Époque géométrique

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Détail d'un cratère attique du géométrique récent, v. 750-735. Mise en scène du deuil d'un chef. Registre supérieur: scène de prothesis (exposition du corps); inférieur: procession, chars à 3 chevaux, soldats. Atelier du Peintre de Hirschfeld.
The Met, New York
Localisation des principaux sites archéologiques de la Grèce des siècles obscurs.

L’époque géométrique désigne une période de l'histoire de la Grèce antique, allant approximativement de 900 à 700 avant l'ère commune (AEC)[1]. Elle constitue la phase finale des « siècles obscurs » (qui n'apparaissent plus si « sombres » que cela pouvait le paraître au milieu du XXe siècle). Elle fait suite à l'époque protogéométrique et précède l'époque archaïque. Elle se distingue par une céramique à décor géométrique et des formes figuratives stylisées.

C'est une période de paix et de prospérité agricole qui se manifeste par l'expansion dans les premières colonies italiennes. L'usage du fer se généralise, et on rencontre actuellement les plus anciens témoins de l'usage de l'alphabet, mais dont les prémices seraient d'un siècle antérieures. La richesse des dépôts funéraires devant certaines tombes très anciennes, voire mycéniennes, semblerait correspondre - surtout après 750 - avec la constitution et la diffusion de l'épopée homérique. Il pourrait s'agir de référents glorieux, pour de nouveaux aristocrates en quête d'ancêtres fabriqués sur mesure, afin de justifier de leurs possessions sur de riches terres agricoles. C'est une possibilité, mais l'interprétation de ce phénomène reste en débat.

La période correspond donc à la fin des « siècles obscurs » (du XIIe au VIIIe siècle AEC), qui commencent par l'effondrement de la culture mycénienne et s'achève ainsi avec un renouvellement culturel net mais progressif, surtout au VIIIe siècle. Le phénomène le plus déterminant de cette fin de l'Âge du fer est la mise en place de la polis, que l'on traduit approximativement par cité-État : une nouvelle entité politique dans laquelle une part importante de la collectivité prend part aux décisions et à la conduite des affaires publiques[2].

C'est donc l'époque du style géométrique dans la céramique. Sa chronologie se fonde sur l'étude complexe de la céramique grecque antique, qui se caractérise, en Attique, en Eubée et en Argolide, par un décor à motifs géométriques divers, denses et rigoureusement tracés, mais aussi avec des scènes figuratives soigneusement composées et pleines d'inventions. L'archéologie cycladique n'est pas en reste: elle révèle, en particulier, à la fin du VIIIe siècle des tendances de fond qui se manifestent aussi à Corinthe.

En effet, à partir de la fin du VIIIe siècle la céramique et le bronze géométrique semblent manifester une certaine proximité et à prendre modèle sur des cultures orientales, c'est une première mode orientalisante en Grèce - en s'appropriant des motifs ou des effets de style du Moyen-Orient - et avec la naissance d’images mythologiques. Le style orientalisant naît à Corinthe vers 720, mais se retrouve dès 700 dans la colonie italienne de Pithécusse. Le grand changement politique du siècle, l’essor de la cité en tant que communauté de citoyens, la polis, se manifeste ainsi par la création de styles nouveaux, distincts des styles régionaux hérités de la période géométrique précédente[3].

message galerie Toutes les dates indiquées se situent avant l'ère commune (AEC).

Caractéristiques du style céramique[modifier | modifier le code]

Pithos, amphore attique à la scène de prothesis. Atelier du maître du Dipylon. Vers 760. Géométrique moyen. H. 1,55 m.
Musée national archéologique d'Athènes

Découpage chronologique[modifier | modifier le code]

On distingue trois phases suivant les ruptures constatables dans la céramique, en Attique[4] :

Géométrique Ancien GA (900-850)
Géométrique Moyen GM (850-760), subdivisé en GM I et GM II
Géométrique Récent GR (760-700), subdivisé en GR I (760-735) et GR II : GR IIa (735-720) et GR IIb (720-700).

Généralités[modifier | modifier le code]

Comme le rappelle Susan Langdon (2008) un livre sur l'art est un livre sur le pouvoir. C'est donc l'occasion d'interroger les signes de pouvoir et d'autorité qui apparaissent à cette époque: chevaux, chars, armement prestigieux autant de signes qui couvrent les céramiques dédiées à l'élite de cette époque, qui nous sont parvenu. Ces sociétés nous apparaissent aujourd'hui comme le résultat de l'évolution de groupes instables de villages à Big Men et des chefferies plus stables - à l'époque protogéométrique - qui ont abouti à l'émergence de groupes aristocratiques plus larges, qui souhaitent signaler leur pouvoir et leur autorité[5].

De très grands vases, de plus d'un mètre de haut pour certains, pithoi et cratères, servent de marqueurs pour les tombes des aristocrates. Ils font l'objet d'un soin particulier et le décor les recouvre, souvent avec des scènes de cérémonies funéraires[6]. Des artisans spécialisés et manifestement renommés ont laissé une productions remarquable : l'atelier du maître du Dipylon et l'atelier du peintre de Hirschfeld. Les vases de cette période manifestent un soin rigoureux et une parfaite maîtrise de motifs complexes, ainsi que l'invention de solutions plastiques étonnantes, pour représenter la profondeur de l'espace ou pour styliser la figure humaine et celle des animaux.

Les grecques et les méandres sont employés dès les premiers temps du Géométrique ancien. Ces nouveaux motifs enrichissent le vocabulaire de la période protogéométrique caractérisé par l'usage de bandes et filets horizontaux, tracés au tour de potier, ainsi que le compas à multiples brosses, ou peigne, toutes les brosses étant d'égale épaisseur et à égale distance les unes des autres. À ce vocabulaire s'ajoutait dès le protogéométrique les croix, triangles et rectangles, damiers, croisillons et les traits simples, zig-zag et chevrons. Ces motifs sont organisés, au géométrique, en frises compactes et superposées, avec des rythmes d'alternances mathématiquement calculées. Le décor tend à recouvrir la totalité de l'espace disponible[7].

