Clara Bow

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« It Girl »

Clara Bow
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Clara Bow en 1921.
Nom de naissance Clara Gordon Bow
Naissance
New York (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 60 ans)
Culver City (États-Unis)
Profession Actrice

Clara Bow est une actrice américaine, née le à New York et morte le à Culver City. Elle fut l'une des premières sex-symbol du cinéma muet[1],[2].

Principalement connue sous le surnom de It Girl après le film Le Coup de foudre (It) en 1927, elle joue dans 46 films muets et 11 films parlants entre 1922[3],[4] et 1933, année de sa retraite, parmi lesquels d'incontestables réussites dont Kid Boots (1926). Sa présence dans un film aurait assuré aux investisseurs, un "retour sûr" sur investissement de deux contre un[5]. Elle est un modèle des garçonnes, ou flappers, des années 1920.

À la suite de divers scandales liés à ses mœurs très libres, et après son mariage avec l'acteur Rex Bell en 1932, Clara Bow arrête sa carrière pour élever ses enfants : Tony Beldon (née en 1934) et George Beldon, Jr. (né en 1938) dans une ferme dans le Nevada.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts misérables : les braises de Brooklyn[modifier | modifier le code]

Clara Bow en 1921

Clara Bow est née dans un quartier pauvre de Brooklyn, à New York, dernière fille d'un couple ayant déjà perdu deux premières filles en bas âge. Elle passe une enfance solitaire et misérable entre un père très souvent absent et incapable de subvenir aux besoins de sa famille et une mère épileptique et psychotique, prostituée occasionnelle. Afin de s'évader de cette atmosphère oppressante, la jeune Clara développe un goût immodéré pour le cinéma. De cette époque elle tire sa détermination à devenir actrice.

Succès précoces au cinéma et premiers scandales[modifier | modifier le code]

À l'âge de seize ans, en 1921, Clara se présente au concours annuel du magazine "Fame and Fortune" et remporte le premier prix. Cela lui permet d'obtenir un rôle dans Beyond the Rainbow en 1922. Malheureusement les scènes tournées sont retirées au montage et Clara se trouve forcée de prendre un emploi dans un bureau. Cependant, elle s'acharne, soutenue par son père. Après un petit rôle dénudé non crédité dans Enemies of woman, elle décroche un rôle de garçon manqué dans Down to the Sea in Ships d'Elmer Clifton, en 1923, une prestation qui lui vaudra des critiques élogieuses. Puis c'est un rôle dans The Daring Years et, à nouveau, un rôle de garçon manqué dans Grit, un film qui traite de la délinquance juvénile, écrit par F. Scott Fitzgerald en 1924. Bow rencontre également son premier petit ami, le cameraman Arthur Jacobson, et fait la connaissance du réalisateur Frank Tuttle avec qui elle travaillera en vedette par la suite.


Clara Bow en 1927

Grâce à Ernst Lubitsh, dans Ma femme et son flirt, Clara devient une nouvelle figure sexy du cinéma. Elle a une relation avec Sam Jaffe, directeur de production du studio et beau-frère de Budd Schulberg, le grand patron, ainsi qu'avec l'acteur mexicain Gilbert Roland, sa covedette dans The Plastic Age de Wesley Ruggles, film qui donne un coup d'envoi à sa carrière. Sa cote grimpe ; payée 750 dollars par semaine, Preferred Pictures n'hésite pas à la louer 3 000 dollars par semaine à d'autres studios.

Lorsque "Preferred Pictures" est absorbée par Paramount Pictures, Schulberg obtient carte blanche et décide de faire de Clara Bow sa première étoile. Il commence par faire courir des ragots sur sa protégée. Elle obtient le premier rôle dans Mantrap réalisé par Victor Fleming. Elle entre alors dans le saint des saints. Fleming, futur réalisateur d'Autant en emporte le vent, sort tout juste d'une aventure avec Norma Shearer et Clara Bow et lui entament une liaison, tandis qu'elle vit avec Roland. Il la dirige ensuite dans l'exotique Hula.

