Communauté des Béatitudes

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Communauté des Béatitudes
Image illustrative de l’article Communauté des Béatitudes

Repères historiques
Fondation 1973
Fondateur(s) Gérard Croissant (« Éphraïm »)
Lieu de fondation Montpellier
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux Communauté nouvelle
Type Famille ecclésiale de vie consacrée de droit diocésain
Vocation Vie dans l'Esprit
Dirigeant Sœur Anna-Katharina Pollmeyer
Membres 308 laïcs, 180 frères consacrés (dont 89 prêtres), 275 sœurs consacrées[Béatitudes 1]
Localisation 50 fondations dans 28 pays[Béatitudes 1]
Site internet https://beatitudes.org

La Communauté des Béatitudes est une communauté catholique, dans la mouvance du renouveau charismatique, fondée en France en 1973 par Gérard Croissant, sous la dénomination Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau Immolé.

Elle est reconnue en 2002 comme « association privée internationale de fidèles » de droit pontifical. En 2020 elle est érigée en « famille ecclésiale de vie consacrée » par l'archevêque de Toulouse, Robert Le Gall, sous l'autorité romaine de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.

Depuis 1996, la communauté est suspectée de dérives sectaires et l'un de ses membres est condamné pour agression sexuelle sur mineurs.

Historique[modifier | modifier le code]

L'abbaye Saint-Martin du Canigou, confiée à la Communauté en 1987.

Fondation[modifier | modifier le code]

Deux couples mariés, Gérard et Josette Croissant et Jean-Marc et Mireille Hammel, entament une vie communautaire à Montpellier le 25 mai 1973. Tous sont protestants, à l'exception de Josette Croissant[1]. Gérard Croissant, qui se destinait à devenir pasteur[2],[3], se convertit au catholicisme lors d'un séjour à Rome à la Pentecôte 1975. Encouragé par Marthe Robin, il confesse la foi catholique en 1976, accompagné des premiers membres de la communauté. Il prendra le nom d'« Éphraïm » lors de son ordination diaconale en 1978[Landron 1]. Les premiers membres sont rapidement rejoints par d'autres, désireux de mener une vie sur le modèle de la communauté primitive de Jérusalem.

En 1975, la communauté s'installe dans le diocèse d'Albi, où elle prend le nom de « Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau immolé ». C'est seulement en 1991 qu'elle devient la « communauté des Béatitudes »[Landron 2].

En 1978, parmi les membres de la communauté, plusieurs hommes et femmes célibataires font vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. À cette occasion, ils reçoivent des noms de profession ainsi qu'un habit, signe de leur consécration.

Développement jusqu'en 2008[modifier | modifier le code]

Le , la communauté est reconnue au niveau diocésain par Robert Coffy, archevêque d'Albi, en tant que « pieuse union ». Le , elle est reconnue par ce même archevêque comme « association privée de fidèles de droit diocésain ». La communauté compte alors trois cents membres, répartis dans quinze « maisons » dont six hors de France[4]. En 1985 a lieu la première ordination sacerdotale. Le nombre des membres consacrés et des prêtres ne cesse d'augmenter.

Cette croissance des effectifs favorise des fondations au service des pauvres dans le monde entier[5],[Béatitudes 2]. Dans le même temps, la Communauté fonde de nombreux apostolats, en particulier dans le domaine de l'évangélisation par les médias (les cassettes avec Diakonia, la revue Feu et lumière, puis les Éditions des Béatitudes) ou la pastorale des jeunes avec notamment, une maison dédiée à l'évangélisation et une École de Charité pour des jeunes désireux de vivre une année de formation et de mission.

Parmi les œuvres de miséricorde, elle fonde en 1981 celle de Mère de Miséricorde pour dissuader les femmes désireuses d'avorter[2],[3],[6] ou la maison du Cottolengo (fermée en 2012) à Cordes-sur-Ciel pour accueillir des personnes atteintes du sida et des homosexuels pour les remettre dans le « droit chemin »[7].

Roger Meindre, nouvel archevêque d'Albi, approuve en 1994 de nouveaux statuts pour cinq ans ad experimentum.

