Don Camillo

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Don Camillo
Personnage de fiction apparaissant dans
Don Camillo.

Statue de don Camillo à Brescello en Italie.
Statue de don Camillo à Brescello en Italie.

Alias Don Camillo Tarocci
(identité complète)
Origine Drapeau de l'Italie Italie
Sexe Masculin
Activité Prêtre
Caractéristique Très robuste (décrit dans les romans comme un colosse)
Ennemi de Peppone

Créé par Giovannino Guareschi
Interprété par Fernandel
Gastone Moschin
Terence Hill
Romans Le Petit Monde de don Camillo

Don Camillo (prononcé en italien [ˈdɔn kaˈmil:lo] et en français [dɔ̃ kamiˈjo]) est un personnage de fiction créé en 1948 par l'humoriste, écrivain, journaliste et dessinateur italien Giovannino Guareschi. Il est le héros d'une longue série de nouvelles humoristiques dont les célèbres joutes verbales — et parfois musclées — qui opposent Don Camillo au personnage de Peppone.

Historique de la publication[modifier | modifier le code]

Giovannino Guareschi, militant anti-communiste, entendait tourner en dérision la situation politique de son pays et le poids du Parti communiste italien. Les nouvelles mettant en vedette don Camillo furent publiées dans l'hebdomadaire Candido.[réf. nécessaire].

Du vivant de Guareschi, trois recueils furent publiés. Cinq autres le furent après sa mort[réf. souhaitée].

Description du personnage[modifier | modifier le code]

Dessin de Don Camillo (ayant l'apparence de Fernandel) en train de discuter avec le Christ sur sa croix.

Don Camillo (Tarocci de son nom de famille, très rarement utilisé) est le curé du petit village italien de Brescello dans la Bassa padana. L'homme de foi, en complément de ses devoirs religieux, se livre à une guerre d'influence continuelle face à Peppone, le maire communiste du village et son ennemi juré.

Du fait de son caractère entier et de son inimitié avec Peppone, Don Camillo est parfois sujet à des accès de colère et réagit alors de façon assez brusque, tout comme Peppone, les deux ne manquant aucune occasion pour faire des coups fourrés à l'adversaire.

Très pieux, Don Camillo est souvent vu discuter avec la croix du Christ qui se trouve dans son église, le Christ lui répondant généralement sur un ton ironique, en critiquant avec mansuétude les actions de son curé quand il les désapprouve. Le Christ du crucifix comprend souvent beaucoup mieux que Don Camillo les problèmes du peuple et doit le réprimander constamment, mais doucement, pour son impatience.

Don Camillo et Peppone, bien que rivaux, sont malgré tout unis par une forme de sympathie réciproque qui vient notamment des années de guerre contre les Allemands (un épisode mentionne que Don Camillo a bravé les patrouilles allemandes pour atteindre Peppone et ses collègues communistes dans les montagnes et leur administrer la messe dans les conditions du terrain) et vivent des aventures souvent pittoresques, qui se traduisent de temps en temps par des affrontements physiques, dans une longue série d'histoires au ton le plus souvent cocasse mais parfois plus sombre.

Alors que Peppone, en bon militant communiste, fait des discours publics sur la manière dont « les réactionnaires » doivent être fusillés et que Don Camillo prêche le feu et le soufre contre les « communistes sans Dieu », les deux s'admirent à contrecœur. Par ailleurs, ils finissent parfois par travailler ensemble dans des circonstances particulières tout en gardant de côté leurs querelles pour le moment opportun.

Beaucoup d'histoires sont satiriques et parlent du fossé politique du monde réel entre l’Église catholique romaine italienne et le Parti communiste italien, en n'oubliant pas d’évoquer les autres problèmes politiques de l'époque.

Parutions des nouvelles dans l'ordre chronologique[modifier | modifier le code]

Les ouvrages suivants ont été publiés en italien :

  • Mondo Piccolo: Don Camillo, Rizzoli, 1948.
  • Mondo Piccolo: Don Camillo e il suo gregge, Rizzoli, 1953.
  • Mondo Piccolo: Il compagno don Camillo, Rizzoli, 1963.

