Eva Ionesco

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Eva Ionesco
Eva ionesco.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (54 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
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Nationalité
Activités
Actrice, réalisatrice, scénariste, modèle photo, modèle nueVoir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Conjoint
Autres informations
Cheveux
Yeux
Bleus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Eva Ionesco, née le à Paris, est une actrice et réalisatrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'ascendance roumaine, Eva Ionesco naît dans le XVe arrondissement de Paris le [1] ou le [2]. Elle est la fille de la photographe Irina Ionesco et d'un Hongrois, ancien Waffen-SS[1].

Enfant, elle est poussée à poser fréquemment comme modèle pour les photos de sa mère et de certains photographes, parfois nue[3]. Le caractère érotique de ces photos mettant en scène une très jeune enfant nue et érotisée provoque de grandes controverses. À onze ans, elle pose nue en couverture du Spiegel du 23 mai 1977. Dès l'âge de treize ans, Eva Ionesco qui se drogue à l'héroïne[4] est retirée à la garde de sa mère et confiée à la DDASS du centre d’Orsay-Ville. L'adolescente passe un temps en maison de redressement à la suite de tentatives de vol et de fugue[1].

Vers seize ans, c'est pour Pierre et Gilles qu'elle apparaît dénudée sur le thème d'Adam et Ève : « Avec ses airs de baby doll, notre amie Eva Ionesco s'imposait dans le rôle d'Eva », dira plus tard le duo de photographes[5]. Durant son enfance, elle est souvent rejetée par ses camarades, à cause de ces photos et des accoutrements que sa mère lui fait porter quotidiennement.

C'est également à cette époque qu'elle devient amie avec le futur chausseur Christian Louboutin, pour qui elle fait régulièrement des photos, mais également Vincent Darré et Paquita Paquin. Elle vit alors dans l'appartement de Charles Serruya où passe Philippe Krootchey, DJ à la Main bleue une discothèque de Montreuil qu'elle fréquente[6]. Avec tout ses amis, elle passe surtout ses nuits au Palace rue du Faubourg-Montmartre. Bien qu'alors âgée de 13 ans, Edwige la physionomiste à l'entrée de la discothèque les laisse rentrer et Fabrice Emaer ne les fait pas payer[6].

Toujours à la fin des années 1970, alors qu'elle est encore mineure, elle joue dans quelques films érotiques. Ceux-ci ont depuis été censurés car jugés pédopornographiques, puisqu'ils mettent en scène des mineurs dans des situations à connotation érotique.

En 1987, elle intègre la troupe du metteur en scène et réalisateur français Patrice Chéreau[1]. Ultérieurement, Eva Ionesco est notamment connue pour ses seconds rôles sous la direction de Virginie Thévenet, Agnès Obadia, Patrick Mimouni, etc. Elle apparaît également dans le clip Night Train de Visage comme choriste, auprès de Steve Strange.

En 2011, elle réalise un film, My Little Princess, dans lequel elle met en scène sa propre enfance[7].

En août 2017, elle publie Innocence, un roman autobiographique[1].

Fin 2019 sort son deuxième long-métrage intitulé Une jeunesse dorée avec Isabelle Huppert qui jouait déjà dans My Little Princess, Melvil Poupaud, Galatéa Bellugi et son fils Lukas Ionesco.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée à l'écrivain Simon Liberati, qu'elle a rencontré au printemps 2013, et qui lui consacre un livre, Eva, publié lors de la rentrée littéraire de l'automne 2015[8],[6].

Elle est mère d'un fils[1], Lukas, qui a joué dans le film The Smell of Us et elle le dirige dans Une jeunesse dorée[9].

Polémique et procès[modifier | modifier le code]

Pour Eva Ionesco, son enfance a été finalement traumatisante avec le sentiment d'avoir été hypersexualisée et exploitée dans le cadre de diverses activités dites « artistiques », cela la conduira à déposer plainte bien des années après et notamment contre sa mère, Irina, pour le préjudice subi[10].