Le , la communauté est érigée « association privée internationale de fidèles » de droit pontifical par le Conseil pontifical pour les laïcs du Saint-Siège[8]. La direction de la communauté des Béatitudes est assurée par un modérateur général et de nouveaux statuts sont à nouveau approuvés ad experimentum pour une durée de cinq ans. À cette date, la communauté compte environ mille deux cents membres et 75 maisons dans le monde entier.

Dérives sectaires[modifier | modifier le code]

En 1996, dans un ouvrage intitulé Les Naufragés de l'esprit, d'anciens membres de communautés du Renouveau charismatique dénoncent publiquement des dysfonctionnements dans l'exercice du pouvoir et une obéissance conduisant à l'infantilisation des fidèles, qu'ils considèrent comme des dérives sectaires[9].

En 1997, la communauté organise des stages de programmation neuro-linguistique (PNL) jusqu'à ce que les évêques réagissent (en 1999) interdisant l'utilisation de la PNL dans l'accompagnement spirituel[10]. À la même époque, l'ennéagramme joint à la PNL a été occasionnellement promu comme méthode de management et d'accompagnement[11].

En 1998, la communauté est listée dans le Dico des sectes édité par une association laïque, le Centre contre les manipulations mentales (CCMM)[12], qui mentionne toutefois en note de bas de page que certaines obédiences religieuses « …même non sectaires en elles-mêmes… sont indispensables à la compréhension de la dérive sectaire qui prend naissance à partir d'elles ».

En 2000, la communauté s'affilie tardivement à la Caisse de retraite du clergé[13], mise en place progressivement en France à partir de 1978 pour ceux qui avaient le statut de prêtres ou religieux. La non rétroactivité de cette affiliation a pour conséquence l'absence de droits à la retraite pour les membres de la communauté en ce qui concerne les années antérieures[14],[15]. Il n'en demeure pas moins que, selon un article de Mediapart[16] au sujet des retraites, de graves erreurs semblent avoir été commises en ce domaine et exigeraient pour le moins que la communauté des Béatitudes fasse amende honorable et recherche les moyens d'une réparation.

À partir de 2007, la communauté est l'objet de plaintes en justice mais en dépose également une dizaine en retour pour diffamation[17]. Plusieurs membres quittent la communauté et accusent celle-ci d'abus de pouvoir, d'abus spirituels, d'abus sexuels et de dérives sectaires[18],[19],[20],[21],[22],[23]. Dans un article à la presse régionale, une conseillère à la Miviludes, organe chargé de la lutte contre les dérives sectaires, déclare que « des rapports sur les activités des Béatitudes ont été adressés à l'Épiscopat. Je pense que le dossier des Béatitudes aurait figuré dans notre rapport 2006 si la justice n'avait pas été saisie »[24].

Finalement, le fondateur « frère Éphraïm » et le premier responsable général, Philippe Madre, tous deux diacres permanents, sont réduits à l'état laïc par l’Église catholique, respectivement en 2007 et 2010 [23]. Ce dernier avait été accusé en 2005 d’« abus sexuel par personne ayant autorité », dans le cadre de ses accompagnements spirituels[25].

Parallèlement, les médias publient entre 2007 et 2011 de nombreuses enquêtes à charge sur la communauté des Béatitudes[26].

Ainsi le magazine Le Nouvel Observateur publie le 29 mars 2007 un article de Marie Lemonnier intitulé : « Sulfureuses Béatitudes »[27].

En 2009, un premier documentaire de 52 minutes, intitulé « Dans l'enfer des Béatitudes »[28], est diffusé sur la chaîne 13e dans l'émission « Les Faits Karl Zéro ».

En 2011, un second documentaire de 52 minutes, réalisé par la journaliste Sophie Bonnet[29], est diffusé le 14 novembre sur Canal + dans l'émission Spécial Investigation : « Les Béatitudes : une secte aux portes du Vatican »[30].

De son côté, le magazine Les Inrockuptibles publie à son tour un article à charge le 29 novembre 2011 : « Les Béatitudes : dans l'enfer d'une communauté religieuse »[31].

