Faculté de théologie protestante de Paris

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Faculté de théologie protestante de Paris
Faculté de théologie protestante.JPG
Histoire et statut
Fondation
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Institution académique (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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La faculté de théologie protestante de Paris est créée en 1877 par transfert de la faculté de théologie protestante de Strasbourg à Paris. Depuis 1879, elle est située no 83, boulevard Arago dans le 14e arrondissement de Paris. Elle est l'une des composantes de l'Institut protestant de théologie, avec la faculté de théologie protestante de Montpellier.

Création et historique[modifier | modifier le code]

Après la signature du traité de Francfort, le , entraînant la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, il faut remplacer la faculté de théologie protestante de Strasbourg. L'État qui a autorité puisqu'il s'agit d'une faculté d'État, souhaite transférer la faculté de Strasbourg à Paris. La faculté de théologie protestante de Paris n'ouvre pourtant officiellement que six ans plus tard, le , cette volonté s'étant concrétisée par le décret du 27 mars 1877 qui prévoit que « la faculté mixte de théologie protestante dont le siège était à Strasbourg est transférée à Paris »[1], alors que les différentes facultés qui composaient l'université de Strasbourg ont été réinstallées dès 1872[1].

Deux professeurs de l'université de Strasbourg, Frédéric Lichtenberger et Auguste Sabatier, qui ont quitté l'Alsace après son rattachement à l'Allemagne, toujours titulaires de chaires de théologie, sont sans postes. Les discussions sont longues avant l'aboutissement qui permet l'ouverture d'une faculté à Paris. Un certain nombre de questions doivent être préalablement résolues :

  • La faculté de théologie protestante de Strasbourg comptait 6 chaires d'enseignement, 5 chaires luthériennes et une chaire réformée. Or les Luthériens deviennent minoritaires en France et la nouvelle faculté, si elle veut attirer des étudiants réformés, doit laisser une part plus importante à l'enseignement réformé ;
  • Durant les années 1870, deux tendances théologiques coexistent en France : une tendance « évangélique », qui sont majoritaires à la faculté de Montauban et une tendance « libérale », majoritaire à la faculté de Strasbourg.

Pour mener à bien la recomposition nécessaire à l'ouverture d'une faculté, des alliances entre ces quatre parties : luthérienne, réformée, libérale et évangélique, sont nécessaires. Une faculté majoritairement luthérienne, avec une seule chaire réformée, dissuaderait les réformés d'y étudier[1]. Les évangéliques craignent qu'une faculté à Paris ne menace la faculté de Montauban[1]. Les réformés libéraux souhaitent l'ouverture d'une faculté à tendance libérale à Paris, mais le mode de désignation des professeurs prévu par la législation - ce sont les consistoires qui proposent des candidats - leur est défavorable car ils sont minoritaires dans l'église réformée[1]. La situation est bloquée jusqu'en 1876 : les républicains ont gagné les élections et sont renforcés en légitimité. William Henry Waddington est brièvement ministre de l'Instruction publique en 1877, et fait signer par le président de la république le décret du 27 mars 1877 qui transfère la faculté de Strasbourg à Paris[1].

Logo de l'Institut protestant de théologie

La faculté ouvre en novembre 1877, avec Frédéric Lichtenberger, avec le titre de doyen et Auguste Sabatier, rejoints par quatre maîtres de conférences à la rentrée universitaire. En 1879, Jules Ferry devient ministre de l'Instruction publique, dans le gouvernement Waddington, et nomme deux professeurs réformés, dont l'un est libéral[1], sans consulter les consistoires : Ariste Viguié et Gaston Bonet-Maury.

Durant deux années académiques, la faculté a occupé les locaux de l'ancien collège Rollin, rue Lhomond . En 1878, le Ministère de l'instruction publique acquiert un ensemble immobilier à l'angle du boulevard Arago et de la rue du Faubourg-Saint-Jacques afin d'y loger la nouvelle faculté et y fait aménager un amphithéâtre. Les nouveaux bâtiments sont inaugurés le 7 novembre 1879 par Jules Ferry. Elle accueille 22 étudiants en 1877 et 30 étudiants en 1882[1].

Après la séparation des Églises et de l'État, en 1905, la faculté prend l'intitulé de « faculté libre de théologie protestante ». En 1973, les facultés de théologie protestantes de Paris et de Montpellier se regroupent sous une structure unique, l'Institut protestant de théologie.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Dès sa fondation, la faculté forme les pasteurs de traditions réformée et luthérienne, notamment ceux de l’Église protestante unie de France, et reçoit de nombreux étudiants par le biais d'échanges multilatéraux.

