Axelle Lemaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lemaire.
Axelle Lemaire
Axelle Lemaire en 2015.
Axelle Lemaire en 2015.
Fonctions
Secrétaire d'État chargée du Numérique
En fonction depuis le
(2 ans 3 mois et 18 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls I et II
Prédécesseur Fleur Pellerin
Députée de la 3e circonscription des Français établis hors de France

(1 an 10 mois et 19 jours)
Élection
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique SRC
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Christophe Premat
Biographie
Date de naissance (41 ans)
Lieu de naissance Ottawa (Canada)
Nationalité Drapeau de la France France
Drapeau du Canada Canada
Parti politique PS
Diplômé de IEP de Paris
Université Panthéon-Sorbonne
King's College
Profession Juriste
Résidence Paris

Axelle Lemaire, née le à Ottawa, est une femme politique française membre du Parti socialiste. Elle possède également la nationalité canadienne.

Élue en 2012 députée de la troisième circonscription des Français établis hors de France (Europe du Nord) et secrétaire nationale du Parti socialiste aux droits de l'Homme[1], elle est secrétaire d’État chargée du numérique dans le gouvernement Valls I depuis le . Le , elle est reconduite dans ses fonctions dans le gouvernement Valls II, où elle défend le projet de loi pour une République numérique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Axelle Lemaire est née au Canada d’une mère française et d’un père québécois[2]. Ayant grandi à Hull, au Québec, elle arrive à Montpellier à l’âge de 16 ans[3] et poursuit des études supérieures, d’abord de lettres modernes (hypokhâgne) puis de sciences politiques à Sciences Po (section service public).

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Elle se spécialise en droit international (maîtrise et DEA à l'université Panthéon-Sorbonne, Master of Laws au King's College de Londres) avant d’enseigner le droit à l’université et d’intégrer une société d’avocats[4]. Elle a travaillé notamment pendant quelques années auprès de l'ancien député travailliste Denis MacShane à la chambre des Communes[5].

En 2014, elle est désignée marraine de la promotion 2017 de l'ENSEA[6].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

François Hollande et Axelle Lemaire, au siège du PS, en août 2011.

De 2008 à 2012, Axelle Lemaire est la secrétaire de la section du PS de Londres. Secrétaire nationale aux Français de l'étranger en 2012, elle est nommée secrétaire nationale aux droits de l'Homme en novembre 2012[7].

Lors des élections législatives de 2012, elle est élue députée de la 3e circonscription des Français établis hors de France en l'emportant avec 54,76 % des voix[8].

Son suppléant, le Dr Christophe Premat[9], travaille à l’institut français de Suède où il est responsable de la promotion de la langue française et des formations des professeurs de français[10], et qui vit à Södertälje, près de Stockholm.

Selon le site internet lepoint.fr, elle réside à Londres, qu'elle ne souhaite pas quitter. Ses responsabilités de mère de deux jeunes enfants l'auraient conduite, le , à refuser[11] le portefeuille de « secrétaire d'État » auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger, dans le deuxième gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Sur la proposition du président François Hollande, elle était pressentie pour remplacer Yamina Benguigui, qui cumulait cette fonction avec celle de ministre déléguée à la Francophonie, dans le premier gouvernement Ayrault. Après qu'elle a décliné cette offre[12], c'est la sénatrice Hélène Conway-Mouret qui est devenue ministre déléguée des Français de l'étranger, tandis que Yamina Benguigui conservait le portefeuille de la Francophonie.

Désignée secrétaire de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République, elle est, en 2013, rapporteur pour avis du projet de loi de régulation des activités bancaires. En 2013, elle est chef de file du groupe socialiste, républicain et citoyen lors de l'examen du projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes[13].

