Clark Art Institute

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Clark Art Institute
Clark Art Institute, Williamstown, MA - main entrance.JPG

Clark Art Institute

Informations générales
Type
Musée et Centre de recherche en Histoire de l'art
Ouverture
17 mai 1955
Dirigeant
Site web
Collections
Provenance
Europe - Etats-Unis
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
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Le Sterling & Francine Clark Art Institute, plus fréquemment connu sous le nom de Clark Art Institute - ou plus simplement encore sous l'appellation Le Clark -, est un musée d'art situé à Williamstown dans le Massachusetts (États-Unis).Il abrite également une structure de recherche, le Research and Academic Program[1], et un programme académique, le Williams College Graduate Program en Histoire de l’art, en coopération avec le Williams College[2].Ses collections se composent de peintures, sculptures, estampes, dessins, photographies et arts décoratifs européens et américains, sur une période allant du XIVe siècle jusqu’au début XXe siècle. Il forme avec le Massachusetts Museum of Contemporary Art (MassMoCA), le Williams College Museum of Art (WCMA), et le Bennington Museum, le quator de musées du Berkshire, composant culturel majeur de la région. La direction de l'institution est assurée par Olivier Meslay depuis août 2016[3] (Felda and Dena Hardymon Director étant la dénomination officielle).

Histoire[modifier | modifier le code]

Sterling Clark: Histoire d'un collectionneur et de sa collection[modifier | modifier le code]

Héritier d’une très riche famille new-yorkaise, propriétaire d’une grande partie du West Side de Manhattan et actionnaire principal de la Singer Manufacturing Company, productrice des machines à coudre Singer, Robert Sterling Clark dénote parmi ses semblables. Aventurier, il sert au sein de l’armée américaine en Chine et aux Philippines durant la révolte des Boxers, puis en Europe lors de la Première Guerre Mondiale. Il s’installe à Paris en 1910, où il rencontre la même année Francine Modzelewska, une actrice de la Comédie-Française qu’il épouse en 1919. Cette dernière aura une certaine influence sur la collection de Sterling Clark : elle est ainsi à l’origine de l’acquisition d’œuvres de Toulouse-Lautrec, comme la lithographie Jane Avril.

Le goût de Sterling pour l’art se manifeste au début des années 1910, notamment lorsqu’il requiert de son frère Stephen, grand collectionneur d’art avec qui il échange régulièrement, l’envoi de toiles de Jean-François Millet, Gilbert Stuart et George Inness ayant appartenues à leurs parents, pour décorer sa propriété parisienne. Nombre des plus belles œuvres de sa collection furent d’ailleurs acquises entre 1912 et 1923, comme La vierge à l’enfant de Piero della Francesca acquise en 1914, ou encore Fumée d’ambre gris de Sargent. C’est en 1916 que Sterling et Francine Clark commencent à s’intéresser aux impressionnistes français, avec l’acquisition du Renoir Jeune femme au crochet, premier d’une série de trente-huit Renoir collectés par le couple. Il fait aussi l’acquisition de trois Winslow Homer et d’un Rembrandt en 1923.

Robert Sterling Clark

Collectionneur atypique, Sterling Clark acquiert ses œuvres sans les conseils d’expert, ne faisant d’ailleurs confiance qu’à peu de marchands d’art, traitant principalement avec Knoedler and Colnaghi. Il reste très discret sur sa collection, prêtant rarement et anonymement, n’est membre d’aucun conseil d’administration de musée et ne participe que très peu aux vernissages et autres évènements du genre. Autre particularité, il éprouve un certain plaisir à s’intéresser à des œuvres sous-évaluées sur le marché de l’art, et voit dans l’appréciation de leur prix une forme de reconnaissance de sa propre expertise.

