daté d’environ 540 av. J.-C. par René Vallois.

La terrasse des Lions[modifier | modifier le code]

Tout près se trouvent également les célèbres lions de Délos alignés sur une terrasse. Il s’agirait en fait de lionnes au style très particulier (corps maigre, très allongé, petite tête). Les spécialistes attribuent leur construction au VIIe siècle av. J.-C., au même moment que la série de grandes réalisations architecturales des Naxiens à Délos. Les lions sont en effet en marbre de Naxos, ce qui laisse à penser qu’ils furent édifiés pendant la période d’influence de cette cité sur l’île. Comme ils mènent à l’ancienne entrée archaïque du Létoon, on pense que les lions pourraient être des gardiens du domaine de Léto. Sauf que ce sanctuaire n’existait pas encore au moment ou aurait été construite la terrasse des lions. Ils pourraient donc mener au sanctuaire d’Apollon ou d’Artémis, déesse plus souvent associée aux lions que Léto. Au nombre de neuf au départ, il ne reste plus que cinq lions (il s'agirait plus précisément de lionnes) en marbre de Paros, abrités dans le musée de l'île. Un sixième a été emmené à Venise en 1716 ; il est visible devant la porte terrestre de l'Arsenal de Venise (la tête d'origine, perdue, a été remplacée par une tête « moderne »

L'urbanisation du quartier[modifier | modifier le code]

Juste à côté du temple de Léto se tient l’Agora des Italiens. Il s’agit d’un des plus grands monuments de Délos, d’environ 200 m sur 80 m. Elle fut aménagée grâce au financement de plusieurs donateurs, dont le banquier Philostrate d’Ascalon, au cours de la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C.. L’agora fut à la fois un lieu de réunion et un centre d’affaires. Elle fut détruite par Mithridate en 88, reconstruite seulement en partie puis abandonnée entre 60 et 50 av. J.-C..

Enfin, on trouve au nord de la terrasse des lions l’établissement des Poseidoniastes de Bérytos. C’est un établissement regroupant à la fois des activités marchandes et religieuses. Dans la logique du cosmopolitisme de Délos au IIe siècle av. J.-C., des commerçants de Beyrouth ont constitué sous la protection d’un Poseidon syrien “l’association des Poseidoniastes de Bérytos à Délos, négociants, armateurs et entrepositaires” comme l’indique la dédicace de bâtiment[8]. On y trouve des entrepôts, une hôtellerie de passage ainsi qu’une bourse de commerce. Dans le même bâtiment, on trouve aussi plusieurs chapelles, toutes dédiées à des dieux différents. La première est dédiée à la déesse Rome, dont la statue s’y trouve encore. On trouve cette chapelle car les Poseidoniastes avaient de bons rapports avec les Romains et voulaient les honorer. On a ensuite une chapelle consacrée au Poseidon de Bérytos, patron de l’association et protecteur des commerçants. Enfin on trouve une chapelle consacrée à Astarté, parèdre habituelle du Poséidon oriental.

Le quartier du Stade[modifier | modifier le code]

Le quartier du Stade, ainsi nommé en raison des grands établissements sportifs qu’il contient, est distant du reste de la ville d’environ 500 m. On y trouve un gymnase, construit au début du Ier siècle av. J.-C. sur les vestiges d’un ancien gymnase du IIIe siècle av. J.-C.. Un vestibule à l’Est conduisait directement au Xyste (galerie couverte servant à l'entraînement sportif) long de 187 m, datant de 111-110 av. J.-C.. Le stade remonte d’après les inscriptions à la première moitié du IIIe siècle av. J.-C..

La Synagogue[modifier | modifier le code]

Légèrement éloignée du stade existe une synagogue, la seule de Délos. Aménagée au plus tard dans le courant du Ier siècle av. J.-C., cette synagogue est la plus ancienne de celles qu’on connaît actuellement hors de Palestine. La céramique qu’on y a retrouvée montre qu’elle a été fréquentée au moins jusqu’au IIe siècle. L’identification du bâtiment comme synagogue a été contestée mais elle paraît pourtant plus que probable. Le bâtiment contient 4 dédicaces au “Dieu Très Haut”, traduction grecque habituelle du nom du dieu juif; de plus il présente des dispositions caractéristiques des synagogues : orientation vers l’est, ordonnance à trois portes de la salle de réunion, trône et bancs, réservoir d’eau permettant le bain par immersion.

L’existence d’une synagogue à Délos est d’autant plus plausible que la présence des Juifs y est attestée par plusieurs textes dont le Ier Livre des Maccabées dans la Bible[9].

La terrasse des dieux étrangers[modifier | modifier le code]

Sur une terrasse surplombant la ville, et pour répondre aux souhaits des marchands étrangers, sont érigés de petits temples et des salles de réunions.

On retrouve tout d’abord les sanctuaires pour les cultes égyptiens nommés Sarapieion A, B et C. On les a appelé ainsi car le dieu principal à qui ils sont dédiés est Sarapis. Ce n’est pas le seul dieu à qui on voue un culte dans ces sanctuaire. On retrouve aussi ceux d’Isis et d’Anubis ainsi que le culte de divinités secondaires comme celui de Haddad.