Elle est également membre de la commission des Affaires européennes, pour laquelle elle suit plus précisément le secteur du numérique dans le cadre de la labellisation French Tech[14]. Elle a présenté avec Hervé Gaymard un rapport sur la stratégie numérique de l'Union européenne publié en [15]. Elle est également présidente du groupe d’amitié parlementaire France/Grande-Bretagne et Irlande du Nord et s'intéresse à la protection des droits fondamentaux et des libertés publiques, la politique européenne, les secteurs du numérique et de l’innovation, l’entrepreneuriat, l’intelligence économique, la régulation bancaire[2].

Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique, lors de la clôture des Assises nationales de la médiation numérique, à la MRI de Caen, le 10 octobre 2015.

Le , elle est nommée secrétaire d’État chargée du numérique, sous l'autorité du ministre de l’Économie et du redressement productif[16], dans le gouvernement Valls I[17]. Elle est confirmée dans ses fonctions dans le gouvernement Valls II en août, sous la tutelle d'Emmanuel Macron.

En juin 2014, elle menace de quitter le Comité consultatif gouvernemental[18] de l'ICANN notamment en raison des répercussions commerciales négatives sur le marché viticole français de son nouveau programme de domaine générique[19],[20].

Dans le cadre du futur projet de loi relatif à l'économie numérique, Axelle Lemaire plaide pour une République numérique : « Le numérique doit être un outil au service du développement économique, de l'inclusion sociale et de l'animation de la vie dans les territoires. La République numérique, c'est une stratégie globale qui se décline au sein du gouvernement, pour chacun des ministères ». Ce projet de loi préfigure aussi un soutien plus important des startups : « Les jeunes entreprises innovantes doivent bénéficier, en Europe, de possibilités de financement aussi importantes qu’aux États-Unis »[21].

Dans le cadre d’une expérimentation inédite sur un projet de loi du gouvernement français, une consultation publique en ligne s’est tenue du 26 septembre au 18 octobre 2015 sur la plateforme www.republique-numerique.fr, afin que les citoyens puissent contribuer à une réécriture du projet de loi pour une République numérique. Au terme des trois semaines de consultation, 70 modifications et 5 nouveaux articles inspirés de propositions des internautes ont été ajoutés au projet de loi. Après un passage devant le Conseil des ministres le 9 décembre, le projet de loi pour une République numérique a été débattu en séance publique à l’Assemblée nationale du 19 au 21 janvier 2016, puis voté le 26 janvier 2016. Le texte a été adopté par 357 voix contre une et sera présenté au Sénat courant avril 2016. Influenceur sur LinkedIn depuis septembre 2015, Axelle Lemaire a publié un post dans lequel elle annonce : «  La République numérique est en marche »[22].

Critiques[modifier | modifier le code]

Durant son mandat de secrétaire d’État chargée du numérique, Axelle Lemaire se prononce en septembre 2014, lors d'une interview avec Le Journal du Net, en faveur de la défense du principe de neutralité du réseau[23], et réitère sa position le 22 mai 2015 lors d'un débat réalisé par la chaîne indépendante ThinkerView dans le bureau du Ministre. Sa défense apparente de la neutralité du net à l'échelle européenne est remise en cause par La Quadrature du Net qui a effectivement dénoncé la décision du Conseil de l'Union européenne de favoriser au contraire l'aneutralité du réseau et la surveillance numérique généralisée avec le filtrage des contenus au moyen de l'inspection profonde des paquets[24].

Axelle Lemaire met en colère Christian Thorel, directeur de la librairie Ombres blanches, en conseillant aux libraires de collaborer avec Amazon et en les prévenant qu'il ne sert à rien de s'enfermer dans « des réflexes défensifs de résistance »[25].

Il lui est régulièrement reproché l'écart entre ses discours favorables à une liberté d'Internet et aux lanceurs d'alertes, et son soutien au projet de loi relatif au renseignement de son gouvernement[26] ou les demandes refusées d'asile politique à Edward Snowden[27],[28] et Julian Assange[29].

