Croix occitane

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Croix occitane

La croix occitane (crotz occitana), croix du Languedoc, croix de Provence ou croix de Toulouse en héraldique est un type de croix qui sert d’emblème à l’Occitanie[1] et à plusieurs de ses composantes (anciennes provinces, départements, villes et villages). Elle est d’origine provençale[2], portée par la dynastie des bosonides. Elle a été transmise au Comté de Toulouse par le mariage entre le Comte de Toulouse et la nièce du Comte de Forcalquier selon Louis Antoine de Ruffi dans son livre sur l'Histoire de la Ville de Marseille[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Extrait de l'Histoire de Marseille, de Louis Antoine de Ruffi.

C’est une croix à quatre branches de même longueur (croix grecque). Cette croix de Provence a été nommée croix de Toulouse lorsque Guillaume III de Toulouse a hérité du marquisat de Provence à la suite de son mariage avec une fille de Provence, Emma fille de Roubaud de Provence, petite fille de Boson roi d’Arles. Cette croix est blasonnée : croix cléchée (les branches en forme de panneton de clé), vidée (on voit le champ au travers de ses branches) et pommetée de douze pièces (chaque pointe est garnie d'une « petite pomme » dite « pommette »). Les douze « pommettes » ont pu être interprétées comme une référence aux douze apôtres ou aux douze tribus d’Israël. Sa couleur est d’or (jaune) sur fond de gueules (rouge) à l’instar des armoiries des principaux lignages d’Occitanie : Aragon (quatre bandes verticales), Foix (trois bandes verticales), Rouergue (léopard), Carlat (lion), Turenne (bandes obliques), Auvergne (ancien, issu des ducs d'Aquitaine) (une bande en travers), Gévaudan (huit bandes verticales), Castille (châteaux), Navarre (chaînes), Béarn (vache), Aquitaine (léopard), qui deviendront celles d'Angleterre[Information douteuse] [?] (trois léopards), etc.

Selon Bertrand de la Farge[4], la croix occitane pourrait provenir d'une synthèse entre la croix tréflée d'origine copte (croix de Saint-Maurice) et une croix byzantine. D'autres érudits ont mis en avant des influences wisigothiques. Pour Pierre Salies[5], cette figure aurait été composée dans l'entourage des Comtes de Toulouse, lors des premières croisades, notamment par Baudoin de L'Isle-Jourdain qui adopta la même croix pour son blasonnement lors de ses Croisades avec les Comtes de Toulouse.

Actuellement, de nombreux historiens indiquent que cette croix est bien apparue d'abord en Provence, elle s'est donc appelée croix des comtes de Provence et même croix d'Arles. Plus tard elle a pu également provenir de Venasque au XIIe siècle, pour Henri Rolland[6], dans l'entourage des vicomtes de Marseille dès le XIe siècle pour Antoine de Rufi[7], et peut-être avec Guilhem Ier de Provence, dit Guilhem le Libérateur, qui a vaincu les Sarrasins à La Garde-Freinet en 972[8].

Différentes appellations[modifier | modifier le code]

Dans ses couleurs traditionnelles, « croix d'or sur un champ de gueules », la croix occitane est aussi appelée croix des comtes de Toulouse, croix de Toulouse, croix du Languedoc, croix de Midi-Pyrénées, croix d'Occitanie. D'autres croix utilisent d'autres combinaisons de couleurs : la croix de Gigondas est d'argent sur un champ azur; la croix de Venasque est d'azur sur un champ d'or.

Usages[modifier | modifier le code]

Par les cathares[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catharisme.

Selon René Nelli, la croix du Languedoc, croix « évidée et pommetée », fut « un symbole de ralliement cathare », puisqu'elle fut la croix des armoiries des comtes de Saint-Gilles, devenues celle des comtes de Toulouse, puis du Languedoc, avant la croisade catholique et l'Inquisition qui visa à exterminer les Cathares[9]. Cette interprétation ne semble pas s'appuyer sur des faits historiques reconnus, mais plutôt sur une forme de militantisme où les Cathares font figure de héros fondateurs. Dans cette interprétation, la croix ne serait pas en contradiction avec les fondements de la religion cathare, qui réprouve la croix comme symbole du supplice du Christ, et serait plutôt un symbole solaire.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le nom officiel en héraldique est « croix de Toulouse » et est une croix alésée, vidée, cléchée et pommetée d'or sur champ de gueules.

Cette croix est présente sur de nombreux blasons de communes, en Languedoc et dans l'ancien pays de Venasque, mais aussi plus loin en Occitanie (Hautes-Alpes, Creuse). Elle figure sur le blason officiel des départements des Hautes-Alpes et de Tarn-et-Garonne. Quand elle n'est pas or sur gueules, l'évocation est moins directe et/ou peut s'assimiler à une brisure.

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Drapeaux[modifier | modifier le code]

La croix dite de Toulouse est sous l'Ancien Régime l'emblème de l'ancien Comté de Toulouse, mais elle tend aujourd'hui à devenir l'emblème des autres régions limitrophes de langue occitane. La croix du drapeau occitan, sous l'impulsion du Parti de la nation occitane, a été complétée de l'étoile à sept branches (symbole du Félibrige).[réf. nécessaire]

Dans les vallées occitanes d'Italie, en application de la loi 482-99 concernant les minorités linguistiques, de nombreuses communes organisent une cérémonie[10] autour de la pose du drapeau occitan sur les bâtiments officiels. Un texte est lu en occitan et italien, expliquant les motifs de la cérémonie puis le drapeau est hissé au son du Se canta. Cette cérémonie s'est déroulée pour la première fois en France, dans le village de Baratier, dans les Hautes-Alpes, le .