Lutteurs, VIIIe siècle.
Musée Archéologique d'Argos

À ces motifs strictement géométriques viennent s'adjoindre de nombreux motifs figuratifs (végétaux, animaux, humains et objets) très fortement stylisés, qui permettent la composition de scènes complexes. Elles sont d'abord isolées ou répétitives. Dans ce cas, le principe de la répétition en frises et l'alternance qui fondent le style protogéométrique sont étendus aux figures, isolées dans un cadre ou en symétrie[8]. Puis elles composent des scènes complexes, scènes de deuil collectif, voire des scènes de combats terrestres et de batailles navales qui donnent l'occasion de beaux effets de quasi-symétrie. Ces scènes sont toujours situées dans des espaces nettement limités par des aplats ou des filets.

Les solutions trouvées par les peintres pour styliser avec élégance des scènes parfois très complexes témoignent parfois d'une virtuosité exceptionnelle. Le Peintre de Hirschfeld, sur les cratères du Musée du Céramique et du Metropolitan Museum, avait à évoquer des attelages de deux et trois chevaux. Or la solution pour les animaux consistant à les présenter de profil, se posait alors un problème. L'artiste a su construire une solution unique et parfaite avec un unique corps supportant deux ou trois têtes par un subterfuge graphique étonnant, et avec le nombre de pattes correct.

Céramiques[modifier | modifier le code]

Géométrique ancien, 900-850[modifier | modifier le code]

Géométrique moyen, 850-760[modifier | modifier le code]

Géométrique récent, 760-700[modifier | modifier le code]

Vases monumentaux sur les tombes de l'élite[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs villes de Grèce, à cette époque, les familles puissantes se mettent à installer des vases monumentaux, sur des tombeaux importants et le long des routes, hors des zones habitées, cela dès le géométrique moyen: hydrie : H. 1,15 m, cratère 1,55 m. Les étrangers qui approchaient de la ville voyaient ainsi des symboles des grandes familles du lieu. C'est le vase sêma, vase-signe, dont la fonction est de signaler la tombe[14]. Pour les tombes d'hommes : cratères et amphores munies d'anses verticales au niveau du col (imitations géantes de vases pour verser le vin). Pour les femmes : amphores aux anses placées sur la panse et probablement, imitations géantes de vases pour conserver la nourriture. Ces vases étaient ouverts par le fond, en lien avec le mort, peut-être pour recevoir des offrandes qui lui seraient destinées[15].

Le plus ancien à avoir été découvert en place lors d'une fouille, au XIXe siècle, était posé sur un remplissage épais qui recouvrait l'espace dédié à l'urne cinéraire, en bronze, de type lébès[16].

Dans les scènes de funérailles qui sont peintes (rites de prothesis, exposition du corps avec pleureuses, ou d'ekphora, convoi funèbre) les Grecs usent, curieusement, de la figure de pleureuses et de personnages "indifférenciés" apparemment nus pour représenter des situations où, dans la réalité, la nudité était impensable[17]. Un code simple permettait de distinguer les hommes des femmes, les hommes se présentent dans ces scènes de prothèsis en soldats par l'attribut d'une épée ou d'un bouclier, parfois avec une plume sur le casque (non identifiable), souvent sur un char. Les femmes apparaissent au plus près du corps du défunt avec un enfant, voire un petit enfant (amphore du Louvre à la scène de prothèsis). Sur certains vases - du peintre de Hirschfeld (MNAH, Athènes, v. 740) et sur le cratère du Met - les seins sont indiqués. La multitude des figures indifférenciées dans l'attitude de la lamentation ayant la même absence d'attribut que les files de danseuses, identifiables par le fait que ce motif revient constamment, plus tard avec des attributs évidents, Anne Coulié en déduit que les femmes, dès cette époque sont placées au cœur du rituel funéraire et qu'elles y sont très largement majoritaires[18].

Par ailleurs, il est significatif que parmi les vases déposés dans la tombe, ceux portant un ou plusieurs chevaux sur le couvercle, symboles aristocratiques, ne sont pas réservés aux tombes d'hommes, ils se retrouvent tout autant dans les tombes de femmes[19].

À la fin du siècle, mais auparavant aussi, comme pour l'amphore 990 du NAMA, la défunte et deux pleureuses sont "vêtues" de longues robes et leurs cheveux sont symbolisés par quelques traits (parfois "frisés") alors qu'ils ne l'étaient pas auparavant. Tous les acteurs montrent des signes de déploration suivant un ordre social qui répartit clairement les rôles. Les différentes scènes sont placées comme sur une partition musicale, en registres superposés. Sous l'ensemble supérieur, réservé à la famille et à la polis (la cité), quelques guerriers, montés sur des chars semblent défiler ; il s'agit probablement des autres notables de même rang qui se rendent à l'enterrement. Par ailleurs, il va sans dire que la plus grande partie de la société enterrait ses morts simplement, dans la terre, sans traces[20].

L'implantation de la première colonie grecque à l'Ouest, à Pithécusses (Ischia, près de Naples) offre la plus ancienne céramique à scène figurée découverte en Italie sur un cratère non funéraire (ce vase servait à mêler le vin et l'eau lors des banquets). Il s'agit d'une scène de naufrage où les marins mâles (sexe indiqué) sont figurés flottants parmi les poissons, suivant le même principe qui standardise les codes figuratifs pour les humains et les objets. Les poissons, eux-mêmes se distinguent les uns des autres par espèce, parfaitement identifiables aujourd'hui. Mais « alors que les agriculteurs occupent une position reconnue et – à côté des chefs et des guerriers – la plus haute, aucun pêcheur ou commerçant n'est considéré alors comme une unité représentative d'un corps, politique ou social […] »[21]. Un beau cratère, au Louvre, et daté vers 760-750, présente aussi deux bateaux, entre des anses dites « à étriers »[22].

Galerie[modifier | modifier le code]

Peinture et bronze: L'enlèvement, le rapt prélude au mariage[modifier | modifier le code]

Les textes anciens décrivent souvent des actions où le prélude au mariage est la poursuite ou l’enlèvement d’une jeune fille[27]. Sur les peintures ou les bronzes on croit identifier les jeunes filles à marier lorsqu'elles apparaissent en files, se tenant par la main tout en portant, en commun, une branche dans chaque main : ce qui semble correspondre à des processions ou des danses lors des fêtes ou à la représentation symboliquement de l'âge de la maturation sexuelle des jeunes filles[28]. Les traits distinctifs de la « jeune fille à marier » se retrouvent dans d'autres scènes où elles se trouvent sans leurs compagnes, saisies par le poignet, ou juxtaposées à un solide soldat en armes.