Le Sarapieion A[modifier | modifier le code]

Le Sarapieion A[10] est avant tout un sanctuaire privé. Malgré la concurrence du sanctuaire officiel dévoué à Sarapis (Sarapieion C), le Sarapieion A ne semble pas avoir été abandonné jusqu’à la ruine de Délos. Toutefois vers 165 av. J.-C. un des desservants du sanctuaire dû recourir à Rome pour se faire confirmer le droit de célébrer le culte.

Après la Synagogue, c’est le second sanctuaire non grec qui comporte une salle de réunion pour les fidèles ainsi que des aménagements propres aux rituels étrangers.

L’escalier mène à une cour dallée, au fond on retrouve un petit temple, construit sur une crypte. L’eau y arrivait par un canal avec un regard issu du Réservoir de l’Inopos. Les lustrations d’eau et en particulier de l’eau du Nil font partie du rituel égyptien. Inopos, dans l’Antiquité, était en effet considéré comme une résurgence du Nil. Dans la cour on retrouve 3 autels ainsi qu’un tronc à offrandes.

Le Sarapieion C[modifier | modifier le code]

Le Sarapieion C[11] devient un sanctuaire officiel autour de 180 av. J.-C.. Il est partiellement détruit lors de la ruine de Délos. Il paraît encore avoir été fréquenté au IIe siècle. Sur le côté Nord on trouve un petit temple, partiellement en marbre bleuâtre, dédié à Sarapis.

À l’Est, on arrive sur la façade restaurée du temple d’Isis dédié par le peuple Athénien autour de 130 av. J.-C.. On a, au fond de la cella, une grande statue d’Isis aussi donnée par les Athéniens. Devant son temple, on retrouve un petit monument quadrangulaire, orné de rosaces, qui pourrait être un autel pour les offrandes de l’encens.

Le sanctuaire des dieux syriens[12][modifier | modifier le code]

Enfin sur la Terrasse, on trouve le sanctuaire des dieux syriens où sont adorés la déesse syrienne Atargatis en compagnie de son parèdre Haddad et quelques dieux secondaires.

Les débuts de ce sanctuaire sont méconnus. La plus ancienne dédicace date de 128 ou 127 av. J.-C.. En 1967, on a trouvé une inscription qui daterait de 150 av. J.-C, qui ferait remonter plus haut sa construction.

On retrouve des propylées qui faisaient communiquer la Cour carré, formant la partie méridionale du sanctuaire, avec la terrasse qui s’allonge vers le Nord. La Cour carré est la partie la plus ancienne du sanctuaire tandis que l’aménagement de la terrasse est faite entre 112 et 104 av. J.-C.

Le long de la terrasse on retrouve des petites salles dont certaines devaient servir à des banquets sacrés propre aux cultes étrangers. Au milieu de cette dernière, on retrouve le théâtre. Il est composé d’une douzaine de gradins et pouvait contenir entre 400 et 500 spectateurs. En haut, on a un portique en Π qui entoure la cavea. Ce n’est pas un théâtre ordinaire car il n’a pas de bâtiment de scène. Il a une fonction essentiellement religieuse, les fidèles s’y réunissaient pour certaines cérémonies, peut-être avec la présence de la déesse personnifiée par une statue la représentant.

Le portique permettait aux gens de l’extérieur de ne pas voir ce qu’il se passait dans le théâtre.

Tout proche, on trouve aussi les bases d'un temple dédié à Héra, plus ancien, et à bonne distance du temple d'Apollon, dont elle n'avait pas facilité la naissance.

Le Cynthe[modifier | modifier le code]

C’est sur le sommet du Cynthe[13] que les premières installations ont été retrouvées. La céramique retrouvée sur place date ces habitations du IIIe millénaire avant notre ère. C’est un enchevêtrement de murs curvilignes délimitant des petites pièces. Le site semble avoir été abandonné au cours du IIe millénaire av. J.-C..

Les cultes d’Athéna et de Zeus s’installent au même endroit au cours du VIe siècle av. J.-C..

On a aussi l’Antre du Cynthe qui occupe le fond d’une faille rocheuse et est de plan trapézoïdal. Il est composé d’un toit à double pente constitué avec dix blocs de granit. Le fond de l’Antre est à ciel ouvert et l’a toujours été. À l’intérieur on a retrouvé des restes d’une statue comme des pieds, un tronc d’arbre et une peau de lion, datant de l’époque hellénistique. On suppose que c’est un sanctuaire pour Héraklès.

On a aussi le Sanctuaire d’Agathé Tyché, déesse tutélaire de la fortune, de la destinée et de la prospérité d'une cité ou d'un état. Il se compose d’une cour bordée de deux portiques ainsi que d’un petit temple à pronaos.

