Maurice (empereur romain d'Orient)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Maurice
Empereur romain d'Orient
Image illustrative de l’article Maurice (empereur romain d'Orient)
Solidus de Maurice.
Règne
-
20 ans, 3 mois et 9 jours
Période Dynastie justinienne
Précédé par Tibère II Constantin
Suivi de Phocas
Biographie
Nom de naissance Flavius Mauricius Tiberius Augustus
Naissance 539

[1]
Arabissus, Cappadoce

Décès (63 ans)
Constantinople (Empire byzantin)
Père Paul
Fratrie Pierre
Épouse Constantina
Descendance Théodose (4 août 583–27 novembre 602)

Tibère (?–27 novembre 602)
Pierre (?–27 novembre 602)
Paul (?–27 novembre 602)
Justin (?–27 novembre 602)
Justinien (?–27 novembre 602)
Anastasie (?–605)
Théoctiste (?–vers 605)
Cléopâtre (?–vers 605)
Marie (Miriam) ?

Empereur romain d'Orient

Maurice (latin : Flavius Mauricius Tiberius Augustus, grec : Φλάβιος Μαυρίκιος Τιβέριος Αὔγουστος) (539-) est empereur romain de 582 à 602.

Si ses origines et les premiers temps de son existence demeurent mal connus, Maurice s'impose comme l'un des principaux généraux de l'Empire sous le règne de Tibère II Constantin (578-582), dont il a été un des proches avant son arrivée au pouvoir. Il combat notamment les Sassanides lors de plusieurs campagnes et finit par être l'héritier désigné, accédant au pouvoir en 582. Son règne, principalement connu par l'oeuvre de Théophylacte Simocatta voit l'Empire combattre sur deux fronts. D'abord, il remporte un succès éclatant contre les Sassanides, puisqu'il finit par prendre le parti du souverain Khosro II contre un usurpateur et peut ensuite conclure une paix avantageuse pour l'Empire, qui s'étend en Orient sur une grande partie de l'Arménie. Une fois la frontière orientale stabilisée, Maurice s'efforce de rétablir la solidité du limes danubien face aux incursions des Slaves et des Avars. Par une stratégie agressive, consistant à porter la guerre en territoire ennemi, il semble en passe de réaffirmer la souveraineté byzantine dans les Balkans. Cependant, l'armée, fatiguée de ces campagnes incessantes, confrontées à des effectifs en baisse et à des soldes irrégulièrement payés, symboles des difficultés financières de l'Empire, finit par se révolter et par renverser Maurice qui est exécuté par Phocas, son successeur par la force.

Si la politique extérieure de Maurice est bien connue, ses accomplissements intérieurs sont moins bien appréhendés. Il réforme l'Empire, notamment ses provinces avec la fondation des exarchats de Ravenne et de Carthage et se distingue par son souhait de rétablir les finances de l'Empire, alors fragiles du fait d'un contexte économique et démographique défavorable ainsi que de coûteuses opérations militaires de défense des frontières. Ces efforts expliquent son impopularité grandissante parmi la population et l'armée. En dépit des difficultés de cette fin de règne, qui sont aussi celles d'un monde romain oriental à l'aube de transformations profondes et de défis d'envergure, Maurice a laissé le souvenir d'un empereur capable, désireux de stabiliser son Empire. Il a aussi associé son nom à un manuel de stratégie militaire, le Strategikon, parmi les plus célèbres de l'histoire militaire.

Sources[modifier | modifier le code]

Un nombre relativement important de chroniques relatent les événements du règne de Maurice, avec une nette préférence pour la description des guerres extérieures, aux dépens des événements de politique intérieure. La connaissance de cet empereur dépend avant tout du récit de Théophylacte Simocatta, qui s'approche d'un biographe et qui écrit sous le règne d'Héraclius. Évagre le Scholastique est un autre chroniqueur majeur mais son texte s'arrête à l'année 594.

Origines et ascension[modifier | modifier le code]

Maurice est né à Arabissos en Cappadoce en 539, ce qui en fait l'un des premiers empereurs romain d'Orient avec Zénon à être originaire de la partie asiatique de l'Empire. Il est le fils d'un dénommé Paul et a un frère, Pierre et deux sœurs, Théoctiste et Gordia, qui est la femme du général Philippicus. A la différence des empereurs depuis Anastase Ier, il semble avoir eu le grec comme langue maternelle. Cependant, alors que la plupart des sources concordent pour dire qu'il est grec cappadocien, Evagre le Scolastique affirme qu'il est d'origine romaine[2], tandis que des historiens modernes comme Nicolas Adontz ou Peter Charanis plaident pour une racine arménienne[3]. Les descriptions lui sont généralement favorables. Évagre le décrit comme constant et loue son mode de vie sans excès. Plus largement, l'empereur est souvent qualifié de pieux, miséricordieux et humble, ce qui vient probablement partiellement de la propagande impériale. La titulature impériale complète, connue d'une missive à Childebert II est la suivante : Imperator Caesar Flavius Mauricius Tiberius fidelis in Christo mansuetus maximus beneficus pacificus Alamannicus Gothicus [Francicus Germanicus] Anticus Alanicus Vandalicus Erulicus Gepidicus Afric[an]us pius felix inclitus victor ac triumfator semper Augustus soit Empereur César Flavius Mauricius Tiberius, croyant dans le Christ, magnanime, majestueux, généreux, pacifique, vainqueur des Alamans, des Goths, des Antes, des Alains, des Vandales, des Hérules, des Gépides, pieux, heureux, renommé, victorieux et triomphant, toujours Auguste.