Dans les objets qui nous sont parvenus, le motif du déplacement ou du rapt de la jeune fille à marier semble donc apparaître plusieurs fois. Ainsi, dans une peinture sur un vase à mêler le vin et l'eau dans les banquets, et un peu plus tardivement, sur un bronze, un support de récipient, vase ou chaudron. Dans les deux cas l'homme est montré comme un chef par sa taille, en train d'embarquer sur son bateau, ou debout à une extrémité du bateau. Il domine de sa taille "énorme" ses rameurs. L'échelle des personnages exprimant une hiérarchie sociale. Dans la peinture, la femme est à la même échelle que l'homme. Il pourrait s'agir du rapt d'une femme mariée, comme Hélène enlevée par Pâris, ou d'un Spartiate enlevant sa future épouse. À moins que le geste qui les unit ne prête à confusion ; certains y voient le geste de séparation entre une épouse et son mari[29]. Le disque entouré de point (une "rosette") qu'elle tient dans sa droite est un élément qui revient très souvent dans les scènes de rondes de femmes ou de jeunes filles, probablement lors de fêtes rituelles. Dans l'objet en bronze la figure féminine est bien plus petite que l'homme, il pourrait s'agir d'une jeune fille à marier, une parthenos. De nombreuses femmes sont mariées à l'âge de 14 ou 16 ans, tandis que les hommes se marient généralement vers l'âge de 30 ans. Les scènes mythologiques, éventuellement Hélène/Pâris seraient aussi possibles que les scènes avec centaure, qui se retrouve parfois ; lequel apparait déjà à l'époque protogéométrique. Les scènes d'enlèvement ou de déplacement pour mariage sont tout aussi possible que les scènes de funérailles. Nous ne disposons pas d'informations précises sur les coutumes du mariage à cette époque ancienne alors que le mariage dans la Grèce antique classique est bien documenté. Par contre le motif du rapt revient souvent dans la mythologie. C'est, par exemple, le rapt de Perséphone, ou Coré, qui apparait dans le second hymne homérique, ou Hymne homérique à Déméter, et qui remonte à une date comprise entre la seconde moitié du VIIe siècle et la première moitié du VIe siècle AEC. Le rapt pouvait aussi être une pratique instituée localement, dans la Grèce antique. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, Plutarque (« Lycurgue », 15, dans Vies parallèles) précise que « Ils (les Lacédémoniens, ou Spartiates) épousaient par rapt des jeunes filles non pas petites ou encore vertes pour le mariage, mais florissantes et mûres »[30].

« Dans l’Antiquité grecque, le mythe justifie souvent les pratiques sociales et permet d’interroger la part de violence dans les actes, la manière de l’oblitérer ou de la nier et les raisons qui prévalent à de tels omissions/silences. »[31]

Scène de bataille et cimetière à Paros[modifier | modifier le code]

Deux grandes amphores du Musée archéologique de Paros présentent des scènes de bataille dont la composition tranche avec les compositions très ordonnées des vases aristocratiques d'Attique. L'impression de désordre, si caractéristique de la réalité, est produit par l'espace presque un "paysage", où l'image d'un "chevreau paissant" permet de situer la scène dans les champs qui entourent la cité[32]. Elles ont été découvertes dans le polyandrion, la fosse commune antique de Paros. Celle-ci a livré plus de 150 urnes funéraires qui rassemblaient les restes de jeunes hommes, et traités de manière égalitaire, en l'absence notable de toute hiérarchie. Ces témoignages inaugurent le cimetière de la cité, par opposition à l'aristocratie, ici celle de leurs ennemis à Naxos, et aux antipodes des rites familiaux et ostentatoires du cimetière du "Dipylon"[33].

Sculpture[modifier | modifier le code]

Offrandes rituelles[modifier | modifier le code]

De nombreuses sculptures de cette époque qui nous sont parvenues sont des objets rituels. Beaucoup ont été découverts au XIXe siècle, notamment sur le site d'Olympie. Il s'agit souvent d'offrandes votives. La majorité des statuettes votives dans les sanctuaires grecs sont des animaux, en général des mâles, des figurines de chevaux, bœufs, moutons, chiens, oies, poules, lièvres et cerfs[34]. Ces représentations animales et humaines font preuve d'une stylisation remarquable et distincte de celle opérée par les peintres sur vases en céramique. Les figurines d'animaux (lorsqu'elles n'étaient pas fixées, à l'origine, aux anses des chaudrons) étaient de modestes offrandes au dieu qui se substituaient à l'animal réel ; elles pouvaient être en terre cuite, ou, plus précieuses, en bronze. Les chevaux sont les plus nombreux. Plusieurs façons de styliser leur corps permet d'identifier le site de leur production : en particulier Athènes, Sparte, Argos et Corinthe qui en ont produit beaucoup. À Corinthe, les bronziers ont trouvé une solution pour économiser le bronze dans les parties renflées qui en auraient nécessité beaucoup ; ils ont pris, au contraire, une feuille mince de bronze qui pouvait être bombée mais sur une belle largeur, alors que la tête et le corps étaient réduits au minimum[35].

Le chaudron, qui reposait sur un trépied, était d'abord en usage dans les banquets et le signe extérieur de richesse le plus évident. Il a été ensuite été déposé dans les grands sanctuaires (Acropole d'Athènes, Delphes et surtout au temple de Zeus à Olympie) comme offrande prestigieuse. Ce qui a conduit celui qui déposait cette offrande à se faire remarquer par la taille de l'objet qu'il déposait aux yeux de tous. Cette offrande, qui était objectivement une perte pour son propriétaire, était le signe de sa richesse et du pouvoir auquel il pouvait prétendre. Dans la rivalité entre puissants leur richesse pouvait ainsi fondre. Au sommet des anses apparaissent alors des animaux, souvent des chevaux, mais aussi des hommes. Leur stylisation s'éloigne sensiblement des peintures sur vases, la tête est nettement plus détaillée, le buste plus épais quoique géométrisé, les jambes moins bien galbées qu'en peinture, les articulations étant nécessairement plus épaisses[36].

Statues de culte[modifier | modifier le code]

Triade de Dréros : Apollon, Léto et Artémis ; ces statues de culte ont, exceptionnellement, été trouvées là précisément où elles avaient été exposées, sur une banquette, au fond d'un petit sanctuaire d'Apollon en Crète. Les tôles de bronze ont été martelées sur une âme en bois, aujourd'hui disparue. Il s'agit d'un procédé emprunté à l'Orient, comme l'usage des yeux rapportés en pierre de couleur. Ce qui signale l'arrivée d'un puissant mouvement d'adhésion aux styles orientaux, transposés et interprétés en Grèce ; c'est le tout début de l'époque orientalisante, à la fin du VIIIe siècle. Par contre, la convention du nu pour l'image d'Apollon, son mouvement suspendu, comme le vêtement et la coiffure des femmes sont bien propres à la Grèce de cette époque[43].