Le 27 mai 2010, ses locaux, rénovés et augmentés des installations du « Fonds Ricœur », sont inaugurés par le président de la République française, Nicolas Sarkozy[2].

Galerie[modifier | modifier le code]

Enseignements[modifier | modifier le code]

La faculté délivre des diplôme de licence, master et doctorat. Une convention avec la faculté de théologie protestante de Strasbourg, université d’État, permet, depuis 2008, de faire reconnaitre les diplômes délivrés par la faculté de Paris par l'État.

Enseignants actuels[modifier | modifier le code]

  • Corinne Lanoir : Ancien Testament
  • Valérie Nicolet-Anderson : Nouveau Testament
  • Anna van den Kerchove : histoire du christianisme ancien et patristique
  • Pierre-Olivier Léchot : histoire du christianisme à l'époque moderne (doyen de la faculté)
  • Frédéric Chavel: dogmatique
  • Marc Boss : philosophie et éthique
  • Nicolas Cochand : théologie pratique

Docteurs honoris causa[modifier | modifier le code]

Anciens enseignants et étudiants[modifier | modifier le code]

Anciens enseignants[modifier | modifier le code]

Anciens étudiants[modifier | modifier le code]

Recherches et partenariats associés à la faculté[modifier | modifier le code]

Fonds Ricœur[modifier | modifier le code]

La faculté héberge le fonds Paul Ricœur, centre de recherche sur la pensée du philosophe, constitué grâce au legs de sa bibliothèque.

Groupe de recherche en histoire des protestantismes[modifier | modifier le code]

La faculté héberge également les activités du Groupe de recherche en histoire des protestantismes[9], fondé en 2000 à l’initiative de Marianne Carbonnier-Burkard, André Encrevé et Bernard Roussel. Il réunit près de cent chercheurs d'Europe et d'Amérique du Nord, issus des différentes disciplines travaillant sur les champs de l’histoire des protestantismes, du XVIe siècle à nos jours.

Partenariat[modifier | modifier le code]

La faculté entretient des relations avec l'Institut catholique de Paris, l'Institut Saint-Serge, l'École pratique des hautes études et l'université Paris Sorbonne. Elle est membre de l'Institut supérieur d'études œcuméniques. Intégrée dans le programme d'échange Erasmus, elle entretient des partenariats d'échange avec plusieurs universités européennes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h André Encrevé, «La fondation et les premières années de la faculté de théologie protestante de Paris (1877-1882)», Études théologiques et religieuses, 2011/3 (Tome 86), p. 321-333.
  2. Discours de Nicolas Sarkozy, président de la république française et de Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, journal Réforme, 1/06/2010
  3. Notice biographique de Gaston Bonet Maury, A. de Gubernatis, Dictionnaire international des écrivains du jour, p. 359
  4. Louis Massebieau, notice SUDOC.
  5. Pour ses relations avec la faculté de théologie de Paris, voir notamment l'article d'Olivier Abel, Le Clos et l'ouvert. Ricœur et le néokantisme de l'«école de Paris», Études théologiques et religieuses, 2005/4, 469-482, Article en ligne
  6. John Viénot, professeur d'histoire à la faculté de théologie protestante de Paris, pasteur luthérien originaire du Pays de Montbéliard et auteur notamment de l'Histoire de la Réforme dans le pays de Montbéliard, pasteur de l'Oratoire du Louvre.
  7. Né à Négrepelisse et mort à Paris. Pasteur à Nîmes et à l'Oratoire du Louvre, doctorat de théologie de Strasbourg (1858), nommé à la faculté en 1879.
  8. Alfred Wautiers d'Aygalliers soutient sa thèse de baccalauréat de théologie à la faculté de théologie protestante de Paris en 1909. Intitulée Vie de Ruysbroeck l'Admirable (1293-1381) (2 volumes), elle est ensuite publiée. Cf. recension dans la Bibliothèque de l'École des chartes, «Wautier D'Aygalliers. Ruysbroeck l'Admirable». Paris, Perrin, 1925, 2e édition., compte rendu, Bibliothèque de l'école des chartes, 1926, vol. 87, n° 1, pp. 190-192.
  9. Site du Groupe de recherche en histoire des protestantismes