Maurice vient à Constantinople où il sert comme secrétaire du commandant des Excubites, le futur empereur Tibère II Constantin. Quand Tibère devient césar en 574, Maurice lui succède à son poste, l'un des plus importants de l'Empire puisqu'il s'agit du commandant de la garde impériale, ce qui garantit à son titulaire une proximité très grande avec le pouvoir.

Guerre contre les Perses[modifier | modifier le code]

A la fin de l'année 577, il est nommé comme maître des milices (magister militum) pour l'Orient, alors qu'il n'a pas de réelle expérience du commandement militaire. Il succède au général Justinien dans la guerre qui oppose l'Empire aux Sassanides. C'est à cette occasion qu'il devient patrice, la dignité la plus élevée de la hiérarchie impériale[4]. Il commence par renforcer son armée par des recrutements locaux dans les régions de Cappadoce, d'Anzitène et de Syrie, avant de se positionner à Citharizon, sur la frontière[5]. En 578, la trêve entre Byzantins et Sassanides expire en Mésopotamie, qui devient le principal théâtre du conflit. Après des raids perses dans la région, Maurice lance des contre-attaques sur les deux rives du Tigre et s'empare de la forteresse d'Aphumon avant de mettre à sac Singara. En 579, l'empereur Khosro Ier veut négocier la paix mais il meurt avant d'y parvenir et son successeur, Hormizd IV, reprend les hostilités[6]. En 580, les Ghassanides, un peuple allié de l'Empire, remporte une victoire les Lakhmides, qui sont des auxiliaires des Sassanides. Dans le même temps, les Byzantins lancent un raid en profondeur à l'est du Tigre, tandis qu'Hormizd nomme le futur Khosro II à la tête des opérations en Arménie, où il s'assure d'allégeance des princes locaux. Seule l'Ibérie reste loyale aux Byzantins[7].

Carte de la frontière byzantino-perse aux temps de Maurice.

L'année suivante, Maurice prend la tête d'une expédition d'ampleur et, avec l'aide des Gassanides, il vise Ctésiphon, la capitale des Sassanides. L'armée longe l'Euphrate, accompagnée d'une flotte importante. Elle s'empare d'abord de la forteresse d'Anatha et se dirige ensuite sur la région de Beth Aramaye, dans la Mésopotamie centrale. Ctésiphon est alors toute proche mais le pont sur l'Euphrate a été détruit par les Sassanides. Ces derniers réagissent surtout par l'envoi du général Adarmahan au nord de la Mésopotamie, pour perturber les lignes de ravitaillement byzantines[8]. Rapidement, le commandant perse pille l'Osroène et s'empare d'Edesse, avant de menacer Callinicum. Maurice est alors contraint de battre en retraite mais son armée est fatiguée et le chef des Ghassanides, Al-Mundhir III ibn al-Harith, lui reproche l'échec de la campagne. Malgré tout, il parvient à battre Adarmahan[9].

La victoire n'efface pas pour autant l'hostilité réciproque qu'ont Maurice et al-Mundhir l'un pour l'autre. Maurice l'accuse de trahison et d'avoir dévoilé ses plans aux Sassanides, qui ont alors décidé de détruire le pont sur l'Euphrate. Selon Jean d'Éphèse, il s'agit là d'un mensonge car les généraux sassanides n'ont probablement eu aucun mal à deviner les intentions de Maurice[10]. Celui-ci, tout comme al-Mundhir, en réfèrent directement à l'empereur Tibère, qui tente de les concilier. Maurice finit par se rendre à Constantinople pour persuader l'empereur de la culpabilité du chef ghassanide. Les historiens modernes estiment unanimement que celui-ci n'est aucunement coupable de trahison mais qu'il souffre de l'hostilité de Maurice à son endroit, peut-être par jalousie pour ses succès passés. En outre, les Byzantins se méfient parfois de leur allié ghassanide, d'autant qu'al-Mundhir est un tenant du monophysisme, une branche du christianisme régulièrement rejetée par les autorités de Constantinople[11]. Dans tous les cas, l'empereur fait arrêter al-Mundhir l'année suivante, ce qui déclenche une guerre entre l'Empire et le royaume des Ghassanides, qui s'apprête à connaître un lent déclin[12].

En juin 582, Maurice finit par remporter une victoire décisive contre Adarmahan près de Constantina. Le général sassanide échappe de justesse à la capture et son adjoint, Tamkhosrau, est tué. A Constantinople, Tibère II Constantin tombe gravement malade. Maurice devient alors l'un des deux prétendants au trône puisqu'il est fiancé à Constantina, l'une des filles de Tibère, tandis que Germanus est l'autre candidat. Parent du glorieux Justinien, il est marié à Charito, une autre fille de Tibère[13]. Celui-ci pourrait avoir eu pour ambition de diviser l'Empire en deux, avec Maurice recevant les provinces d'Orient et Germanus celles d'Occident mais, selon Jean de Nikiou, Germanus est le favori de Tibère. C'est l'humilité qui l'aurait fait renoncer au trône. Le 13 août, l'empereur est sur son lit de mort et les dignitaires de l'Empire attendent sa décision finale. Trop faible pour la lire, c'est le questeur du palais sacré qui la lit pour lui et déclare Maurice seul successeur. Le lendemain, Tibère meurt et lui sont prêtées ces ultimes paroles à l'attention de Maurice. Désormais empereur, Maurice épouse Constantina au cours de l'automne.

Immédiatement après avoir pris le pouvoir, Maurice voit les bénéfices tirés de sa victoire à Constantina s'évanouir avec la défaite de Jean Mystacon, le nouveau magister militum d'Orient, sur la rivière Nymphios face à Kardarigan[14]. L'empereur s'aperçoit vite de la situation difficile de son empire, affaibli par des difficultés financières de plus en plus lourdes. La guerre avec les Sassanides coûte cher et, en Occident, il doit payer un tribut particulièrement dispendieux aux Avars (80 000 solidus d'or par an), ce qui n'empêche pas les Slaves de razzier régulièrement les Balkans[15].

