Corinne Masiero

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Corinne Masiero
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Corinne Masiero en 2013.
Naissance (57 ans)
Douai, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Actrice
Films notables Louise Wimmer
De rouille et d'os
Les Invisibles
Séries notables Capitaine Marleau
Fais pas ci, fais pas ça

Corinne Masiero est une actrice française, née le à Douai (Nord)[1].

Elle est notamment connue pour interpréter le rôle principal de la série télévisée Capitaine Marleau.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Corinne Masiero travaille dans la mine puis prend la tête d'une auto-école. Sa mère fait des ménages. Ses parents sont militants communistes et emmènent la jeune Corinne à des manifestations[2]. À 15 ans, elle part faire un tour d'Europe en auto-stop, revient en France passer un bac littéraire, puis sombre dans l'alcool, la drogue et la prostitution, avant de trouver sa voie dans le théâtre[2],[3], à l'âge de 28 ans. Pendant cette période difficile de sa vie, il lui est arrivé de se retrouver sans domicile fixe et de devoir vivre dans la rue[4],[5].

Elle joue ses premiers rôles dans des pièces de Rainer Werner Fassbinder, de Georges Feydeau, avec la compagnie de théâtre de rue Collectif Organum. Au cinéma, elle apparaît dans Germinal de Claude Berri (1993), puis La Vie rêvée des anges d'Érick Zonca (1998).

Pendant plusieurs années, elle joue des rôles secondaires à la télévision (Ambre a disparu en 2003, Pierre et Jean en 2004). Mais son visage, son phrasé, sa démarche atypique sont remarqués, et elle passe en quelques années de la simple figuration à des seconds rôles remarqués, que ce soit dans les téléfilms de Thierry Binisti (qui la fait tourner trois fois) ou ceux de Peter Kassovitz : Beau Masque en 2005 et Le Sang noir deux ans plus tard.

Corinne Masiero sur le tournage de Louise Wimmer.

Corinne Masiero apparaît dans L'Emmerdeur de Francis Veber (2008), avant de tourner, toujours par le biais de personnages peu importants mais marquants, avec des réalisateurs connus tels Xavier Giannoli, pour le remarqué À l'origine (2009), et Patrice Chéreau pour Persécution, aux côtés de Romain Duris. On peut aussi la voir dans la série Engrenages et donnant la réplique à Robinson Stévenin dans la mini-série Les Vivants et les Morts en 2010. Son accent du Nord lui permet de tenir des rôles gouailleurs ; elle apparaît ainsi dans la série Fais pas ci, fais pas ça dans le rôle de la sœur excentrique de Mme Lepic. La consécration arrive en 2012 avec son premier « premier rôle », pour le film Louise Wimmer, rôle sur mesure écrit et réalisé par Cyril Mennegun[6]. Son interprétation est saluée par tous, et elle devient, à 47 ans, l'une des révélations[7] du cinéma français. Une reconnaissance qui lui ouvre les portes d'un autre projet, De rouille et d'os de Jacques Audiard, où elle se retrouve face à une autre révélation, Matthias Schoenaerts. En 2013, elle est nommée au César de la meilleure actrice pour Louise Wimmer.

Depuis 2015, elle incarne le capitaine Marleau dans la série de ce nom sur France 3.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Corinne Masiero à La fête à Macron.

Depuis 2003, elle est membre du Parti communiste français[8] et de la section « Bourrins » de la Coordination des intermittents et précaires du Nord-Pas-de-Calais[2].

En 2014, lors des élections municipales, elle se présente sur la liste du Front de gauche à Roubaix[9].

Lors des élections législatives de juin 2017, elle apporte son soutien à François Ruffin, candidat dans la Somme soutenu par La France insoumise[10]. Elle participe le de l'année suivante à la manifestation d'opposition La fête à Macron, organisée par Ruffin[11].

À l'occasion des César 2020, elle dénonce la mainmise « des bourgeois hétéros catholiques blancs de droite »[12]. Cette déclaration lui attire notamment les critiques de Gilles-William Goldnadel, qui lui décerne le « César de la stupidité raciste et anti-chrétienne »[13].

Lors de la cérémonie des César 2021, alors qu'elle s'apprête à remettre le prix du meilleur costume, elle enlève les deux costumes qu'elle porte sur elle l'un sur l'autre, jusqu'à apparaître sur la scène totalement nue et en partie recouverte de faux sang et de slogans revendicatifs, afin d'illustrer le discours qu'elle prononce et qui dénonce le manque de considération du gouvernement pour la culture, selon elle[14].