On trouve aussi le Sanctuaire des dieux d’Ascalon qui est de type oriental. Il est composé d’une cour ouverte à l’Est. Il a été dédié par un banquier originaire d’Ascalon en Palestine actuelle, Philostrate. Le sanctuaire est dédié à deux divinités de sa patrie : Astarté Palaistiné Ourania Aphrodité et le Poséidon d’Ascalon.

Le quartier du Théâtre[modifier | modifier le code]

Le quartier du Théâtre s’est constitué au cours du IIIe siècle av. J.-C. mais n’a pas arrêté de connaître des remaniements. De ce fait les plus belles maisons que l’on connaisse de ce quartier ne datent que du IIe ou Ier siècle av. J.-C..

Le développement progressif du quartier explique son plan particulier. En effet les maisons datant du début de la construction de ce quartier, ne suivent pas de plan précis. On retrouve des ruelles tortueuses et étroites. Toutefois, lorsque le quartier s’agrandit très largement au cours du IIe siècle, le plan orthogonal est favorisé avec des rues droites orientées Nord-Sud et Est-Ouest. La rue du Théâtre et la “rue 5” sont les seules à être dallées dans le quartier. Elles sont bordées de boutiques.

Théâtre de Délos

Le Théâtre[modifier | modifier le code]

En face se trouve l’un des murs de soutènement du Théâtre. Ce dernier a été construit entre la fin du IVe et le troisième quart du IIIe siècle av. J.-C.. Mentionné pour la première fois en 305 av. J.-C., il est achevé en 246 av. J.-C.[14]. Il a probablement été abandonné en 69 avant notre ère.

Il est composé de deux parties, sur le modèle de tous les théâtres grecs. On trouve tout d’abord les gradins appelés koilon, adossés à une colline, clos par un mur de soutènement composé de gros blocs de marbre blanc. Ils pouvaient contenir jusqu’à 6 500 personnes.

On trouve ensuite le bâtiment de scène. À l’Ouest de l’orchestra, on a découvert les restes d’une construction rectangulaire entourée d’une colonnade sur tous les côtés. Il s’agit de la skènè, le bâtiment servant de vestiaire. Le côté Est du bâtiment était occupé par un proskènion. Deux passages souterrains permettaient aux artistes de passer du bâtiment de scène à l’orchestra sans être vu. À l’époque hellénistique, les artistes jouaient sur l’orchestra ou sur le toit du proskènion.

La maison des Dauphins[modifier | modifier le code]

Maison des Dauphins

La maison des Dauphins est située au Nord du Quartier. C’est une maison qui compte parmi les plus somptueuses maisons de Délos. Cette maison est surtout remarquable pour ses mosaïques et notamment celle de son péristyle : la mosaïque des dauphins (d’où le nom de la maison).

À l’Ouest du théâtre, on trouve un encadrement en marbre blanc d’une grande citerne. Elle se trouve à l’intérieur d’un bâtiment aux multiples pièces. On ne sait pas exactement à quoi il servait mais on a émit l’hypothèse d’une hôtellerie.

Passons maintenant à une maison particulière dans le Quartier du Théâtre : la maison de Dionysos. C’est la seule maison délienne qui à une mosaïque dans l’impluvium de la cour. Il représente Dionysos ailé, couronné de lierre, chevauchant un tigre qui porte un collier de vigne et de grappes.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Architecture et topographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Maison délienne.

Les monuments les plus anciens datant de l’époque archaïque ont pour matériau principal le gneiss. Ensuite, le granit s’impose pour les monuments naxiens, on utilise de gros blocs quasiment brut. Cette méthode continue d’exister au VIe siècle av. J.-C..

Au début du Ve siècle av. J.-C., on passe du granit au gneiss et dans la deuxième moitié du IVe siècle av. J.-C., on repasse au granit mais cette fois en utilisant des blocs bien taillés.

Une évolution comparable se fait dans l’appareil des murs : au VIIe siècle av. J.-C., on utilise uniquement de minces plaques de gneiss, avec une assise irrégulière et interrompues avec un peu de mortier de terre. Au VIe siècle av. J.-C. , l’usage du gneiss persiste mais avec des plaques plus épaisses, employé souvent avec un autre matériau comme du marbre ou du granit. Au Ve siècle av. J.-C., on renonce à l’emploi du granit, sans doute pour avoir un appareil plus régulier.

L’appareil des murs est beaucoup moins régulier à l’époque hellénistique, sauf pour les murs en marbre où une attention particulière leur est portée.

L’originalité de l’architecture hellénistique se retrouve sur plusieurs plans. D’abord sur le plan artistique, décoratif : il est à la fois chargé et élancé ; alors que sur le plan technique on le considère comme audacieux.

Un principe constant est toutefois à noter : la superposition de colonnades avec à leur sommet des frontons et des toitures de marbre. Il y a un gros travail de charpenterie pour faire tenir tout cela.