Société[modifier | modifier le code]

Coupe de Nestor, et premier texte poétique transmis de manière directe, gravé de droite à gauche en alphabet eubéen.
Musée arch. de Pithécusses, Ischia

Généralités[modifier | modifier le code]

S'il est facile de déterminer de grandes phases dans l'évolution de la céramique géométrique, il est en revanche plus difficile de faire coïncider ces phases avec les changements politiques ou sociaux de la période. D'une manière générale, les traces d'habitats et les nécropoles sont bien plus nombreuses qu'aux Xe et IXe siècles ; l'usage du fer se généralise, accompagné par les premiers écrits avec l'alphabet grec, probablement au cours du VIIIe siècle siècle sur des prémices du IXe siècle. Dans la seconde moitié du siècle certains vases grecs sont aussi des prouesses qui peuvent servir de signe de distinction pour une élite qui s'affirme, toujours plus nombreuse. Sur mer et sur terre c'est aussi l'élargissement des limites du monde grec, toujours plus loin[44].

Une économie agricole[modifier | modifier le code]

L'économie est clairement agricole, en témoignent les métiers à tisser de grande taille et les silos à grains à Lefkandi et Nichoria, des modèles de greniers à Athènes. Par contre, on vit dans des huttes de bois ou, au mieux, dans une seule pièce aux murs dont le soubassement est fait de petites pierres et l'élévation en torchis[45]. Hormis le risque de la piraterie et de conflits avec le voisinage, l'absence de dispositif défensif et l'habitat dispersé sont des indicateurs d'une période de paix qui se serait accompagnée d'une certaine croissance démographique.

Commerce de céramique[modifier | modifier le code]

On constate une augmentation des exportations de céramique attique qui culmine au Géométrique Moyen II (peu avant 760 AEC). Des exportations qui ne seront dépassées qu'au VIe siècle AEC[19].

Tombes de « héros », bienvenues pour certains[modifier | modifier le code]

Cette croissance s'accompagne de dépôts d'offrandes (céramiques, sacrifices d'animaux) devant l'entrée ou à l'intérieur de grandes tombes souvent bien plus anciennes, parfois même mycéniennes, et cette pratique a perduré depuis lors jusqu'à l'époque romaine ; elle concerne des centaines de sépultures. Actuellement il reste diffficile d'interpréter le phénomène ; les bénéficiaires de ces cultes héroïques font actuellement l'objet de débats, entre de nouveaux aristocrates (par l'intermédiaire de généalogies fabriquées), ou bien la paysannerie libre de la cité nouvelle, à moins que ces pratiques ne reflètent simplement que la diffusion de l'épopée homérique. Le phénomène apparait dès la fin du IXe siècle, mais surtout au VIIIe siècle, après 750[46]. Et, en effet, ce nouveau culte des héros apparait aussi à l'époque où est composée l'épopée homérique. Et pour certains historiens les commanditaires en seraient donc « ces membres d'une élite, soucieux de s'affirmer comme les authentiques descendants des premiers seigneurs de la Grèce »[47]. Pour cette élite, il se serait agi d'affirmer ses droits sur des terres agricoles, et « les ancêtres » (ou prétendus « ancêtres »), tout comme les « héros » des sagas de l'âge du bronze - Sept contre Thèbes, Atrides, vainqueurs de Troie, Argonautes - serviraient de témoins à d'anciennes batailles qui seraient au fondement de la possession des terres agricoles.

Tombes de femmes[modifier | modifier le code]

Dès l'époque précédente, protogéométrique, et jusqu'à l'époque qui nous concerne ici on distingue un nouveau type de tombe par le dépôt funéraire associé à certaines défuntes, jeunes, ayant moins de 18-20 ans. Susan Langdon y voit la constitution de la figure de la parthenos, la jeune fille vierge, non mariée. Ces tombes, à inhumation ou à crémation, rassemblent des "poupées" de terre cuite, des bottes et des boîtes de terre cuite, peintes, ainsi que des ornements, ou bijoux de coiffure en forme de spirales (ou plus exactement une hélice géométrique en forme de cylindre) le plus souvent en or[48].

Le cas particulier des « idoles-cloche » de Béotie a fait l'objet d'une étude détaillée mais reste énigmatique[50]. Leur provenance reste inconnue. La forme féminine est simplement évoquée, comme si elle portait une robe, montée au tour de potier[51]. Le caractère creux de l'objet est souligné par des jambes mobiles qui étaient suspendues à la robe. Ce type d'« idole » depuis le protogéométrique récent, est associé aux tombes d'« enfant », à une époque où la détermination du sexe et de l'âge approximatif étaient impossibles. On les trouve aussi dans des tombes « féminines » ou, plus précisément quand c'est possible, de jeunes filles. Elles apparaissent ainsi, mais de temps en temps, dans tout l'espace grec. Les autres idoles-cloche ont des attributs souvent semblables, grands oiseaux, triangles pointe-à-pointe, hache double. Cette image, probablement d'une « déesse », est associée aux animaux qui migrent à certaines saisons. En effet, les grands oiseaux, au vol spectaculaire lors de de leur départ et de leur retour, rythment le temps. Ils symbolisent le temps. La déesse, entre ces deux animaux prend ainsi la place de l'« arbre sacré aux animaux dressés », un motif d'origine mésopotamienne et élamiteque l'on rencontre souvent dans l'Antiquité, en Égée et au Moyen-Orient (voir Cratère du peintre de Cesnola, surmonté d'une petite hydrie)[52]. Ce qui prouve, s'il en était besoin, l'intégration culturelle de la Grèce de cette époque par les échanges dans cet espace oriental très vaste. Quant aux idoles-cloche elles seraient des guides dans le voyage vers l'au-delà, ce qui en ferait des accessoires similaires aux paires de bottes en céramique peinte, découvertes dans les tombes de l'époque géométrique[53].