Neuf parlementaires Les Républicains signalent au procureur de la République une « exhibition sexuelle »[15] dans un courrier daté du 16 mars 2021 adressé au parquet de Paris par le député LR du Vaucluse Julien Aubert. Ce signalement est classé sans suite par le procureur de Paris Rémy Heitz le lundi 22 mars 2021.

Corine Masiero évoque les nombreux messages de soutien qu'elle a reçus et affirme avoir voulu défendre par son déshabillage les professionnels du spectacle et donner une visibilité à un corps de femme sortant des canons de beauté usuels, dans les médias et la publicité[16].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Elle rencontre le directeur d'une troupe de théâtre de rue, Nicolas Grard, lors d'une manifestation anti-Medef. Il est son compagnon depuis les années 2000. Le couple vit à Roubaix[2].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Corinne Masiero en 2013 au festival du film de Cabourg.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Corinne Masiero devant le Fouquet's, au déjeuner des nommés des César du cinéma 2013.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Propos recueillis par Elisabeth Perrin, « Corinne Masiero : Être connue, ça ne veut absolument rien dire ! », TV Magazine, Le Figaro, Paris, , p. 6-8.
  • Propos recueillis par Julia Baudin, « Devoir gérer ma notoriété, c'est un problème de riche », TV Magazine, Le Figaro, Paris, , p. 6-7.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Corinne Masiero, sur canalplus.fr (consulté le 25 janvier 2013).
  2. a b c et d Anne-Cécile Beaudoin, « Corinne Masiero prend du galon », Paris Match, semaine du 19 au 25 avril 2018, p. 96-99.
  3. De la prostitution au cinéma : les secrets de Corinne Masiero Planète.fr, 19 janvier 2019
  4. Brut, « Interview Brut : Corinne Masiero », sur Youtube.com, (consulté le 15 janvier 2021)
  5. Catherine Balle, « Corinne Masiero : « Je dormais dans un parc, un squat, un garage » », sur Le Parisien, (consulté le 15 janvier 2021)
  6. Thierry Chèze, « Corinne Masiero, la révélation de Louise Wimmer », sur LExpress.fr, (consulté le 1er août 2020)
  7. « Corinne Masiero, la révélation de Louise Wimmer, vue par son réalisateur », sur lexpress.fr, (consulté le 5 février 2013).
  8. « Corinne Masiero. Camarade actrice », sur Libération.fr, (consulté le 7 mai 2019)
  9. « L'actrice Corinne Masiero sur la liste Front de gauche à Roubaix », sur liberation.fr, (consulté le 11 mars 2014).
  10. Camille Caldini, « Prolo, gaucho, Capitaine Marleau : qui est Corinne Masiero ? », sur France Info, (consulté le 8 mai 2018).
  11. Sarah Lecœuvre, « Capitaine Marleau prête pour « La fête à Macron » : l'autre visage de Corinne Masiero », sur Le Figaro, (consulté le 8 mai 2018).
  12. BFMTV, « César 2020: Corinne Masiero fustige la mainmise « des bourgeois hétéros catholiques blancs de droite » », sur BFMTV (consulté le 25 février 2020)
  13. « Goldnadel: «Et pour Corinne Masiero, le César de... la stupidité raciste et anti-chrétienne! » , Le Figaro, 17 février 2020
  14. « « No culture, no future »… Corinne Masiero finit « à poil » aux César », sur www.20minutes.fr (consulté le 13 mars 2021)
  15. « Corinne Masiero nue aux Césars : des parlementaires signalent au procureur de la République « une exhibition sexuelle »  », Le Parisien, 17 mars 2021
  16. Entretien avec Corinne Masiero : "J'ai reçu des messages du monde entier parce que j'ai montré mon vieux cul", francebleu.fr, 17 mars 2021, par Olivia Cohen
  17. Boomerang, sur citeartistes.com, consulté le 28 avril 2021
  18. Sur scène avec Corinne Masiero, la renaissance d’Adolpha, sur actu.fr, consulté le 1er novembre 2019
  19. « Académie des lumières », sur academielumieres.com, (consulté le 24 janvier 2013).
  20. « Nominations 2013 », sur academie-cinema.org, (consulté le 25 janvier 2013).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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