Laconie

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District régional de Laconie
Περιφερειακή ενότητα Λακωνίας
Laconie
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Péloponnèse
Chef-lieu Sparte
Code postal 23x xx
Code d’immatriculation AK
Code ISO 3166-2 GR-16
Démographie
Population 100 871 hab. (2005)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Superficie 363 600 ha = 3 636 km2
Liens
Site web http://www.lakonia.gr/

La Laconie (en grec ancien Λακωνική / Lakōnikế) est une région historique de Grèce, située à l'extrême sud-est de la péninsule du Péloponnèse. De nos jours, la Laconie est un district régional de la périphérie de la Péloponnèse comptant 94 916 habitants (2000), entre la Messénie et l’Arcadie, dont la capitale est Sparte.

C'est une longue vallée, entourée par des montagnes (Taygète, Parnon) sur trois de ses côtés, et débouchant sur la mer (golfe de Laconie) par le dernier. La rivière Eurotas coule tout le long de la vallée. À cause du relief, la Laconie est difficile d'accès. Il n'existe que deux passes, au nord, qui permettent d'y entrer. Dans l'Antiquité, Hérodote rapporte que le Thébain Épaminondas hésita à envahir Sparte précisément pour cette raison.

La manière de parler des habitants de la Laconie dans l'Antiquité, peu bavards, a donné naissance au mot laconique.

Noms[modifier | modifier le code]

Son nom ancien est Lacédémone (Λακεδαίμων / Lakedaímôn), nom qu'Homère donne indifféremment à la région ou à sa capitale. La forme continue à être utilisée par la suite, mais le nom « Laconie » est celui qu'emploient la plupart des auteurs grecs, et les Romains après eux. L'habitant libre de la région, qu'il soit citoyen ou périèque, est appelé Lacon (Λάκων / Lákôn) ou Lacédémonien (Λακεδαιμόνιος / Lakedaimónios).

Ces noms viennent de Lacédémon, héros mythique fondateur de Sparte. On les rapproche parfois de λάκκος, « la citerne, le cellier », car la région est très encaissée entre les montagnes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Statuette de cheval en bronze, Olympie, style laconien, v. 740 av. J.-C.

La présence humaine en Laconie est attestée au Néolithique supérieur dans la grotte d'Alepotrypa, sur la rive orientale du golfe de Messénie, ainsi que sur la butte de Kouphovouno, à proximité de Sparte et d'Amyclées. Elle se développe à l'Helladique et à l'Helladique récent (HR) II, la Laconie semble divisée en petites principautés.

L'influence mycénienne se fait sentir à partir de HRIIIA, soit le XIVe siècle av. J.-C. Au siècle suivant, le peuplement laconien est important et dense, principalement concentré sur la vallée de l'Eurotas, mais avec des incursions dans les zones montagneuses. À l'HRIIIC, la civilisation mycénienne de Laconie connaît un déclin caractérisé par une forte diminution du peuplement, mais sans connaître, semble-t-il, de désastre comparable à ceux de Tirynthe, Pylos ou Mycènes elle-même.

Néanmoins, la fin de l'ère mycénienne laisse le territoire dans un vide qui facilite l'arrivée des Doriens, à la recherche de terres favorables à l'agriculture. Les quelques habitants restés dans la vallée de l'Eurotas sont asservis par les nouveaux arrivants et deviennent des Hilotes. À cette époque, Sparte commence à prendre son essor, et l'histoire de la Laconie se confond ensuite avec celle de la cité-État.

Après la défaite de Sparte contre les Romains en -195, une partie des cités côtières se détache de la cité et forme la fédération des Éleuthéro-lacones (Laconiens libres).

En 146 av. J-C la Ligue Achéenne est vaincue puis dissoute par Rome et, sous le règne d'Auguste, devient la province d'Achaïe. En 395, lors de la division de l'Empire romain, la Grèce est intégrée à l'Empire romain d'Orient.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 610 des slaves, les Ézérites et les Mélinges, s'installent autour du Taygète, à l'ouest de Sparte : longtemps restés autonomes dans leurs duchés, ils conservant leur identité et leur parler slave tout au long du Moyen Âge, avant d'être finalement hellénisés et christianisés au contact des Grecs durant la période byzantine[1].

Au début du IXe siècle, la Laconie fait partie du thème byzantin du Péloponnèse, et résiste victorieusement aux raids maritimes des pirates arabes ou normands d'Italie, mais en 1204 les croisés s'en emparent et la majeure partie du pays est alors intégrée à la principauté d'Achaïe, avant d'être reconquise, en 1349, par les Grecs qui créent le despotat de Morée. Celui-ci survit pendant sept ans à la chute de Constantinople aux mains des Ottomans en 1453.

Temps Modernes[modifier | modifier le code]

La Laconie demeure ensuite dans la Grèce ottomane, à l'exception d'un bref intermède vénitien entre 1699 et 1718. La guerre d'indépendance grecque de 1821 aboutit à la création d'une république en 1830, au protocole de Londres, puis d'un royaume Grec indépendant en 1832, au traité de Londres.

Au XXe siècle, la Laconie est occupée par l'Italie fasciste de 1941 à 1943, puis par l'Allemagne nazie de 1943 à 1944.

Découpage administratif moderne[modifier | modifier le code]

Dèmes (municipalités)[modifier | modifier le code]

Les dèmes (municipalités) de Laconie à la suite de la réforme Kallikratis (2010)
Dème (municipalité) Chef-lieu District municipal YPES code Chef-lieu Code postal
3. Elafónisos Élafonissos Élafonissos 3206 Élafonissos 230 53
4. Eurotas Skala (en) Elos 3207 Vlachiotis 230 55
Geronthres (en) 3204 Geráki 230 58
Krokees (en) 3211 Krokeés 230 57
Niata (en) 3215 Niata 230 60
Skala 3219 Skala 230 51
2. Magne-Oriental Gýthio
(siège historique: Areópoli)
Gythio 3205 Gythio 232 00
Ítylo 3217 Aréopoli 230 62
Magne Oriental 3201 Kotronas 230 66
Smynos (en) 3220 Agios Nikolaos 230 61
5. Monemvasia Molaoi (en) Asopos (en) 3202 Papadianika 230 56
Monemvasia 3213 Monemvasia 230 70
Molaoi 3212 Molaoi 230 52
Voies (en) 3203 Neapoli 230 53
Zarakas (en) 3208 Richéa 230 68
1. Sparte Sparte
(siège historique: Mistra)
Faris (en) 3222 Xirokampi 230 54
Inous (en) 3216 Sellasie 230 64
Mistra 3214 Magoula 231 00
Pellana (en) 3218 Kastorio 230 59
Sparte 3221 Sparte 231 00
Thérapné 3209 Goritsa (el) 231 00
Karyes 3210 Karyes 230 67

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alexander Kazhdan, Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-504652-6), p. 1620, 1917.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Cartledge, Sparta and Lakonia. A Regional History 1300 to 362 BC, New York, Routledge, 2002 (1re édition 1979) (ISBN 0-415-26276-3) ;
  • Dictionary of Greek and Roman Geography, éd. William Smith, 1854.

Liens externes[modifier | modifier le code]