La même semaine l'hebdomadaire chrétien La Vie publie également un reportage : « Les Béatitudes : la dérive des médecins de l'âme »[32].

La sortie du film Les Éblouis (2019) de Sarah Suco, qui pointe les dérives d'une communauté charismatique[33], fait l'objet d'un vif démenti de la communauté des Béatitudes[34]. Cette réfutation fait suite à des articles qui citent la communauté des Béatitudes comme exemple de communauté charismatique susceptible d'être concernée[35].

Agressions sexuelles[modifier | modifier le code]

Pierre-Étienne Albert[modifier | modifier le code]

L'affaire Pierre-Étienne Albert est une affaire judiciaire mettant en cause Pierre-Étienne Albert, membre de la communauté des Béatitudes, accusé d'avoir agressé sexuellement 39 enfants entre 1985 et 2000. Celui-ci reconnait l'ensemble des agressions sexuelles et donne le nom d'autres victimes pour lesquelles le tribunal ne peut statuer car les faits sont prescrits[36],[37].

Il est condamné à 5 ans de prison en décembre 2011 dans un premier jugement concernant 38 enfants et à 3 mois dans un deuxième jugement, en 2015, pour une agression sur une jeune fille de 12 ans[38].

Jacques Marin[modifier | modifier le code]

En avril 2019, une ancienne religieuse de la Communauté des Béatitudes dépose une plainte pour agression sexuelle à l'encontre du prêtre Jacques Marin, membre de la Mission de France et accompagnateur spirituel de la communauté du Verbe de Vie. Celui-ci était alors au service de la communauté des Béatitudes et y prêchait des retraites. Elle accuse Jacques Marin d'attouchements sexuels lors d'une confession en 1989 dans un lieu de retraite au domaine de Burtin à Nouan-le-Fuzelier. Deux autres victimes potentielles se sont fait connaître depuis. La Mission de France aurait informé la communauté des Béatitudes de ces abus au milieu des années 2010[39],[40],[41]. Jacques Marin est décédé le 12 octobre 2019[42], [Béatitudes 3].

Dominique Savio et Henri Suso[modifier | modifier le code]

L'abbaye Notre-Dame d'Autrey dans le diocèse de Saint-Dié.

L'affaire Dominique Savio et Henri Suso concerne deux prêtres qui auraient commis des agressions sexuelles, dans les années 1990, à l'encontre d'anciens élèves de l'internat d'une école gérée par la communauté des Béatitudes au sein de l'abbaye Notre-Dame d'Autrey, dans les Vosges. Dix anciens élèves auraient été victimes d'agressions de la part de deux prêtres de l’internat, les pères Dominique Savio (alias Georges Silva, Martin de Tours ou Martin Silva) et Henri Suso (alias Marie-Bernard d’Alès)[N 1]. En 2008, Le Parisien mentionne le suicide de huit anciens élèves. Une autre victime alléguée, Yann Laurent[N 2], s'est suicidée en juin 2019. Henri Suso rejoint en 2012 le diocèse de Fréjus-Toulon[43],[44],[45] et Dominique Savio est nommé « numéro deux » des Béatitudes en 2015 au côté de Anna-Katharina Pollmeyer[N 3], fonction dont il est écarté en janvier 2023 à la suite d'une enquête le concernant publiée par le journal La Croix[48].

Statut des laïcs[modifier | modifier le code]

Le Conseil pontifical pour les laïcs[49] constate que le port de l'habit monastique et l'usage d'un prénom de profession sont « non conformes au statut de laïc » et demande en 2008 à la communauté de clarifier sa position par rapport au fait que « certains membres aspirent à une véritable consécration religieuse, avec tout ce que cela comporte (émission de vœux publics, vie fraternelle en communauté, prise d'habit…) ».

Concernant le statut des personnes vivant en famille, le texte indique qu'« elles doivent avoir une habitation séparée et indépendante, et pouvoir exercer une activité professionnelle rémunérée et avec la couverture sociale prévue par la législation »[49].

À partir de ces directives, la communauté convient qu'elle ne doit plus relever du Conseil pontifical pour les laïcs mais de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée[1].