Il y a un caractère notable de l’architecture délienne : l’utilisation de structures courbes comme des arcs et des voûtes appareillés, linteaux évidées en plein cintre.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Tête d'Hermès trouvée à Délos

On a trouvé lors des fouilles des figurines masculines (Kouros) et féminines (Koura ou Korè) ; dans les temples et les sanctuaires de nombreuses figurines à l'effigie divine comme des sphinx, Nikè (déesse de la Victoire), cavaliers et animaux divers. Les représentations humaines sont les plus nombreuses. Leurs pieds adhéraient à une plinthe qui était encastrée dans une base. Généralement, cette base reposait sur le sol mais on a aussi trouvé des sphinx et des nikai “montés” au sommet d’une colonne ou d’un pilier. Ces statues sont réparties selon le style entre deux principaux centres d’arts : Paros et Naxos.

Nombre de statues ont été retrouvées à l’angle Sud-Ouest de l’Agora des Italiens:

  • statue d’Athéna : fragment du corps, des bras et d’une jambe. Déesse identifiable grâce aux boucles des serpents qui bordaient son égide. On a également des fragments de son bouclier (marbre, décoré de sphinx ou de griffons) ;
  • statue d’Artémis : torse féminin en 6 morceaux vêtue d’une peau de bête ;
  • statue de Léto : Korè dont le péplos enveloppe aussi la tête ce qui permet de l’identifier comme étant Léto ;
  • statue d’Apollon Citharède ;
  • statue d’Héra assise : deux fragments non jointifs ;
  • statue de Zeus assis : fragment du torse, dont la carrure athlétique la possibilité d’être une Korè comme on l’a pensé au départ.

La sculpture hellénique à Délos est abondante et cela constitue une documentation utile pour comprendre l’art hellénistique. Le matériel provient surtout des quartiers d’habitation et des sanctuaires du temps de la domination athénienne. Le matériel date quasiment tout le temps de la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C. et du début du Ier siècle av. J.-C.. On a découvert peu de matériel de la période de l’Indépendance de Délos qui s’est plus concentrée sur l’architecture que sur la sculpture.

On a retrouvé presque exclusivement des statues en marbre. Ce qui nous est parvenu sont surtout des sculptures d’appartement à fonctions décoratives. Les grandes effigies divines sont rares, peu de sculpture monumentale nous est parvenue.

À l’époque hellénistique, beaucoup de statues d’Apollon et d’Artémis ont été faites, ce qui normal vu l’histoire de l’île, mais Aphrodite et Dionysos sont aussi particulièrement honorés à cette période. On a retrouvé de nombreuses statuettes d’Aphrodite, nue ou à demi-nue, debout, accroupie, s'apprêtant au bain ou séchant sa chevelure. De plus il faut noter qu’on retrouve de plus en plus Aphrodite accompagné d’un petit personnage, surement Eros.

Concernant Dionysos, le dieu est souvent accompagné des membres du cortège dionysiaque (plus cocasses et plus hauts en couleurs).

On connaît également deux types de reliefs sculptés à Délos :

  • reliefs funéraires ;
  • reliefs à sujets religieux.

L’un des plus originaux est le relief d’Agathodaimon, d’inspiration égyptienne, représentant un serpent qui se trouve entre Isis et Sarapis. On a aussi le relief d’Isis Pelagia, retrouvé dans la Sarapieion C. On y voit Isis protectrice des navires, représentée debout, à la proue d’un navire tenant son manteau gonflé en guise de voile.

Il faut ainsi noter que l’art délien s’ouvre de plus en plus aux religions orientales et à leur art. Tant que les cultes étaient privés, les objets sacrés étaient importés ou copiaient les images des pays d’origines. Pour les sanctuaires officiels présents sur le Cynthe et au niveau de la Terrasse des dieux étrangers, des statues de culte sont érigés au IIe siècle av. J.-C.. L’une est bien conservée : l’Isis du Sarapieion C.

Plusieurs statues de l'Agora des Italiens, comme celle intitulée le Gaulois blessé, ont été réalisées par le sculpteur Agasias d'Éphèse.

Peinture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Peinture de la Grèce antique.

L’ensemble de ces informations concernent Délos à la période hellénistique.

Les murs des maisons déliennes étaient recouvertes d’un enduit pour des raisons esthétiques. Dans la plupart des cas on a trouvé une décoration plus ou moins élaborée en peinture faite dessus. En majorité, on imitait une construction en grand appareil régulier sur les murs.

Le décor peut également s’organiser en plusieurs zones indépendantes les unes des autres. C’est généralement à hauteur de regard, en zone médiane qu’on retrouve le plus d’efforts décoratifs. Il s’agit souvent d’un bandeau peint qui tranche avec le reste du mur qui est souvent uni.

Ce modèle de décoration ne se trouve pas uniquement à Délos, on peut voir la même chose dans le monde hellénistique comme à Athènes, en Macédoine mais aussi en Italie.

On peut toutefois distinguer la peinture religieuse qui orne soit des autels destinés aux cultes domestiques (situés à l’extérieur des maisons), soit des niches et des parois proches de la porte.

Un thème revient constamment : les prières et les offrandes d’encens faites par un groupe d’hommes sur un autel et les libations (rituel religieux où un personnage présente une boisson en offrande à un dieu, en renversant quelques gouttes au sol ou sur un autel). D’autres personnages peuvent s’ajouter dans ces thèmes comme des joueurs de flûte ou de trompette, ou de jeunes serviteurs. Très souvent, on voit des esclaves apportant un porc au sacrifice.