En Val d'Aran, le drapeau officiel présente la croix occitane et l'écu de cette vallée autonome de Catalogne.

Les drapeaux imaginés à partir des propositions de Robert Louis pour les blasons des départements issus de la province de Languedoc incluent souvent la Croix occitane. L'ancien drapeau de Languedoc-Roussillon combinait la croix occitane et les barres catalanes.

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Le motif de la croix occitane est utilisé par certaines collectivités territoriales dont une partie du territoire correspond à celui de l'ancien comté de Toulouse : Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Venasque. On le trouve également sur la signalétique pour indiquer la langue occitane (panneaux à l'entrée des villes).

Le drapeau de l'Occitanie flotte également sur les bâtiments du Conseil général de Lot-et-Garonne.

La loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques interdit le port de « signes religieux ostentatoires ». Jusqu'à présent, malgré des débats pour savoir si les croix régionales sont des signes religieux[11] il n'y a pas eu d'élève exclu pour le port de ces croix. De fait la croix occitane renvoie davantage à une communauté linguistique qu'à une pratique religieuse[12].

Croix de toulouse tracée sur le sol de la place du capitole de Toulouse, avec sur les sommets de la croix les 12 signes astrologiques

Logos[modifier | modifier le code]

La croix figure sur de nombreux logos de collectivités et de clubs sportifs.

Commerce[modifier | modifier le code]

Une bouteille de Colà Occitan.

La Brasserie d’Oc produit un cola d’alternative culturelle arborant la croix occitane sur ses bouteilles.

La croix occitane est un motif utilisé dans la bijouterie pour des bagues, des pendentifs, des bracelets ou autres[13],[14].

L'hypermarché Auchan de Marsac-sur-l'Isle (Dordogne) utilise la croix occitane dans sa signalétique[15],[16].

Culture et sports[modifier | modifier le code]

La croix occitane est fréquemment présente sur des affiches de festivals, d’événements et d’autres manifestations occitanes[17].

L’équipe d'Occitanie de football arbore la croix occitane sur ses maillots tout comme le Montpellier Hérault Rugby ou encore le Guidon Fuxéen (club cycliste de Foix). Elle apparaît également sur les logos du Toulouse Football Club ou du Fenix Toulouse Handball.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sèrgi Granier, "La crous óucitano - La crous de Fourcauquié", Prouvènço aro, n°207, 01/2006, pp. 8-9, lire en ligne sur le site CIEL d'Oc
  2. Henri Rolland, « L’origine provençale de la croix de Toulouse », Provence historique, vol. 1, no 1, juillet-septembre 1950, p. 52-58 (ISSN 0033-1856). Lire en ligne
  3. Louis Antoine de Ruffi, Histoire de la VIlle de Marseille, Henri Martel éd., Marseille, 1696 PP55 à 57.
  4. Bertran de la Farge, "Petit Précis; la Croix Occitane", Loubatières, 2000, page 71
  5. Revue Archistra d'octobre-novembre 1994, n° 128 et de décembre 1994, n° 130
  6. Henri Rolland, revue "Provence historique" T. 1, fasc. 1, juillet-septembre 1950
  7. Antoine de Rufi, "Histoire de la ville de Marseille", 2de ed, Henri-Martel Imprimeur-Libraire, 1696
  8. L. Jéquier, C'est à la suite du mariage du comte de Toulouse, Guillaume III Taillefer, avec Emma de Provence vers 1019, fille de Roubaud de Provence que la croix de Provence est passée à la maison de Toulouse devenant désormais la croix dite "de Toulouse" puis bien plus tard du nom sous lequel nous la connaissons aujourd’hui : croix du Languedoc. On la retrouve dans "Les origines des armoiries", Académie internationale d'héraldique, actes du IIe colloque international d'héraldique, Paris, éd. Le Léopard d'or, 1983, p. 66-67
  9. René Nelli, la vie quotidienne des cathares au XIIIe siècle. éd. Le Livre de poche.
  10. « Bandiera ÒC sus las Comunas », sur le site de la Chambra d'Òc : photographie des cérémonies.
  11. « Insignes religieux : "La Ligue 24 prend position" », sur le site de la Ligue de l'enseignement de Dordogne.
  12. « Armoiries et emblèmes de Toulouse », sur Mairie de Toulouse (consulté le 24 avril 2015) : « Il faut d'emblée préciser qu'elle n'a rien à voir avec l'iconographie chrétienne ».
  13. Croix occitane sur cdiscount.com
  14. Bijoux occitans
  15. Photo de l'entrée du magasin Auchan près de Périgueux
  16. L’òc à Auchan par Jean Ganiayre, conseiller général du canton de Brantôme.
  17. Par exemple: Estiu occitan

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Rolland, « L’origine provençale de la croix de Toulouse », Provence historique, vol. 1, no 1,‎ , p. 52-58 (ISSN 0033-1856)
  • Hervé Aliquot et Robert Merceron, Armorial d'Avignon et du comtat Venaissin, Avignon, Aubanel, , 160 p. (ISBN 2-7006-0123-8)
  • Bertran de la Farge, Petit Précis de la Croix Occitane, Loubatières, (ISBN 2862663301)
  • Raymond Ginouillac, La Croix Occitane, Institut d'Etudes Occitanes du Tarn, (ISBN 9782951939738)
  • Marie-Hélène Morot-Sir mémoire sur Arles et la Provence" Arles petite Rome des Gaules"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]