Mouvement des Focolari

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Le Mouvement des Focolari est, par ses effectifs, la plus importante et la plus influente de ces organisations dites "mouvements ecclésiaux"[Note 1] qui ont fleuri au sein de l'Église catholique romaine dans la seconde moitié du XXe siècle. Ancré dans la spiritualité catholique, particulièrement mariale[1], le mouvement se veut néanmoins ouvert à tous les chrétiens voire aux fidèles d'autres religions ou aux personnes sans appartenance religieuse[2],[3]. Il est ouvert à tous, sans distinction d'origine, d'âge ou de culture, d'autant plus que son objectif général est l'engagement pour l'unité et la fraternité au sein de l’Église et de la société, en famille, dans le monde économique et socio-culturel, en politique, dans les relations entre personnes riches et pauvres, entre les peuples[4].

Aujourd'hui, plus de cent quarante mille personnes réparties dans 182 pays sur les cinq continents sont engagées activement dans le Mouvement des Focolari. Le mouvement revendique deux millions de sympathisants. Soucieux de remédier à toutes les difficultés sociales, les Focolari sont engagés avec les églises locales dans de nombreux domaines, en particulier les pastorales de la famille, des jeunes, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux[4]. À travers son organisation New Humanity (Humanité nouvelle), il est reconnu comme organisation non gouvernementale par l'Organisation des Nations unies depuis 1987[5].

Historique et idées directrices[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Chiara Lubich

Le Mouvement des Focolari est né à Trente vers 1944. Sa fondatrice, Chiara Lubich, voyant les désastres de la guerre et ayant quasiment tout perdu, se demanda ce que rien ne pourrait détruire. Sa réponse fut Dieu. Après cette découverte fondamentale, elle commença à redécouvrir l'Évangile et à tenter de le mettre en pratique dans sa vie quotidienne avec un groupe de femmes qui forma le premier focolare ("foyer"). Peu à peu, le groupe s'est étoffé, aidé en particulier par la rencontre de Chiara Lubich avec Igino Giordani, écrivain et journaliste, alors député démocrate-chrétien, qui deviendra le premier focolarino marié, et un ardent promoteur du mouvement des Focolari, facilitant sa propagation rapide en Europe puis sur les autres continents[6].

L'évêque de Trente Carlo De Ferrari donne la première approbation, en 1947.

Le père Pasquale Foresi, reconnu comme le co-fondateur du mouvement, a été le premier prêtre focolarino. Il a fait une contribution majeure à l'introduction des études théologiques dans le mouvement et a fondé la société d'édition des Focolari, les Éditions Nouvelle Cité[7].

Les autorités ecclésiastiques catholiques ont depuis longtemps observé attentivement le mouvement et modifié à plusieurs reprises ses statuts et règlements. La version actuelle en a été adoptée en 1990, sous le pontificat de Jean-Paul II qui appréciait en particulier la dimension de dialogue du mouvement[8].

Idée directrice[modifier | modifier le code]

L'objectif du Mouvement des Focolari est la réalisation de la prière de Jésus à son Père : « Que tous soient un ». Pour les membres du mouvement des Focolari, la réalisation de la prière de Jésus ne peut se faire que par l'application de l’Évangile. Ils considèrent que l'accomplissement de l'évangile est dans l'amour et le respect de chacun [9]. Ce principe d'amour et de respect mutuel est considéré par ses membres comme un principe présent dans toutes les religions[réf. souhaitée].

À partir de la seconde moitié des années 1990 pour élargir son image de mouvement spirituel catholique à celle d'une organisation internationale humanitaire, et afin d'accroître son influence dans la société civile, la fondatrice du Mouvement a été désignée, avec l'appui d'amis influents de l'organisation pour de nombreuses distinctions[10].

Spiritualité[modifier | modifier le code]

La spiritualité de ce mouvement est basée sur le message de l'Évangile et est caractérisée par une dimension communautaire. Deux phrases de l'Évangile sont considérés comme particulièrement importantes par le mouvement des Focolari: « Aimez-vous les uns les autres » et « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux »[réf. souhaitée].

La base de cette spiritualité est la phrase de Jésus « que tous soient un »[11]. Pour la spiritualité des membres du mouvement focolari, l'unité n'exclut personne et est une source d'enrichissement mutuel[réf. souhaitée].

Pour le Mouvement des Focolari, la clé de l'Unité est la croyance en Jésus crucifié. Ils considèrent que Jésus a été abandonné et est mort sur la croix afin de favoriser cette unité[réf. souhaitée].

Économie de communion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : économie de communion.

En 1991, Chiara Lubich, constatant les très fortes inégalités sociales et économiques lors d'une visite au Brésil, lance l'idée de créer des entreprises dont le but explicite est de partager une part de leurs bénéfices en faveur des plus pauvres. Cette initiative est devenue depuis l'économie de communion, à laquelle adhèrent plus de 800 entreprises dans le monde en 2014[12].

