Charles de Gaulle - Étoile (métro de Paris)

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Charles de Gaulle - Étoile
Quais de la ligne 2.
Quais de la ligne 2.
Localisation
Pays France
Ville Paris
Arrondissement 8e, 16e, 17e
Coordonnées
géographiques
48° 52′ 28″ nord, 2° 17′ 45″ est

Caractéristiques
Position par
rapport au sol
Souterraine
Voies 5
Quais 6
Longueur (1) : 90 m
(2)(6) : 75 m
Nombre d'accès 11
Accessibilité Non
Zone 1 (tarification Île-de-France)
Transit annuel 4 291 663 (2021)
Historique
Mise en service (1)
2 Sud
(2)
2 Sud (5)
(5)(6)
Nom inaugural Étoile
Gestion et exploitation
Propriétaire RATP
Exploitant RATP
Code(s) de la station 1812
Ligne(s) (M)(1)(2)(6)
Correspondances
RER (RER)(A)
Bus RATP (BUS)RATP223031527392341
Noctilien (BUS)NoctilienN11N24N53N151N153
(1)
(2)
(6)

Charles de Gaulle - Étoile est une station des lignes 1, 2 et 6 du métro de Paris, implantée sous la place Charles-de-Gaulle. Initialement appelée Étoile, elle est située à la limite des 8e, 16e et 17e arrondissements de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

La station se trouve sous la partie nord de la place Charles-de-Gaulle, les quais étant établis :

Un raccordement de service est embranché en talon sur les lignes 1 et 6. Il est relié à la ligne 6 juste avant son terminus et à la ligne 1 sur la voie en direction de Château de Vincennes en aval de la station. Une seconde connexion, dite « raccordement de Boissière », reliait auparavant la même voie de la ligne 1 à celle de la ligne 2 en direction de Porte Dauphine en passant sous la section occidentale de la boucle de la ligne 6 ; le tunnel est dorénavant condamné à la suite de l'automatisation de la ligne 1.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mises en service[modifier | modifier le code]

La station est ouverte le sous le nom d'Étoile, soit plus d'un mois après la mise en service de la première section de la ligne 1 entre Porte de Vincennes et Porte Maillot, le 19 juillet précédent. Jusqu'alors, les rames de métro la traversaient sans y marquer l'arrêt.

Arrivée d'une rame MP 73 de la ligne 6 en station (vidéo).

Le , le terminus de la ligne 2 Sud, constituée du tronçon Étoile - Trocadéro de l'actuelle ligne 6, est ouvert[1]. Cette ligne est d'abord exploitée sous la forme d'un embranchement de la ligne 1 jusqu'au , date où elle est prolongée d'une station jusqu'à Passy[1].

Le , la station de la ligne 2 Nord est ouverte à son tour et constitue provisoirement le terminus oriental de son premier tronçon jusqu'au , date à laquelle la ligne est prolongée jusqu'à Anvers. Le , celle-ci devient plus simplement la ligne 2 à la suite de l'absorption de la ligne 2 Sud le 14 octobre précédent par la ligne 5, qui effectue alors le trajet d'Étoile à Lancry (actuelle station Jacques Bonsergent)[2].

Du 17 mai au , le tronçon entre Place d'Italie et Étoile de la ligne 5 est intégré temporairement à la ligne 6, qui relie alors Étoile à Nation afin d'assurer la desserte de l'exposition coloniale qui se tient cette année-là au bois de Vincennes[1]. Cette section, rendue ensuite à la ligne 5 qui avait alors Gare du Nord pour terminus, est définitivement cédée à la ligne 6 le afin de permettre le prolongement de la ligne 5 jusqu'à Église de Pantin le suivant.

Le , la station est mise en correspondance avec la nouvelle gare de Charles de Gaulle - Étoile du Métro régional, embryon de l'actuelle ligne A du RER qui naît officiellement en 1977. À cette occasion, la station précitée est renommée Charles de Gaulle - Étoile le 30 novembre suivant.

Origine des noms[modifier | modifier le code]

La station doit sa dénomination originelle d'Étoile à son implantation sous la place de l'Étoile, telle que cette dernière est alors dénommée du fait des multiples avenues qui y aboutissent, lui conférant ainsi, depuis une vue aérienne, la forme d'une étoile à douze branches.

Le nom de Charles de Gaulle est ajouté en 1970 à la suite de la nouvelle désignation de la place précitée, laquelle rend hommage au résistant et président de la République Charles de Gaulle (1890-1970) à la suite de la mort du général survenue le . La station est ainsi devenue la deuxième d'une série de trois dont l'appellation reprend le nom d'un président de la République française, après Félix Faure sur la ligne 8 et avant Bibliothèque François-Mitterrand sur la ligne 14.

