Maison de Toulouse

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La maison de Toulouse est le nom donné aux lignages ayant possédé successivement le comté de Toulouse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création du comté de Toulouse[modifier | modifier le code]

Le comté de Toulouse est un ancien comté du sud de la France, dont le titulaire était l'un des six pairs laïcs primitifs.

Le titre de rois de Toulouse a été porté par les rois wisigoths depuis Wallia en 415, jusqu'à la mort de Waifre d'Aquitaine en 768.

Un comte de Toulouse est nommé en 778 par Charlemagne en faveur d'un certain Chorson, au lendemain de la défaite de Roncevaux, afin de coordonner la défense et la lutte contre les Vascons et intégré dans le duché d'Aquitaine, lorsque celui-ci est créé trois ans plus tard: Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine, portait le titre de comte de Toulouse. À partir de la mort en 852 de Fredelon, fils de Foucauld, comte de Rouergue et Sénégonde de Toulouse, qui était gouverneur ("custos civitas") de Toulouse, Pailhars, Rodez, et de Limoges, le centre de l'Aquitaine se déplace vers Poitiers et les comte de Rouergue, également possesseurs de Toulouse.

À partir de Foulques de Rouergue, le comté de Toulouse se transmet de façon héréditaire. Son fils Frédolon devient comte de Toulouse en 849. Son frère Raymond Ier lui succède en 852.

La maison de Toulouse[modifier | modifier le code]

À partir du IXe siècle, la maison de Toulouse s'établit dans son fief. Les aînés de la famille de Rouergue deviennent Comtes de Toulouse. Les fonctions de marquis de Gothie et de duc de Narbonne, qu'ils possédaient également deviennent des titres vides de sens et se transmettent dans la branche cadette de Rouergue. La mort de la comtesse Berthe de Rouergue apporte par héritage ces titres ainsi que le Rouergue à Raymond, comte de Saint-Gilles, et lui permet de se constituer un début de puissance territoriale. Par la suite, il hérite du comté de Toulouse à la mort de son frère Guillaume IV, bien que la succession soit revendiquée par la fille de Guillaume Philippe, mariée au duc Guillaume IX d'Aquitaine. Raymond de Saint-Gilles réussit à constituer une principauté puissance, qu'il remet à son fils Bertrand en partant aux croisades.

Bertrand, puis son frère Alphonse Jourdain doivent lutter contre le duc d'Aquitaine qui s'empare de Toulouse à plusieurs reprises, mais doit à chaque fois l'évacuer devant les révoltes des populations. Puis les comtes de Toulouse sont en lutte contre les comtes de Barcelone qui cherchent à étendre leur influence dans le Languedoc et en Provence. La paix finit par être conclue dans la seconde moitié du XIIe siècle. À cette époque, la ville de Toulouse est l'une des plus importantes d'Europe, et la Maison de Toulouse qui règne sur ses riches domaines, est extrêmement puissante. Les comtes de Toulouse, qui ont pris une part importante aux Croisades, possèdent en outre le Comté de Tripoli en Terre sainte.

La chute[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, une nouvelle hérésie, le catharisme, se développe dans la région, soutenue par de nombreux seigneurs locaux. Le comte Raymond V demande l'aide de Cîteaux pour lutter contre les Cathares, mais au début du XIIIe siècle, leur implantation est telle que Raymond VI ne peut plus lutter contre sans s'aliéner une importante partie de sa population. L'assassinat du légat pontifical Pierre de Castelnau déclenche la croisade des Albigeois. Lancée en 1208 par le pape Innocent III, elle vise autant à écraser l'hérésie qu'à soumettre les puissants seigneurs du sud et leurs riches domaines. En 1215, Simon de Montfort, qui a pris la tête de la Croisade, bat l'armée toulousaine et entre dans la ville. Il se proclame comte de Toulouse mais il est tué en 1218 par les habitants. Après cet évènement, les comtes de Toulouse se rangent aux côtés de la population contre les armées royales. Mais après une nouvelle offensive lancée par le roi Louis VIII, Raymond VII capitule et signe le Traité de Meaux en 1229.

Dès lors, la répression contre les Cathares s'accentue et le comté de Toulouse passe progressivement sous la domination du pouvoir royal. En 1241, Jeanne de Toulouse, la fille de Raymond VII, épouse Alphonse de Poitiers, le frère de Saint-Louis. Dernier Comte de Toulouse, ce dernier administre la ville depuis Paris. En 1271, le comté de Toulouse est définitivement réuni à la couronne par le roi de France[1].

Généalogie et descendance de la maison de Toulouse[modifier | modifier le code]

Les comtes de Rouergue[modifier | modifier le code]

À partir de 852, le Comté de Toulouse est la possession des comtes de Rouergue, et se transmet de façon héréditaire.

Article connexe : Liste des comtes de Rouergue.

Les comtes de Toulouse[modifier | modifier le code]

Les comtes de Rouergue installent leur fief à Toulouse. Ils deviennent comtes de Toulouse tandis que la branche cadette conserve le comté de Rouergue.

Article connexe : Liste des comtes de Toulouse.

Les comtes de Tripoli[modifier | modifier le code]

Lors des Croisades, Raymond de Saint-Gille s'approprie le comté de Tripoli. Il reste dans la famille jusqu'en 1187, date à laquelle il passe à la maison d'Antioche.

Article connexe : Liste des comtes de Tripoli.

Les Toulouse-Bruniquel[modifier | modifier le code]

Le dernier descendant agnatique des comtes de Toulouse de la maison "Raymondine" s'éteint le 13 août 1577[2] en la personne de Jean Antoine vicomte de Montclar et baron de Salvagnac. Capitaine protestant, il fut tué par les catholiques dans une escarmouche en pleine campagne[3] . Il appartenait à la branche cadette issue de Bertrand[4] de Toulouse, vicomte de Bruniquel, et fils naturel du comte de Toulouse Raymond VI.

Les Toulouse-Lautrec[modifier | modifier le code]

D'après une généalogie établie au XVIIe siècle, cette famille est considérée comme une branche de la maison de Toulouse dont elle a repris les armoiries. Selon des recherches récentes, les Toulouse-Lautrec seraient dans la descendance agnatique des vicomtes de Lautrec, lignée que l'on suit depuis la fin du IXe siècle, d'où seraient issus également les Trencavel[5].

Article connexe : Famille de Lautrec.

La maison de Limoges[modifier | modifier le code]

Deuxième fils de Raymond Ier de Toulouse-Rouergue, Foucher de Limoges est le fondateur en 876 de la maison de Limoges qui régna sur ce fief jusqu'en 1139.

Article connexe : Maison de Limoges.

Armorial de la maison de Toulouse[modifier | modifier le code]

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Lien interne[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Le Roy Ladurie (Emmanuel), Histoire de France des régions, Seuil, 2001, p. 284.
  2. Journal de Faurin sur les guerres de Castres p. 13 dans le tome 2 des "Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France" - Paris 1759
  3. J.Gaches - "Mémoires de Jacques Gaches sur les guerres de religion à Castres et dans le Languedoc" publiés par Charles Pradel -Paris 1879- pages 256 et 257
  4. Foundation for medieval Genealogy[1]
  5. Philippe Zalmen Ben-Nathan - Une généalogie inédite des vicomtes de Lautrec - Annales du midi ISSN 0003-4398, 2002, vol 114, p. 369 à 379.