Organisation[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Le Mouvement des Focolari est, d'après ses statuts, approuvés par le Saint-Siège, présidé par une femme, ce qui est en cohérence avec l'importance accordée à Marie[7]. Depuis sa fondation en 1944 et jusqu'au décès de Chiara Lubich (le ), celle-ci en assura la présidence. Il y eut différents coprésidents successifs : Igino Giordani, Pasquale Foresi et, jusqu'en 2008, Oreste Basso. Lors d'élections qui se tinrent au début du mois de juillet 2008, Maria Voce (ou Emmaüs) et Giancarlo Faletti ont été élus respectivement présidente et coprésident.

Communication et publications[modifier | modifier le code]

  • "Parole de Vie" est le commentaire d'un passage biblique qui paraît chaque mois. Ce commentaire mensuel s'appuie sur les écrits de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari. Il est traduit en 90 langues et imprimé à plus de 3,5 millions d'exemplaires. Il est également diffusé par de nombreuses radios et télévisions et via internet[13].
  • Depuis 1957, le mouvement publie en France la revue Nouvelle Cité.
  • Depuis 1962, les Éditions Nouvelle Cité publient une vingtaine de livres par an.

Jugement[modifier | modifier le code]

Soutien[modifier | modifier le code]

Le pape Jean-Paul II a fortement soutenu le mouvement des focolari[2]. Après son décès, le slogan "santo subito", qui demandait la béatification accélérée du pape décédé en dérogation au droit canon, a été lancé par les focolari [14].

Critique[modifier | modifier le code]

Certaines caractéristiques du mouvement ont attiré des critiques, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église catholique :

  • conservatisme théologique et moral
  • anti-intellectualisme[15]
  • aspiration au pouvoir ecclésiastique et temporel, fondé sur leur puissance financière
  • tendance à fonctionner en « Église à l'intérieur de l'Église »
  • structure fortement hiérarchique
  • contrôle étroit sur la vie des membres de l'organisation, qui font penser aux phénomènes sectaires[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien qu'ils soient composés majoritairement de laïcs, ces mouvements ont pour fonctionnalité d'intégrer des membres de l'Église de tout statut : jeunes, adultes mariés et célibataires, prêtres, religieux des deux sexes, ce qui leur vaut l'appellation de "mouvements ecclésiaux". Voir l'article "Focolari" de Gordon Urquhart, dans Encyclopædia Universalis (en ligne), consultée le 9 décembre 2016[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom officiel reconnu par l’Église catholique est Opera Mariae (Œuvre de Marie), voir l'article de Sandro Magister, L´irresistibile ascesa dei focolarini. L'altra metà della Chiesa, dans "L´espresso" n°26 du 3 juillet 1997, consulté le 10 décembre 2016 [2]
  2. a, b et c Gordon URQUHART, Focolari, in Encyclopædia Universalis, consultée le 9 décembre 2016 [3].
  3. La messe quotidienne, organisée à midi, est « non obligatoire », assurent les responsables. Article de Claire-Marie Denis, "Qui sont vraiment les Focolari ?", Le Parisien, 23 juillet 2005, consulté le 9 décembre 2016 [4]
  4. a et b François-Xavier Mathieu, article du journal La Croix, rubrique "Croire", octobre 2012, consulté le 10 décembre 2016 [5]
  5. [6]
  6. article de Sandro Magister, L´irresistibile ascesa dei focolarini. L'altra metà della Chiesa, dans "L´espresso" n°26 du 3 juillet 1997, consulté le 10 décembre 2016 [7]
  7. a et b A ZENIT DAILY DISPATCH, Work of Mary (Focolare Movement), Libreria Editrice Vaticana, 2006, consulté le 10 décembre 2016 [8]
  8. Lettre de Jean-Paul II avec Chiara Lubich, président de l'Opéra Mary (Mouvement des Focolari)
  9. http://www.focolare.org/fr/chiara-lubich/spiritualita-dellunita/amore-al-fratello/
  10. Article FOCOLARI en ligne sur le site payant http://www.universalis.fr/, rédigé par Gordon Urquhart.
  11. « Les Focolari | Site du Mouvement des Focolari », sur www.focolari.fr (consulté le 10 décembre 2016)
  12. Antonella Ferrucci, « 811 entreprises ÉdeC : un bilan », sur www.edc-online.org,‎ (consulté le 10 décembre 2016)
  13. lien où sont diffusés les messages de Chiara Lubich
  14. Article Béatification du pape Jean-Paul II sur le site du mouvement des Focolari citant l’hebdomadaire Point de Vue (n° 3275, 27 avril-3 mai 2011) et le Figaro Hors-série sur Jean-Paul II (n° 61-2011)[9]
  15. All'inizio la parola d'ordine fu: «Mettete i libri in soffitta». (Au début, le mot d'ordre était "Mettez les livres au grenier." Article de Sandro Magister, L´irresistibile ascesa dei focolarini. L'altra metà della Chiesa, dans "L´espresso" n°26 du 3 juillet 1997, consulté le 10 décembre 2016 [10]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Thèses et articles scientifiques sur le mouvement des Focolari :

  • Virginie Alnet, Sociologie d'une utopie religieuse: l'étude du mouvement des Focolari, Università di Trento/EHESS, (lire en ligne)

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopédia Universalis - édition 2008 - Article Focolari