Aliens, le retour

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Aliens, le retour
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Titre original Aliens
Réalisation James Cameron
Scénario James Cameron
David Giler
Walter Hill
Acteurs principaux
Sociétés de production Brandywine Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre science-fiction
Durée 137 minutes
Sortie 1986

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Aliens, le retour (Aliens) est un film américain de science-fiction coécrit et réalisé par James Cameron, sorti en 1986.

Deuxième volet de la saga Alien, Aliens est la suite du film Alien : Le Huitième Passager de 1979. L'actrice Sigourney Weaver y reprend le rôle d'Ellen Ripley et partage l'écran avec, entre autres, Michael Biehn, Bill Paxton, Lance Henriksen et Carrie Henn.

Le film met en scène Ripley accompagnant un détachement de Marines coloniaux qui se rendent sur la planète LV-426[a], une colonie spatiale humaine terraformée qui ne donne plus de nouvelles et où la présence de la créature du premier film, l’Alien (désigné sous le terme de « xénomorphe »)[b], est suspectée.

À sa sortie, Aliens, le retour connait un succès commercial important et reçoit de nombreuses critiques positives. Le film est nommé pour sept Oscars et remporte ceux du meilleur montage son et des meilleurs effets visuels. Bien qu'elle n'ait pas remporté l'Oscar de la meilleure actrice, la nomination de Sigourney Weaver pour son rôle est considérée comme une étape importante pour la légitimation des acteurs des genres de science-fiction et d'horreur, qui étaient jusqu'alors généralement boudés par l'académie. Outre les Oscars, Aliens, le retour domine largement les Saturn Awards, remportant huit récompenses au total.

À l'instar de son prédécesseur, Aliens, le retour est aujourd'hui considéré comme un classique du genre. Il apparaît dans plusieurs listes de meilleurs films de science-fiction horrifique.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Ellen Ripley, la commandant de bord et unique survivante du cargo spatial Nostromo (détruit dans le premier film), dérive dans l'espace à bord du Narcicuss, la navette de sauvetage du vaisseau. Endormie en biostase (« hyper-sommeil »), sa navette est finalement retrouvée en 2179, cinquante-sept ans après et rapatriée sur la station orbitale Gateway en orbite autour de la Terre. Admise à l'unité médicale de la station, Ripley récupère difficilement de sa biostase, victime de cauchemars récurrents où un Alien sort de son corps.

Par la suite, elle est convoquée par son ancien employeur, la compagnie Weyland-Yutani, qui lui demande de justifier la perte du vaisseau cargo dont elle avait la charge. Lors de la réunion, Ripley décrit la lutte qu'elle a dû mener, aidée de son équipage, contre une créature extraterrestre inconnue. Cependant, son récit est mis en doute par la compagnie ; la planète LV-426 sur laquelle, selon Ripley, l'équipage du Nostromo est être entré en contact avec un Alien, a en effet été colonisée à cette date depuis vingt ans, sans que personne ne se soit jamais plaint de la présence d'un organisme hostile. Sanctionnée pour la perte du Nostromo (ainsi que sa cargaison commerciale, l'ensemble représentant plusieurs dizaines de millions de dollars), la compagnie décide malgré tout de ne pas la poursuivre judiciairement, à condition qu'elle se soumette volontairement à des examens psychiatriques tous les six mois. De plus, Ripley voit sa licence de vol suspendue pour une durée indéterminée et se retrouve donc contrainte à trouver un emploi de seconde zone pour vivre.

Quelque temps après, Carter Burke, l'avocat de la compagnie, accompagné du lieutenant Gorman des Marines coloniaux, la recontacte. Les liaisons avec LV-426 ont en effet été mystérieusement interrompues et la compagnie veut envoyer sur place une unité de Marines pour enquêter. Burke propose à Ripley de les accompagner en tant que consultante. Traumatisée par sa précédente expérience, celle-ci refuse tout d'abord, malgré la proposition de Burke qui lui garantit sa réintégration en tant que commandant de bord. Ripley change cependant d'avis une nuit, après un cauchemar, et accepte de les accompagner lorsque Burke lui promet que les aliens, s'ils sont découverts sur cette planète, ne seront pas conservés pour étude mais détruits.