Il est indéniable que les cultes représentés dans ces peintures viennent du monde romain. Il en va de même avec les personnages et leurs tenues constituées de toges et de chaussures à languettes. Les sacrifices s’adressent aux Lares ou aux divinités romaines pour les cultes privés comme Héraclès ou Hermès. Enfin on a trouvé des inscriptions en latin allant avec ces représentations.

Mosaïques[modifier | modifier le code]

Les mosaïques présentes à Délos datent approximativement de la dernière moitié du IIe siècle av. J.-C. et du premier tiers du Ier siècle av. J.-C..

On compte 350 mosaïques de pavement, dont 120 sont plus ou moins décorées. C’est un nombre important mais assez faible au regard de tout ce qui a été fouillé sur l’île. On pense que la plupart des sols étaient en terre battue. Les mosaïques restaient un luxe et se trouvaient donc dans des maisons richement décorées.

Les mosaïques décoraient des édifices en tout genre comme des sanctuaires (Sanctuaire des dieux syriens), des lieux publics (Agora des Italiens) ou des maisons privées comme la maison des Dauphins.

Plusieurs techniques sont utilisées :

  • la grande majorité est faite en éclat de marbre ou en tuileaux (fragments d’amphores). Les possibilités d’ornements sont limitées, qui instaure souvent un décor géométrique simple en blanc et rouge.
  • opus tessellatum : pour les décors, éléments irrégulièrement cubiques taillés par le mosaïste et qu’on appelle “tesselle” (généralement fait 0,8 cm de côté) ;
  • opus vermiculatum : pour les images plus détaillés (végétation, personnages…), les tesselles sont plus petites (entre 0.4 et 0,1 cm).

Céramique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Céramique grecque antique.

La plupart des céramiques provenant de Délos ne se trouvent pas au musée de Délos mais à celui de Mykonos. En effet, lors la purification de l’île en 426 av. J.-C. , toutes les céramiques présentes dans les tombes ont été transportées sur l’île de Rhénée dans une fosse commune. Quand le site a été fouillé entre 1898 et 1899, tout le matériel a été envoyé à Mykonos.

On sait que la céramique dite cycladique disparaît au cours du VIe siècle av. J.-C.. Deux fabriques sont alors en concurrence : l’Attique et Corinthe. Les vases attiques prennent le pas sur les vases corinthiens, la fabrique corinthienne est alors éliminé au milieu du VIe siècle av. J.-C..

Pour la période hellénistique, on date le matériel du IIe siècle av. J.-C. ou du début du Ier siècle av. J.-C.. La large majorité du matériel trouvé est de la vaisselle commune sans décor. On a trouvé des nombreuses lampes ainsi que des figurines en terres cuites rarement entières. Les figurines prennent des formes très variées : des figurines masculines et féminines mais on a aussi des représentations de dieux et de héros grecs ainsi que des dieux orientaux, ou encore des figures de théâtre.

Autres objets mobiliers[modifier | modifier le code]

Délos avait la réputation d’être un centre de fabrication d’objets en bronze. Pline évoque l’Aes deliacum[15] : la vaiselle délienne en bronze ainsi que des lits en bronze.

Or lors des fouilles, on n’a trouvé que peu d’objets en bronze et des pièces dont la fabrication locale n’est pas attestée.

Il a fallu attendre la campagne de fouille de 1974 -1975 pour trouver un véritable “trésor” de bronzes dans la maison des Sceaux où se trouvaient des appliques de mobilier qui ornaient les portes, des lits, des coffres, des coffrets, de la vaisselle et divers ustensiles en bronze.

Une autre découverte est importante à mentionner : 16 000 pastilles portant environ 26 000 à 27 000 empreintes de sceaux. Tout cela a été trouvé dans la “Maison des Sceaux” dans le Quartier Nord et ils dateraient tous du Ier siècle av. J.-C..

Numismatique[modifier | modifier le code]

On observe une grande quantité de monnaies différentes du fait de la nature cosmopolite des sanctuaires et de l’importance du commerce sur l’île à l’époque hellénistique. Ce matériel nous permet d’observer la circulation monétaire dans les Cyclades.

On les connaît surtout dans les quartiers d’habitations. On les connaît aussi par les inscriptions, depuis la période classique, les administrateurs du sanctuaire publiaient chaque année l’état de la fortune d’Apollon et faisaient l’inventaire des monnaies à cette occasion.

