Mouvement des Focolari

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Mouvement des Focolari
Repères historiques
Fondation 1943
Fondateur(s) Chiara Lubich
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux spiritualité catholique
Dirigeant Maria Voce
Localisation Via Frascati, 306 – 00040

Rocca di Papa, Rome, Italie.

Sur Internet
Site internet Site officiel

Le Mouvement des Focolari est l'un des « nouveaux mouvements ecclésiaux[1] »[Note 1] qui ont fleuri au sein de l'Église catholique romaine dans la seconde moitié du XXe siècle. Il a été fondé en 1943 à Trente en Italie par Chiara Lubich. Ancré dans la spiritualité catholique, particulièrement mariale[2], le mouvement se veut néanmoins ouvert à tous les chrétiens voire aux fidèles d'autres religions ou aux personnes sans appartenance religieuse[3],[4]. Il est ouvert à tous, sans distinction d'origine, d'âge ou de culture, d'autant plus que son objectif général est l'engagement pour l'unité et la fraternité au sein de l’Église et de la société, en famille, dans le monde économique et socio-culturel, en politique, dans les relations entre personnes riches et pauvres, entre les peuples[5].

Plus de cent quarante mille personnes réparties dans 182 pays sur les cinq continents sont engagées activement dans le Mouvement des Focolari. Le mouvement revendique deux millions de sympathisants[réf. nécessaire]. Soucieux de remédier à toutes les difficultés sociales, les Focolari sont engagés avec les églises locales dans de nombreux domaines, en particulier les pastorales de la famille, des jeunes, l’œcuménisme et le dialogue inter-religieux[5].

À travers son organisation New Humanity (Humanité nouvelle), il est reconnu comme organisation non gouvernementale par l'Organisation des Nations unies depuis 1987[6].

Etymologie[modifier | modifier le code]

Le nom du mouvement vient de l'italien focolare (au pluriel focolari), signifiant « foyer »[7]. Son nom officiel reconnu par l’Église catholique est Opera Mariae (Œuvre de Marie)[8].

Historique et idées directrices[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Chiara Lubich

Le Mouvement des Focolari est né à Trente vers 1943. Sa fondatrice, Chiara Lubich, voyant les désastres de la guerre et ayant quasiment tout perdu, se demanda ce que rien ne pourrait détruire. Sa réponse fut Dieu. Après cette découverte fondamentale, elle commença à redécouvrir l'Évangile et à tenter de le mettre en pratique dans sa vie quotidienne avec un groupe de femmes qui forma le premier focolare ("foyer"). Peu à peu, le groupe s'est étoffé, aidé en particulier par la rencontre de Chiara Lubich avec Igino Giordani, écrivain et journaliste, alors député démocrate-chrétien, qui deviendra le premier focolarino marié, et un ardent promoteur du mouvement des Focolari, facilitant sa propagation rapide en Europe puis sur les autres continents[9].

L'évêque de Trente Carlo De Ferrari donne la première approbation, en 1947.

La création du mouvement des Focolari s'inscrit dans un renouveau dans l'Eglise catholique en Italie, porté par des laïcs engagés dans la société, mais restant très fidèles au pape et à la hiérarchie[10].

Développement[modifier | modifier le code]

Le père Pasquale Foresi, reconnu comme le co-fondateur du mouvement, a été en 1954 le premier prêtre focolarino[11]. Il a fait une contribution majeure à l'introduction des études théologiques dans le mouvement et a fondé la société d'édition des Focolari, les éditions Nouvelle Cité[12].

En 1958, le mouvement s'étend en Amérique du Sud, avec l'arrivée de trois focolarine au Brésil[13].

Les autorités ecclésiastiques catholiques ont depuis longtemps observé attentivement le mouvement et modifié à plusieurs reprises ses statuts et règlements. La version actuelle en a été adoptée en 1990, sous le pontificat de Jean-Paul II qui appréciait en particulier la dimension de dialogue du mouvement[14].

Idée directrice[modifier | modifier le code]

L'objectif du Mouvement des Focolari est la réalisation de la prière de Jésus à son Père : « Que tous soient un » (Jn 17,21). Pour les membres du mouvement des Focolari, la réalisation de la prière de Jésus ne peut se faire que par l'application de l’Évangile. Ils considèrent que l'accomplissement de l'évangile est dans l'amour et le respect de chacun [15].

À partir de la seconde moitié des années 1990 pour élargir son image de mouvement spirituel catholique à celle d'une organisation internationale humanitaire, et afin d'accroître son influence dans la société civile, la fondatrice du Mouvement, Chiara Lubich, a été désignée pour de nombreuses distinctions[16].

Spiritualité[modifier | modifier le code]

La spiritualité de ce mouvement est basée sur le message de l'Évangile, présenté comme une expérience à vivre dans sa vie quotidienne, et est caractérisée par une dimension communautaire.

La base de cette spiritualité est la phrase de Jésus « Que tous soient un » [17]. Dans cette spiritualité, chacun est candidat à cette expérience d'unité, qui sera alors une source d'enrichissement mutuel. Deux phrases de l'Évangile sont considérées comme particulièrement importantes par le mouvement des Focolari : « Aimez-vous les uns les autres » (Jn 13,34) et « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Mt 18,20).