Le tumulus de Kamilovrysi (Paralimni, Beotie) abritait un grand nombre de corps. La tombe la plus spectaculaire est celle d'une femme inhumée avec deux nourrissons. Les proches déposèrent dans sa dernière demeure des bijoux en bronze, dont une fibule, des colliers, des perles de pâte de verre, des pierres de sceau, des figurines en bronze et des dizaines de vases en argile, parmi lesquels un impressionnant cratère. L'ornement de bras, une chaîne en or, et la sangle en or qui maintenait en place la mâchoire inférieure de la femme éclairent quelque peu l'image de ces femmes puissantes à l'époque géométrique, à la fin de l'âge du fer[48].

Habitat et société[modifier | modifier le code]

Maquette de maison. Géométrique, IXe siècle. Crête. Mu. arch. Héraklion

L’habitation se transforme. La ville de Zagora sur l’île Andros, entourée d'une fortification à l'époque géométrique[55], en apporte des indices éclairants. Ici, la maison rectangulaire à pièce unique a été constamment occupée tout au long du VIIIe siècle jusqu’autour de 725. C’est alors qu’elle est divisée en plusieurs pièces ayant chacune des fonctions différentes. Dans un premier temps la pièce à vivre, à travailler et à entreposer a été divisée en zones discrètement spécifiques, pour l’entrepôt ou pour le travail. Mais, bien plus significatif, un mur qui fait office de porche s’étend alors pour créer une cour et un nouvel ensemble de pièces. L’ajout d’un foyer monumental et la présence de coupes réalisées avec soin à cet endroit fait supposer que cet espace constitue le côté « public » de la maison, l'espace de réception, précurseur de l’andrôn archaïque, la pièce réservée aux hommes, qui pousse la famille à rester en dehors de cet espace publique[56].

Ces transformations permettent de percevoir le mouvement culturel qui relie le ménage androcentrique, centré sur l’homme, aux modèles de comportement sociaux propres à la vie civique, à la vie de la cité. Le banquet grec, le symposium, offrait un cadre où les hiérarchies sociales et les tensions entre les genres étaient exposées. Mais la présence de tels lieux, généralisés dans le petit village Zagora tend à prouver que le banquet, au VIIIe siècle, n'était pas réservé à l'élite[57]. Le banquet, dans les sociétés complexes, offrait en effet un espace pour la négociation, mais aussi pour la monstration de l’identité et du statut de chacun. Plusieurs catégories d’indices qui apparaissent à la fin de l’âge du bronze montrent la masculinisation de l’oikos par le caractère genré de certains objets et par la pratique de manger entre hommes autour du foyer[58].

Érétrie : phase géométrique du sanctuaire d'Apollon[modifier | modifier le code]

L'île d'Eubée offre, sur le chantier archéologique du temple d'Apollon à Érétrie, l'occasion de voir le processus de formation d'une agglomération dans les strates des constructions soigneusement dégagées mais maintenues les unes sur les autres par les fouilleurs. Les environs d'Érétrie faisaient, au VIIIe siècle, l'objet d'une exploitation agricole intensive[59]. Avec l'émergence de la cité au VIIIe siècle, en son cœur se développe le site urbain qui a été occupé au VIe siècle par le sanctuaire consacré à Apollon Daphnéphoros, la divinité de la cité (ou divinité poliade). Les premiers groupes de bâtiments, maisons ovales ou absidales, sont assez proches les uns des autres. Et sous le futur temple d'Apollon Daphnéphoros un certain bâtiment 1 (10,5 × 7 m) - absidial lui aussi et découvert le premier - a été construit vers 750. Il disposait d'un porche à deux supports et de murs en brique crue sur des fondations de pierre, le mur étant pris entre deux rangs de poteaux de bois espacés[60],[61]. Un bâtiment similaire voisin était édifié devant un "autel" qui lui était antérieur. Selon Bernard Holzmann et Alain Pasquier, ce bâtiment aurait pu être la demeure d'un personnage important, roi-prêtre qui y aurait accueilli les notables locaux lors de banquets, après les sacrifices au dieu[62]. Les archéologues ont mis au jour un bâtiment absidial (35 × 8 m) de la fin du VIIIe siècle, édifié à proximité du bâtiment 1 et lié à la structure déjà apparue plus tôt et interprétée comme un autel[63]. Cette aire sacrificielle était associée à un très riche dépôt d'offrandes[64] votives et à de la vaisselle rituelle. Les cérémonies qui se sont développées à Érétrie se devaient d'intégrer les adolescents dans la société[65].

Architecture monumentale. Premiers espaces urbains[modifier | modifier le code]

À Naxos, le site d’Yria, montre que, dès la fin du VIIIe siècle, apparait une architecture religieuse monumentale : le second temple, fondé vers 730, toujours (apparemment) dédié à Dionysos, se présente comme une grande salle à quatre nefs avec un autel au centre[66]. L’utilisation du marbre pour les bases de colonnes en bois remonte d'ailleurs aux années 730. D'autre part, les plus anciennes agoras connues du monde grec, comme celle de Dréros en Crète, datent du VIIIe siècle[67],[68]. Des fortifications de cette époque y sont encore visibles, tout comme à Zagora (Andros). Enfin, l’étude des habitats fortifiés montre que « l’idée de fortification revient, dans la conscience des habitants du monde égéen, dans le courant du VIIIe siècle mais cette fois pour la cité, pas pour l’acropole »[69].

Ceci dit, il ne faudrait pas considérer les fortifications comme le signe univoque de l'émergence d'une cité. Comme le signale François de Polignac, cité par Anne Coulié, la fortification qui manifeste dans la Grèce classique une séparation marquée entre le monde des vivants et le monde des morts n'a pas toujours cette fonction dans les villes primitives. On peut constater qu'à Corinthe et à Athènes, des noyaux urbains côtoient, dans un premier temps, des nécropoles, qui seront finalement englobées dans le tracé ultérieur du rempart. Enfin, l'urbanisme doit se concevoir comme un processus lent et implique que l'on regarde bien au-delà de l'espace proprement urbain[70]. L’urbanisme ancien, dont les premières manifestations sont perceptibles à la fin du VIIIe siècle, échappe largement aux critères définis pour la fin du VIe siècle et ne se résume pas à l'aspect monumental[71].