Entre 314 et 167 av. J.-C. les Déliens frappent des monnaies d’argent, essentiellement des drachmes et des hémidrachmes. Le monnayage de Délos prend fin en 167 avec la prise en mains des Athéniens de l’île. Les inventaires des sanctuaires montrent que les Athéniens ont rassemblés les monnaies d’étalon non attique (les monnaies déliennes étaient plus légères) pour les exclure de la circulation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La combinaison nth est une marque des noms pélasges (Corinthe, menthe, labyrinthe...).
  2. a et b Thucydide, livre III, 104.
  3. Hérodote, livre VI, 97.
  4. Thucydide, livre V, 32.
  5. Philippe Bruneau, Jean Ducat, Guide de Délos, Athènes, École française d'Athènes, , p. 39
  6. F. DURBACH, Choix, n°57
  7. (fr) Charles Picard : Statues et ex-voto du Stibadeion dionysiaque de Délos, Bulletin de correspondance hellénique, 1944, Vol 68, Numéro 1, p. 240-270
  8. Inscriptions de Délos, p. ID 1520.
  9. Bible, Ier Livre des Maccabées, 15, 23.
  10. Philippe BRUNEAU, Jean Ducat, Le guide de Délos, Athènes, Ecole française d'Athènes, , p267
  11. Philippe BRUNEAU, Jean DUCAT, Le guide de Délos, Athènes, Ecole française d'Athènes, , p279
  12. Philippe BRUNEAU, Jean DUCAT, Le guide de Délos, Athènes, Ecole française d'Athènes, , p275
  13. Philippe BRUNEAU, Jean DUCAT, Le guide de Délos, Athènes, Ecole française d'Athènes, , p. 283 - 289
  14. (en) Frank Sear, Roman theatres : An architectural study, Oxford University Press, 2006, 609 p. (ISBN 978-0-19-814469-4), p. 12
  15. Pline, Histoire Naturelle, livre XXXIV, 9.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Richer, Delphes, Délos et Cumes, Paris, Julliard, 1970.
  • Philippe Bruneau, Jean Ducat, « Guide de Délos », 4e édition refondue et mise à jour avec le concours de Michèle Brunet, Alexandre Farnoux et Jean-Charles Moretti, 344 p., Athènes, École française d'Athènes, 2005, (ISBN 2-86958-210-2).
  • Lucie Bonato, Haris Yiakoumis, « Mykonos et Délos à l'aube du XXe siècle. Carnet de voyages rêvé », Éditions Kallimages, Paris, 2005, (ISBN 978-2-91593604-9) ; 192p. (aperçu)

Recherches archéologiques[modifier | modifier le code]

