René Laforgue

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René Laforgue
Portrait de René Laforgue

Portrait de René Laforgue

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à ThannVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession PsychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Ordre national de la Légion d'honneurVoir et modifier les données sur Wikidata

René Laforgue () est un psychiatre et psychanalyste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Alsace, à Thann, le 5 novembre 1894, René Laforgue est mobilisé dans l’armée allemande en 1914-1918. Il a étudié la médecine à Berlin, mais c'est en France qu'il passe en 1919 sa thèse consacrée à « l'affectivité dans la schizophrénie ».

Parcours psychanalytique[modifier | modifier le code]

Il fait une psychanalyse avec Eugénie Sokolnicka alors chargée de mission pour Sigmund Freud en France. En 1923, il ouvre la première consultation psychanalytique hospitalière en France, à l’hôpital Sainte-Anne dans le service d'Henri Claude.

En 1925, il cofonde la revue L'évolution psychiatrique.

Il crée avec René Allendy et Édouard Pichon, les premiers cercles freudiens en France, qui donneront naissance en 1926 à la Société psychanalytique de Paris dont il fut le premier président. En 1927, il participe à la fondation de la Revue française de psychanalyse impulsée par Marie Bonaparte[1], aux côtés d'Angelo Hesnard, Charles Odier et Raymond de Saussure.

Il correspond avec Freud, écrit quelques ouvrages de références, notamment Psychopathologie de l'échec, et analyse de nombreux psychanalystes, notamment Jean Bergeret, Françoise Dolto ou Ménie Grégoire.

Son attitude durant la guerre et ses tentatives de collaboration avec l’Institut Göring de Berlin contrôlé par les Nazis lui valent d'être mis en cause après la guerre, par les autres psychanalystes de la Société psychanalytique de Paris qui pour leur part avaient choisi l'exil (Marie Bonaparte) ou la résistance, et dont certains exerçaient clandestinement après la fermeture de la Société en 1940[2].

Il fut poursuivi après la guerre , notamment à la demande de ses collègues psychanalystes. Il s'est défendu en rappelant qu'il avait hébergé son ami et éditeur Bernard Steele qui était juif, ainsi que des résistants dans sa propriété de La Roquebrussane[Qui ?], et qu'il avait en outre facilité le passage d'Olivier Freud, un fils de Sigmund Freud à l'étranger[Où ?][3]. Il fut acquitté lors d'un procès devant la section d'épuration de la cour d'appel de Paris[4], mais non réhabilité[3].

Sa carrière ne se remit pas de ses événements. Il participa à la revue Psyché de Maryse Choisy, puis en 1953, il quitta la Société psychanalytique de Paris pour la Société française de psychanalyse. En 1956, il s'installe à Casablanca où il fonda l'Institut de psychanalyse de Casablanca. Il s'intéressa un temps à la néopsychanalyse[réf. souhaitée].

Il affirme dans de nombreux écrits, ne pas être d'accord avec Freud au sujet de la religion[réf. souhaitée].

Il reçoit la légion d'honneur en 1953[réf. souhaitée].

Il meurt le à Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Psychanalyse et les névroses (en collaboration avec René Allendy, préface de Henri Claude). Payot, 1924.
  • L'Échec de Baudelaire, Denoël, 1931
  • Misère de l'homme (Récit), Denoël, 1932
  • Clinique psychanalytique : conférences faites à l'institut de psychanalyse de Paris, Denoël, 1936
  • Relativité de la réalité, Denoël, 1937
  • Psychopathologie de l'échec, Payot, 1941, puis Guy Trédaniel, 1990, (ISBN 2857076037)
  • Talleyrand (l'homme de la France), Edition Mont-Blanc, 1947
  • Essais sur la schizonoïa (articles de 1923-1929), Edition Mont-Blanc, 1965
  • Au-delà du scientisme (articles parus dans la revue Psyche), Edition Mont-Blanc, 1965
  • Réflexions psychanalytiques (articles parus dans la revue Psyche entre autres), Edition Mont-Blanc, 1965
  • Les Processus d'Auto-punition (écrit principalement par Angelo Hesnard), Denoël et Steele, Paris, 1931, 83 p.

Références[modifier | modifier le code]

  • Alain de Mijolla, Freud et la France, 1885–1945, Presses Universitaires de France, 2010 (ISBN 2130545157)
  • Marie-Odile Pisot Poivet, René Laforgue. Sa place originale dans la naissance du mouvement psychanalytique français, 1978, thèse non publiée, université de Paris Val-de-Marne, Créteil
  • Martine Lilamand, René Laforgue, fondateur du mouvement psychanalytique français. Sa vie, son œuvre, thèse non publiée, université de Paris Val-de-Marne, Créteil, 1980
  • Annick Ohayon, Psychologie et psychanalyse en France. L'impossible rencontre 1919–1969, Paris, La Découverte, 2006, (ISBN 2707147796)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Bourgeron: Marie Bonaparte et la psychanalyse. À travers ses lettres à René Laforgue et les images de son temps, Ed. Champion-Slatkine, 1993, (ISBN 2051009090)
  2. Simon Epstein (2008), Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, collection Bibliothèque Histoire, p. 114.
  3. a et b copie du jugement dans Roudinesco, 1994, Histoire de la psychanalyse en France, vol 2 : annexes, et p. 165–177
  4. Alain de Mijolla, La France et Freud, p.6.

Liens externes[modifier | modifier le code]