Eva Ionesco

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ionesco.
Eva Ionesco
Description de l'image defaut.svg.
Naissance
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession actrice
réalisatrice

Eva Ionesco, née en à Paris, est une actrice et réalisatrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'ascendance roumaine, Eva Ionesco naît à dans le XVe arrondissement de Paris le [1] ou le [2], fille de la photographe Irina Ionesco.

Enfant, elle est poussée à poser fréquemment comme modèle pour les photos de sa mère et de certains photographes, parfois nue[3]. Le caractère érotique de ces photos mettant en scène une très jeune enfant nue et érotisée provoque de grandes controverses. À onze ans, elle pose nue en couverture du Spiegel du 23 mai 1977. Dès l'âge de treize ans, Eva Ionesco est retirée à la garde de sa mère et confiée à la Ddass du centre d’Orsay-Ville. L'adolescente passe un temps en maison de redressement à la suite de tentatives de vol et fugue[1]

Vers seize ans, c'est pour Pierre et Gilles qu'elle apparaît dénudée sur le thème d'Adam et Ève : « Avec ses airs de baby doll, notre amie Eva Ionesco s'imposait dans le rôle d'Eva », dira plus tard le duo de photographes[4]. Durant son enfance, elle est souvent rejetée par ses camarades, à cause de ces photos et des accoutrements que sa mère lui fait porter quotidiennement. C'est également à cette époque qu'elle devient amie avec un de ses camarades, le futur chausseur Christian Louboutin, pour qui elle fait régulièrement des photos.

Toujours à la fin des années 1970, alors qu'elle est encore mineure, elle joue dans quelques films érotiques. Ceux-ci ont depuis été censurés car jugés pédopornographiques, puisqu'ils mettent en scène des mineurs dans des situations à connotation érotique.

En 1987, elle intègre la troupe du metteur en scène et réalisateur français Patrice Chéreau[1]. Ultérieurement, Eva Ionesco est notamment connue pour ses seconds rôles sous la direction de Virginie Thévenet, Agnès Obadia, Patrick Mimouni, etc. Elle apparaît également dans le clip Night Train de Visage comme choriste, aux côtés de Steve Strange.

Elle est mariée à l'écrivain Simon Liberati qu'elle a rencontré au printemps 2013 et qui lui consacre un livre Eva aux éditions Grasset, lors de la rentrée littéraire de l'automne 2015[5].

En août 2017, Eva Ionesco publie Innocence, un premier roman autobiographique paru aux éditions Grasset[1].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mère d'un fils[1], Lukas, qui a joué dans le film The Smell of Us[6].

Polémique et procès[modifier | modifier le code]

Pour Eva Ionesco, son enfance a été finalement traumatisante avec le sentiment d'avoir été exploitée dans le cadre de diverses activités dites « artistiques », cela la conduira à déposer plainte bien des années après et notamment contre sa mère, Irina, pour le préjudice subi[7].

Irina Ionesco est condamnée par le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, le lundi 17 décembre 2012, à verser 10 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte au droit à l’image et à la vie privée de sa fille Eva[8]. Cette dernière, qui assignait sa mère en justice au sujet des clichés réalisés alors qu'elle était enfant, âgée de 4 à 12 ans, lui demandait 200 000 euros de dommages et intérêts pour ces photos prises durant les années 1970[9]. Cependant, le tribunal reconnaît à Irina Ionesco le droit de conserver l'ensemble des négatifs des photographies sur lesquelles apparaît Eva Ionesco et refuse d'octroyer à cette dernière la moitié des recettes tirées de la vente de ces photographies. Eva Ionesco a fait appel de ce jugement.

Le , la septième chambre du pôle 2 de la cour d'appel de Paris rend un arrêt[10] condamnant Irina Ionesco. La cour, rejetant l’argument de celle-ci fondé sur la prescription de l’action, relève qu’à supposer même qu’il ait existé, considère qu'Eva Ionesco n’a pas pu donner un consentement éclairé sur l’utilisation des photographies d'elle prises par sa mère. Écartant le débat de la qualité artistique ou non des photographies visées dans l’instance, la cour estime que les photographies sont « incontestablement attentatoires à la dignité d'Eva Ionesco ».

Elle précise que « dénudée ou non, la fixation photographique de l’image sexualisée de façon malsaine, d’une très jeune enfant ou d’une toute jeune fille ne peut qu’être dégradante pour celle-ci, quelle que soit l’intention de l’auteur ou la subjectivité du public auquel elle est destinée. » En conséquence, la cour d'appel prononce une interdiction à Irina Ionesco « concernant la diffusion de toute image de sa fille sans le consentement exprès de celle-ci. Toute infraction à cette prohibition l’exposera à de nouvelles saisies et demandes d’indemnisation. […] ». En résumé, la justice considère qu'Irina Ionesco est l'auteur de photos relevant de la pédopornographie et qu'elle ne peut se prévaloir d'aucune qualité artistique concernant les photos de sa fille que la justice reconnaît comme victime des abus de sa mère[réf. souhaitée].

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Eva Ionesco raconte cette enfance particulière et sa relation avec sa mère dans le premier long métrage qu'elle réalise, My Little Princess (2011)[11],[12], qui reçoit en 2008 le soutien du Centre national de la cinématographie (CNC) avec une promesse d’avance sur recette[13].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Roman[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Virginie Bloch-Lainé, « Eva Ionesco, l'innocence retrouvée », sur Libération,
  2. Claire Guillot, « Eva Ionesco : "Me photographier, c'était me mettre dans une boîte" » sur Le Monde, 28 juin 2011
  3. a et b Anne Diatkine, « Eva Ionesco, tombée des nus », sur Libération, (consulté le 30 août 2010)
  4. La photo ainsi que sa genèse sont abordés in : Chloé Devis, Derrière l'objectif de Pierre et Gilles : Photos et propos, Éditions Hoebeke, , 155 p. (ISBN 2842304683), p. 52 à 53

    « La pose d'Eva nous a été inspirée par une carte postale en noir et blanc des années 1950-1960 représentant une petite fille qui se retourne, assortie de la mention « Suivez-moi jeune homme ! » […] L'image a finalement été jugée trop provocante pour être publiée dans Le Figaro. […] Notre couple biblique a fait partie de notre première exposition, en décembre 1983, à la galerie Texbraun. Il a également été choisi par le magazine Actuel […] »

  5. Raphaëlle Leyris, « Vie privée, vie publique et littérature au tribunal » sur Le Monde, 4 août 2015
  6. Romain Blondeau, « Lukas Ionesco : "Je ne serai jamais un des kids de Larry Clark" », lesinrocks.com, 18 janvier 2015.
  7. Irina Ionesco condamnée pour les photos érotiques de sa fille sur Elle, 17 décembre 2012
  8. A.G., « La photographe Irina Ionesco condamnée pour les photos érotiques de sa fille enfant » sur 20 minutes, 17 décembre 2012
  9. Irina Ionesco condamnée pour les photos sulfureuses de sa fille sur Le Monde, 17 décembre 2012
  10. Portant numéro d’inscription 13/00051 au répertoire général.
  11. Isabelle Huppert dans "My little princess" sur Elle, 24 juin 2011
  12. Katell Pouliquen, « Eva Ionesco: « J'ai édulcoré les choses, la vérité est trop trash » sur L'Express, 16 mai 2011
  13. Fabien Lemercier, « Le CNC mise sur I'm Not A Fucking Princess », sur cineuropa.org,
  14. La Loi de la forêt sur grec-info.com, consulté le 16 septembre 2017
  15. My little princess sur toutlecine.com, consulté le 16 septembre 2017

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]