En route vers LV-426 à bord du Sulaco, le vaisseau spatial des Marines, Ripley fait la connaissance de l'équipe de sauvetage. Placés sous le commandement du lieutenant Gorman — qui s'avère être un officier assez inexpérimenté —, tous ces « gros bras » bravaches et vantards sont persuadés qu'il s'agit d'une mission de routine. À deux exceptions près : le placide caporal Hicks et l'androïde Bishop, ce dernier étant pris en grippe par Ripley dès le début, Bishop lui rappelant avec amertume Ash (en), l'androïde du Nostromo qui avait tenté de la tuer. Lors du briefing, elle leur explique ce qu'elle sait sur la créature, mais personne ne semble la prendre au sérieux.

Arrivés sur LV-426, l'équipe de sauvetage débarque sur la base de la colonie et découvre des traces de violents combats. Les soldats ne retrouvent cependant aucun colon. Se rendant dans le laboratoire de la colonie, l’équipe de sauvetage découvre quatre tubes en verre, chacun contenant un Facehugger (le premier stade de l'Alien). Ils découvrent rapport médical qui mentionne que deux de ces créatures sont encore vivantes et que les colons sur lesquels ils s'étaient accrochés sont tous morts, tués lors de l'intervention chirurgicale visant à les sauver. C'est alors qu'un détecteur de mouvement des Marines capte un signal d'une créature s'approchant dans le couloir. L'équipe découvre Newt, une fillette qui se cachait dans une galerie de maintenance depuis plusieurs semaines. Ripley se prend d'affection pour l'enfant traumatisée, mais celle-ci la met en garde car même des militaires armés seraient impuissants face à ce qu'elle a vécu.

Poursuivant leur recherche, les soldats localisent finalement les colons grâce à leurs émetteurs personnels. Apparemment, ils sont tous regroupés au niveau du processeur atmosphérique du complexe, une gigantesque installation produisant de l'air respirable sur la planète. Les Marines se rendent sur place, mais sont contraints par Gorman de ne pas utiliser leur armes munies de munitions explosives, sous peine de faire exploser le processeur atmosphérique de la colonie (celui-ci fonctionnant schématiquement comme une centrale nucléaire).

Esquisse de l'environnement du film dessiné par Giger et exposé à Gruyères.

S'enfonçant au cœur du complexe, les soldats découvrent alors un spectacle macabre : les murs alentours sont recouverts de sécrétions organiques étranges ; ils découvrent que les colons sont tous enfermés dans des sortes de « cocons » de cette même matière, et sont apparemment tous morts. En tentant de sauver une survivante, les Marines assistent avec horreur à l'éclosion d'un Chestburster du corps de celle-ci, qu'ils tuent au lance-flammes. Mais bien vite, ils sont victimes de l'attaque de dizaines d’Aliens qui leur tombent dessus : le soldat Frost est involontairement tué par le lance flamme de Dietrich au moment où celle-ci est elle-même emportée par un Alien. Crowe et Wierzbowski sont tués dans l'explosion du sac de Frost qui contenait les munitions explosives. Enfin, le sergent Apone est emporté à son tour. Seul les tirs des mitrailleuses de Vasquez et Drake, qui ont désobéi aux ordres de Goreman, permettent de tenir les aliens en respect. Devant l'inefficacité du lieutenant Gorman, rapidement dépassé par les événements, Ripley prend les commandes du véhicule de transport de troupes qui sert de QG mobile aux Marines et fonce secourir les soldats encore en vie, défonçant une paroi avec l'APC pour les faire sortir. Le caporal Hicks, ainsi que les soldats Hudson et Vasquez, parviennent à rejoindre le blindé, mais Drake est mortellement touché par l'acide d'un Alien. Durant la fuite du véhicule, Gorman est assommé lors d'un choc et perd connaissance.

Une fois hors de danger, l'équipe décide, et ce malgré les protestations de Burke, de retourner au Sulaco afin de détruire le complexe en lançant depuis l'espace une charge nucléaire sur la colonie. Mais, alors que la navette de transport vient les chercher, un Alien, qui s'est apparement introduit dans l'aéronef, tue vraisemblablement le mécanicien Spunkmeyer avant de s'en prendre au pilote Ferro ; l'engin, devenu fou, s'écrase non loin du processeur atmosphérique, l’endommageant.