Réorganisation et nouveaux statuts[modifier | modifier le code]

Une clarification des statuts, prévue pour novembre 2008, est reportée en raison de l'affaire de pédophilie en cours devant les tribunaux. L'assemblée générale a finalement lieu en octobre 2009[50]. En 2010, le prêtre Henry Donneaud, dominicain, est nommé comme Commissaire pontifical à la tête de la communauté. Il mène à terme le processus de restructuration en poursuivant notamment le travail sur de nouveaux statuts. Ceux-ci, publiés en juin 2011, sont distincts pour les consacrés hommes ou femmes, et pour les laïcs[Béatitudes 4],[51]. Si les principes fondateurs des Béatitudes restent présents, de nombreuses modalités pratiques évoluent :

  • La communauté est désormais composée de trois branches : frères consacrés (prêtres inclus), sœurs consacrées, et laïcs associés (mariés ou célibataires, incluant les diacres permanents).
  • Chaque branche élit son gouvernement propre. Un président élu, nécessairement consacré, assure l'unité des trois branches.
  • La distinction des statuts entre consacrés et laïcs manifeste une mise en œuvre propre aux familles et célibataires plus fidèle au droit canon et à la tradition de l'Église. Leur formation est séparée.
  • Les familles bénéficient nécessairement d'un logement autonome et de revenus propres.
  • Les lieux résidentiels sont distincts et fondamentaux, même si un « foyer » peut réunir sur un même site plusieurs « maisons » de branches séparées.

La communauté est refondée le 29 juin 2011 comme « association publique de fidèles de droit diocésain » par Robert Le Gall, archevêque de Toulouse[52]. Dans les années qui suivent l'adoption des nouveaux statuts, la communauté met en place cette structure tripartite à tous les niveaux et poursuit un travail de reconstruction. La première assemblée générale élective selon les nouveaux statuts a lieu en octobre 2015. Le Fr. Henry Donneaud cesse alors son mandat de commissaire pontifical mais est nommé assistant apostolique auprès de la communauté[46].

Polémiques liées à l'homosexualité et à son traitement[modifier | modifier le code]

La Communauté des Béatitudes a été mise en cause en 2019 dans un documentaire[53] et un livre[54] portant sur des pratiques dites de conversion de l'homosexualité. Benoit Berthe-Siward, membre du collectif « Rien à guérir »[55] qui demande une législation en France contre ce type de pratiques, affirme avoir été conduit plusieurs fois adolescent dans une session dite de « guérison des blessures intérieures » organisée par les Béatitudes au Château Saint-Luc dans le Tarn[53],[54],[56],[57]. La Communauté a publiquement réagi dans un communiqué à ces différents documentaires. Elle assure n'avoir « jamais proposé de sessions spécifiques à destination des personnes homosexuelles » même si elle reconnaît que des « personnes homosexuelles ont pu être accueillies dans ce cadre » et qu'elle exprime « son profond regret » si cela s'est mal passé[Béatitudes 5].

Par ailleurs, les Éditions des Béatitudes ont publié plusieurs ouvrages qui disqualifient le mouvement LGBT contemporain, la pseudo « théorie du genre » et les évolutions sociales comme le mariage pour tous[58],[59],[60]. L'ouvrage de Jean-Benoît Casterman s'est retrouvé au cœur de deux polémiques en contexte scolaire : l'une en 2017 au lycée Sainte-Croix de Neuilly et une autre, en 2020, au lycée Notre-Dame de Kerbertrand à Quimperlé. À chaque fois, le contenu du manuel perçu comme sexiste et homophobe par des élèves et des parents d'élèves conduit la direction à le retirer des séances d'éducation affective et sexuelle[61],[62],[63],[64]. Le directeur des éditions des Béatitudes, Claude Brenti, exprime même en 2017 une forme de regret quant à sa publication : « si on nous le proposait aujourd’hui, on ne le laisserait peut-être pas écrit comme ça »[65]. La Communauté figure enfin sur l' « Observatoire des 'homothérapies' religieuses sur le territoire français » de l'historien et membre de la conférence de rédaction de Témoignage chrétien Anthony Favier[66]. Ce dernier pointe plusieurs acteurs, lieux et organisations en lien avec les Béatitudes qui participent, à son sens, de la thérapie de conversion[66].