Maurice est contraint de poursuivre la guerre contre les Sassanides jusqu'à parvenir à les battre à la bataille de Solachon, en 586. Néanmoins, deux après, les troupes se mutinent contre Priscus, leur nouveau général, pour des retards de paiement dans les soldats, un problème qui commence à devenir récurrent et témoigne des limites financières de l'Empire. Les Sassanides se saisissent de cette occasion pour passer à l'attaque, sans parvenir à obtenir de succès car les mutins s'opposent à eux et finissent même par remporter une grande victoire à Martyropolis, sous la conduite de Germanus. Le général sassanide Maruzas est tué et plusieurs commandants sont capturés, ainsi que 3 000 prisonniers et seul un millier d'hommes survivent et se réfugient à Nisibis. Les Byzantins se saisissent d'un important butin, dont plusieurs insignes perses, qu'ils envoient à Maurice avec la tête de Maruzas. La situation pour les Sassanides s'aggrave quand deux Parthes Vistahm et Vinduyih renversent Hormizd IV et proclament Khosro II comme nouveau roi. Néanmoins, le général perse Bahram, qui s'est déjà rebellé contre Hormizd, défait Khosro et s'empare du trône. Khosro s'enfuit alors auprès des Byzantins et, en dépit de l'avis contraire du Sénat, Maurice lui vient en aide et déploie une armée de 35 000 hommes[16]. En 591, cette force combinée, dirigée côté byzantin par Jean Mystacon et Narsès, vainc les forces de Bahram à la bataille de Blarathon. Khosro peut reprendre son trône et conclure la paix avec Maurice, devenu son allié.

L'alliance scellée entre Maurice et Khosro est symboliquement forte car le souverain perse est adopté par l'empereur byzantin au travers de l’adoptio per arma. En dépit de la nature chrétienne de ce rite, les Byzantins ne parviennent pas à obtenir la conversion de Khosro. Néanmoins, lors du traité de paix signé entre les deux empires en 591, les Sassanides cèdent l'Arménie perse jusqu'au lac de Van, comprenant les importantes cités de Martyropolis, Tigranakert, Mantzikert, Ani et Erevan, ainsi que l'Ibérie. C'est alors l'une des extensions les plus orientales de l'histoire romaine. Surtout, la paix permet à Maurice de déployer des troupes importantes sur d'autres fronts. En effet, le théâtre byzantino-sassanide absorbe régulièrement le gros des troupes romains au détriment d'autres régions[17].

Politique balkanique[modifier | modifier le code]

Sous Maurice, les Balkans sont de plus en plus exposés aux assauts des Avars et des Slaves. L'Empire d'Orient est alors confronté à un défi particulièrement difficile à résoudre ; celui d'intervenir sur plusieurs fronts différents (en Orient, dans les Balkans et en Occident), sachant que le seul théâtre oriental absorbe l'essentiel des troupes militaires, ne serait-ce que pour contenir la poussée des Sassanides. Ce constat suffit à expliquer les choix de Maurice, d'abord de défendre tant bien que mal une province fragile, ensuite de contre-attaquer massivement une fois des troupes disponibles[18].

Lutte contre les Avars et les Slaves[modifier | modifier le code]

Le succès remporté contre les Sassanides permet à Maurice de rediriger ses efforts dans les Balkans[19], une région souvent délaissée par les empereurs byzantins du fait de la rivalité byzantino-sassanide et dont la situation est de plus en plus chaotique[20],[21]. En effet, en 568, les Avars s'installent dans les Carpathes et commencent à menacer les possessions byzantines. C'est le début des guerres byzantino-avares. Ils attaquent d'abord Sirmium mais ils sont repoussés, avant d'envoyer 10 000 Koutrigoures ravager la Dalmatie[22]. Par la suite, les Byzantins achètent la paix au prix d'un tribut annuel de 80 000 solidus en or. En 579, Tibère II interrompt le paiement face à l'épuisement du trésor public. Les Avars réagissent d'emblée et assiègent Sirmium, qui tombe vers 581[23]. Ils demandent alors 100 000 solidus par an et essuient un refus. Grâce à la prise de Sirmium, ils disposent d'une base solide pour lancer des attaques contre les différentes positions impériales le long du Danube et pillent le nord et l'est des Balkans[24]. Dans le même temps, les Slaves, qui accompagnent souvent les raids des Avars, commencent à s'installer dans la péninsule[21]. En 584, ils prennent Singidunum (Belgrade) et, l'année suivante, s'approchent de Constantinople. S'ils sont repoussés par Comentiolus[25], ils assiègent Thessalonique en 586, avançant parfois jusqu'au Péloponnèse[26],[27]. En 587, Comentiolus échoue dans ses opérations contre les Avars et Maurice doit faire appel à Jean Mystacon, alors général en Orient, pour intervenir et défendre Andrinople, confirmant la difficulté des Byzantins à mener avec succès une guerre sur deux fronts[28]. Maurice ne peut que procéder par expédients, tentant parfois des transferts de troupes ou d'officiers d'un théâtre à l'autre. En 588, c'est Priscus qui prend la tête des armées balkaniques après avoir échoué à calmer la mutinerie en Orient. Il est rapidement assiégé à Tzurulon par les Avars, qui se retirent contre un important tribut. Comme souvent, c'est par l'or que les Byzantins parviennent à préserver la situation dans les Balkans[29].