Le krach boursier de 1929 et la Grande Dépression n’affectent pas la fortune de Sterling Clark, et lui bénéficient même, lui permettant d’acheter des œuvres majeures pour un prix dérisoire, à des amateurs d’art ruinés et contraints de vendre, à l’instar du Turner Rockets and Blue Lights (Close at Hand) to Warn Steamboats of Shoal Wate, acquis en 1932 pour la moitié du prix payé par le précédent acquéreur. A la fin des années 30, Sterling Clark, qui craint une nouvelle guerre, fait rapatrier la grande majorité de sa collection outre-Atlantique, une partie étant mise à l’abri à la Royal Bank of Canada de Montréal. Après-guerre, les acquisitions d’art par les Clark se font plus rares, et leur collection demeure avec eux sur le continent américain. Elle est installée au cours des années 1950 dans le musée qu’ils fondent a Williamstown, Massachussetts.  C’est l’occasion pour Sterling Clark de voir pour la première fois réunie en un même lieu l’ensemble de sa collection, auparavant dispersée entre New York et Paris. Sterling Clark choisit délibérément de ne révéler que progressivement l’ensemble de sa collection au public, ouvrant chaque année de nouvelles galeries pendant les cinq ans suivant l’inauguration.

Francine Clark

Sterling Clark meurt en décembre 1956, Francine lui succédant à la tête du musée, avant de s’éteindre à son tour en avril 1960.

Le choix du lieu[modifier | modifier le code]

La fondation d’un musée à Williamstown n’a pas toujours été l’idée de Sterling Clark, qui a longtemps hésité sur la façon dont il rendrait accessible au public après sa mort les œuvres d’art dont il disposait.

Les dispositions testamentaires de Sterling Clark concernant sa collection ont évolué au cours du temps, tantôt à la faveur d’institutions françaises comme le Petit Palais, ou américaines comme le Virginia Museum of Fine Arts, ou encore le Metropolitan Museum of Arts. Il songe également à fonder un musée dans un lieu plus rural, projet proposé à son frère Stephen collectionneur d’art lui aussi. Cette hypothèse présentait à ses yeux des avantages : certes, exposée à New York, sa collection attirerait plus de monde, mais elle souffrirait aussi de la comparaison avec d’autres collections de musées plus importants. New York reste toutefois une option pour Sterling Clark : fasciné par la Frick Collection, il murit peu à peu le projet de créer un musée au cœur de New York entre la 71eme rue et la 5e Avenue, allant jusqu’à y acquérir une propriété au début des années 1940.

Cela étant dit, Sterling Clark reste très marqué par la guerre, ayant vécu la Grande guerre et perdu lors de la Seconde Guerre Mondiale une propriété en Normandie, détruite par les bombardements alliés. Dans un contexte de guerre froide, inquiet à l’idée d’une troisième guerre, il reconsidère son projet et l’idée de mettre à l’abri sa collection a la campagne, à une distance raisonnable d’une grande ville, refait surface. La visite en janvier 1949 des Professeurs d’histoire de l’art Karl Weston et S. Lane Faison Jr, enseignants au Williams College situé à Williamstown, dans le Massachussetts, va s’avérer être une étape importante dans le choix du lieu. Impressionnés par la collection des Clark, ils convainquent le Président du Williams College J. Phinney Baxter d’inviter le couple à Williamstown. Une chaleureuse amitié se développe entre les Clark et Baxter, renforçant des liens déjà existants entre le Williams College et Sterling Clark, dont le père avait été un membre du Conseil d’administration, et le grand-père un étudiant. Les Clark acquièrent à Williamstown un terrain et deux propriétés sur South Street, et, six mois après la première rencontre entre les Clark et le Président Baxter, les statuts du futur musée sont signés, le 4 mars 1950 

Fondé le 14 Mars 1950 par Sterling et Francine Clark, le Sterling and Francine Clark Art Institute ouvre au public le 17 mai 1955.

Architecture[modifier | modifier le code]

Bâtiment originel[modifier | modifier le code]

Le bâtiment dessiné par Daniel Perry pour abriter les collections des Clark, achevé en 1955

C’est l’architecte Daniel Perry, basé à Long Island, qui se voit chargé des plans et de la construction du futur musée, que Sterling Clark veut classique, de taille modeste et bénéficiant avant tout d’une lumière naturelle, à l’instar de celle de la Frick Collection. Pensé par l’architecte comme un lieu dédié à l’art, à la beauté et à l’excellence, le bâtiment d’un style néoclassique, évoque à dessein un temple de la Grèce Antique.  Il abrite les galeries d’exposition originelles et la collection permanente du musée..