Irina Ionesco est condamnée par le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, le lundi 17 décembre 2012, à verser 10 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte au droit à l’image et à la vie privée de sa fille Eva[11]. Cette dernière, qui assignait sa mère en justice au sujet des clichés réalisés alors qu'elle était enfant, âgée de 4 à 12 ans, lui demandait 200 000 euros de dommages et intérêts pour ces photos prises durant les années 1970[12]. Cependant, le tribunal reconnaît à Irina Ionesco le droit de conserver l'ensemble des négatifs des photographies sur lesquelles apparaît Eva Ionesco et refuse d'octroyer à cette dernière la moitié des recettes tirées de la vente de ces photographies. Eva Ionesco a fait appel de ce jugement.

Le , la septième chambre du pôle 2 de la cour d'appel de Paris rend un arrêt[13] condamnant Irina Ionesco. La cour, rejetant l’argument de celle-ci fondé sur la prescription de l’action, relève qu’à supposer même qu’il ait existé, Eva Ionesco n’a pas pu donner un consentement éclairé sur l’utilisation des photographies d'elle prises par sa mère. Écartant le débat de la qualité artistique ou non des photographies visées dans l’instance, la cour estime que les photographies sont « incontestablement attentatoires à la dignité d'Eva Ionesco ».

Elle précise que :

« dénudée ou non, la fixation photographique de l’image sexualisée de façon malsaine, d’une très jeune enfant ou d’une toute jeune fille ne peut qu’être dégradante pour celle-ci, quelle que soit l’intention de l’auteur ou la subjectivité du public auquel elle est destinée. »

En conséquence, la cour d'appel prononce une interdiction à Irina Ionesco « concernant la diffusion de toute image de sa fille sans le consentement exprès de celle-ci. Toute infraction à cette prohibition l’exposera à de nouvelles saisies et demandes d’indemnisation. […] ». En résumé, la justice considère qu'Irina Ionesco est l'auteur de photos relevant de la pédopornographie et qu'elle ne peut se prévaloir d'aucune qualité artistique concernant les photos de sa fille que la justice reconnaît comme victime des abus de sa mère[réf. souhaitée].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Virginie Bloch-Lainé, « Eva Ionesco, l'innocence retrouvée », sur Libération, .
  2. Claire Guillot, « Eva Ionesco : "Me photographier, c'était me mettre dans une boîte" » sur Le Monde, 28 juin 2011.
  3. a et b Anne Diatkine, « Eva Ionesco, tombée des nus », sur Libération, (consulté le 30 août 2010).
  4. Simon Liberati, Eva, Stock, , p. 37.
  5. La photo ainsi que sa genèse sont abordés in : Chloé Devis, Derrière l'objectif de Pierre et Gilles : Photos et propos, Éditions Hoebeke, , 155 p. (ISBN 2842304683), p. 52 à 53

    « La pose d'Eva nous a été inspirée par une carte postale en noir et blanc des années 1950-1960 représentant une petite fille qui se retourne, assortie de la mention « Suivez-moi jeune homme ! » […] L'image a finalement été jugée trop provocante pour être publiée dans Le Figaro. […] Notre couple biblique a fait partie de notre première exposition, en décembre 1983, à la galerie Texbraun. Il a également été choisi par le magazine Actuel […] »

    .
  6. a b et c Charlotte Brunel, « Eva Ionesco raconte le Palace », L'Express diX, vol. Les cahiers de L'Express,‎ , p. 80 à 85.
  7. « Son film devait être un livre, mais elle n'arrivait pas à le sortir d'elle-même », rapporte Hubert Prolongeau dans Marianne (n° 1083, du 15 au 20 décembre 2017, page 64).
  8. Raphaëlle Leyris, « Vie privée, vie publique et littérature au tribunal » sur Le Monde, 4 août 2015.
  9. Romain Blondeau, « Lukas Ionesco : "Je ne serai jamais un des kids de Larry Clark" », lesinrocks.com, 18 janvier 2015.
  10. « Irina Ionesco condamnée pour les photos érotiques de sa fille » sur Elle, 17 décembre 2012.
  11. A.G., « La photographe Irina Ionesco condamnée pour les photos érotiques de sa fille enfant » sur 20 minutes, 17 décembre 2012.
  12. Irina Ionesco condamnée pour les photos sulfureuses de sa fille sur Le Monde, 17 décembre 2012.
  13. Portant numéro d’inscription 13/00051 au répertoire général.
  14. La Loi de la forêt sur grec-info.com, consulté le 16 septembre 2017
  15. My little princess sur toutlecine.com, consulté le 16 septembre 2017

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]