Le , une partie des plaques nominatives des quais des lignes 2 et 6 sont provisoirement remplacées afin de célébrer la victoire de la France à la Coupe du monde de football de 2018, comme dans cinq autres stations[3]. Charles de Gaulle - Étoile est humoristiquement renommée « On a 2 Étoiles » avec deux petites étoiles dorées inscrites en bas de la plaque (au-dessous du « 2 »), en référence à la deuxième étoile décrochée par l'équipe de France ; cette même étoile fut par ailleurs projetée la veille aux côtés de la première sur l'Arc de triomphe, dont la station assure la desserte.

Modernisations[modifier | modifier le code]

La station est modernisée vers les années 1950 avec la pose de carreaux de couleur sable dans les couloirs de correspondance, tandis que les quais de la ligne 1, comme la majorité de ses points d'arrêt entre et , se voient rallongés à 90 mètres afin de permettre l'accueil de rames de six voitures à roulement pneumatique, destinées à faire face aux importantes surcharges chroniques apparues à partir de la Seconde Guerre mondiale. Comme à Bastille sur la même ligne, la présence de courbes suivies de contre-courbes en amont et en aval de la station a exclu un allongement des quais à 105 mètres (soit la longueur existante de certaines stations de la ligne) comme envisagé initialement.

Le terminus de la ligne 6 a été modifié en 1967 en prévision de la conversion de cette dernière au roulement pneumatique ainsi que de l'arrivée de la ligne A du RER. La deuxième voie sur la gauche, dépourvue de quai, a été supprimée au profit de la création d'un second quai plus étroit, dédié au débarquement des voyageurs, tandis que la voie restante a été décalée afin de permettre l'élargissement du quai d'origine qui, depuis, ne sert plus qu'à l'embarquement. L'espace libéré sur l'ancien tracé du tunnel, à la courbure caractéristique, a été transformé en couloir de liaison en provenance du RER par l'édification d'un mur de séparation. Ces réaménagements, réalisés en parallèle de la transformation de la station voisine Kléber en terminus technique, ont permis d'augmenter la fluidité des échanges de voyageurs dans cette station contrainte par sa configuration.

À l'occasion de la connexion de la station de métro avec la gare du RER et de la pneumatisation des lignes 1 et 6, l'ensemble des points d'arrêt sont modernisés à leur tour par l'adoption du style « Mouton-Duvernet », décoration caractérisée par sa couleur orange tranchant radicalement avec le blanc dominant de l'origine du métro[4]. Ces aménagements seront par la suite complétés de sièges de style « Motte » rouges sur les trois lignes. Le style « Mouton » a depuis été retiré de station de la ligne 1, rénovée en 2010 dans le cadre de l'automatisation de cette dernière. Ses quais ont été rehaussés afin d'être équipée de portes palières, dont la pose s'est déroulée en , ce qui en fait l'une des dernières stations de la ligne à les recevoir.

Accidents[modifier | modifier le code]

Le terminus de la ligne 6 fut le théâtre de deux déraillements dans le courant des années 1990 :

  • le , la motrice arrière d'une rame déraille lors de son passage sur un appareil de voie en aval de la station et son attelage se rompt, provoquant sept blessés légers[5] ;
  • le , le déraillement de deux voitures d'un train blesse légèrement deux personnes[6].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Selon les estimations de la RATP, la station a vu entrer 7 296 559 voyageurs en 2019, ce qui la place à la 36e position des stations de métro pour sa fréquentation[7]. En 2020, avec la crise du Covid-19, son trafic annuel tombe à 3 152 200 voyageurs, la reléguant alors au 53e rang[8], avant de remonter progressivement en 2021 avec 4 291 663 entrants comptabilisés, ce qui la classe à la 47e position des stations du réseau pour sa fréquentation cette année-là[9].

Services aux voyageurs[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Un des accès.

La station dispose de 11 accès :

  • Accès no 1 « Champs-Élysées » : avenue des Champs-Élysées, côté pair ;
  • Accès no 2 « Avenue de Friedland » : angle place Charles de Gaulle / avenue de Friedland, côté pair ;
  • Accès no 3 « Avenue Victor-Hugo » ;
  • Accès no 4 « Avenue Hoche » : place Charles-de-Gaulle (angle avenue de Wagram, côté impair) ;
  • Accès no 5 « Avenue de Wagram » : place Charles-de-Gaulle (angle avenue de Wagram, côté pair) ;
  • Accès no 6 « Avenue Carnot-Parc Auto » : avenue Carnot, côté pair ;
  • Accès no 7 « Avenue Carnot » : avenue Carnot, côté impair ;
  • Accès no 8 « Avenue de la Grande Armée » : avenue de la Grande-Armée, côté pair ;
  • Accès no 9 « Rue de Presbourg » : avenue de la Grande-Armée, côté impair ;
  • Accès no 10 « Avenue Foch-Parc Auto » : avenue Foch, côté impair ;
  • Accès no 11 « Rue Beaujon » : avenue de Wagram, côté impair.