Manton Researcher Center[modifier | modifier le code]

A la mort de ses fondateurs, le Clark Art Institute n’est pas lié par de trop contraignantes dernières volontés de ces derniers, aussi le Conseil d’Administration peut-il choisir de développer l’institution au-delà de ce qui était prévu. La création d’un programme académique en Histoire de l’Art et d’une bibliothèque de recherche, ainsi que l’afflux croissant de visiteurs entrainent un besoin d’espace supplémentaire, à l’origine de la construction d’un nouveau bâtiment, le Manton Research Center. Dessiné par Norman Fletcher et Pietro Belluschi, doyen du Département d’Architecture au Massachussetts Institute of Technology, le nouveau bâtiment ouvre ses portes en 1973, après dix ans de travaux. Il abrite aujourd’hui les bureaux, la bibliothèque de recherche, le programme académique ainsi que la Manton Collection of British Art. En 2007 il est renommé Manton Research Center en mémoire de Sir Edwin A. G. Manton, qui fit don au Clark Art Institute d’une collection de plus de deux cent œuvres d’art britanniques.

Le Manton Research Center, dessiné par Norman Fletcher et Pietro Belluschi et achevé en 1973

Nouveaux bâtiments[modifier | modifier le code]

Le Stone Hill Center, dessiné par Tadao Ando et Reed Hilderbrand Associates

Pour faire face au besoin de nouveaux bâtiments répondant aux normes de conservation d’œuvres d’art, ainsi qu’à la nécessité de locaux pour abriter le centre de conservation et de restauration des œuvres d’art en collaboration avec le Williams College Museum of Arts, le Conseil d’Administration du Clark Art Institute vote un nouveau projet de bâtiment, lequel change considérablement le visage du musée. L’entreprise d’architecture paysagiste Reed Hilderbrand Associates et l’architecte Tadao Ando, lauréat du prix Pritzker se voient charger du projet, qui aboutit à la construction du Stone Hill Center, achevé en 2008. La seconde phase des travaux prend fin an 2014, débouchant sur la création de nouveaux bâtiments pour accueillir les visiteurs, des conférences et évènements, ainsi que la terrasse et les deux bassins. Dessiné par Reed Hilderbrand Associates et donnant sur la montagne, ce nouvel espace extérieur souligne la beauté naturelle du lieu. Les travaux de rénovation du bâtiment originel et du Manton Research Center sont l'œuvre de l'architecte new-yorkaise Annabelle Selldorf. La volonté de préserver l’intimité du Clark et d’en faire un endroit en harmonie avec la nature furent au cœur des différents projets architecturaux.

Institution scientifique et académique[modifier | modifier le code]

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Votée en 1962 par le Conseil d’Administration, la bibliothèque du Clark Art Institute, réputée être l’une des meilleures pour l’étude de l’histoire de l’art, est intrinsèquement liée à la vocation scientifique et académique de l’institution. Cette décision intervient alors que les administrateurs du musée entament la démarche de créer un programme académique en histoire de l’art pour les étudiants diplômés, en collaboration avec le Williams College, programme aujourd’hui connu sous le nom du Graduate Art Program. C’est donc assez logiquement qu’une bibliothèque de rechercher en histoire de l’art est fondée, mettant à disposition des étudiants et des chercheurs les livres illustrés et autres volumes rares de Sterling Clark sur le sujet.  Elle est progressivement enrichie par l’acquisition des bibliothèques de l’historien de l’art W.R. Juynboll et des marchands d’art Duveen. Aujourd’hui sa collection comprend plus de 250 000 volumes, incluant des livres, des périodiques reliés, ou encore des catalogues de ventes aux enchères. Elle fut également le siège de l’ancien Répertoire International de la Littérature de l’Art (RILA), devenu par la suite le Bibliography of History of Art (BHA), jusqu’en 2000. La bibliothèque de recherche du Clark Art Institute a la particularité d’être ouverte au public toute l’année.  