Les ouvrages suivants ont été publiés en italien à titre posthume :

  • Mondo Piccolo: Don Camillo e i giovani d'oggi, Rizzoli, 1969.
  • Gente così, 1980.
  • Lo spumarino pallido, 1981.
  • Noi del Boscaccio, 1983.
  • L'anno di don Camillo, 1986.
  • Il decimo clandestino, 1987.
  • Ciao don Camillo, 1996.
  • Don Camillo e don Chichì, 1996. Version complète de Don Camillo e i giovani d'oggi.
  • Don Camillo e Peppone, Rizzoli, 2007 (ISBN 978-88-486-0355-3)

Adaptations dans d'autres médias[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Dessin représentant Fernandel dans le rôle de Don Camillo.

Le grand succès des nouvelles inspira à partir de 1951 une adaptation au cinéma, la série de films Don Camillo ou Le Curé débuta avec le Petit Monde de don Camillo, coproduction italo-française sortie dans les salles en 1952.

Gino Cervi devait initialement incarner don Camillo et Guareschi lui-même tenir le rôle de Peppone. Mais le metteur en scène Julien Duvivier, mécontent de cette distribution, fit tout pour dissuader Guareschi, qui renonça finalement. Duvivier proposa ensuite le rôle du prêtre à Jacques Morel mais celui-ci n'était pas disponible aux dates du tournage. Gino Cervi assuma finalement le rôle de Peppone, tandis que Fernandel était appelé pour prendre la vedette du film.

Ayant peur d'être cantonné aux rôles d'ecclésiastiques, Fernandel demanda un cachet tel qu'il pensait que le producteur refuserait, mais son exigence fut finalement satisfaite[1]. Malgré son peu de ressemblance physique avec le personnage littéraire (le don Camillo de Guareschi est censé être un colosse), Fernandel est définitivement attaché, dans l'esprit du public, à l'image de don Camillo.

Duvivier tourna encore Le Retour de don Camillo (1953), à la suite de quoi Carmine Gallone reprit le flambeau et mit en scène La Grande Bagarre de don Camillo (1955) et Don Camillo Monseigneur (1961). Finalement, c'est Luigi Comencini qui réalisera Don Camillo en Russie (1965).

Le tournage de Don Camillo et les contestataires fut interrompu par la maladie de Fernandel. Le film fut finalement tourné en 1972 avec Gastone Moschin dans le rôle de don Camillo et Lionel Stander dans celui de Peppone, Gino Cervi refusant de tourner avec un autre acteur que Fernandel, tout comme le réalisateur Christian-Jaque, qui sera donc remplacé par Mario Camerini. Mais le public, ne reconnaissant plus les héros, ce dernier film n'eut pas le même succès que les précédents.

La série au cinéma dans l'ordre chronologique

  1. Le Petit Monde de don Camillo (1952)
  2. Le Retour de don Camillo (1953)
  3. La Grande Bagarre de don Camillo (1955)
  4. Don Camillo Monseigneur (1961)
  5. Don Camillo en Russie (1965)
  6. Don Camillo et ses Contestataires (1970, voir ci-dessus pour la distribution particulière de ce dernier opus)

En 1983, Terence Hill réalise un remake de Don Camillo dans lequel il interprète le personnage principal : le film sort en 1984 sous le titre Don Camillo.

Le Petit Monde de don Camillo est toujours bien placé dans le box-office français, en totalisant un peu plus de 12 millions d'entrées.

Seule petite incohérence, Don Camillo en Russie (1965) devrait se regarder avant Don Camillo Monseigneur (1961) car on y retrouve Don Camillo simple curé et Peppone maire, la logique voudrait que la série se termine avec Don Camillo Monseigneur ; Fernandel y a d'ailleurs l'air plus âgé, cheveux gris, idem pour Gino Cervi.