Colonies[modifier | modifier le code]

Trois œnochoes coniques produites à Pithécusses, d'une tombe d'enfant. Protocorinthien, réplique locale, 725-700. Musée arch. de Pithécusses

Le projet urbain en Occident naît à cette époque avec partage des terres, élaboration de pratiques et de normes communes. Les habitants de l'île d'Eubée, à Chalcis et Érétrie, sont en pleine expansion vers l'Occident au géométrique, à partir de 775. Ils fondent leur plus ancienne installation dans le golfe de Naples, sur l'île de Pithécusses (actuelle Ischia) entre 770 et 750, avec environ 1 000/2 000 hectares cultivables. L'aire de nécropole a révélé 2 000 sépultures. On y a trouvé quelques armes et outils, mais surtout de nombreux vases à boire (d'Eubée, Corinthe, Rhodes). Ce n'est qu'à partir de la fin du VIIIe siècle que l'on rencontre des récipients à onguents (lécythes, aryballes) et des amulettes d'origine orientale ou égyptienne. Dans un quartier d'habitations se trouvaient des activités métallurgiques datant de notre période. Les offrandes votives y apparaissent au milieu du VIIIe siècle. Des éléments d'architecture, en terre cuite, indiquent un lieu de culte au moins à partir du VIIe siècle[72]. Toujours dans le golfe de Naples, ils fondent Cumes, semble-t-il à la même époque, et la désignent - c'est la première fois - comme apoikia, une cité fondée outremer. Deux groupes sous la direction d'un seul chef donnent le modèle à ce type d'expédition par la suite. D'autres sites sont fondés à cette époque, Mégara Hyblaea, sur la côte orientale de la Sicile, en 734 par les Mégariens et Syracuse en 733 par les Corinthiens[73].

Avènement de la polis[modifier | modifier le code]

Les pillages, les razzias et la piraterie, les conflits entre cités voisines n'empêchent pas, globalement, l'installation de régimes stables. La croissance démographique est probablement la cause de la rivalité et de la guerre entre Chalcis et Érétrie[74], la guerre lélantine, qui les épuisa tragiquement toutes deux. C'est encore cette croissance qui justifie la colonisation de l'intérieur de la Grèce mais aussi, avec la création des colonies et la création de micro-États, une part importante de la collectivité prend désormais part aux décisions et à la conduite des affaires publiques. Ainsi se signalent les premières polis.

Les anciens dirigeants, issus de l'époque protogéométrique, les riches propriétaires de la terre intègrent alors de nouveaux venus, issus de niveaux sociaux inférieurs, sous le statut privilégié de « citoyen ». Le groupe dominant s'élargit. Ce statut ne s'obtient le plus souvent qu'à l'intérieur du jeu perpétuel de la compétition entre individus, l' agôn grec, et la naissance n'est pas l'unique critère qui justifie une place. On peut se construire une image d'homme valeureux ou glorieux - comme la biographie inventée d'Ulysse au chant XIV de l'Odyssée[75] - quitte à faire appel à un passé largement mythique pour assoir sa domination, à l'égal de ses rivaux, parmi les citoyens qui dirigent les affaires publiques[76]. Mais apparemment d'autres personnalités sembleraient surgir comme nouveaux citoyens, issues de la moyenne paysannerie par opposition à de gros propriétaires, ou peut-être sans opposition, mais en échange de leur fidélité au « seigneur » local, une forme de « clientèle » assurée pour une aristocratie engagée dans une lutte perpétuelle[77].

Quant aux artisans dans la cité, et bien qu'ils soient appréciés dans les textes homériques, leur statut reste largement inconnu actuellement.