  • Albert Lebègue, « Fouilles à Délos, séance du 29 août 1873 », dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1873 17e année, no 2, p. 250-256 (lire en ligne)
  • Albert Lebègue, « Recherches sur Délos », 1876 (Félix-Désiré Dehèque, Rapport des travaux de l'École française d'Athènes pendant l'année 1864-65, dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1865, 9eannée, p. 218-228 (lire en ligne))
  • Albert Lebègue, « Recherches sur Délos », E. Thorin libraire-éditeur, Paris, 1876 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Fouilles sur l'emplacement du temple d'Apollon à Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1877, no 1, p. 219-229 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Fouilles sur l'emplacement du temple d'Apollon à Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1878, no 2, p. 1-15 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Comptes des Hiéropes du temple d'Apollon Délien », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1882, no 6, p. 1-167 (lire en ligne)
  • Amédée Hauvette-Besnault, « Fouilles de Délos : Temple des dieux étrangers », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1882, no 6, p. 470-503 (lire en ligne)
  • Amédée Hauvette-Besnault, « Fouilles de Délos. Inscriptions Choragiques », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1883, no 7, p. 103-125 (lire en ligne)
  • Salomon Reinach, « Fouilles de Délos. L'Inopus et le sanctuaire des Cabires », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1883, no 7, p. 329-373 (lire en ligne)
  • Salomon Reinach, « Fouilles de Délos. Temple des Posidoniastes », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1883, no 7, p. 462-476 (lire en ligne)
  • Salomon Reinach, « Monuments figurés de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1884, no 8, p. 167-187 (lire en ligne)
  • Gustave Fougères, « Fouilles de Délos (avril-août 1886) : Dédicaces grecques et latines », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1887, no 11, p. 244-275 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Les Archives de l’Intendance sacrée à Délos (315-166 av. J. C.) », Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome (fasc. 49). Paris, Thorin, 1887
  • Salomon Reinach, « Le Guerrier de Délos et le Gaulois blessé du Louvre », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1889, no 13, p. 113-130 (lire en ligne)
  • Pierre Paris, « Statue archaïque de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1889, no 13, p. 217-225 (lire en ligne)
  • Gustave Fougères, « Fouilles à Délos (avril-août 1886), Proxénies déliennes et décrets honorifiques », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1889, no 13, p. 229-252 (lire en ligne)
  • Salomon Reinach, « Antiquités découvertes au théâtre de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1889, no 13, p. 369-378 (lire en ligne)
  • Théophile Homolle, « Décrets du peuple athénien de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1889, no 13, p. 408-430 (lire en ligne)
  • Louis Couve, Fouilles à Délos (juillet-septembre 1894), dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1895, no 19, p. 460-516 (lire en ligne), planches
  • Félix Durrbach, Maurice Holleaux, « Fouilles de Délos (1902). Inscriptions », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1904, no 28, p. 93-190 (lire en ligne) note
  • Félix Durrbach, Auguste Jardé, « Fouilles de Délos exécutées aux frais de M. le duc de Loubat (1903). Inscriptions : I. Décrets du Coonseil et du Peuple de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1904, no 28, p. 265-307 (lire en ligne)
  • Auguste Jardé, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat (1904) », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1905, no 29, p. 5-54 (lire en ligne)
  • Auguste Jardé, Félix Durrbach, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat (1903); Inscriptions (suite) : II- Décrets athéniens et étrangers », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1905, no 29, p. 169-257 (lire en ligne)
  • Fernand Mayence, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat. Les réchauds en terre-cuite », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1905, no 29, p. 373-404 (lire en ligne)
  • Félix Durrbach, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat (1903). Inscriptions (suite) », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1905, no 29, p. 417-573 (lire en ligne)x
  • E. Schulhof, P. Huvelin, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat (1905). Inscriptions. Loi réglant la vente du bois et du charbon à Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1907, no 31, p. 46-93 (lire en ligne)
  • Maurice Holleaux, « Inscriptions anciennement découvertes à Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1907, no 31, p. 335-377 (lire en ligne)
  • Fernand Mayence, Gabriel Leroux, « Remarques sur quelques statues découvertes à Délos (pl. XV et XVI) », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1907, no 31, p. 389-419 (lire en ligne)
  • Pierre Roussel, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat (1904). Inscriptions (suite) », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1907, no 31, p. 421-470 (lire en ligne)
  • « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat (1904-1907. Le côté oriental du témenos d'Apollon », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1907, no 31, p. 471-529 :
    • Marcel Bulard, « I. Descriptions des ruines (pl. XIV) », p. 471-503 (lire en ligne)
    • Marcel Bulard, Léon Bizard, Gabriel Leroux, « II. Monuments de sculpture (pl. X-XIII) », p. 504-529 (lire en ligne)
  • Pierre Roussel, « Note sur les inscriptions de Délos en l'honneur de C. Billiénus », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1909, no 33, p. 443-444 (lire en ligne)
  • Jean Hatzfeld, Une inscription de Délos en l'honneur de M. Junius Brutus, dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1909, no 33, p. 467-471 (lire en ligne)
  • Jean Hatzfeld, Pierre Roussel, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat. Inscriptions (1905-1908) I- Décrets du Conseil et du Peuple de Délos», dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1909, no 33, p. 472-522 (lire en ligne), « note additionnelle : L. Calpurnius L.f. Piso, proconsul en Grèce », p. 522-525 (lire en ligne)
  • Jean Hatzfeld, Pierre Roussel, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat. Inscriptions (1905-1908) II- Décrets, dédicaces et inscriptions funéraires», dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1910, no 34, p. 355-423 (lire en ligne)