Organisation[modifier | modifier le code]

Statuts[modifier | modifier le code]

La communauté des Béatitudes est une « association publique de fidèles en vue de devenir famille ecclésiale de vie consacrée » de droit diocésain c'est-à-dire un institut de vie consacrée. Ces statuts généraux[Béatitudes 6] ainsi que les statuts des laïcs ont été approuvés par Robert Le Gall, archevêque de Toulouse qui érige la communauté le 8 décembre 2020 en « famille ecclésiale de vie consacrée »[67], sous l'autorité de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique[68].

Composition[modifier | modifier le code]

La communauté est composée de trois branches : hommes consacrés (prêtres et diacres), femmes consacrées et laïcs associés. Les branches masculine et féminine sont chacune sous l'autorité d'un Responsable général. La Branche laïque est composée de membres associés (mariés ou célibataires) et clercs (diacres permanents) sous l'autorité d'un Modérateur général. Les membres de la Branche laïque prennent part au gouvernement de la Communauté selon des modalités particulières définies dans les Statuts Généraux et dans les Statuts propres de la Branche laïque.

Un minimum de sept années de « discernement » sont requises pour s'engager définitivement dans cette communauté[Béatitudes 7]. Les personnes qui veulent avoir un lien particulier (spirituel ou apostolique) avec la communauté peuvent également devenir « membres d'alliance ».

Dirigeants[modifier | modifier le code]

La communauté est gouvernée par un président, homme ou femme, élu parmi ses membres consacrés par l'assemblée générale. Il est entouré d'un assistant général et du conseil général, et travaille en collaboration avec les responsables des branches.

Chaque branche est gouvernée par un responsable général entouré d'un assistant général et d'un conseil de branche[Béatitudes 7]. Le président et les responsables des branches sont élus pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. Le conseil général de la communauté est composé du président, de l'assistant, des trois responsables et des trois assistants de branche[Béatitudes 7].

Liste des personnes qui ont exercé la charge de responsable depuis la fondation[69].

Nom Dates des mandats Intitulé
Gérard Croissant, diacre 1973 - 1985 Fondateur / berger
Philippe Madre, diacre 1985 - 1992 Berger puis modérateur
Fernand Sanchez, diacre 1992 - 2000 Modérateur général
François-Xavier Wallays 2000 - 2010 Modérateur général
Henry Donneaud, op 2010 - 2015 Commissaire pontifical
Anna-Katharina Pollmeyer[N 4] 2015 - Présidente

Missions[modifier | modifier le code]

Activités missionnaires et caritatives[modifier | modifier le code]

La Communauté s'est établi pour la premiere fois en 1982 à Kabinda en République Démocratique du Congo où elle assure depuis la gestion d'un hôpital et d'un centre de nutrition[Béatitudes 8]. En 1985, elle a notamment bâti le monastère de Marie Mère du Verbe à Bangui, en République centrafricaine. Lors de la troisième guerre civile centrafricaine, en 2013, le monastère accueille dès le mois de mars environ 250 enfants[70], puis, en décembre, lors de la bataille de Bangui, jusqu'à 17 000 réfugiés, ce qui incite la FOMAC puis la MISCA à le protéger militairement[71]. Au bout de quelques jours à gérer seule l'afflux de ces réfugiés, la communauté reçoit l'aide d'autres ONG caritatives (Caritas, CICR, enfin PAM)[72].

À Tan-Thong, au Vietnam, la Communauté a fondé un orphelinat et s'occupe de jeunes en grande précarité[Béatitudes 9]. À Bamako au Mali, elle a créé en 1996 un foyer d'accueil pour des jeunes femmes en détresse. Les Béatitudes proposent différents services pour aider les personnes en difficulté en France et à l'étranger. La communauté accueille notamment des SDF ponctuellement dans ses maisons ou pour des séjours plus longs avec le Foyer d'Accueil et de Réinsertion (FAR) de Pont-Saint-Esprit. Pour aider ces missions, la Communauté des Béatitudes a créé Alliances Internationales[Béatitudes 10], ONG qui a pour but de soutenir des projets humanitaires, des actions d'assistance et de bienfaisance visant au développement intégral de la personne dans les domaines de la santé, la prévention et les soins, de l'éducation et de la formation, du développement et enfin de la communication.