En 591, Maurice peut enfin lancer la contre-offensive. Plusieurs campagnes sont menées contre les envahisseurs et, en 592, Singidunum est reprise. Priscus, qui est à la tête des opérations, remporte une victoire contre une coalition de Slaves, d'Avars et de Gépides en 593, avant de franchir le Danube pour attaquer les Avars sur leur propre territoire. Néanmoins, Priscus refuse d'hiverner au nord du fleuve comme le demande l'empereur, du fait des protestations parmi ses soldats. Maurice réagit et le remplace par son frère Pierre, dont l'expérience militaire est réduite. Malgré quelques difficultés, il parvient à remporter un succès dans l'actuelle Valachie. En 595, Priscus, à la tête d'une force au sud du Danube, remporte une victoire conter les Avars, qui réduisent la portée de leurs raids à la seule Dalmatie. Finalement, une trêve est conclue jusqu'en 598. A cette date, les hostilités reprennent violemment puisque les Avars assiègent d'abord Priscus avant de vaincre une armée dirigée par Comentiolus et de s'avancer jusqu'à Arcadiopolis. Maurice est obligé de mobiliser des hommes dans la capitale pour assurer la défense des Longs Murs d'Anastase mais un accord est conclu et les Avars se retirent. En 599 et 601, les Byzantins causent d'importants dommages aux Avars et aux Gépides et, en 602, les Slaves sont lourdement vaincus en Valachie[30],[31]. Grâce à cette stratégie agressive, consistant à mener le combat au-delà des frontières de l'Empire, Maurice apparaît en mesure de reprendre le contrôle de la ligne du Danube et de renforcer la mainmise impériale sur la péninsule balkanique. Il commence notamment à y installer des colons arméniens et envisage de soumettre les Avars[32].

Soulèvement de l'armée du Danube[modifier | modifier le code]

Alors que Maurice semble en passe de réussir à stabiliser la situation dans les Balkans, la grogne monte dans les rangs des soldats[33]. Depuis la mort de Justinien, les différents empereurs peinent à maintenir des effectifs suffisants pour les guerres qu'ils doivent mener et sont souvent contraints de réduire la paie, du fait des difficultés financières récurrentes. Ces événements contribuent à entretenir une défiance accrue de la troupe envers le pouvoir impérial. A quelques reprises, notamment en 593, des mouvements de protestation se sont élevés, en particulier face aux ordres d'hiverner en territoire ennemi, d'autant que les campagnes balkaniques offrent peu de perspectives de butin[34],[35]. Malgré tout, en 602, Maurice répète cet ordre à destination de l'armée dirigée par son frère. Cette fois encore, les soldats protestent mais Pierre, à la différence de Priscus quelques années plus tôt, refuse de céder. La situation commence à dégénérer, d'autant que l'empereur demande aux hommes de vivre sur le pays pour éviter d'avoir à les ravitailler. Bientôt, la protestation tourne à la rébellion. Un centurion du nom de Phocas est proclamé empereur par la troupe et Pierre s'enfuit pour Constantinople, où la situation est fragile[36]. Maurice vient en effet de connaître un hiver 601-602 compliqué, marqué une famine et des émeutes urbaines[37].

Face à l'avancée de l'armée des Balkans sur Constantinople, Maurice compte ses quelques soutiens. Il tente de mobiliser les Factions des Verts et des Bleus mais se heurte à son impopularité. Un compromis tente d'être trouvé et les factieux proposent d'élever sur le trône Théodose, qui refuse, puis Germanus mais Maurice s'y oppose[38]. Il tente même de le faire arrêter, ce qui engendre des émeutes au sein de la capitale. Abandonné de toutes parts, il finit par quitter la capitale le 22 novembre pour l'Asie Mineure. Il se réfugie à Nicomédie et envoie Théodose mander l'aide de Khosro face à l'usurpateur, comme lui l'a aidé dix ans plus tôt face à Bahram. Néanmoins, il est déjà trop tard. Phocas a pris le pouvoir et arrête rapidement Maurice et ses partisans, tandis que Théodose a vraisemblablement été rappelé par son père quelques jours avant et n'a jamais atteint l'Empire sassanide, même si des rumeurs attestent parfois de sa présence en Orient. Le nouvel empereur, premier à s'imposer sur le trône des Romains d'Orient par la force, inaugure un règne souvent violent et répressif, qui commence par l'exécution de Maurice et de l'ensemble de sa famille le 27 novembre, à Chalcédoine, plus précisément au port d'Eutropios. Héraclius, le successeur de Phocas, pourrait avoir élevé un mémorial en l'honneur de Maurice à l'endroit de son exécution[39] .

Maurice est connu pour être l'auteur de l'un des classiques de la pensée militaire, le Strategikon, qui offre la première théorie sophistiquée de l'utilisation des armes combinées jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Des historiens pensent toutefois que le Strategikon est l'œuvre de son frère ou de l'un des généraux de sa cour.

Politiques provinciales[modifier | modifier le code]

En rouge, le domaine contrôlé par l'exarque de Carthage.

