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Affaire Gouardo

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Affaire Gouardo
Titre Infractions diverses contre Lydia Gouardo et un de ses fils par son père et sa belle-mère, Lucienne Ulpat
Fait reproché Violences familiales sexuelles : Séquestration, viol (inceste), torture, agression sexuelle
Pays Drapeau de la France France
Ville Meaux et Coulommes en Seine-et-Marne
Nombre de victimes 9 : Lydia Gouardo, son frère et sa sœur et ses six enfants
Jugement
Statut Affaire jugée : condamnation de sa belle-mère à quatre ans de prison avec sursis pour non-empêchement de crime (son père étant mort avant la révélation des faits)
Tribunal Cour d'appel de Paris
Date du jugement

L’affaire Gouardo est une affaire criminelle française. Lydia Gouardo (née le à Maisons-Alfort) est une jeune fille séquestrée, violée et torturée par son père légal (mais son demi-frère biologique) Raymond, à son domicile à Meaux et Coulommes en Seine-et-Marne pendant vingt-huit ans, de 1971 à 1999.

En 1956, Raymond Gouardo et Jacqueline se marient. Le couple a deux enfants, Bruno et Nadia. En 1962, alors que Raymond Gouardo purge cinq ans de prison pour vol à main armée, son épouse lui apprend qu'elle est enceinte d'un autre homme. Il reconnaît cependant l'enfant, Lydia, qui naît le à Maisons-Alfort[1] ; elle est en réalité la fille du père de Raymond Gouardo[2].

À sa sortie de prison, Raymond Gouardo, séparé de sa femme, refait sa vie avec une visiteuse de prison, Lucienne Ulpat. Il apprend que ses enfants ont été abandonnés et placés par la DDASS dans une famille d'accueil. Un soir, il vient les chercher, armé d'un fusil chargé, et force la famille à les lui rendre.

Raymond Gouardo, sa nouvelle compagne, et les trois enfants, vivent dans un appartement de la cité populaire de Meaux. Les parents sont imprimeurs. Ils décident que les enfants n'iront plus à l'école. Raymond Gouardo commence à violer Nadia, puis, Lydia, agée de huit ans, en lui faisant respirer de l'éther lorsqu'elle se rebelle.

Un jour, Lucienne Ulpat fait prendre un bain d'eau bouillante à Lydia ; l'enfant fait un malaise à cause de la douleur. Lucienne rajoute de l'eau de javel et utilise une brosse pour chien ; l'enfant est brûlée au troisième degré et subit une dizaine de greffes à l'hôpital. Elle y reste pendant huit mois, jusqu'à ce que son père la fasse sortir de force. Raymond Gouardo séquestre ses filles dans leurs chambres, et va jusqu'à violer leur intimité en perçant des trous dans chaque pièce. Lucienne Ulpat observe les viols par l'œilleton.

Raymond Gouardo perçoit la pension d'invalidité consécutive aux brûlures de Lydia. Pour toucher l'invalidité totale, il l'oblige à rester en fauteuil roulant. Lydia Gouardo souffre tellement de ses brûlures que les voisins portent plainte : la famille se fait expulser de son logement.

En 1975, la famille emménage dans une vieille ferme d’un village de Coulommes, achetée à crédit grâce à la pension d'invalidité. Raymond Gouardo, devenu imprimeur ambulant, frappe et viole ses enfants. Bruno s'enfuit du domicile familial lorsqu'il a 15 ans, Nadia 18 ans. Le jour où Lydia atteint la majorité, Raymond lui annonce qu'elle a l'âge d'avoir des enfants. Six garçons naissent de 1982 à 1996. Pour être sûr de l'engrosser, il l'enchaîne à une poutre dans le grenier pendant plusieurs jours[3].

Raymond Gouardo meurt en 1999.

Les faits et l'enquête

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Pendant sa séquestration par son père, Lydia fait plusieurs fugues et des appels à l'aide judiciaire. Lors de la deuxième fugue, Raymond l'enferme dans le grenier pendant six mois et la viole avec des ustensiles de cuisine et des outils. Elle est allée à la gendarmerie à plusieurs reprises. Les forces de l'ordre l'ont ramenée à sa maison, « par peur de son père »[1]. Ni le système judiciaire, ni l'aide sociale, ni les voisins de cette famille n'ont agi[1].