Box-office[modifier | modifier le code]

Film Année Réalisateur Box-office Drapeau de l'Italie Italie Box-office Drapeau de la France France Box-office Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Le Petit Monde de don Camillo 1952 Julien Duvivier 13 215 653 entrées 12 791 168 entrées Pas de données
Le Retour de don Camillo 1953 Julien Duvivier 7 921 487 entrées 7 425 550 entrées Pas de données
La Grande Bagarre de don Camillo 1955 Carmine Gallone 6 862 676 entrées 5 087 231 entrées Pas de données
Don Camillo Monseigneur 1961 Carmine Gallone 6 620 165 entrées 4 281 889 entrées Pas de données
Don Camillo en Russie 1965 Luigi Comencini 3 599 000 entrées 2 424 200 entrées 2 250 000 entrées

Source : jpbox-office.com et insidekino.de[2],[3]

Théâtre[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (septembre 2017)

En 2012, Don Camillo et Peppone a été adapté pour la première fois au Théâtre-Français par la troupe du Théâtre du Verseau de Cannes. Le comédien Gilles Gauci interprète Don Camillo.[réf. nécessaire]

Toujours en 2012, Don Camillo, adaptation de Patrick de Longrée, fait l'objet d'une mise en scène par Jean-Claude Idée dans les ruines de l'abbaye de Villers-la-Ville, dans le cadre de l'été théâtral de Villers-la-Ville.[réf. nécessaire]

En 2017, après cinq années de triomphe et plus de 100 000 spectateurs avec Don Camillo et Peppone, la Compagnie du Verseau de Cannes met en scène le deuxième opus de la saga : La Grande Bagarre de Don Camillo. Gilles Gauci est Don Camillo.[réf. nécessaire]

Pastiches[modifier | modifier le code]

La popularité du personnage a été telle que la marque de pâtes industrielles Panzani créa le personnage de « Don Patillo », chargé de symboliser ses produits dans une série de publicités. Le comédien français André Aubert incarnait Don Patillo en imitant l'interprétation de Fernandel[4].

Fernandel lui-même pastichera Don Camillo dans le film Le Mouton à cinq pattes (1954) où il tient le rôle d'un brave curé[5] ressemblant à Don Camillo, ce qui lui rend la vie impossible.

Hommage[modifier | modifier le code]

Le , devant la Conférence épiscopale italienne, dans la basilique Santa Maria del Fiore à Florence, le pape François déclare : « L'Église italienne a de nombreux saints dont les exemples peuvent l'aider à vivre sa foi avec humilité, désintérêt et félicité ». Il cite alors François d'Assise et Philippe Néri, puis déclare :

« Mais je pense aussi à la simplicité de personnages inventés, comme Don Camillo, qui fait équipe avec Peppone. [...] la prière d'un bon prêtre s'unit de façon évidente avec les gens [...] Don Camillo disait : Je suis un pauvre curé de campagne qui connaît ses paroissiens chacun par son nom, qui les aime, qui connaît leurs douleurs comme leurs joies, qui souffre et sait rire avec eux. [...] La proximité avec son peuple et la prière sont les clefs pour vivre un christianisme humain, populaire, humble, généreux et joyeux[6]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Ughetto, « Fernandel », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 7 septembre 2012.
  2. « DON CAMILLO (France) - JPBox-Office », sur jpbox-office.com (consulté le 17 mars 2019)
  3. « Die erfolgreichsten Filme in Deutschland 1965 », sur www.insidekino.de (consulté le 17 mars 2019)
  4. « "Don Patillo" de la pub Panzani est mort », sur Metronews.fr, .
  5. Entre autres rôles, car Fernandel joue dans ce film six rôles (cinq quintuplés et leur vieux père).
  6. Vatican. Le pape François veut des prêtres à l'image de Don Camillo

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Riccardo F. Esposito, Don Camillo e Peppone. Cronache cinematografiche dalla Bassa Padana 1951-1965, Le Mani - Microart's, Recco (Gênes, Italie), 2008. (ISBN 9788880124559)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]