Échappant de peu à l'explosion de l'aéronef, les survivants sont alors contraints de retourner dans le complexe et de s'y barricader, dans l'espoir de survivre jusqu’à l'arrivée d'une hypothétique équipe de secours (au minimum dans dix-sept jours, selon Hicks). Gorman étant toujours hors de combat, Hicks et Ripley prennent les choses en main. Consolidant des barricades déjà mises en place par les colons, ils installent quatre tourelles-canons automatiques dans deux couloirs pour interdire l'accès de leur refuge. Bishop, ayant analysé les Facehuggers capturés par les colons, en déduit qu'une créature, probablement une reine, en est à l'origine. Ripley lui demande ensuite de détruire les spécimens mais Burke s'y oppose, car ces créatures ont selon lui une énorme valeur pour la recherche en bio-armement. Ripley découvre ensuite que c'est Burke qui est responsable de l'infestation de la colonie, après avoir autorisé l'exploration du vaisseau extraterrestre qui contenait les œufs Aliens. Peu après, les deux canons du premier couloir sont attaqués par les Aliens et arrivent vite à court de munitions, submergés par le nombre.

Cependant, une autre menace plane sur les survivants : le réacteur nucléaire du processeur atmosphérique, devenu instable à la suite du crash de la navette, menace d'exploser dans les prochaines heures. Bishop se porte volontaire pour aller jusqu'à l'émetteur radio de la base pour radiocommander la seconde navette de transport du Sulaco jusqu'au complexe. Les deux autres canons automatiques arrivent eux aussi à court de munitions après un bref engagement, mais sont parvenus à arrêter le déferlement des Aliens, qui abandonnent leur assaut pour un temps.

S'étant reposées quelques heures dans la cellule médicale du laboratoire, Ripley et Newt sont soudainement réveillées par l'apparition de deux Facehuggers qui se jettent sur eux. Luttant contre les créatures, elles sont sauvées par l'arrivée in-extremis de Hicks, Hudson, Vasquez et Gorman (remis de sa blessure). Il s'avère ensuite que les créatures ont été lachées dans la salle par Burke, celui-ci souhaitant ramener clandestinement des spécimens sur Terre en contournant l'astro-quarantaine, et donc choisissant de laisser infecter Ripley et Newt par les Facehuggers. S'apprêtant à tuer Burke, les militaires sont soudainement interrompus par une coupure de courant provoquée par les Aliens.

Repliés dans la salle des opérations, les soldats sont alors attaqués par une masse d'Aliens qui se sont introduits dans leur refuge en arrivant par les faux plafonds. Pendant que les soldats luttent pour leur survie, Burke profite de la confusion pour s'échapper, bloquant la seule retraite aux membres de l'équipe. Mais il est finalement retrouvé par un Alien et tué[c]. Perdant Hudson dans la bataille, les survivants se replient. Vasquez et Gorman, à la traine et à court de munitions, se font exploser à la grenade alors que les Aliens se ruent sur eux. Mais le souffle de l'explosion provoque une secousse qui fait tomber Newt à travers une gaine de ventilation, jusque dans les bas-fonds de la base. Ripley et Hicks partent à sa recherche mais, alors qu'ils tentent de la récupérer à travers une grille, la fillette est capturée par un Alien.

Hicks est peu après blessé à l'acide par un Alien et ramené par Ripley jusqu'à la navette de transport que Bishop a réussi à faire atterrir près de la station. Leur restant moins de 30 minutes avant l'explosion du processeur atmosphérique, Ripley décide de retourner dans la base et, lourdement armée, de tenter de sauver Newt qu'elle pense encore en vie. Arrivant au cœur du nid des Aliens, Ripley retrouve la fillette enfermée dans un cocon, entourée d’œufs de Facehuggers prêts à éclore et se retrouve en présence de la Reine Alien, une créature gigantesque pondant des œufs en continu. Cherchant une issue, Ripley menace la Reine de détruire les œufs avec son lance-flammes, avant de finalement se déchaîner contre les œufs, des Facehuggers commençant à éclore, et s'enfuit avec Newt. La Reine se détache de son abdomen qui lui servait à pondre les œufs et se lance à leur poursuite. Luttant contre les Aliens qui tentent de les attaquer, Ripley et Newt parviennent juste à temps à rejoindre la navette de transport qui les ramènent au Sulaco, avant que le complexe n'explose dans la gigantesque explosion nucléaire du réacteur atmosphérique.