En Occident, Maurice se distingue par la restructuration des provinces reconquises par Justinien, c'est-à-dire l'Italie et l'Afrique du Nord. Il en fait des exarchats dirigés par un gouverneur, l'exarque, qui cumule à la fois des fonctions civiles et militaires. C'est là un tournant qui s'inscrit dans la tendance générale de l'administration byzantine à mettre fin à la distinction héritée de la Rome antique entre ces deux fonctions. Territorialement, cette dichotomie s'incarne dans la coexistence des préfets du prétoire aux fonctions civiles et des maîtres des milices aux fonctions militaires. Justinien a déjà ponctuellement créé des postes de gouverneur unique mais Maurice va plus loin puisque ce sont désormais deux circonscriptions de grande taille qui sont créées. Elles doivent assurer une meilleure gestion de ces territoires périphériques menacés par les Lombards pour l'Italie et par les Maures pour l'Afrique[40]. L'exarque de Ravenne, créé vers 584-585 recouvre l'ensemble de l'Italie continentale encore contrôlée par l'Empire, autour des villes de Ravenne et de Rome, la côte de la Ligurie, l'enclave de Naples, le sud de la péninsule, ainsi que la Sicile[41], tandis que l'exarque de Carthage, qui apparaît en 591, a autorité sur l'Afrique du Nord tenue par l'Empire et les régions excentrées de l'Espagne byzantine, des îles Baléares, de la Sardaigne et de la Corse. Gennadios, le premier exarque, se distingue par ses succès contre les Maures et la pacification de la région[42]. Son successeur est Héraclius l'Ancien, le père du futur empereur Héraclius[43]. Les deux exarques deviennent parmi les principales autorités de l'Empire, par le contrôle qu'ils ont sur des espaces importants et par leurs compétences, qui s'étendent donc sur l'ensemble des affaires publiques.

Carte approximative de l'exarchat de Ravenne. La réalité du contrôle byzantin sur la Dalmatie et de larges portions de la péninsule est alors, au mieux, nominale.

En dépit de cette évolution, la présence byzantine en Italie demeure largement perturbée par les Lombards. En 584, Décio, qui pourrait être le premier exarque, répond à une demande d'aide du pape en lui indiquant qu'il a tout juste les moyens de défendre la région de Ravenne[44]. Dans les années 590, l'exarque Romanus obtient quelques succès et reprend plusieurs villes comme Modène, Parme ou Piacenza, grâce à une alliance avec le roi d'Austrasie Childebert II qui attaque les Lombards à revers[45]. Surtout, il a des relations exécrables avec le pape Grégoire Ier qui lui reproche son manque d'assistance face aux Lombards qui menacent Naples et parfois Rome. Grégoire va jusqu'à faire appel à l'empereur mais il essuie là aussi un refus. Maurice semble alors peu disposé à déployer des forces dans la péninsule alors qu'il combat les Slaves et les Avars dans les Balkans, ce qui explique en partie les relations difficiles entre le pape et l'empereur. Grégoire Ier se plaint régulièrement du manque de volonté de l'exarque de conclure une paix qui mettrait un terme au danger que font peser les Lombards sur la cité du pontife. En 594, Agilulf va jusqu'à l'assiéger alors que Romanus a retiré une bonne partie des maigres troupes romaines pour les déployer en d'autres endroits et Grégoire finit par négocier une trêve séparée[46]. Callinicus, qui remplace Romanus vers 596, se montre plus conciliant et accepte une paix armée avec Agilulf, le roi des Lombards, en 598. L'accord fait des Lombards les souverains légitimes des régions qu'ils occupent, ce qui entérine les pertes territoriales des Byzantins. Finalement, dans les dernières années du règne de Maurice, la paix est rompue par Callinicus qui capture les filles d'Agilulf et s'expose, en retour, aux raids des Lombards.

Quant à l'Espagne byzantine, loin de Constantinople, elle ne bénéficie que d'une attention résiduelle du pouvoir. Maurice semble avoir été attentif à y maintenir la présence impériale et pourrait y avoir envoyé l'important général Comentiolus comme gouverneur pour y restaurer les murailles de Carthagène. Confronté aux ambitions de Léovigild, il perd un peu de terrain mais parvient à un statu quo avec son successeur Récarède.

Enfin, des interactions notables sont rapportées entre le monde romain oriental et la Gaule, alors occupée par le royaume franc. Maurice noue une alliance fragile avec Childebert II et lui verse une importante somme d'argent en échange de la promesse d'assauts contre les Lombards mais le roi franc rechigne à plusieurs reprises avant de lancer quelques attaques vers 590[47]. Il soutient les prétentions au trône de Gondovald, un bâtard de Clotaire Ier exilé à Constantinople depuis plusieurs années. Un temps allié avec Gontran, il semble en mesure de s'imposer mais il est finalement tué en 585. Des historiens y ont parfois vu une tentative de Maurice de pénétrer dans l'ancienne Gaule mais un tel dessein est peu probable.

Politique religieuse[modifier | modifier le code]

A l'époque de Maurice, l'Empire byzantin est régulièrement secoué par des controverses théologiques entre différentes branches du christianisme, en particulier entre les Chalcédoniens, qui reconnaissent le concile de Chalcédoine et les monophysites, principalement présents en Syrie, en Palestine ou en Egypte. Les empereurs hésitent sur la marche à suivre et alternent entre volontés de conciliation et répression à l'égard des monophysites. Quelques éléments témoignent d'une politique répressive de Maurice, en particulier le massacre de quatre cents monophysites à Edesse. La lutte contre le paganisme est aussi poursuivie sous son règne, même si certains témoignages critiquent une propension à la tolérance envers les païens de la part de Maurice. Néanmoins, plusieurs personnages parfois hauts placés sont exécutés pour paganisme, à l'image du gouverneur de Carrhae Acindynus[48]. Dans l'ensemble, c'est surtout dans les dernières années de sa vie que Maurice se révèle moins indulgent envers les minorités religieuses. Michael Whitby émet l'hypothèse qu'il est alors désireux d'assurer son salut par une politique religieuse plus ferme[49]. A l'extérieur de l'Empire, il obtient l'adhésion de l'église de Géorgie et d'une partie de l'église arménienne aux principes du concile de Chalcédoine[50]. Autrement, il fixe la date de la fête de la Dormition de la Vierge au 15 août.