Diffusion[modifier | modifier le code]

La communauté a également développé une activité d'édition. Elle possède en effet plusieurs structures : la maison d'édition « Éditions des Béatitudes »[Béatitudes 11], l'association « Maria Multi Media »[73],[74] qui diffuse des CD et DVD de spiritualité. Elle participe à l'animation de Radio Ecclesia, la radio du diocèse de Nîmes.

La communauté a notamment un apostolat dédié aux adolescents, Espérance Jeunes [Béatitudes 12], qui propose des camps tout au long de l'année.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrages de référence[modifier | modifier le code]

  • Olivier Landron, Les Communautés nouvelles - Nouveaux visages du catholicisme, Cerf, coll. « Histoire », (ISBN 978-2204073059)
  1. Pages 325-326.
  2. Pages 16-17.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces deux prêtres ont décidé, quand ils sont rentrés aux Béatitudes, de porter les noms de deux personnages historiques de l'Église : Dominique Savio et Henri Suso [43].
  2. Isabelle Laurent, la mère de Yann, est l'autrice de Maman tu pardonnes toujours, Artège, , 224 p. (ISBN 9791033611998).
  3. Depuis 2015, Martin Silva est l'assistant général (numéro 2 de la communauté) d'Anna-Katharina Pollmeyer, présidente de la Communauté des Béatitudes[46],[47]. Ce prêtre est aussi connu sous les noms de Dominique Savio, Georges Silva ou Martin de Tours. Il est cité par plusieurs victimes potentielles d'agressions sexuelles au sein de l'école de l'abbaye Notre-Dame d'Autrey (fermée en 2007). L'affaire a été classée sans suite en 2010[43]. Il est mis en retrait de cette fonction le [48].
  4. Depuis 2015, Martin Silva est l'assistant général (numéro 2 de la communauté) d'Anna-Katharina Pollmeyer, présidente de la Communauté des Béatitudes[46],[47]. Ce prêtre est aussi connu sous les noms de Dominique Savio, Georges Silva ou Martin de Tours. Il est cité par plusieurs victimes potentielles d'agressions sexuelles au sein de l'école de l'abbaye Notre-Dame d'Autrey (fermée en 2007). L'affaire a été classée sans suite en 2010[43]. Il est mis en retrait de cette fonction le [48].