Sains et saufs à bord au vaisseau, tout semble terminé. Mais la Reine, qui s'était accrochée furtivement à la navette lors de son décollage, apparaît alors et attaque Bishop, le coupant en deux avec la lame de sa queue. Ripley, qui s'était enfuie, revient équipée d'un robot de manutention (un exosquelette motorisé nommé Power Loader) et combat la créature. Après une lutte acharnée, elle parvient à se débarrasser de la Reine en l'éjectant par un sas du Sulaco dans le vide spatial. Par la suite, elle place Hicks et Bishop, blessés, en biostase dans des capsules de sommeil individuelles, avant de s'y installer également avec Newt, restant en hyper-sommeil durant leur retour sur Terre.

Cependant, on peut entendre à la fin du générique de fin un bruit ressemblant à l'éclosion d'un œuf, ce qui laisse supposer qu'un œuf Alien serait à bord du Sulaco.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légende : Version française (VF) sur AlloDoublage[3]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Le réalisateur James Cameron et la productrice Gale Anne Hurd tenant une affiche du film Aliens le retour en 1986.

Après le succès critique et commercial d'Alien (sorti en 1979), le producteur David Giler, qui deviendra le producteur exécutif d'Aliens, proposa le projet d'une suite. Toutefois les dirigeants de la société de production 20th Century Fox y furent majoritairement opposés. Finalement, son projet est accepté lorsque la direction change d'équipe et qu'il propose que le film suive le modèle de Sans retour, auquel il avait travaillé, et des Sept Mercenaires.

Pendant ce temps, en 1983, James Cameron avait fini l'écriture du scénario de son futur premier film à succès en tant que réalisateur, Terminator, et souhaitait tout comme sa collaboratrice (et futur épouse) Gale Anne Hurd qu'Arnold Schwarzenegger y joue le rôle-titre. Toutefois, Schwarzenegger, étant réservé pour le tournage de Conan le Destructeur pour les neuf prochains mois, ceci libèra l'emploi du temps de Cameron afin qu'il puisse s'adonner à d'autres projets. Giler, impressionné par le scénario de Cameron pour Terminator, lui demanda d'écrire une suite pour Alien.

Cameron, grand admirateur du travail de Ridley Scott, soumit son brouillon de scénario à la Fox, qui approuva sa vision et lui promit la réalisation du film si son Terminator se révèlait de qualité. Lorsque Terminator reçut des critiques positives à sa sortie en 1984, Cameron fut effectivement choisi comme réalisateur pour Aliens. Il raconta que la meilleure façon pour lui de respecter la vision de Ridley Scott était de ne pas faire un « remake » ou un clone d'Alien, mais une véritable suite avec sa propre vision originale, empruntant les éléments les plus intéressants, comme le cycle de vie des aliens et le personnage de Ripley, tout en y greffant d'autres éléments propres à la science-fiction, notamment une armée futuriste[4].

Design[modifier | modifier le code]

Un hélicoptère AH-1 Cobra, utilisé pendant la guerre du Viêt Nam, qui a inspiré le design de la navette de débarquement des marines dans le film.

Pour le design du film, Hurd et Cameron embauchèrent les artistes conceptuels Syd Mead et Ron Cobb. Syd dessina initialement le vaisseau Sulaco avec un aspect sphérique, ce qui déplut à Cameron qui trouva que cela rendrait le tournage du vaisseau difficile. Syd réimagina le design en fonction des recommandations de Cameron en un vaisseau très allongé, ressemblant à un « lance-roquette qui transporte des trucs[e] ». Les véhicules et équipements furent imaginés de façon qu'ils aient un aspect industriel, contrairement à d'autres œuvres de science-fiction jusqu'alors, comme Star Trek. La navette et le tank APC dans le film sont inspirées de véhicules de la guerre du Viêt nam, encore très présente dans la conscience américaine. En effet, la navette mélange les aspects de l'avion de combat F-4 Phantom II et de l'hélicoptère AH-1 Cobra[5].

Les armes du film sont de véritables armes, à balles à blanc, décorées pour leur donner un aspect futuriste. Les fusils « pulse rifles » sont des Thompson SMG modifiées, greffées à l'extrémité de fusils à pompe Franchi SPAS 12 afin de créer l'effet de lance-grenades incorporés au fusils. Les « smart guns » de Vasquez et Drake sont des mitrailleuses allemandes MG 42, maniées par les acteurs grâce à un système de steadicam et décorées de parties de motocyclettes[6].