Maurice est aussi impliqué dans la dispute entre le pape et le patriarche de Constantinople autour de l'usage du terme œcuménique. L'évêque de Rome estime être le seul à pouvoir jouir de ce titre, qui lui confère une primauté parmi les autres patriarches mais le patriarche de Constantinople Jean IV le Jeûneur estime revendique ce statut. De manière générale, Maurice a des relations difficiles avec le pape Grégoire Ier et les deux hommes n'arrivent pas à s'accorder autour de plusieurs questions, comme l'organisation ecclésiastique dans les Balkans ou en Espagne ou l'attitude envers les Lombards. Si Maurice plaide pour l'agressivité, le pape est plus conciliant pour réduire la menace qui pèse sur Rome[51]. Ces divergences expliquent l'accueil chaleureux que réserve Grégoire à Phocas quand celui-ci renverse Maurice en 602. Elles sont aussi le signe de l'éloignement grandissant entre Rome et Constantinople puisque le pontificat de Grégoire voit l'émergence d'une autonomie réelle de la région romaine, contrainte de s'organiser elle-même, notamment pour assurer sa défense.

Pratique du pouvoir[modifier | modifier le code]

L'entourage de Maurice comprend un certain nombre de dignitaires importants, notamment de sa famille. C'est là une pratique courante des empereurs romains d'Orient. Il est proche de son cousin Domitien, qu'il envoie en ambassade auprès des Perses. Son frère Pierre, nommé à la dignité de curopalate, occupe des postes militaires de premier plan, avec des fortunes variées puisqu'il échoue à contrôler le début de rébellion en 602. Son beau-frère Philippicos peut encore être cité, puisqu'il devient comte des Excubites au début du règne de Maurice, ainsi que d'autres postes militaires élevés. Il s'appuie aussi sur un certain nombre de généraux, dont les plus éminents sont sûrement Priscus et Comentiolus, même si Théophylacte Symocatta a tendance à rabaisser leur valeur.

L'administration civile de Maurice est beaucoup moins connue. Un nouveau poste dans l'administration financière, le logothète, est mentionné sous son règne, sans qu'il soit possible de définir sa compétence exacte, mais il témoigne du désir d'agir sur les finances publiques de la part de Maurice. Il semble s'être appuyé sur les deux Factions des Bleus et des Verts en nommant certains membres dans son administration. L'un des aspects fondamentaux de son gouvernement est sa volonté d'assainir les finances publiques, que la politique dispendieuse de Tibère II Constantin ont affaibli. De manière frappante, il se nomme au consulat à la toute fin de l'année 583, pour s'exonérer de l'organisation coûteuse de jeux et de divertissements associés à l'événement. Il tente vraisemblablement de réduire la paie des soldats et gagne progressivement une réputation d'avarice et une impopularité de plus en plus grande[52].

Comme ses prédécesseurs depuis Justinien, il entreprend plusieurs constructions mais les difficultés financières de l'Empire restreignent ses ambitions. Il termine certaines constructions entreprises par Tibère, notamment le palais de Bryas[53]. Il fait surtout bâtir des édifices religieux, dont une église dédiée à Saint-Georges et une autre proche du quartier des Blachernes. Il lui est aussi souvent attribué, sans certitudes, l'élévation de l'icône du Christ sur la façade de la Chalkè, l'entrée solennelle du Grand Palais. D'autres constructions plus modestes ou des réparations lui sont attribuées, comme la restauration du palais de Sophia pour sa belle-mère Anastasia, un arsenal à l'extérieur des murailles de Constantinople, proche du fond de la Corne d'Or et la réparations d'aqueducs. S'il semble avoir été plus frugal en matière de représentations impériales, des statues de sa famille sont probablement érigées sur la façade de la Chalkè. Enfin, il pourrait avoir détruit quelques bâtiments ou sculptures, souvent d'origine païenne[54].

Un autre aspect notable du gouvernement de Maurice est l'organisation de sa succession. En 597, il livre une forme de testament politique, dans lequel il prévoit de diviser l'Empire d'Orient en deux parties au moins. Celle à l'est, centrée sur Constantinople, serait gouvernée par son fils aîné, Théodose, tandis qu'à l'ouest, Tibère régnerait à Rome sur les possessions occidentales de l'Empire, soit l'Italie, l'Afrique byzantine et les îles de l'ouest de la Méditerranée jusqu'à la côte andalouse. Si ce projet n'a jamais pu se concrétiser du fait du renversement de Maurice, il fait bien évidemment écho aux pratiques remontant à Dioclétien de division de l'Empire romain pour en améliorer la gouvernance.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Maurice a épousé Constantina, la fille de son prédécesseur Tibère II Constantin, petite-fille d'Anicia, épouse de Magnus, fils de Probus et d'Anastasia, fille d'Anastase Ier Dikoros et d'Aspidia.

De l'union de Maurice et Constantina sont issus :

et cinq filles dont :

  • Anastasie (décédée vers 605) ;
  • Théoctiste (décédée vers 605) ;
  • Cléopâtre (décédée vers 605) ;
  • Marie (Miriam) épouse supposée de Khosro II, empereur sassanide, selon les Chroniques de Michel le Syrien.

Les têtes de Maurice et de ses fils sont présentées à Phocas qui les fit exposer à l'Heddomon. Quelques jours après, le corps de Maurice est déposé à Saint-Mamas ainsi que ceux de son épouse et de ses enfants et l'on grave sur leur tombeau une longue inscription.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Si Maurice est profondément impopulaire au moment de sa mort, du fait des difficultés structurelles d'un Empire dont les finances sont fragiles et l'effort militaire constant, les chroniqueurs ultérieurs lui sont généralement favorables. Son règne fait alors écho à celui de son successeur, largement considéré comme calamiteux. Les historiens modernes sont assez unanimes sur les mérites de Maurice, général de talent qui parvient habilement à rétablir une paix favorable en Orient et semble sur le point de sauvegarder la frontière danubienne. Georg Ostrogorsky estime qu'il « compte parmi les souverains les plus remarquables de Byzance » et que « son règne marque une étape importante dans l'évolution de l'Etat bas-romain sénile vers la nouvelle et vigoureuse organisation qui sera celle de l'empire byzantin médiéval »[55].