Au VIIIe siècle l'accès à la citoyenneté a dû considérablement varier d'une cité à l'autre. À l'époque classique, cette grande diversité n'a, pour autant, jamais troublé les Grecs qui se percevaient différents au reste du monde parce qu'eux seuls vivaient en « cité ». Et pourtant il se pourrait que la création de la pôlis ait pu murir grâce à la connaissance que les grecs avaient des petites communautés phéniciennes, l'indépendance de chacune d'elles, disposant d'un conseil auprès du roi. Leur dynamisme par le commerce et la création de colonies les mettaient au contact des Grecs[78]. N'oublions pas enfin que l'invention de l'écriture alphabétique en Grèce s'est faite au contact des populations phéniciennes, lesquelles utilisaient aussi un alphabet[79]. Ce qui distingue l'alphabet grec des autres modes d'écriture antiques c'est le fait qu'il fut d'abord le vecteur de la poésie et non du commerce ; la poésie fut ainsi le vecteur essentiel des échanges intellectuels, et surtout ceux nés de l'épopée que l'on écoutait dans les cités[80].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roland Martin, L'Art grec, Paris, Librairie générale française, (ISBN 2-253-06573-0 et 9782253065739, OCLC 32042882)
  2. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 113-18.
  3. Anne Coulié, « Histoire et archéologie des cyclades à travers la céramique archaïque : à propos d'un ouvrage récent », Revue archéologique, vol. 2, no 40,‎ , p. 255-281 (ISBN 9782130552444).
  4. La classification des céramiques non-attiques est sensiblement différente, par leur datation et leur style, mais la céramique attique sert de référence commode pour la chronologie générale. Brigitte Le Guen dir., 2019
  5. Susan Langdon, 2008, p. 10.
  6. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 104-105.
  7. Boardman, 1999, p. 23.
  8. Les effets de symétrie par des animaux dans un cadre : sur la pyxis du géométrique moyen attique, du Louvre [1]
  9. Un vase plastique est un vase-statuette.
  10. Brigitte Le Guen dir., 2019, p. 270.
  11. cinéraire : qui contient ou peut contenir les cendres d'un mort.
  12. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 60-61.
  13. Cheval et croix. Argolide. Géométrique Moyen : en référence à Boardman, 1999, p. 71 (n° 125)
  14. Anne Coulié, 2013, p. 39.
  15. Tonio Hörscher, 2015, p. 92-93.
  16. Anne Coulié, 2013, p. 62-63.
  17. Anne Coulié, 2013, p. 67-68. Voir aussi : Didier Martens à propos de deux livres de Nikolaus Himmelmann , 1995 et Boardman, 1999, p. 26
  18. Anne Coulié, 2013, p. 67-68.
  19. a et b Anne Coulié, 2013, p. 41.
  20. Tonio Hörscher, 2015, p. 91-93.
  21. Radcliff, W., 1921, 64, Fishing from the Earliest Times, London : cité dans (en) Tatiana Theodoropoulou, « Fishing in dark waters: a review of the archaeological and archaeozoological evidence of the exploitation of aquatic resources in the Greek Early Iron Age », dans Alexander Mazarakis Ainian, ed., The 'Dark Ages' Revisited. Acts of an international symposium in memory of William D.E. Coulson, University of Thessaly, Volos, 14–17 June 2007 (2 volumes), University of Thessaly Press, (ISBN 978-960-9439-05-3 et 978-960-9439-06-0, SUDOC https://www.sudoc.fr/160478448, lire en ligne). Le cratère : The ‘shipwreck krater’ discovered at the site of Pithecusae.
  22. « Cratère : Epoque / période : géométrique moyen ; géométrique récent », sur Louvre Collections, n.d. (consulté le )
  23. À partir de 750 des processions de pleureurs et pleureuses, en groupes séparés, ne sont plus le motifs dominant des figurations humaines. Des rondes de danseuses et danseurs, ensemble ou séparés, se multiplient. Susan Langdon, 2008, p. 145 ; voir aussi Oinochoe attique, v. 750. Danseuses et danseurs, Museum der Universität. Eberhard Karls Universität Tübingen, 2657.
  24. Notice du British Museum (en)[2].
  25. "La fonction funéraire de ce cratère est indiquée par la scène de l’exposition du mort de chaque côté du vase. Les images de batailles sur et autour des deux navires sont particulièrement intéressantes. Le centre d'un navire est occupé par une silhouette assise sous un auvent alors que deux guerriers se battent avec des épées près de la poupe. La partie centrale de l'autre navire est manquante. L'archer à la proue de ce navire, le guerrier juste au-dessus de la proue, la proximité des fantassins ainsi que les oiseaux perchés à l'arrière des deux navires suggèrent que les navires sont échoués ou du moins suffisamment proches pour être pris d'assaut depuis la rive." (Traduction de la notice du musée)
  26. À cette époque, VIIIe siècle final, les danseuses et pleureuses ont la chevelure divisée en "brins" séparés, voire "frisés". Elles portent de longues robes serrées à la taille par une ceinture. Elles semblent tenir une tige végétale de nature variée: Susan Langdon, 2008, p. 146
  27. Lydie Bodiou et Michel Briand, « Rapt, viol et mariage dans l’Antiquité gréco-romaine : L’exemple de Déméter et Korê », Dialogue, vol. 208, no 2,‎ , p. 17-32 (lire en ligne, consulté le )
  28. Susan Langdon, 2008, p. 160.
  29. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 72-73
  30. V. Magnien, « Le mariage chez les grecs anciens. L'initiation nuptiale », L'Antiquité Classique, vol. 5, no 1,‎ , p. 115-138 (lire en ligne, consulté le ).
  31. Lydie Bodiou et Michel Briand, 2015.
  32. Anne Coulié, 2013, p. 100.
  33. Anne Coulié, 2013, p. 99.
  34. The Antikensammlung, (ISBN 978-3-88609-774-6) p. 25
  35. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 64-65.
  36. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 66-67.
  37. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 354.
  38. Ces personnages ne sont pas identifiables. Un groupe similaire, de quatre hommes mais à têtes d'animaux semblent danser. Ils proviennent d'Arcadie où le thériomorphisme (de divinités, et non d'hommes masqués) est un élément saillant de nombreux cultes, comme à Lycosoura et Phigaleia (Susan Langdon, 2008, p. 115 « Masking rituals »). Voir aussi : Madeleine Jost, « Deux mythes de métamorphose en animal et leurs interprétations : Lykaon et Kallisto », Kernos, no 18 « Le « mythe » et ses états... »,‎ , p. 347-370 (lire en ligne, consulté le ).
  39. S'agit-il d'une lutte? Il semblerait. Il manque néanmoins quelques fragments, ce qui rend l'interprétation difficile. Mais les plus anciennes représentations de centaures, qui datent du VIIIe siècle, en font des êtres pacifiques, à l'inverse de ce qu'ils deviennent ensuite. Susan Langdon, 2008, p. 106-107
  40. Cet élément d'un support de récipient - chaudron ou vase- est analysé par (Susan Langdon, 2008, p. 216-220 « Maiden , Interrupted: The Art of Abduction ». Le soldat, en armes, se tient à côté de la femme, ici représentée bien plus petite que lui, comme une jeune fille; il regarde les rameurs. Le fragment appartenait à un support de récipient, chaudron ou grand vase. Voir ci-dessus une scène similaire, peinte sur le cratère à bec du British Museum (géométrique moyen). Là encore le soldat dirige son regard sur les rameurs, sur les hommes, pas un regard pour la femme qu'il a saisie.
  41. Il pourrait avoir tenu un cheval par la bride. Élément d'un chaudron votif de luxe, symbole de distinction. Référence : Bernard Holzman, La sculpture grecque : une introduction, Librairie Générale Française, 2010, (ISBN 978-2253905998), p. 114 : "Un type masculin que l'on peut qualifier de pré-mimétique, car le corps n'y est pas fidèlement reproduit, mais reconstruit arbitrairement par une stylisation qui escamote le ventre - une formule qui durera jusqu'au début du VIe siècle."