Pour le mouvement des Focolari, à côté de l'image de Jésus parmi les hommes, une autre clé de cette expérience d'unité est l'image de Jésus abandonné sur la croix. Ils considèrent que Jésus a été abandonné et est mort sur la croix afin de favoriser cette unité[18].

Économie de communion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : économie de communion.

En 1991, Chiara Lubich, constatant les très fortes inégalités sociales et économiques lors d'une visite au Brésil, lance l'idée de créer des entreprises dont le but explicite est de partager une part de leurs bénéfices en faveur des plus pauvres. Cette initiative est devenue depuis l'économie de communion, à laquelle adhèrent plus de 800 entreprises dans le monde en 2014[19].

Lien avec d'autres mouvements[modifier | modifier le code]

Le mouvement des Focolari a développé des liens importants avec le mouvement japonais bouddhiste Risshō Kōsei Kai[20].

Organisation[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Le Mouvement des Focolari est, d'après ses statuts, approuvés par le Saint-Siège, présidé par une femme, ce qui est en cohérence avec l'importance accordée à Marie[12]. Depuis sa fondation en 1944 et jusqu'au décès de Chiara Lubich (le ), celle-ci en assura la présidence. Il y eut différents coprésidents successifs : Igino Giordani, Pasquale Foresi et, jusqu'en 2008, Oreste Basso. Lors d'élections qui se tinrent au début du mois de juillet 2008, Maria Voce (ou Emmaüs) et Giancarlo Faletti ont été élus respectivement présidente et coprésident. En 2014, Maria Voce a été réélue pour un mandat de 6 ans et l'Assemblée a élu un nouveau coprésident en la personne de Jesús Morán.

Communication et publications[modifier | modifier le code]

  • Parole de Vie est le commentaire d'un passage biblique qui paraît chaque mois. Ce commentaire mensuel s'appuie sur les écrits de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari. Il est traduit en 90 langues et imprimé à plus de 3,5 millions d'exemplaires. Il est également diffusé par de nombreuses radios et télévisions et via internet[21].
  • Depuis 1957, le mouvement publie en France la revue Nouvelle Cité.
  • Depuis 1962, les éditions Nouvelle Cité publient une vingtaine de livres par an.

Adhérents et sympathisants[modifier | modifier le code]

En France (2005), le mouvement compte plus de deux mille membres engagés et environ 50 000 sympathisants[22]. Les Focolari sont notamment implantés dans la commune de Bruyères-le-Châtel (Essone)[23].

Jugement[modifier | modifier le code]

Le théologien Henri Bourgeois qualifie le mouvement des Focolari de néo-classique. En effet, il garde des traits traditionnels : « Le sens de l’autorité (rôle du pape, des fondateurs, des leaders), (...) une affirmation chrétienne forte et visible (...), une certaine critique de la culture actuelle considérée comme manquant d’intériorité et de moralité, l’importance donnée à la figure (...) du prêtre ». Les nouveautés résident selon lui dans la place majeure de la spiritualité, l'importance donné à l'expérience, le rôle de la communication ainsi qu'une ouverture à l'international[24].

Soutien[modifier | modifier le code]

Le pape Jean-Paul II a fortement soutenu le mouvement des focolari[3]. Après son décès, le slogan "santo subito", qui demandait la béatification accélérée du pape décédé en dérogation au droit canon, a été lancé par les focolari [25].

Critique[modifier | modifier le code]

Certaines caractéristiques du mouvement ont attiré des critiques, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église catholique :