Personnage de légendes et de l'épique balkanique[modifier | modifier le code]

Les premiers récits légendaires sur la vie de l'empereur Maurice sont constatés au IXe siècle dans l'œuvre de l'historien byzantin Théophane le Confesseur. Selon sa chronique (Chronographia), la mort de la famille impériale est décidée par une intervention divine ; le Christ a demandé a l'empereur de choisir entre un long règne sur son empire ou la mort et l'acceptation dans le royaume céleste. Maurice préférera le deuxième choix[56].

La même légende est rapportée par une courte hagiographie syriaque sur la vie de l'empereur, sanctifiée plus tard par l'église orthodoxe grecque[57]. Selon les auteurs syriaques, l'empereur demandait dans ses prières de recevoir un châtiment dans ce monde et une « récompense parfaite » dans le royaume des cieux. Le choix est proposé ici par un ange :

« (L'ange) le vit tandis qu'il faisait l'office et lui dit « Tu as fatigué Dieu par ta prière depuis longtemps. Tu demandes à Dieu et tu requiers de souffrir ici (bas) la punition du péché à cause duquel tu ne serais pas digne du degré parfait, et de ne pas être privé à cause de lui du bien parfait. Je puis te témoigner que tu as tel péché qui te prive du degré supérieur ; tu auras cependant part avec les saints. Si tu veux conserver ton royaume et la vie de tes enfants pendant longtemps, cesse d'adresser cette demande, et, à la résurrection, ta récompense sera celle des justes. Si tu veux la récompense la plus élevée et être puni ici-bas, voici quelle sera ta punition : « tu seras privé de ton royaume, tes enfants seront massacrés sous tes yeux et, à la fin, tes ennemis te brûleront. Choisis donc ce que tu veux[58]. »

Selon une autre légende du même texte, Maurice aurait aussi empêché une nourrice de substituer son propre fils à un de ses enfants et sauver ainsi du bourreau au moins un des héritiers de l'Empire[59].

Cette légende n'aura de cesse de s'amplifier dans les Balkans. Maurice est en fait le dernier empereur d’une dynastie illyrienne dont l'origine est dans le centre des Balkans, dans la ville de Justiniana Prima, et les peuples de la région se sont identifiés avec sa famille. Des auteurs roumains ont remarqué des parallèles entre les récits légendaires sur la mort du prince Constantin II Brâncoveanu, et les récits sur la mort de la famille impériale byzantine. Juste avant l'exécution, la nourrice tzigane du fils cadet de Brâncoveanu, remplace le jeune prince par son propre fils pour sauver au moins un héritier de la famille princière, et le souverain roumain refuse[60].

