Charles Odier

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Charles Odier
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
LausanneVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Germaine GuexVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychiatre et psychanalysteVoir et modifier les données sur Wikidata
Idées remarquables

Cofondateur de la Société psychanalytique de Genève (1920)
Membre fondateur de la Société psychanalytique de Paris (1926)

Cofondateur des Conférences des psychanalystes de langue française (1926)
Œuvres principales
  • Les deux sources consciente et inconsciente de la vie morale (1943)
  • L'angoisse et la pensée magique (1948)
Membre de Société suisse de psychanalyseVoir et modifier les données sur Wikidata
Données clés

Charles Odier, né le à Genève et mort à Lausanne le , est un psychiatre et psychanalyste suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille protestante originaire de Normandie et réfugiée en Suisse après la révocation de l’édit de Nantes[1], Charles Odier fait ses études secondaires à Genève, puis étudie la médecine à Genève, Paris, Berlin et Vienne— où il a été formé à la psychiatrie par Julius Wagner-Jauregg[1] —, soutenant à Genève en 1910 une thèse de doctorat intitulée Contribution à l'étude expérimentale de la mort par inhibition[2].

Il exerce la médecine comme médecin généraliste et psychiatre à Genève, à l'asile de Bel-Air jusqu'en 1929, date de son départ pour la France, puis à Villejuif et à l'Hôpital de la Salpêtrière.

Il s'intéresse à la psychanalyse dès 1914, rencontre Freud et fait une première analyse aux Pays-Bas, avec Van Ophuijsen (1923), puis effectue deux séjours à la polyclinique de Berlin auprès de Karl Abraham et Franz Alexander (en 1923/1924 puis en 1927)[1]. Il participe à la naissance de la psychanalyse à Genève et rejoint la Société suisse de psychanalyse, grâce notamment à Théodore Flournoy[3] et participe à la fondation de la Société psychanalytique de Genève (1920), présidée par avec Édouard Claparède, aux côtés de Jean Piaget et Pierre Janet.

Après son installation à Paris, et jusqu'en 1939, il se consacre à promouvoir la psychanalyse en France. Il est, avec Raymond de Saussure notamment, l'un des fondateurs de la Société psychanalytique de Paris en 1926[1], puis de la Conférence des psychanalystes de langue française. Il participe à la création de la Revue française de psychanalyse, avec Angelo Hesnard, René Laforgue et Ferdinand de Saussure, et il est membre du comité de direction de 1927 à 1938. Il forme de nombreux didacticiens[1]. Il a notamment effectué une analyse de contrôle avec Jacques Lacan[4].

Il a beaucoup travaillé des concepts comme la genèse du moi, le surmoi, le "sur-ça", l'angoisse et la question des conséquences de l'abandon qui a été ensuite repris par sa collaboratrice Germaine Guex. Il a aussi tenté de combiner l'approche de Piaget pour ce qu'il appelait la « méthode génético-analytique », une théorie psychogénétique du moi[1].

Il traduit plusieurs ouvrages de Freud.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Paris pour Lausanne[1] où il a largement contribué à former de jeunes psychanalystes, maintenant des contacts scientifiques avec certaines revues dont l'Évolution psychiatrique. Il a notamment analysé Michel Gressot et René Henny.

Il est marié à Ilse Loebel, son élève, veuve du linguiste Jules Ronjat. Il meurt d'un cancer du foie[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Étude psychanalytique. Le complexe d'Œdipe et son influence sur le caractère, la santé et la destinée, Ed. de la Petite Fusterie, 1925.
  • « Contribution à l'étude du Surmoi et du phénomène moral », rapport pour la Conférence des psychanalystes de langue française, 1927.
  • « Les deux sources consciente et inconsciente de la vie morale », sur Les Classiques des sciences sociales, (consulté le )
  • L'angoisse et la pensée magique, Delachaux et Niestlé, 1948
  • Le rôle des fonctions du moi dans l'évolution psychique : T. 2. L'homme esclave de son infériorité. 1. Essai sur la genèse du moi, 1950.
  • L'homme esclave de son infériorité, 1950.
  • Contribution à l'étude expérimentale de la mort par inhibition

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque », (1re éd. 1997), 1789 p. (ISBN 978-2-253-08854-7), p. 1098
  2. Thèse de doctorat, 1910, notice sur WorldCat.
  3. Cf. notamment Karima Amer, Contribution de Théodore Flournoy à la découverte de l'inconscient, p. 46-61, Le Coq-Héron, no 218, 2014/3.
  4. Élisabeth Roudinesco, Jacques Lacan : Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque », (1re éd. 1993), 2118 p. (ISBN 978-2-253-08851-6), p. 1590

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]