Sprague-Thomson

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Une rame Sprague-Thomson lors des Journées du patrimoine 2006

Sprague-Thomson est le nom des premières rames entièrement en métal du métro de Paris. Elles ont été en service de 1908 à 1983.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les recherches avant 1908[modifier | modifier le code]

Après la catastrophe de Couronnes en 1903, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) cherche à mettre au point un matériel roulant fiable et sûr. L'équipement Thomson Multiple est le plus souvent adopté, mais il est complexe. À l'inverse, le « Sprague » venu d'Amérique ne convainc pas.

Les motrices à deux moteurs[modifier | modifier le code]

Une Sprague-Thomson à Bastille en 1908.

Le Sprague-Thomson apparaît en 1908 par la synthèse des systèmes précédents et l'utilisation de procédé de commande des moteurs inventé par l'industriel américain Frank J. Sprague. Depuis 1907, la CMP fait construire des rames métalliques. Les motrices 500 forment la première série de Sprague-Thomson que l'on appellera familièrement « Sprague ». Ces voitures entièrement métalliques ont, par motrice, deux moteurs de 175 ch. Une rame de cinq voitures a trois motrices. Comportant un grand compartiment d'appareillage électrique, on les appelle « grandes loges ».

Après la Grande Guerre, on construit des motrices améliorées où l'appareillage occupe moins de place : les « petites loges ».

Intérieur première classe.

Certaines motrices à grande loge ont été regroupées par deux afin de former des motrices de trains de travaux à deux loges ; elles ont d'abord été peintes en gris, puis plus tard repeintes en jaune. L'arrivée des TMA (tracteur à marche autonome) dans les années 1980 a permis de réformer plusieurs de ces motrices, réforme qui s'est accentuée avec l'arrivée dans les années 2000 des TME (tracteur à marche électrique). Un projet de transformer des voitures de MF 67 en convoi inter-ateliers est en cours afin de remplacer les Sprague actuellement dédiés à ce genre de convois. L'utilisation des derniers tracteurs Sprague a cessé le 8 mars 2011 pour des raisons de sécurité ; la RATP a décidé le 5 mai 2011 de réformer tous les tracteurs restants. Les T.74 et T.91 sont conservés par l'association ADEMAS tandis que le T.95 est conservé par la RATP.

Les motrices « Nord-Sud »[modifier | modifier le code]

La Compagnie du Nord-Sud fait construire de 1910 à 1925 des Sprague différentes, avec quatre moteurs de 125 ch et deux motrices par train au lieu de trois. Elles sont bicolores : bleu et gris pour les seconde classe, et non plus vert foncé comme celles de la CMP, et rouge et jaune pour les première classe. Le Nord-Sud possédait également des voitures mixtes première/seconde classe qui circulèrent sur l'ancienne ligne B (Saint Lazare - Porte de Saint Ouen/Porte de Clichy).

Les motrices à quatre moteurs[modifier | modifier le code]

Petit à petit, les caisses s'allongent, passant de 12,6 m à l'origine à 14,2 m à la fin. Les motrices à quatre moteurs de 175 ch apparaissent en 1927 et ont toutes 14,2 m de long. La couleur (vert foncé, clair, gris bleuté) varie avec le temps, de même que le nombre de portes passe de trois à quatre. Les remorques de 1re classe sont rouges sur le réseau CMP, jaunes sur le Nord-Sud. Il y a des remorques mixtes moitié vert moitié rouge. La rame classique comporte deux motrices à quatre moteurs, encadrant trois remorques, dont celle du milieu est 1re classe. Les motrices à quatre moteurs sont construites jusqu'en 1936. Certaines sont issues de modèles anciens reconstruits et pratiquement identique aux neuves.

Le déclin[modifier | modifier le code]

En 1956, la transformation pour la circulation de rames sur pneus sur la ligne 11 entraîne un lot de Sprague vers la réforme. Elles sont en grande partie transformées en matériel de travaux. Il en sera de même pour les lignes 1 (1963) et 4 (1967).

L'adieu[modifier | modifier le code]

Vidéo d'une rame circulant sur la ligne 12 en 2007, à la station Pigalle.

L'apparition du matériel fer MF 67 en 1968 sur la ligne 3 accélère la réforme du Sprague. Le MF 67 équipe ensuite la ligne 7 puis se disperse sur de nombreuses lignes. En 1975, les lignes 2, 3 bis, 5, 7 bis, 12 sont entièrement exploitées en Sprague et les lignes 8, 9, 10 partiellement. Les dernières motrices à deux moteurs s'effacent en 1976 de la ligne 2. Les Nord-Sud sont parties en 1972.

L'arrivée du MF 77 accélère la chute du Sprague qui se retrouve sur la seule ligne 9. En 1982, c'est virtuellement fini mais l'inondation de la station Église de Pantin met de nombreux MF 67 hors service. La ligne 5 doit reprendre du matériel à la 9 et le Sprague de l'activité. Les quatre dernières rames Sprague de la ligne 9 cessent de rouler le 16 avril 1983 dans une ambiance festive, après 75 ans de bons et loyaux services. Les rames qui roulent en dernier sont les plus jeunes, mais il semblerait que certaines motrices de 1908-1910 aient circulé 65 ans.

Depuis le 11 mai 2010, la RATP a émis une interdiction de circulation du matériel Sprague durant le service voyageurs[1]. Cette interdiction ne concerne pas la rame A.475 qui a été modifiée spécialement, ce qui lui permet d'effectuer des circulations, par exemple dans le cadre des Journées européennes du patrimoine[2].

Patrimoine ferroviaire[modifier | modifier le code]

La RATP a conservé trois rames Sprague, mais une seule est actuellement utilisable avec des voyageurs. Elle circule de temps à autre pour des animations de lignes, par exemple lors des Journées européennes du patrimoine, et pour des associations de passionnés (ADEMAS, COPEF[3]). Cette rame peut parfois servir pour le tournage de films comme ce fut le cas pour Les Femmes de l'ombre. De nombreuses voitures sont entreposées dans des musées ; celles utilisées pour les trains de travaux ont dépassé les 100 ans.

Cinq voitures (dont deux de 2e classe avec leur motrice, et une de 1re classe avec seulement la remorque), sont classées monuments historiques au titre objet depuis le 18 décembre 1998[4]. Une autre voiture, automotrice de 2e classe qui était conservée au dépôt de Vaugirard, l'a été le 17 février 2000[5].

Des motrices réformées ont été transformées en tracteur Sprague afin d'assurer les travaux du métro de Paris, mais leur activité a cessé définitivement le 8 mars 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sauvegarde et restauration de matériels roulants », ADEMAS (consulté le 25 mai 2011)
  2. ce qui avait été prévu, par exemple, pour les 18 et 19 septembre 2010, selon le communiqué de presse du 12 juillet 2010, p. 4, consulté le 25 mai 2011
  3. Cercle ouest parisien d'études ferroviaires
  4. « Notice no PM75003689 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  5. « Notice no PM75003699 », base Palissy, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Robert, Notre métro, éd. Jean Robert, 1983, 512 p.
  • Le Patrimoine de la RATP, éditions Flohic, 1996, 400 p.
  • Gaston Jacobs, Le Métro de Paris : un siècle de matériel roulant, éditions La Vie du Rail, 2001.
  • Jean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes. De Bienvenüe à Météor, Éditions La Vie du Rail [détail des éditions]
  • Le métro parisien : 1900-1945, éditions Atlas, 2011 (p. 78 à 83).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]