Williams College Graduate Program en Histoire de l’Art[4][modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, le Conseil d’Administration du Clark entame les discussions avec le Williams College, également situé à Williamstown, pour la création d’un programme académique conjoint. Les liens anciens entre la famille Clark et le College favorisent cette coopération. Sous l’impulsion du Président du Williams College John E. (Jack) Sawyer, le Williams College Graduate Program of History of Art, un programme académique de haut niveau en histoire de l’art, destiné aux étudiants diplômés, voit le jour en 1972. C’est également grâce à l’influence de Sawyer que George Heard Hamilton[5] accepte de venir de l’université de Yale pour devenir le Directeur du Clark et prendre la tête du programme académique. Parmi les 1 500 diplômées du programme, se trouvent notamment Cara Starke, Directrice de la Pulitzer Foundation for the Arts, James Rondeau, Directeur de l'institut d'art de Chicago (Art Institute of Chicago) et Paul Provost, Vice-Président de Christie's.

Research and Academic Program[modifier | modifier le code]

Au-delà du Graduate Program, l’engagement scientifique et académique du Clark Art Institute se manifeste par l’accueil chaque année d’une dizaine de ‘’fellows’’, ou pensionnaires, soient des chercheurs, maitres de conférence et spécialistes en Histoire de l’Art, qui se voient mis à leur disposition un espace de travail, la bibliothèque, ainsi que des logements à proximité du Clark, dans l’objectif de faciliter leurs recherches. [6]

Les collections[modifier | modifier le code]

Au début, les fondateurs du musée se sont surtout portés sur les tableaux de maîtres italiens, hollandais et flamands. Par la suite, ils cherchèrent à acquérir des œuvres d'artistes plus récents tels que John Singer Sargent, Edgar Degas, Winslow Homer, et Pierre-Auguste Renoir. Après 1920, ils se concentrèrent sur la peinture française du XIXe siècle, notamment sur les Impressionnistes et l’École de Barbizon. Parmi les œuvres majeures se trouvent des tableaux de Piero della Francesca, Claude Gellée ou Théodore Géricault. Depuis 1955, le musée a continué sa politique d'acquisition importante, et a développé sa collection de sculptures, de dessins et de photographies. Aujourd'hui, le musée est essentiellement réputé pour ses tableaux de Renoir, de Jean-Léon Gérôme, de William Bouguereau et de peintres britanniques et américains.

Collection- oeuvres majeures[modifier | modifier le code]

1. XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Ugolino di Nerio, Vierge à l’enfant avec Saint François, Saint André, Saint Paul, Saint Pierre, Saint-Étienne, et Saint Louis de Toulouse, c. 1317-21, tempéra et or sur panneau, 163.7 cm x 341.4

2. XVe siècle[modifier | modifier le code]

3. XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Cavaliere d'Arpino (Giuseppe Cesari), Andromède délivrée par Persée, 1594-95, huile sur panneau, 52.5 x 38 cm

4. XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

4. XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

5. XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Impressionnisme et Post-Impressionnisme[modifier | modifier le code]

Pierre-Auguste Renoir[modifier | modifier le code]

Peintures académiques[modifier | modifier le code]

Joseph Mallord William Turner[modifier | modifier le code]

Rockets and Blue Lights (Close at Hand) to Warn Steamboats of Shoal Water 1840 Huile sur toile (92.1 x 122.2 cm)

Peintures américaines[modifier | modifier le code]

Manton Collection of British Art[modifier | modifier le code]

Dessins et estampes majeurs[modifier | modifier le code]

Photographies[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The Clark - About the RAP », sur clarkart.edu (consulté le 29 septembre 2017)
  2. (en) « Williams College Graduate Program in the History of Art », sur clarart.edu (consulté le 29 septembre 2017)
  3. « Clark Art - Director », sur www.clarkart.edu (consulté le 11 décembre 2017)
  4. (en) « Grad Art », sur gradart.williams.edu (consulté le 20 octobre 2017)
  5. (en) « George Heard Hamilton », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  6. « Clark Art - About Clark Fellowships », sur www.clarkart.edu (consulté le 20 octobre 2017)

Autre :

  • The Clark, the Institute and its collections, The Sterling and Francine Clark Art Institute,Scala Arts Publishers Inc., 2014