La proposition de l'ange à l'empereur pour choisir entre la vie en ce monde et la vie dans le royaume des cieux ainsi que le motif de la mort des neuf princes sont récurrents dans la tradition épique des montagnards albanais, monténégrins et bosniaques[61]. Le personnage central du Cycle des Kreshnik albanais, Gjeto Muji (Muji l’enfant trouvée), sa femme Ajkuna, ou Kuna, selon les chansons, reflètent pour les folkloristes albanais, les noms et l'histoire de l'empereur Maurice et sa femme Constantina. Les neuf Tibères sont remémorées dans les chansons albanais comme les neuf dibrans. De même, dans l'épopée monténégrine le prince légendaire Nahod Momir (Momir l'enfant trouvée) et sa sœur Grozdana se réfèrent à l'empereur et sa sœur Gordia. L'épithète épique « l'enfant trouvée » reflète l'épisode de l'adoption de Maurice par l'empereur Tibère, et par la dynastie impériale de Justin. Dans l'épopée bosniaque, l'empereur est appelé Mouio Tcarevitch (Mouio le fils de l'empereur)[61].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edward Gibbon (trad. François Guizot), Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, t. 8, Paris, Lefèvre, (lire en ligne), p. 342. Selon Gibbon, Maurice est monté sur le trône à l'âge de 43 ans et a commencé son règne le 13 août 582, d'où 539 = 582-43.
  2. Whitby 1988, p. 4.
  3. Voir par exemple (en) Peter Charanis, « A Note on the Ethnic Origin of the Emperor Maurice », Byzantion, vol. 35,‎ , p. 412-417
  4. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 856-857.
  5. Whitby 2008, p. 96.
  6. Dodgeon, Greatrex et Lieu 2002, p. 160-162.
  7. Dodgeon, Greatrex et Lieu 2002, p. 162-163.
  8. Shahîd 1995, p. 414.
  9. Dodgeon, Greatrex et Lieu 2002, p. 165.
  10. Shahîd 1995, p. 439-443.
  11. Shahîd 1995, p. 444-445.
  12. Dodgeon, Greatrex et Lieu 2002, p. 163-166.
  13. Treadgold 1997, p. 226.
  14. Dodgeon, Greatrex et Lieu 2002, p. 166-167.
  15. Petersen 2013, p. 379.
  16. Whittow 1996, p. 47.
  17. Whittow 1996, p. 48.
  18. Treadgold 1997, p. 228.
  19. Mitchell 2007, p. 448.
  20. Morrisson 2004, p. 347.
  21. a et b Ostrogorsky 1996, p. 111.
  22. Petersen 2013, p. 378.
  23. Mitchell 2007, p. 405.
  24. Petersen 2013, p. 381.
  25. Whitby 1988, p. 143.
  26. Pohl 2002, p. 105-107.
  27. Kaplan 2016, p. 125.
  28. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 680.
  29. Treadgold 1997, p. 230.
  30. Whitby 1988, p. 162-165.
  31. Pohl 2018, p. 157.
  32. Whitby 1988, p. 184.
  33. Mitchell 2007, p. 408.
  34. Mitchell 2007, p. 447.
  35. Whitby 1988, p. 176-177.
  36. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 1010.
  37. Treadgold 1997, p. 235.
  38. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 331-332.
  39. Voir à ce sujet (en) Cyril Mango, « A Memorial to the Emperor Maurice ? », Deltion, Athènes, vol. 24,‎ , p. 15-20 (lire en ligne)
  40. Kazhdan 1991, p. 767.
  41. Mitchell 2007, p. 446.
  42. Morrisson 2004, p. 37.
  43. (en) Walter Emil Kaegi, Heraclius, Emperor of Byzantium, Cambridge University Press, , p. 25.
  44. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 391.
  45. Morrisson 2004, p. 39.
  46. (en) Robert Austin Marcus, Gregory the Great and His World, Cambridge University Press, (ISBN 9780521586085), p. 100-103.
  47. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 288-290.
  48. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 10-11.
  49. Whitby 1988, p. 21-23.
  50. Pierre Maraval, Le Christianisme : de Constantin à la conquête arabe, PUF, coll. « Nouvelle Clio », (ISBN 978-2-13-054883-6), p. 312.
  51. Whitby 1988, p. 23-24.
  52. Whitby 2000, p. 99-100.
  53. (en) Henry Maguire, Byzantine Court Culture from 829 to 1204, Dumbarton Oaks, (ISBN 9780884023081), p. 24.
  54. Whitby 1988, p. 19-21.
  55. Ostrogorsky 1996, p. 110.
  56. (en) Theophanes (the Confessor) et Roger Scott, The chronicle of Theophanes Confessor: Byzantine and Near Eastern history, AD 284-813, Clarendon Press, (lire en ligne) pp. 410.
  57. Commémoré le 28 novembre selon le Typikon de la Grande Église et le 28 août selon le Synaxaire palestino-géorgien, cf. Wortley J. « The legend of the Emperor Maurice », dans Actes du XVe Congrès International d’Études byzantines, (Athènes, 1976), tome IV, Athènes, 1980, pp. 382-391.
  58. F. Nau, Les légendes syriaques d'Aaron de Saroug, de Maxime et Domèce, d'Abraham, maitre de Barsoma et de l'empereur Maurice, Brepols, Turnhout, (lire en ligne), p. 774-775.
  59. F. Nau, Les légendes syriaques d'Aaron de Saroug, de Maxime et Domèce, d'Abraham, maitre de Barsoma et de l'empereur Maurice, Brepols, Turnhout, (lire en ligne), p. 776-778.
  60. A. Fochi, Cântecul epic …, pp. 104-105 ; Gh. Vrabie, Eposul popular românesc. Teme-motive, structuri poematice, Bucarest, 1983, pp. 227-229.
  61. a et b (sq) Gjergji Shuka, Tridhjetë Këngë Dhe Legjenda Ballkanike: Studim Mbi Origjinën Historike, Gjergji Shuka, (ISBN 9789928109866, lire en ligne), pp. 527-568.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Dodgeon, Geoffrey Greatrex et Samuel Lieu, The Roman Eastern Frontier and the Persian Wars Ad 363-628, Londres, Routledge, , 430 p. (ISBN 0-415-00342-3)
  • (en) Walter Emil Kaegi, Byzantine Military Unrest, 471-843, Amsterdam, Adolf M. Hakkert,
  • (en) John R. Martindale, A. H. M. Jones et John Morris, The Prosopography of the Later Roman Empire : Volume III, AD 527–641, Cambridge (GB), Cambridge University Press, , 1575 p. (ISBN 0-521-20160-8)
  • (en) Stephen Mitchell, A History of the Later Roman Empire, AD 284-641, John Wiley & Sons, (ISBN 9781118341063)
  • Cécile Morrisson (dir.), Le Monde byzantin I, l'Empire romain d'Orient (330-641), Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 489 p. (ISBN 978-2-13-059559-5)
  • Georg Ostrogorsky, Histoire de l'Etat byzantin, Payot,
  • (en) Leif Inge Ree Petersen, Siege warfare and military organization in the successor states (400-800 AD) : Byzantium, the West and Islam, Leiden/Boston, BRILL, , 852 p. (ISBN 978-90-04-25446-6, lire en ligne). 
  • (en) Irfan Shahîd, Byzantium and the Arabs in the sixth century, Volume 1, Dumbarton Oaks, (ISBN 978-0-88402-214-5, lire en ligne)
  • (en) Warren Treadgold, A History of the Byzantine State and Society, University of Stanford Press, , 1019 p. (ISBN 978-0-8047-2630-6, lire en ligne)
  • (en) Michael Whitby, The Emperor Maurice and his Historian - Theophylact Simocatta on Persian and Balkan Warfare, Oxford University Press, (ISBN 0198229453)
  • (en) Michael Whitby, « The successors of Justinian », dans A. Cameron, B.Ward-Perkins et M. Whitby, The Cambridge Ancient History, Volume XIV. Late Antiquity: Empire and Successors, A.D. 425–600, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-32591-2), p. 86–111
  • (en) John Wortley, « The legend of the Emperor Maurice », Actes du XVe Congrès International d'Etudes byzantines, Athènes,‎ , p. 382-391

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]