Incendies (pièce de théâtre)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Incendies
La mère de Nawal dans une représentation au théâtre montréalais de Lise-Guèvremont, en 2012.
La mère de Nawal dans une représentation au théâtre montréalais de Lise-Guèvremont, en 2012.

Auteur Wajdi Mouawad
Genre Drame
Dates d'écriture 2003
Lieu de parution Arles / Montréal
Éditeur Actes Sud / Leméac
Date de parution 2003
Nombre de pages 120
ISBN 2742783369
Lieu de création en français
Compagnie théâtrale L'Hexagone - Scène nationale de Meylan
Metteur en scène Wajdi Mouawad
Personnages principaux
Jeanne
Simon
Le notaire Hermile Lebel
Nawal 14 ans / 40 ans / 60 ans
Sawda
Antoine Duchamp
Nihad / Abou Tarek

Incendies est une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad créée le [1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Incendies est le deuxième volet de la tétralogie Le Sang des promesses amorcée avec Littoral en 1997 et qui sera suivi par Forêts et Ciels. L'œuvre est écrite au cours de répétitions avec une troupe de comédiens. Selon plusieurs sources, les diverses personnalités de la troupe auraient fortement influencé celle de plusieurs personnages. Cependant, l’influence de la vie de l’auteur sur son œuvre est manifeste, notamment en ce qui concerne l’impact de l’expérience de réfugiés de guerre que Wajdi Mouawad vécut dans sa jeunesse.

Cette pièce contemporaine s’illustre par un récit d’actualité, inspiré notamment de la vie de Souha Bechara[2], une militante libanaise. Ses racines puisent cependant dans la tragédie antique, plus spécifiquement dans le mythe d’Œdipe, ce qui fait d’Incendies une œuvre complexe jouant à différents niveaux.

Accroche[modifier | modifier le code]

Lorsque le notaire Lebel fait aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan la lecture du testament de leur mère Nawal, il réveille en eux l'incertaine histoire de leur naissance : qui fut donc leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d'origine de leur mère ? En remettant à chacun une enveloppe, destinées l'une à ce père qu'ils croyaient mort et l'autre à leur frère dont ils ignoraient l'existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l'irréparable. Mais le prix à payer pour que s'apaise l'âme tourmentée de Nawal risque de dévorer les destins de Jeanne et de Simon.

Analyse[modifier | modifier le code]

Construction de la pièce[modifier | modifier le code]

Le fil narratif de la pièce est particulier puisqu’il entremêle différents lieux et époques. Des personnages d’époques éloignées peuvent ainsi se croiser sur scène sans se parler.  La situation initiale constitue le principal fil conducteur de la pièce, soit la quête de Jeanne et Simon qui se font aider par le notaire. Ce fil conducteur permet de poser efficacement la chronologie de la pièce et d’afficher clairement les analepses sur la vie de Nawal, la mère. L’auteur cherche ainsi à donner des réponses au spectateur et à savoir ou à deviner des choses sur le futur des révélations de Jeanne et Simon. Ces deux chronologies séparées finissent par se rencontrer lors du dénouement final.

L’élément perturbateur de la pièce ne correspond pas tout à fait à une définition traditionnelle. En effet, la mort de la mère, Nawal, semble pour Jeanne et Simon secondaire puisqu’ils affirment n’avoir aucun sentiment envers elle depuis qu’elle ne leur parle plus. Cependant, grâce à la persistance du notaire, l’impossible quête du père et du frère (qui ne sont qu’un) démarre, donnant ainsi lieu à l’histoire. C’est à ce moment-là que l’analepse débute. Le spectateur peut se rendre compte que c’est là l’élément perturbateur de la pièce : l’enlèvement du bébé de Nawal et Wahab et leur séparation. C’est cet évènement qui entraîne les péripéties de la pièce, le combat acharné de Nawal pour retrouver son enfant, sa volonté d’apprendre à lire et à écrire et son rejet des horreurs commises durant la guerre par les milices qui ont emporté son enfant.

Vient ensuite l’élément final : après une longue enquête, les deux jumeaux séparés en viennent à Chamseddine au tableau 34. Celui-ci révèle que leur père n’est autre que leur frère qui a violé leur mère, « la femme qui chante » en prison. C’est ainsi que la boucle se referme avec la rencontre de Nihad à qui l’on remet les deux lettres ; elles expliquent la réelle raison du silence de Nawal, celle d’une femme violée et torturée par son propre fils et dont on a brisé le silence.

Personnage principal et rapports entre protagonistes[modifier | modifier le code]

Le paradoxe réside dans le fait que le personnage principal de la pièce n’est plus en vie. Nawal, la mère, est l’élément clef de la pièce puisque toute l’histoire est centrée autour d’elle. On la découvre à la fois comme une étrangère avec Jeanne et Simon, ses deux enfants, mais aussi comme une jeune femme persuasive et téméraire qui partage l’intimité de ses sentiments avec divers protagonistes comme son amant Wahab, Nazira ou encore Sawda. Ces derniers apparaissent comme des personnages secondaires interagissant avec Nawal. De l’autre côté, plusieurs personnages épaulent les jumeaux dans leur quête, soit le notaire Hermile Lebel qui sert d’intermédiaire entre les vœux de la mère et ses enfants. C’est d’ailleurs par un monologue du notaire que débute la pièce. Il joue le rôle du choeur et donne à la pièce des accents à la fois comique et tragique.

Citations[modifier | modifier le code]

« Il y a des vérités qui ne peuvent être révélées qu’à condition d’être découvertes. »

— Tableau 38[3]. Nawal explique la raison de ses actions.

« Jeanne, fais-moi encore écouter son silence. »

— Tableau 38[3]. La dernière phrase de la pièce, prononcée par Simon qui accepte le destin.

Éditions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir notice de spectacle du catalogue général de la BnF.
  2. F. Da., « Le sourire de Souha Bechara, reflet d'un Liban combattant », Le Monde, .
  3. a et b P. 132, Actes Sud, coll. « Babel ».
  4. Voir sur youtube.com.

Liens externes[modifier | modifier le code]