Le 16 juin 2015, s'étant peu exprimée lors des discussions sur le projet de Loi relative au renseignement, jugé restrictif pour les libertés fondamentales par ses détracteurs[30], jusqu'à son adoption par une large majorité du Parlement, Axelle Lemaire aurait évoqué, selon Mediapart, l'idée récurrente d'une démission du gouvernement[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les secrétaires nationaux du Parti Socialiste », parti-socialiste.fr, consulté le 30 avril 2013
  2. a et b http://www.axellelemaire.eu/ma-bio/
  3. Invitée de l'émission On n'est pas couché du 14 mars 2015
  4. Béatrice Jérôme, Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du numérique, Le Monde, 9 avril 2014.
  5. « Axelle Lemaire, une franco-canadienne au Parlement », lemonde.fr, 20 juin 2012. Consulté le 22 juin 2012.
  6. « Des parrains et marraines de promotion de renom » (consulté le 16 juin 2015).
  7. « Le PS a son nouveau gouvernement », lelab.europe1.fr, consulté le 30 avril 2013
  8. Résultats des élections législatives, Ministère de l'Intérieur, consulté le 2 avril 2014
  9. www.franskainstitutet.se
  10. http://www.axellelemaire.eu/mon-suppleant/
  11. « Hollande a voulu recruter une ministre sur Canal+ », 22 juin 2012, lepoint.fr, consulté le 22 juin 2012.
  12. « Axelle Lemaire, la députée qui a retardé le mini-remaniement », lelab.europe1.fr, consulté le 30 avril 2013.
  13. « Axelle Lemaire : "l’égalité entre les femmes et les hommes a progressé " », sur lessocialistes.fr,‎ (consulté le 16 juin 2015).
  14. French Tech : Axelle Lemaire à Grenoble Place Gre'net, 12 septembre 2014.
  15. Rapport sur la stratégie numérique de l'Union européenne, Assemblée nationale, consulté le 2 avril 2014.
  16. Composition du Gouvernement, présidence de la République, 9 avril 2014.
  17. Décret du 9 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement, JORF no 0085 du 10 avril 2014, p. 6560.
  18. https://gacweb.icann.org/display/gacweb/Governmental+Advisory+Committee
  19. https://archive.icann.org/fr/topics/new-gtlds/factsheet-new-gtld-program-oct09-fr.pdf
  20. « La France s'oppose à l'attribution des noms de domaine en «.vin» » (consulté le 17 juin 2015)
  21. Damien Leloup et Sarah Belouezzane, « Une loi pour créer une « république numérique » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  22. https://www.linkedin.com/pulse/la-r%C3%A9publique-num%C3%A9rique-est-en-marche-axelle-lemaire?trk=prof-post
  23. « Axelle Lemaire (Secrétaire d'Etat chargée du numérique) : "Le principe de Neutralité du Net devrait être inscrit dans la loi" » (consulté le 17 juin 2015)
  24. « L'Union Européenne tente encore de sacrifier la neutralité du Net | La Quadrature du Net », sur www.laquadrature.net (consulté le 17 juin 2015)
  25. Axelle Lemaire met Christian Thorel en colère, Livres-Hebdo du 12 octobre 2014.
  26. « Axelle Lemaire : la loi renseignement «n’a rien à voir» avec la CIA et la NSA », sur liberation.fr,‎ (consulté le 16 juin 2015).
  27. Eolas, « Non, la France n’a pas refusé l’asile à Edward Snowden - Journal d'un avocat », sur www.maitre-eolas.fr (consulté le 6 juin 2015).
  28. « Affaire Snowden: la France ridiculisée pour avoir bloqué Morales » (consulté le 6 juin 2015).
  29. « Assange accuse Hollande d'un "coup de poignard dans le dos" » (consulté le 25 septembre 2015)
  30. « Atteintes aux libertés publiques de la loi sur le renseignement : à défaut d’éviter son vote, les garde-fous qui pourraient encore limiter le dérapage » (consulté le 25 septembre 2015)
  31. « Loi renseignement : Axelle Lemaire aurait songé à quitter le gouvernement », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 16 juin 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]