Références externes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Henry Donneaud, « Communauté des Béatitudes : de l'appel monastique au témoignage missionnaire », », Bulletin de littérature ecclésiastique, vol. 463,‎
  2. a et b Frédéric Lenoir, Les Communautés nouvelles, Fayard, , 368 p. (ISBN 978-2-213-02118-8), p. 156-159
  3. a et b UNADFI, « Les Béatitudes en question (Bulles n°74 2e trimestre 2002) », sur www.unadfi.org, (consulté le )
  4. Gérard Croissant, Les pluies de l'arrière-saison français, Fayard, , 137 p. (ISBN 978-2-213-01917-8), p. 131
  5. Gérard Croissant, Déjà les blés sont blancs, Paris, Le Sarment/Fayard, , 211 p. (ISBN 2-905480-16-5), p. 83-91 et p. 195
  6. « Des mères très couvées », sur L'Express, (consulté le )
  7. « La Communauté des Béatitudes », sur L'envers du décor (consulté le )
  8. « Texte du Décret de reconnaissance de la Communauté des Béatitudes par le Conseil Pontifical pour les Laïcs le 8 décembre 2002 », InfoPress, Église catholique de France, du 25 au 28 janvier 2008 (consulté le )
  9. Thierry Baffoy, Antoine Delestre et Jean-Paul Sauzet.1996, p. 300
  10. Alain Ehrenberg, La fatigue d'être soi : dépression et société, Paris, Odile Jacob, , 318 p. (ISBN 978-2-7381-2055-7, lire en ligne)
  11. Bertran Chaudet, diacre permanent de l’Église catholique, kinésithérapeute, membre du CCMM, « Mélanges psycho somato spirituels entraînant des dérives », sur FECRIS, (consulté le )
  12. CCMM et Annick Drogou, Dico des sectes, Milan édition, (ISBN 978-2841137121).
  13. Xavier Léger, « L'envers du décor », sur L'envers du décor (consulté le )
  14. Céline Hoyeau, « Les anciens membres de communautés nouvelles se battent pour leur retraite », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  15. Michaël Hajdenberg, « La retraite sans le sou des anciens religieux », sur Mediapart (consulté le )
  16. Michaël Hadjenberg, « La retraite sans le sou des anciens religieux », Mediapart,
  17. « Béatitudes : de nouvelles actions judiciaires », La Dépêche du Midi, (consulté le )
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  31. Emmanuel Lalande et Sophie Bonnet, « Les Béatitudes : dans l'enfer d'une communauté religieuse », sur Les Inrockuptibles, (consulté le )
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  49. a et b « FlashPress : Ce qui est demandé à la communauté des Béatitudes », Infocatho, (consulté le ).
  50. Benjamin Coste, « Assemblée générale décisive pour la communauté des Béatitudes », sur famillechretienne.fr, .
  51. « Statuts de la branche laïque de la Communauté des Béatitudes », Communauté des Béatitudes, (consulté le )
  52. « La communauté des Béatitudes communique », sur Conférence des évêques de France,
  53. a et b Bernard Nicolas (réalisateur), Homothérapies, conversion forcée, Ego Productions, Arte France, Télé Québec, 2019.
  54. a et b Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, Dieu est amour, infiltrés parmi ceux qui veulent guérir les homosexuels, Paris, Flammarion, 304 p.
  55. Collectif "Rien à guérir", « "Orientation sexuelle et transidentité : il faut 'bannir les 'thérapies de conversion' en France" », sur lemonde.fr, (consulté le )
  56. Marius François, « Thérapies de conversion : "le plus violent c'est de se voir amené par ses parents dans ce type de thérapies" », sur neonmag.fr, (consulté le )
  57. Anne-Laure Le Jan, « Le combat d'un Giennois ayant endure des "thérapies" prétendant "guérir" son homosexualité », sur larep.fr, (consulté le )
  58. Jean-Benoit Casterman, Pour réussir ta vie sentimentale et sexuelle, Nouans-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes,
  59. Louis Masquin, Identité, sexualité, des repères pour aujourd'hui, Nouans-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, , 208 p..
  60. Laurent Perru (préf. Laurent Fabre), Masculin en crise, devenir un homme selon le cœur de Dieu, Nouans-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, , 264 p..
  61. Frantz Durupt, « Qui est l'auteur du livre homophobe et anti-IVG distribué dans un lycée de Neuilly ? », sur Liberation.fr, (consulté le )
  62. Younes Rhounna, « Livre homophobe distribué aux élèves : le lycée catho de Neuilly plaide une 'erreur' », sur Marianne.net, (consulté le )
  63. Marie Malzac, « Un lycée catholique retire un manuel controversé sur l'homosexualité », sur la-croix.com, (consulté le )
  64. Florian Bardou, « Enseignement catholique : un manuel homophobe et sexiste refait surface depuis un lycée breton », sur liberation.fr, (consulté le )
  65. Gaëtan Supertino, « Que sait-on du fascicule sur la sexualité retiré d'un lycée catholique ? », sur europe1.fr, (consulté le )
  66. a et b Anthony Favier, « La Communauté des Béatitudes », sur Le Blog d'Anthony Favier, (consulté le )
  67. Claire Lesegretain, « La communauté des Béatitudes devient une « famille ecclésiale de vie consacrée » », La Croix,‎ (lire en ligne)
  68. Elisabeth Algier-Girault, Des sociétés de vie évangélique, une utopie ? : Suivre le Christ au coeur du monde dans la communion, Cerf, (ISBN 978-2-204-15108-5, lire en ligne), Sebastiano Paciolla, « Le nuove comunità precisazioni terminologiche e prassi del dicastero », Sequela Christi, Periodica Congregationis pro Institutis vitae consecratae et Societatibus vitae apostolicae, vol. 02,‎ , p.221-227 (lire en ligne)
  69. Selon les époques, l'appellation a pu changer.
  70. Laurent Larcher, « La peur gagne les esprits à Bangui », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne).
  71. « Bangui : Entre chaos et générosité »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur http://cahierslibres.fr/, Chrétiens dans la cité, (consulté le )
  72. Anne Guion, « À Bangui, la communauté des Béatitudes accueille... 17.000 déplacés », La Vie,‎ (ISSN 0151-2323, lire en ligne).
  73. Saint-Siège, « Répertoire des associations internationales de fidèles », (consulté le ).
  74. « Chrétiens dans la cité - N°84 – 22 janvier 2001 - Initiatives - Communauté des Béatitudes - Médias », Chrétiens dans la cité, (consulté le )