  • Félix Durrbach, E. Schulhof, « Fouilles de Délos exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat. Inscriptions financières (1904 et 1905) (fin) », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1910, no 34, p. 122-186 (lire en ligne)
  • Théodore Reinach, « Note sur une inscription de Délos en l'honneur de Laodice (Philadelphe) princesse du Pont », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1910, no 34, p. 429-431 (lire en ligne)
  • Gabriel Leroux, « Le guerrier de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1910, no 34, p. 478-500 (lire en ligne)
  • Fernand Courby, « Sur quelques termes d'architecture qui se rencontrent dans les inscriptions de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1910, no 34, p. 501-507 (lire en ligne)
  • Charles Picard , « Le sculpteur Agasias d'Éphèse à Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1910, no 34, p. 538-548 (lire en ligne)
  • Jean Hatzfeld, « Les Italiens résidant à Délos mentionnés dans les inscriptions de l'île », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1912, no 36, p. 5-218 (lire en ligne)
  • André Plassart, « Fouilles de Délos exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat. Inscriptions du Gymnase », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1912, no 36, p. 387-435 (lire en ligne)
  • Pierre Roussel, « Note additionnelle sur la liste des gymnasiarques déliens », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1912, no 36, p. 436-438 (lire en ligne)
  • André Plassart, Charles Avezou, « Inscriptions du Gymnase de Délos, addenda », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1912, no 36, p. 661-666 (lire en ligne)
  • Hubert Philippart, « Délos. Notes bibliographiques », Les éditions Robert Sand, Bruxelles, 1923 (lire en ligne)
  • Émile Cahen, « L'autel de Cornes et l'hymne à Délos de Callimaque », dans Revue des Études Grecques, 1923, tome 36, no 164, p. 14-25 (lire en ligne)
  • Waldemar Deonna, « Les cornes gauches des autels de Dréros et de Délos », dans Revue des Études Anciennes, 1940, tome 42, no 1-4, p. 111-126 (lire en ligne)
  • Sous la direction de Théophile Homolle et Maurice Holleaux, « Exploration archéologique de Délos faite par l'École française d'Athènes, sous les auspices du Ministère de l'instruction publique, et aux frais de Monsieur le duc de Loubat », éditions Fontemoing, Paris, 1910 :
    • « Introduction », tome 1
    • Gabriel Leroux, 1re partie : «La salle hypostyle», tome 2, 1909 ; 76p. (Gabriel Leroux, 1re partie : «La salle hypostyle», compte-rendu par Edmond Pottier, Journal des savants, 1911, p. 49-54 (lire en ligne))
    • René Vallois, Gerhardt Poulsen, 2e partie : « Complément : nouvelles recherches sur la salle hypostyle (La stoa proche de Posideion. Le Posideion) », tome 2, 1914 ; 55p.
    • Lucien Gallois, « Cartographie de l'île de Délos », tome 3 ; 103p.
    • Lucien Cayeux, « Description physique de l'île de Délos », tome 4 ; 216p.
    • Fernand Courby, « Le Portique d'Antigone et du Nord-Est et les constructions voisines », tome 5, 1912 ; 126p.
    • Charles Picard, « L'établissement des Poseidoniastes de Bérytos », tome 6, 1921 ; 145p.
    • René Vallois, « Les portiques au sud de Hiéron » 1re partie : « Le portique de Philippe », tome 7, 1923 ; 185p.
    • Joseph Chamonard, « Le quartier du théâtre : étude sur l'habitation délienne à l'époque hellénistique », 3 volumes, tome 8, 1922-1925
    • Marcel Bulard, « Description des revêtements peints à sujets religieux », tome 9 ; 224p.
    • Charles Dugas, « Les vases de l'Héraion », 2 volumes, tome 10, 1926
    • André Plassart, « Les sanctuaires et les cultes du Mont Cynthe », tome 11, 1928, 320p.
    • Hubert Gallet de Santerre, « La terrasse des Lions. Le letoon et le monument de granit à Délos », tome 24, 1959 ; 127p.
    • Jean Delorme, « Les palestres », tome 25, 1961 , 184p.
    • Philippe Bruneau, « Les lampes », tome 26, 1965 ; 190p.
    • Philippe Bruneau, Claude Vatin, Ulpiano Bezerra de Meneses, Guy Donnay, « L'ilôt de la maison des comédiens », tome 27 ; 439p.
  • « Études déliennes », Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1973, Supplémént 1 (lire en ligne) :
    • André Plassart, « Un siècle de fouilles à Délos », p. 5-16 (lire en ligne)
  • «Délos indépendante», Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1985, Supplémént 10 (lire en ligne) :
  • Roland Étienne, Philippe Fraisse, « L'autel archaïque de l'Artémision de Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1989, tome 113, no 2, p. 451-466 (lire en ligne)
  • Roland Étienne, Jean-Pierre Braun, « L'autel monumental du théâtre à Délos », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 1995, tome 119, no 1, p. 63-87 (lire en ligne)
  • Roland Étienne, « Le Prytanée de Délos », dans Revue des Études Anciennes, 1997, tome 99, no 3-4, p. 305-324 (lire en ligne)
  • Roland Étienne, « Le Sanctuaire d’Apollon », dans Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), 2009, tome 133, no 2, p. 609-623 (lire en ligne)
  • Cécile Durvye, François-Frédéric Muller, « De l’hellénisme romantique à l’archéologie de terrain : Léon Terrier à Délos en 1864 », dans Anabases.Traditions et Réceptions de l'Antiquité, 2009, no 10 (lire en ligne)
  • Waldemar Deonna,
    • « Note sur un bas-relief trouvé à Délos », Bulletin de correspondance hellénique, XXX, 1906, p. 607-609.
    • « Le Mobilier délien », Paris, E. de Boccard, 1938.
    • « Notes d’archéologie délienne », Bulletin de correspondance hellénique, essai de 400 pages et 113 planches; repris dans La Vie privée des Déliens, Paris, E. de Boccard, 1948.
  • Philippe Fraisse et Jean-Charles Moretti, « Le théâtre, exploration archéologique de Délos », 2 vol., Athènes, École française d'Athènes, 2007, (ISBN 2-86958-235-8).
  • Marie-Thérèse Le Dinahet, « Nécropoles et Pouvoir. Idéologies, pratiques et interprétations (Actes du colloque Théories de la nécropole antique, Lyon 21-25 janvier 1995) : Rituels funéraires à Délos et histoire égéenne », Travaux de la Maison de l'Orient méditerranéen, Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, vol. 27, no 1,‎ , p. 59 à 77 (lire en ligne)
  • Claude Vial, Délos indépendante (314-167 av. J.-C.). Étude d’une communauté civique et de ses institutions. Athènes, École française d'Athènes; Paris, diffusion E. de Boccard, BCH supplément X, 1985, 424 p.
  • Nouveaux choix d’inscriptions de Délos : lois, comptes et inventaires, par Clarisse Prêtre (éd.), Michèle Brunet, Véronique Chankowski, Christophe Feyel, Marie-Christine Hellmann, Jean-Charles Moretti, Hélène Siard, Claude Vial et Roland Étienne, Athènes, École française d'Athènes; Paris, E. de Boccard, 2002, Études épigraphiques, 286 p.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]