Le premier scandale qui touche l'actrice est provoqué par un étudiant avec qui elle a déjeuné et qui simule un suicide par désespoir d'amour. Clara Bow devient la femme fatale préférée du public américain. Puis, alors que son mariage avec Roland est annoncé par le service publicitaire de la Paramount, elle a des aventures avec ses partenaires Larry Gray et Eddie Cantor sur le tournage de Kid's Boots, qui marque les retrouvailles avec Tuttle (The Canary Murder Case avec Louise Brooks en 1929), et remporte un franc succès. Le studio prélève 500 dollars, versés sur un compte bloqué, sur son salaire renégocié. En cas de nouveau scandale, le compte lui sera confisqué.

Par la suite, elle tourne avec William A. Wellman Les Ailes, premier film de combat aérien, considéré comme un des principaux chefs-d'œuvre du Hollywood muet. L'actrice le retrouvera l'année suivante, en 1928, pour Ladies of the Mob avec également Richard Arlen en gangster. Mais c'est dans le registre de la comédie qu'elle s'impose bientôt.

La "It Girl"[modifier | modifier le code]

Clara Bow en 1927

En 1925, la Paramount ayant sous contrat le « volcan polonais » en la personne de Pola Negri, Schulberg avait essayé de lancer Clara Bow sous le surnom de « brasier de Brooklyn » – sans succès.. En 1926, le producteur lit "It", le roman de la romancière et scénariste anglaise, Elinor Glyn. Il la rémunère 50 000 dollars pour faire de Clara l'incarnation de It, autrement dit le sex appeal[6] version années folles. L'adaptation du roman est lointaine - Bow joue une petite vendeuse qui décide d'appliquer les préceptes du livre - mais le film et son interprète remportent un triomphe qui inaugure une fructueuse collaboration entre le réalisateur Clarence G. Badger et la romancière Elinor Glyn : La Belle aux cheveux roux, L'amour joue et gagne. Clara Bow passera à la postérité sous le nom de It Girl.

Atermoiements et scandales[modifier | modifier le code]

La rumeur lui prête une liaison avec Fredric March, son partenaire dans The Wild Party. Elle préfère s'afficher avec Harry Richman, le « roi de Broadway du moment », et devient la meilleure publicité de celui-ci qui ambitionne de succéder à Al Jolson. L'annonce de leurs fiançailles ne crée pas de remous particuliers ; le public et les journaux, blasés, ne croient plus aux fiançailles sans cesse renouvelées de Clara Bow.

Bow jette ensuite son dévolu sur Rex Bell, ancien livreur de matériel à la Fox et son partenaire dans True to the Navy, autre film mis en scène par Tuttle, devenu son metteur en scène régulier. À côté, l'actrice numéro un du box-office, travaille aussi avec Malcolm St. Clair, A. Edward Sutherland qui fut le mari de Louise Brooks, et Lothar Mendes qui filmera quelques années plus tard Le Juif Süss. Désormais elle donne la réplique d'égal à égal à des comédiens illustres : Warner Baxter, George Bancroft, et aux jeunes premiers les plus séduisants : Gary Cooper, March, Antonio Moreno et Charles 'Buddy' Rogers.

Les scandales s'accumulent et les échotiers s'en font les chroniqueurs cruels. Le comique, Jolson, y fait des allusions appuyées à la radio ; des articles assassins sapent le crédit de l'actrice. Elle-même accorde un entretien dévastateur à un tabloïd qui donnera d'elle l'image d'une femme infidèle et sans cervelle. La toute-puissante Commission du Code Hays veut l'obliger à choisir entre épouser Rex Bell ou abandonner le cinéma. Clara semble un temps pencher vers la seconde solution. Cependant, la Paramount choisit de la faire tourner dans Her Wedding Night (réalisé par Tuttle). Elle y interprète une star nymphomane et attire le public en foule.

Le dernier scandale[modifier | modifier le code]

Clara Bow en 1930

Après son renvoi, la secrétaire de Clara Bow menace de vendre la correspondance privée de la star si 125 000 dollars ne lui sont pas versés. Si l'employée est inculpée d'extorsion de fonds sous trente-cinq chefs d'accusation, le procès ruine la carrière de Bow. Pour la remercier de n'avoir révélé qu'une infime partie de ses turpitudes, elle implora la clémence du juge.

