Élevage ovin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Élevage ovin en Australie

L'élevage ovin concerne le fait d'élever des moutons (Ovis aries) au profit des humains.

Histoire[modifier | modifier le code]

La domestication du mouton est une des plus anciennes après celle du chien. Elle s'est probablement faite dans le croissant fertile autour de la Mésopotamie. Le processus d'élevage a conduit à la domestication et à l'émergence de races spécialisées.

Une mutation survenue au Maghreb en a révolutionné l'élevage. Des moutons à la laine très fine et longue sont apparus. Amenés en Espagne, ils y ont créé la race Mérinos. Cette race à la qualité de laine exceptionnelle a été longtemps gardée jalousement par les Espagnols, avant de s'exporter mondialement.

Production[modifier | modifier le code]

Troupeau de basco-béarnaises, élevées pour leur lait destiné à produire du fromage.
  • Viande : c'est la production primitive. En Occident elle n'est prisée que pour les jeunes agneaux au printemps. Dans les pays de tradition islamique le mouton est une viande noble, consommée lors de fêtes traditionnelles (Aïd el-Kebir).
  • Laine : elle est utilisée pour la fabrication de vêtements (très bonnes propriétés isolantes), de tapis (tapis persan), etc.
  • Lait : peu consommé en l'état, il est principalement transformé en fromage (fromages au lait de brebis).
  • Fumier : dans l'élevage traditionnel, le mouton est élevé en pâturage extensif, mais l'élevage en bergerie génère un fumier de bonne qualité en maraîchage.
  • Nettoyage écologique : le mouton a longtemps été élevé en zone d'arboriculture fruitière. Il gardait propre le sol en le pâturant. Ses excréments contribuaient à fertiliser le sol. Aujourd'hui, cette pratique perdure dans les zones à agriculture traditionnelle. Cet usage est cependant remis d'actualité en France, Espagne ou Italie, pour nettoyer les sous-bois et les rendre moins inflammables. La race des moutons d'Ouessant est quasi exclusivement élevée par des particuliers qui utilisent sa petite taille pour entretenir des parcs ou terrains.

Principaux pays d'élevage ovin[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

D'après la FAO (Food and Agriculture organisation) des Nations Unies, la Chine est le plus important pays pour l'élevage de moutons avec 162 millions de têtes en 2016[1].

Australie[modifier | modifier le code]

En 2017, on comptait plus de 70 millions de moutons en Australie; les principales régions de l'élevage ovin sont la Nouvelle-Galles du Sud avec 27 millions, l'Australie-Occidentale avec 14,2 millions, et l'Australie-Méridionale avec 11,1 millions[2].

Inde[modifier | modifier le code]

D'après la FAO, l'Inde est en 2016 le troisième pays au monde pour l'élevage ovin avec 63 millions de têtes[3].

Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Élevage de moutons en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande est un des pays qui comptent le plus de moutons par habitants, avec 30 millions de moutons pour 4,7 millions d'habitants en 2016. Afin de réduire le rejet de méthane lié à cet élevage, des chercheurs ont réussi par des méthodes de sélection génétique à réduire de 10% les rots et les pets de moutons[4]. Leurs travaux ont montré que ces rejets sont en partie liés à des traits héréditaires[5],[6]. Pour mesurer ces rejets, les moutons ont été placés dans des chambres spéciales pendant de courtes périodes pour mesurer précisément les gaz qu'ils produisent[7].

France[modifier | modifier le code]

En France, le cheptel ovin s’établit à 6,9 millions de têtes en 2011[8]. Parmi elles, on compte 5 millions de brebis, dont 1/4 sont des brebis laitières.

Le cheptel ovin français décline depuis plusieurs décennies : en 2000, il atteignait 9,3 millions de têtes, et près de 13 millions en 1979. C'est surtout l'élevage ovin pour la viande qui régresse. Le nombre d'exploitations agricoles détenant des ovins a chuté depuis 2000 : elles sont environ 53 000 en 2011, contre près de 96 000 en 2000[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.fao.org/faostat/en/#data/QA/visualize
  2. (en) https://www.wool.com/market-intelligence/sheep-numbers-by-state/
  3. http://www.fao.org/faostat/en/#data/QA
  4. « En Nouvelle-Zélande, on élève des moutons qui pètent et rotent moins », sur huffingtonpost,
  5. (en) « New Zealand scientists are breeding sheep to fart and burp less », sur www.abc.net.au,
  6. Pinares-Patiño, C., Hickey, S., Young, E., Dodds, K., MacLean, S., Molano, G., . . . McEwan, J., « Heritability estimates of methane emissions from sheep », Animal.,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Breeding sheep for lower emissions », sur www.agresearch.co.nz
  8. La-viande.fr : Le cheptel et la production ovine française - Évolution du cheptel français, source Eurostat
  9. Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, GraphAgri France 2012, octobre 2012, volet « Productions animales », p.154. Consulté sur le site Agreste le 3 novembre 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Rieutort, 1995, L'élevage ovin en France, CERAMAC, 511 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]