  • conservatisme moral accompagné d'une tendance de progressisme social (notamment dans les domaines de l'accueil des migrants, de la promotion de l'écologie et de la lutte contre les inégalités économiques et sociales [26],[27]). Ainsi, Le Monde diplomatique rappelait en 2004 que Chiara Lubich était opposée aux couples homosexuels et à l'avortement[28].
  • Structure fortement hiérarchique, avec un culte de la personnalité confinant parfois à l'hagiographie[29].
  • Contrôle étroit sur la vie des membres de l'organisation, qui font penser aux phénomènes sectaires[3],[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien qu'ils soient composés majoritairement de laïcs, ces mouvements ont pour fonctionnalité d'intégrer des membres de l'Église de tout statut : jeunes, adultes mariés et célibataires, prêtres, religieux des deux sexes, ce qui leur vaut l'appellation de "mouvements ecclésiaux". Voir l'article "Focolari" de Gordon Urquhart, dans Encyclopædia Universalis (en ligne), consultée le 9 décembre 2016[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Villemin, « La paroisse, les diocèses et les nouveaux Mouvements », Études, vol. 405, no 12,‎ (lire en ligne)
  2. Son nom officiel reconnu par l’Église catholique est Opera Mariae (Œuvre de Marie), voir l'article de Sandro Magister, L´irresistibile ascesa dei focolarini. L'altra metà della Chiesa, dans "L´espresso" n°26 du 3 juillet 1997, consulté le 10 décembre 2016 [2]
  3. a b et c Gordon URQUHART, Focolari, in Encyclopædia Universalis, consultée le 9 décembre 2016 [3].
  4. La messe quotidienne, organisée à midi, est « non obligatoire », assurent les responsables. Article de Claire-Marie Denis, "Qui sont vraiment les Focolari ?", Le Parisien, 23 juillet 2005, consulté le 9 décembre 2016 [4]
  5. a et b François-Xavier Mathieu, article du journal La Croix, rubrique "Croire", octobre 2012, consulté le 10 décembre 2016 [5]
  6. « présentation », sur www.new-humanity.org (consulté le 13 mai 2019)
  7. « Des mouvements riches en militants », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 13 mai 2019)
  8. « L’Oeuvre de Marie (Mouvement des Focolari) », sur ZENIT - Francais, (consulté le 13 mai 2019)
  9. (it) Sandro Magister, « L´irresistibile ascesa dei focolarini. L'altra metà della Chiesa » [« L'irrésistible ascension des focolarini. L'autre moitié de l’Église »], nº 26, L'Espresso, (consulté le 10 décembre 2016)
  10. Jean-Dominique Durand, « « L'aventure fascinante de l'Église en Italie » », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 100, no 4,‎ , p. 167 (ISSN 0294-1759 et 1950-6678, DOI 10.3917/ving.100.0167, lire en ligne, consulté le 13 mai 2019)
  11. « Décès de Pasquale Foresi », sur www.laici.va (consulté le 13 mai 2019)
  12. a et b A ZENIT DAILY DISPATCH, Work of Mary (Focolare Movement), Libreria Editrice Vaticana, 2006, consulté le 10 décembre 2016 [6]
  13. (it) Lia Brunet, Alle radici: le origini del Movimento dei Focolari in Sudamerica, Città Nuova, (ISBN 9788831151146, lire en ligne)
  14. Lettre de Jean-Paul II avec Chiara Lubich, président de l'Opéra Mary (Mouvement des Focolari)
  15. « L'amour du prochain », sur Mouvement des Focolari (consulté le 13 mai 2019)
  16. Article FOCOLARI en ligne sur le site payant http://www.universalis.fr/, rédigé par Gordon Urquhart.
  17. « Les Focolari | Site du Mouvement des Focolari », sur www.focolari.fr (consulté le 10 décembre 2016)
  18. Evlyne Montigny, « Chiara Lubich, une spiritualité de l'unité », sur croire.la-croix.com (consulté le 31 octobre 2017)
  19. Antonella Ferrucci, « 811 entreprises ÉdeC : un bilan », sur www.edc-online.org, (consulté le 10 décembre 2016)
  20. « Religions », Nouvelle revue théologique, vol. 133, no 1,‎ , p. 145 (ISSN 0029-4845 et 2406-4726, DOI 10.3917/nrt.331.0145, lire en ligne, consulté le 13 mai 2019)
  21. « Parole de Vie en langue Française », sur paroledevie.free.fr (consulté le 13 mai 2019)
  22. Témoignage chrétien, Guide de la fraternité: le guide de la France inter-religieuse, associations, événements, lieux de rencontres et de débats, Editions de l'Atelier, (ISBN 9782708237988, lire en ligne)
  23. « Le pape François sur les pas des Focolari », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 13 mai 2019)
  24. Henri Bourgeois, « Le néo-classicisme catholique », Études, vol. 394, no 2,‎ , p. 221-232 (lire en ligne)
  25. Article Béatification du pape Jean-Paul II sur le site du mouvement des Focolari citant l’hebdomadaire Point de Vue (n° 3275, 27 avril-3 mai 2011) et le Figaro Hors-série sur Jean-Paul II (n° 61-2011)[7]
  26. (it) « Nave Diciotti: Focolari Italia, "apriamo i nostri porti, stop a diatribe politiche" | AgenSIR », sur AgenSIR - Servizio Informazione Religiosa, (consulté le 13 mai 2019)
  27. (it) Earth Day Italia Onlus, « Earth Day Italia », sur Earth Day Italia (consulté le 13 mai 2019)
  28. Christian Terras, « Sous la pression des Eglises », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 13 mai 2019)
  29. Sandro Magister, « Jésuites contre Focolari. La béatification de Chiara Lubich remise en question | Diakonos.be », sur Diakonos.be, (consulté le 13 mai 2019)
  30. Hanssens, Vincent., De l'emprise à la liberté : Dérives sectaires au sein de l'Eglise : témoignages et réflexions., Primento Digital Publishing, (ISBN 9782874022401 et 2874022403, OCLC 1039700797, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Virginie Alnet, Sociologie d'une utopie religieuse: l'étude du mouvement des Focolari, Università di Trento/EHESS, (lire en ligne)
  • (en) Fiona Bowie, « An Anthropology of Religious Experience: Spirituality, Gender and Cultural Transmission In the Focolare Movement », Ethnos, vol. 68, no 1,‎ , p. 49-72 (lire en ligne)
  • Encyclopédia Universalis - édition 2008 - Article Focolari

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]