Références aux publications de la communauté[modifier | modifier le code]

  1. a et b Communauté des Béatitudes, « Qui sommes-nous? »
  2. Communauté des Béatitudes, « Où nous trouver ? - Communauté Beatitudes dans le monde », (consulté le )
  3. « Communiqué à la mort de Jacque Marin. », sur Communauté des Béatitudes (consulté le )
  4. « Statuts généraux de la Communauté des Béatitudes », Communauté des Béatitudes, (consulté le )
  5. Communauté des Béatitudes, « Communiqué à propos du livre Dieu est amour », sur beatitudes.org, (consulté le )
  6. Statuts et directoires de la communauté des Béatitudes, Éditions des Béatitudes, , p.43.
  7. a b et c Statuts et directoires de la communauté des Béatitudes, Éditions des Béatitudes, , pp. 28-34
  8. Association Alliances Internationales, « Congo Démocratique – Kabinda : un hôpital et la lutte contre la malnutrition »
  9. « Vietnam-Tang Thong: centre pour enfants démunis »
  10. « Alliances Internationales »
  11. « Site des éditions des Béatitudes »
  12. « Espérance Jeunes, site officiel »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frère Éphraïm, Les Pluies de l'arrière-saison, Fayard,
  • Frère Éphraïm, Déjà les blés sont blancs, Fayard,
  • Thierry Baffoy, Antoine Delestre et Jean-Paul Sauzet, Les Naufragés de l'esprit, Éditions du Seuil, , 332 p. (ISBN 2-02-026413-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Olivier Landron, Les Communautés nouvelles - Nouveaux visages du catholicisme français, Cerf, coll. « Histoire », (ISBN 978-2204073059)
  • P. Michelena, Les Marchands d'âmes. Enquête au cœur des Béatitudes : les thérapies chrétiennes en question, Golias, (ISBN 978-2914475907)
  • H. Donneaud, « La Communauté des Béatitudes : de l'appel monastique au témoignage missionnaire », Bulletin de littérature ecclésiastique, no 116,‎ , p. 99-116 (lire en ligne).
  • H. Donneaud, « Une famille ecclésiale de vie consacrée en devenir : la Communauté des Béatitudes », dans L.-M. Le Bot (éd.), Autorité et gouvernement dans la vie consacrée. Des ordres religieux aux nouvelles formes de vie consacrée, Actes du colloque tenu à Toulouse les 27 et 28 avril 2015, Toulouse, Les Presses Universitaires / Institut catholique de Toulouse, , p. 205-218
  • Centre contre les manipulations mentales (CCMM), « Un hippie débarque aux Béatitudes », « Un Berger sort du troupeau » et « Victime de la potion magique du Docteur Sanchez », dans Le Livre noir de l'emprise psycho-spirituelle, Paris, CCMM, , p. 97-107, 108-113 et 114-117.
  • Agathe et Christophe Renouard, « Pourquoi se (c) taire », témoignage, éditions Maïa,

Liens externes[modifier | modifier le code]