  42. Cette époque voit la création de plusieurs figures de monstres : les Gorgones, le centaure, l'Hydre de Lerne et le Minotaure, qui ont toutes des racines orientales comme bien d'autres faits de culture et de société de la fin de l'âge du fer, aujourd'hui bien documentés. Susan Langdon, 2008, p. 118-119. Aussi Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 68-69
  43. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 80-81.
  44. Brigitte Le Guen dir., 2019, p. 273 et 309-310 (écriture).
  45. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 105.
  46. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 106-07.
  47. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 109.
  48. a et b Susan Langdon, 2008, p. 130-152, « Maiden Graves ».
  49. Ce sont deux paires de bottes et deux "poupées", qui ont été déposées dans une autre tombe de fille. Il pourrait s'agir d'objets en lien avec le costume de mariée, ou en raison de la saison, à moins que la paire ne s'adresse à deux déesses, comme Déméter et Perséphone, qui effectuent de longs voyages : Susan Langdon, 2008, p. 135-136
  50. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 76-77.
  51. Violaine Jeammet, 2003, p. 7-8.
  52. Fritz Graf, « Bois sacrés et oracles en Asie Mineure », dans Olivier de Cazanove et John Scheid (dir.), Les bois sacrés. Actes du colloque international de Naples. Collection du Centre Jean Bérard, (lire en ligne), p. 23-29.
  53. Violaine Jeammet, 2003, p. 38.
  54. Face B de ce cratère sur Vassilios Aravantinos, 2010, p. 136, voir aussi les autres éléments de cette tombe sur les pages suivantes (en ligne).
  55. (en) « About Zagora », sur Zogora Archaeological Project, n.d. (consulté le )
  56. Susan Langdon, 2008, p. 266-267 : plans.
  57. (en) « About Zagora », sur Zagora Archaeological Project, actualisé en 2019 (consulté le )
  58. Susan Langdon, 2008, p. 267.
  59. « Érétrie antique. - Temple d'Apollon Daphnéphoros et Secteur E/600/NW - 2000 », sur École française d'Athènes, 2000-2001 (consulté le )
  60. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 79 (plan et maquette).
  61. Pierre Ducrey, « Quarante années de fouilles suisses à Érétrie (Grèce), 1964-2004 : bilan et perspectives », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 149, no 2,‎ , p. 553-578 (lire en ligne, consulté le ).
  62. Holzmann et Pasquier, 1998/2011, p. 78-79.
  63. Pierre Ducrey, 2005, p. 564.
  64. Pierre Ducrey, 2005, p. 558.
  65. Samuel Verdan, « Le sanctuaire d’Apollon Daphnéphoros dans la période géométrique (in Eretria XXII) », sur Les Carnets MA-Archist, (ISBN 978-2-884-74411-9, consulté le )
  66. Vassilis Lambrinoudakis, « Rites de consécration des temples à Naxos », Publications de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 2,‎ , p. 1-19 (lire en ligne, consulté le ).
  67. Anne Coulié, 2005.
  68. Spyridon Marinatos, « Le temple géométrique de Dréros », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 30,‎ , p. 214-285 (lire en ligne, consulté le ).
  69. N. Kourou, « Des petits habitats de l’époque mycénienne à la Cité-État d’époque historique », dans M. Reddé et al. éd., La naissance de la ville dans l’Antiquité, de Boccard, (ISBN 2-7018-0161-3), p. 87 cité par Anne Coulié, 2005, p. 258
  70. François de Polignac, « Analyses de l’espace et urbanisation en Grèce archaïque : quelques pistes de recherche récentes », sur Hal, (2004), revue des études anciennes, université bordeaux montaigne, 2006, 108, pp.203-223. (consulté le ).
  71. Anne Coulié, 2005, p. 258.
  72. Brigitte Le Guen dir., 2019, p. 302-03.
  73. Brigitte Le Guen dir., 2019, p. 306.
  74. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 117.
  75. chant XIV de l'Odyssée : [3]
  76. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 114.
  77. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 116.
  78. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 114-115.
  79. Les Phéniciens utilisaient un alphabet tout comme les Cananéens et les Hébreux mais ceux-ci étaient, aux yeux des Grecs, bien moins rivaux que les Phéniciens, commerçants et colonisateurs sur terre et sur mer, comme les Grecs.
  80. Mossé et Schnapp-Gourbeillon, 2020, p. 112.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Vassilios Aravantinos, The archaeological museum of Thebes, Athènes, John S. Latsis Public Benefit Foundation, , 395 p., 34 cm (ISBN 978-960-89339-8-9, SUDOC https://www.sudoc.fr/15111515X, lire en ligne), p. 125 et suivantes « From the palace to the city : The epic period in Boeotia ».
  • John Boardman (trad. de l'anglais), Aux origines de la peinture sur vase en Grèce, Londres, Thames & Hudson, coll. « L'Univers de l'art », (1re éd. 1998), 287 p. (ISBN 2-87811-157-5).
  • (en) John N. Coldstream, Greek Geometric Pottery, Londres, Methuen, .
  • (en) John N. Coldstream, Geometric Greece, Londres, Routledge, (1re éd. 1997).
  • (en) John N. Coldstream, « The Geometric style : birth of the picture », dans Tom Rasmussen et Nigel Spivey (dir.), Looking at Greek Vases, Cambridge, Cambridge University Press, (réimpr. 1992), 282 p. (ISBN 0-521-37679-3), p. 37-56.
  • Anne Coulié, La céramique grecque aux époques géométrique et orientalisante XIe au VIe siècle av. J.-C., Picard, coll. « Les manuels d'art et d'archéologie antique », , 303 p., 29 cm (ISBN 978-2-7084-0926-2)
  • Martine Denoyelle et Mario Iozzo, La céramique grecque d'Italie méridionale et de Sicile : Productions coloniales et apparentées du VIIIe au IIIe siècle av.J.-C., Picard, coll. « Les manuels d'art et d'archéologie antique », , 255 p., 29 cm (ISBN 978-2-7084-0839-5), « La céramique figurée d'époque géométrique (vers 750-700 av. J.-C.) », p. 33-45
  • Monique Halm-Tisserant, « Styles géométriques et production céramique du Géométrique grec », Ktèma, no 35,‎ , p. 123-162 (lire en ligne, consulté en ).
  • Bernard Holzmann et Alain Pasquier, L'Art grec, Paris, École du Louvre. Réunion des musées nationaux - Grand Palais, coll. « Manuels de l'École du Louvre », (1re éd. 1998), 365 p. (ISBN 978-2-11-003866-1 et 2-11-003866-7)
  • Violaine Jeammet, Idoles-cloches de Béotie, RMN, Musée du Louvre, coll. « Solo », , 48 p., 21 cm (ISBN 2-7118-4729-2)
  • (en) Susan Langdon, Art and Identity in Dark Age Greece. 1100-700 B.C.E., Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-51321-0, SUDOC https://www.sudoc.fr/138459371)
  • Brigitte Le Guen (dir.), Maria Cécilia d'Ercole et Julien Zurbach, Naissance de la Grèce : De Minos à Solon : 3200 à 510 avant notre ère, Belin, coll. « Mondes Anciens », , 686 p., 23 cm (ISBN 978-2-7011-6492-2), « Inventions et redécouvertes au VIIIe siècle », p. 273-315
  • Claude Mossé et Annie Schnapp-Gourbeillon, Précis d'histoire grecque : Du début du deuxième millénaire à la bataille d'Actium, Armand Colin, coll. « U », (1re éd. 2014), 371 p., 24 cm (ISBN 978-2-200-62613-6), « De la chute des palais à l'avènement de la Polis », p. 100-118
  • Jean-Claude Poursat, La Grèce préclassique, des origines à la fin du VIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité », (ISBN 2-02-013127-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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