Le film suivant de la It Girl est un échec, Clara Bow a lassé aussi bien le public que le studio. Le Coast Reporter publie « une interminable liste des amants de Clara » avec des détails pour le moins choquants, allant jusqu'à la zoophilie et la syphilis – cette dernière étant jugée « une juste rétribution de ses péchés ». Le propriétaire du journal propose de vendre le journal de Clara Bow 25 000 dollars et envoie pour cela des exemplaires du brûlot aux fonctionnaires de la Commission Hays : il est inculpé pour avoir fait circuler par voie de poste des documents obscènes. Au terme de ces épreuves, Clara Bow s'écroule, incapable de travailler. Elle est renvoyée par la Paramount. Elle a vingt-cinq ans.

Une longue retraite[modifier | modifier le code]

Bow quitte Hollywood avec Rex Bell pour un ranch au Nevada. Ils se marient peu de temps après à Las Vegas. Cependant la star est loin d'être oubliée : elle reçoit des propositions de tous les studios – sauf la Paramount – car sa célébrité est intacte. Elle signe un contrat de 250 000 dollars pour deux films à la Fox.

Dans Call Her Savage/Fille de feu, ultime collaboration avec Frank Lloyd, avec pour partenaire son ancien amant Gilbert Roland, figurent alcool, sexe, scène de flagellation, viol et soupçon de zoophilie et de syphilis. Le public salue ce retour avec enthousiasme et ses nouveaux patrons offrent à Clara Bow, pour la remercier de sa performance, un voyage en Europe. La star américaine sera particulièrement frappée par la liberté qui semble régner à Paris devant le spectacle des Folies-Bergère.

Dans son film suivant, Hoopla, son rôle de danseuse sexy ameute moins les foules. Clara Bow se retire définitivement de l'écran et de la vie publique. De sa seconde vie, on sait peu de choses : Clara demeure mariée avec Rex Bell, elle aura deux enfants, séjournera en hôpital psychiatrique, fera des études, ne se manifestant qu'à de rares occasions dans la sphère cinématographique : ainsi elle écrira son admiration à un tout jeune Marlon Brando mais celui-ci traitera par le mépris la missive, n'ayant pas la moindre idée de qui la lui envoie.

Le livre Hollywood Babylon répandit la légende que l'amitié de Bow avec les membres de la session 1927 de l'équipe universitaire de football de Californie du sud (dont le futur John Wayne) incluait des activités sexuelles de groupe avec toute l'équipe. Cette information fut finalement démentie par son biographe, David Stenn, qui a réalisé des interviews des membres encore vivants de cette équipe au cours de recherches pour son livre.

Au cours de sa vie, Bow a été l'objet des rumeurs les plus folles sur sa vie sexuelle[7], la plupart d'entre elles s'étant révélées fausses. Un tabloïd, nommé The Coast Reporter, publia de sinistres allégations à son sujet en 1931, l'accusant d'exhibitionnisme, d'inceste, d'homosexualité, de bestialité, de toxicomanie, d'alcoolisme, et l'accusant en outre d'avoir contracté une maladie vénérienne. Par la suite l'éditeur de ce tabloïd tenta de faire chanter Bow, offrant de cesser l'impression de ces histoires pour 25 000 $, ce qui conduisit à son arrestation par des agents fédéraux, et à une peine de prison de huit ans.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Clara Bow dans Down to the Sea in Ships (Le Harpon) en 1923
Clara Bow et Ethel Shannon dans Maytime en 1923

Films muets[modifier | modifier le code]


Films parlants[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Sophie Pujas, Le Sourire de Gary Cooper, éd. L'Arpenteur, 2017, 108 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kathleen Morgan Drowne et Patrick Huber, The 1920's, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0-313-32013-6), p. 237
  2. Modèle:Cite
  3. Basinger, Jeanine. A woman's view: how Hollywood spoke to women, 1930–1960, New York: Knopf, 1993
  4. Exhibitors Herald, December 31, 1927
  5. Press-Telegram, December 10, 1962
  6. Sherrow, Victoria, Encyclopedia of Hair: A Cultural History, Greenwood Publishing Group, , 70 p. (lire en ligne)
  7. Stenn (1988) p. 238

Liens externes[modifier | modifier le code]

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