Quatre ans après la mort de son père, la jeune fille intente un procès contre sa belle-mère. Elle est condamnée, pour non-dénonciation de crime et agression sexuelle sur l'un des fils de Lydia, à trois ans de prison avec sursis en première instance puis quatre ans de prison avec sursis en seconde instance[4],[5],[6].

Raymond Gouardo est soupçonné par sa fille Lydia d'être l'auteur des enlèvements et meurtres de Virginie Delmas et de Perrine Vigneron[7],[8],[9].

Postérité

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Lydia Gouardo raconte son histoire dans un livre, écrit en collaboration avec le journaliste Jean-Michel Caradec'h, Le Silence des autres[10], ainsi que dans plusieurs émissions (T'empêches tout le monde de dormir du , Ça se discute du et Legend média du 23 avril 2025 ).

À la suite des procès et de l'affaire Fritzl, une déferlante médiatique d'indignation s'abat sur les habitants de Coulommes, où habitait la famille, et la cité de Meaux, où le père travaillait[11].

Léonore Le Caisne, ethnologue au CNRS, a publié un livre sur l'affaire (Un inceste ordinaire. Et pourtant tout le monde savait, Belin, 2014[12]). Son enquête ethnographique a duré une année dans le village de Coulommes et Meaux, ; la chercheuse a essayé de comprendre pourquoi, alors que tout le monde (habitants et élus) « savait » que Raymond Gouardo « faisait des enfants à sa fille », personne n'a signalé les faits.

Lydia a depuis refait sa vie avec Sylvain Skirlo, avec qui elle a deux enfants[1].

Notes et références

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  1. a b c et d Ondine Millot, « Seule au cœur des ténèbres », Libération « Grand Angle »,‎ (lire en ligne)
    « Violée, battue, torturée pendant vingt-huit ans, Lydia Gouardo a eu six fils de son père, aujourd'hui décédé. Tout le village savait, et aucune autorité, école, médecins ou services sociaux, n'est jamais intervenue. »
  2. « Lydia Gouardo, l’enfant martyr - L'intégrale », sur Europe 1 (consulté le )
  3. « Les extraits du livre de Lydia Gouardo », sur leparisien.fr,
  4. Ségolène de Larquier, « En France, le drame de Lydia, torturée et six fois enceinte de son père », sur le site LePoint.fr, 29 avril 2008.
  5. Henry De Laguerie, « Abusée par son père pendant 30 ans, Lydia avait révélé son calvaire sur RTL », sur le site RTL.fr, 6 mai 2008.
  6. « Condamnée pour avoir nié les viols de sa fille », Le Parisien, 13 mars 2007.
  7. « Affaire Sabine Dumont » dans Non élucidé le 7 mars 2010 sur France 2
  8. « Le père incestueux soupçonné de 4 meurtres » Article publié le 14 mai 2009 dans Le Parisien
  9. « Lydia Gouardo : "Pour refaire sa vie, Jaycee Dugard a intérêt à être solide" » Article publié le 4 septembre 2009 dans Le Nouvel Observateur
  10. Lydia Gouardo et Jean-Michel Caradec'h, Le Silence des autres, Neuilly-sur-Seine, Michel Lafon, , 258 p. (ISBN 978-2-7499-0795-6).
  11. Léonore Le Caisne, « Quand l’inceste va sans dire », Sociétés & Représentations, no 42,‎ , p. 111 à 126
  12. Ondine Millot, « A Coulommes, l'inceste au coin de la rue », Libération,‎ (lire en ligne)

Articles de presse

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Documentaires télévisés

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  • L'affaire Guardo « l'ogre de Meaux », le dans Complément d'enquête sur France 2.
  • Lydia, une vie en enfer, (premier reportage) dans Suspect n° 1 le sur TMC.
  • Le calvaire de Lydia Gouardo, (troisième reportage) le dans Chroniques criminelles sur NT1.
  • Les meurtres du printemps 87, le dans Les faits Karl Zéro sur 13e rue, puis sur RMC Découverte, puis sur Crime District.
  • 28 ans de séquestration, Lydia Gouardo témoigne, le , dans Mille et une vies sur France 2
  • Violée par son père qui lui fait 6 enfants, le et le dans Crimes et faits divers sur NRJ12.

Émissions de radio

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Articles connexes

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Liens externes

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