Quais[modifier | modifier le code]

Les quais de la ligne 1, longs de 90 mètres et en légère courbe à l'ouest, sont de configuration standard : au nombre de deux, ils sont séparés par les voies du métro et la voûte est elliptique. La décoration est du style utilisé pour la majorité des stations du métro, combinée aux aménagements spécifiques de cette ligne depuis son automatisation : les bandeaux d'éclairage sont blancs et arrondis dans le style « Gaudin » du renouveau du métro des années 2000, et les carreaux de céramique blancs biseautés recouvrent les piédroits, la voûte, les tympans et les débouchés des couloirs. Les cadres publicitaires sont en céramique blanche et le nom de la station est inscrit en police de caractères Parisine sur panneaux rétro-éclairés incorporés pour la plupart à des caissons parés de bois. Les quais sont équipés de sièges « Akiko » de couleur bordeaux ainsi que de portes palières.

La station de la ligne 2, longue de 75 mètres et en légère courbe, est également à disposition classique sous une voûte elliptique. En revanche, contrairement à celle de la ligne 1, elle a conservé son style « Mouton-Duvernet » des années 1970 avec des piédroits et tympans recouverts de carreaux en deux principaux tons d'orange posés horizontalement et alignés verticalement, une voûte enduite et peinte en blanc ainsi que des bandeaux lumineux caractéristiques de ce style décoratif. Les cadres publicitaires sont métalliques et le nom de la station est écrit en police de caractère Parisine sur plaques émaillées. Les sièges « coque », caractéristiques du style « Motte », sont de couleur rouge.

Le terminus de la ligne 6 forme une boucle sous la place avec une station de 75 mètres de long accolée à celle de la ligne 1, constituée d'un quai étroit à la gauche de la rame pour la descente des voyageurs et d'un autre plus large à sa droite pour la montée (ce dernier communiquant avec le quai de la ligne 1 en direction de Château de Vincennes), selon la solution espagnole. Du fait de cette contrainte, il ne s'agit que d'un terminus « commercial » et les rames repartent immédiatement après pour effectuer un arrêt prolongé lié à la régulation à la station Kléber qui joue donc le rôle de terminus. Comme pour la station de la ligne 2, les quais sont aménagés en style « Mouton » avec des carreaux orangés présentant toutefois davantage de nuances, posés horizontalement et alignés verticalement sur les piédroits et les tympans, ainsi qu'une voûte elliptique peinte en blanc et un bandeau d'éclairage typique de cette décoration. Un second dispositif d'éclairage constitué de tubes partiellement dissimulés éclaire le piédroit du quai de débarquement, lequel est pourvu de cadres publicitaires métalliques gris, et le nom de la station est en lettres capitales sur plaques émaillées. Comme sur la ligne 2, les sièges « Motte » sont de couleur rouge, mais uniquement disposés sur le quai d'embarquement.

Intermodalité[modifier | modifier le code]

La station est reliée par des couloirs de correspondance à la gare RER du même nom de la ligne A.

Elle est desservie par les lignes de bus 22, 30, 31, 52, 73, 92 et 341 du réseau de bus RATP. En outre, la nuit, elle est desservie par les lignes N11, N24, N53, N151 et N153 du Noctilien.

À proximité[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le film Peur sur la ville de Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo et Charles Denner, sorti en 1975, une partie de la poursuite de Marcucci dans Paris se déroule dans les couloirs de la station. Le film Les Rois mages de Bernard Campan et Didier Bourdon (2001) met en scène les trois mages revenus sur terre après deux mille ans : sur la piste de l'Étoile, ils finissent par découvrir le nouveau-né qu'ils recherchent dans les couloirs de la station Charles de Gaulle - Étoile.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes. De Bienvenüe à Météor [détail de l’édition], p. 210-211.
  2. Jean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes. De Bienvenüe à Météor [détail de l’édition], p. 197.
  3. « RATP : six stations de métro au nom des Bleus », sur www.leparisien.fr (consulté le ).
  4. « Métro parisien : de la décoration au design », sur transportparis.canalblog.com (consulté le 17 mars 2018).
  5. « Raisons d'un déraillement de métro - Sénat », sur senat.fr, (consulté le ).
  6. « Une dizaine d'accidents en un siècle », Le Parisien, (consulté le ).
  7. « Trafic annuel entrant (2019) », sur data.ratp.fr, (consulté le ).
  8. « Trafic annuel entrant 2020 », sur data.ratp.fr, (consulté le )
  9. « Trafic annuel entrant 2021 », sur data.ratp.fr, (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]