Innovation sociale

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L'innovation sociale fait référence à toutes stratégies, concepts, idées et organisations qui répondent à des besoins sociaux de toute nature liés aux conditions de travail, d'apprentissage, de la santé, du développement de communautés et dans une certaine mesure qui viennent fortifier la société civile.

Un exemple d'innovation sociale souvent cité est la création par Mohammed Yunus de la Grameen Bank, qui accorde des micro crédits pour développer des projets. Lord Michael Young est aussi connu sur ce thème avec notamment la création de l'Open University et le soutien de projets innovants. Les Monnaies complémentaires (qui incluent les Monnaie locales valables dans une zone géographique) sont des sources d'innovations sociales. Les Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP) sont un bon exemple d'innovation sociale réussie en France.

Autres exemples :

Cette forme d'innovation se définit par sa finalité qui vise son inclusion dans un environnement entrepreneurial, social, écologique, économique et humain.

Qu'elle soit de nature technologique, organisationnelle, de produit ou de marché, elle est pensée collectivement en fonction de son impact sur son environnement. Au-delà de l'avantage concurrentiel qu'elle est susceptible d'apporter, l'innovation sociale et inclusive doit amener un bénéfice mesurable pour une collectivité. Une des difficultés majeures est de s'assurer de l'impact potentiel d'une innovation sur un terme assez long compte tenu du processus d'obsolescence accélérée constatée aujourd'hui dans le domaine de l'innovation.

L'innovation sociale est inclusive et créatrice de mieux être, elle est souvent le fruit d'un travail collectif où le moteur n'est pas uniquement, contrairement à l'innovation destructrice, la brevetabilité, donc la plus-value, mais la partageabilité et la libre transférabilité.

Le Conseil supérieur de l'économie sociale et solidaire (CSESS) définit l'innovation sociale : "L'innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et des usagers. Ces innovations concernent aussi bien le produit ou le service, que le mode d'organisation, de distribution, dans des domaines comme le vieillissement, la petite enfance, le logement, la santé, la lutte contre la pauvreté, l'exclusion, les discriminations... Elles passent par un processus en plusieurs démarches : émergence, expérimentation, diffusion, évaluation."[1].

Pour le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) (Montréal), l'innovation sociale peut être appréhendée telle  : « une intervention initiée par des acteurs sociaux, pour répondre à une aspiration, subvenir à un besoin, apporter une solution ou profiter d'une opportunité d'action afin de modifier des relations sociales, de transformer un cadre d'action ou de proposer de nouvelles orientations culturelles »[2].

L'innovation sociale ne saurait être le fait d'une autorité, elle est fondamentalement antiautoritaire puisqu'elle implique un processus de discussion, de transformation et d'adaptation nécessaire à son adoption[3]. Les organisations issues du processus d'innovation seront idéalement flexibles, non-hiérarchiques et non-bureaucratiques évitant de tomber dans les pièges de ce contre quoi elles s'érigent[4].

Le thème de l'innovation sociale est de plus en plus étudié notamment dans les pays anglosaxons[5].

Dans le dernier chapitre de son livre (Mes points sur les i - Propos sur la présidentielle et la crise, préface de François Hollande, Éditions Odile Jacob, 2012) Michel Rocard parle de l’intérêt de développer des Monnaies complémentaires qui pourraient aider des innovations sociales.

On peut identifier, aux côtés des citoyens, quatre grandes catégories d'acteurs impliqués dans la production d'innovations sociales, et qui coopèrent souvent au service de l'intérêt général :

  • Les associations : elles constituent historiquement le plus grand laboratoire d'innovations sociales. Par leur proximité avec la population, elles sont bien placées pour détecter les besoins nouveaux et leur apporter des réponses.
  • Les fondations d'entreprises, les fondations reconnues d'utilité publique, les fondations de l'économie sociale, se positionnent souvent sur des thèmes d'innovation sociale.
  • Les entreprises sociales, initiatives de forme privée (associative, coopérative, SARL, etc.) à finalité sociale ou environnementale constitue un secteur émergent qui repose souvent sur des innovations sociales.
  • Les collectivités territoriales sont de plus en plus engagées dans l'innovation sociale, parce qu'elles sont au contact direct des besoins des populations, financent le secteur, sont de plus en plus placées sous contraintes pour assurer des services publics de meilleure qualité, en associant les usagers et en recherchant une forme de performance globale.

Si l'économie sociale et solidaire est un creuset d'innovations sociales, des entreprises classiques peuvent développer des projets socialement innovants et apporter des réponses nouvelles aux besoins sociaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport de synthèse du groupe de travail innovation sociale du CSESS [PDF]
  2. Rapport annuel du CRISES [PDF]
  3. CALLON, M. (1999). « Entretien avec Michel Callon réalisé par Robert Lhorrune et Jean Fleury », Recherche et Formation, no 31.
  4. Complémentarité, convergence et transversalité : la conceptualisation de l'innovation sociale au CRISES - C. Tardif, Cahier du CRISES, no ET0513, 2005 [PDF]
  5. Emile Chabal, 'De la New Britain à la Big Society: l'innovation sociale à l'anglaise' in Chantiers Politiques (No. 9, 2011) [PDF]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]