L'équipe récupèra également un vieux tracteur de pushback d'avions, utilisé par la British Airways, pour le tank APC. Le véhicule pesant 75 tonnes, l'équipe dut alors retirer environ 35 tonnes de plomb, reconstruire l'intérieur et renforcer le plancher des scènes de tournage[5]. On donna aux acteurs interprétant les marines la liberté de personnaliser leurs armures et leur armes en fonction de leur rôle[7].

L'équipe choisit une centrale électrique abandonnée à Acton, banlieue de Londres, pour tourner les scènes à l'intérieur du réacteur nucléaire, car la centrale offrait des couloirs grillagés et rouillés qui correspondaient à la vision industrielle et sale souhaitée[5].

En ce qui concerne le design des créatures, les créateurs souhaitèrent respecter le design d'origine de H. R. Giger pour le premier film (ils ne réclamèrent toutefois pas son aide), en y apportant quelques modifications. Le chestburster du film est d'aspect moins « larvaire » que celui dans Alien, il possède notamment des bras lui servant à s'arracher du torse de sa victime. Le plus grand changement de design est celui des aliens adultes. Dans le premier film, l'alien possède un crâne lisse et translucide, alors qu'ici Cameron préfèra une texture plus rugueuse. Les corps des costumes d'aliens sont peints avec des couleurs relativement lumineuses, ce qui les fait ressembler à des costumes de squelettes ; toutefois, sous un éclairage adéquat, ceci donne l'impression de reliefs plus réalistes[8]. Cameron créa le design de la reine alien, qui était la seule créature sans précédent dans l'art de Giger, ainsi que celui de l'exosquelette motorisé que Ripley utilise pour la combattre à la fin du film[9].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Les acteurs Sigourney Weaver et Bill Paxton au Comic-Con de San Diego 2016, pour le trentième anniversaire du film.

James Cameron était très intéressé par le personnage féminin fort d'Ellen Ripley, et il envoya son scénario à Sigourney Weaver qui tournait alors en France, afin qu'elle reprenne son rôle de l’héroïne principale. Celle-ci fut étonnée de n'avoir pas été mise au courant par la production d'une suite (dont le scénario est terminé et le projet déjà lancé), qui de plus fait de Ripley le personnage central, bien plus que dans l'original. D'abord réservée quant au scénariste-réalisateur jeune et inconnu, elle changea rapidement d'avis après une rencontre avec Cameron. Weaver apprécia l'approche recherchée par Cameron et sa compréhension du caractère de Ripley ; toutefois elle apporta des modifications mineures sur la manière dont son personnage devrait réagir dans certaines situations du film. Après une négociation difficile avec le studio Fox, qui ira jusqu'à demander que Cameron réécrive le scénario sans inclure Ripley, Weaver obtient finalement le cachet qu'elle désire[4], environ 1 000 000 US$, ce qui représentait un salaire conséquent pour l'époque[10].

Le film devant être tourné en Angleterre, l'équipe de casting dut chercher des acteurs américains résidant dans le pays, ou des acteurs capables de jouer des militaires américains agressifs. Ils firent alors passer environ 3 000 personnes en entretien. Ils choisirent Jenette Goldstein, qui jouait au théâtre à Londres, dans le rôle de la marine dure Vasquez, un rôle que Cameron avait considéré comme masculin avant de trouver plus intéressant de le faire féminin. Mark Rolston, jeune acteur américain qui vit en Angleterre depuis ses 17 ans, est choisi pour interpréter Drake[7].

L'actrice pour interpréter le rôle de la petite fille Newt s’avéra difficile à trouver. Des castings furent menés dans les écoles où ils cherchèrent une fille possédant un semblant d'accent américain. Les directeurs de casting notèrent que beaucoup des enfants avec une expérience d'actrice avaient joué dans des publicités, et eurent donc le réflexe inapproprié de sourire en récitant leurs lignes. Carrie Henn, fille d'un militaire américain et d'une mère anglaise, sans expérience d'actrice, fut finalement choisie. Son frère Christopher Henn est choisi pour jouer le frère de Newt dans une scène coupée du film, mais présente dans le director's cut[7]. Hurd et Cameron sont alors préoccupés quant au possible trauma psychologique dont pourrait souffrir Carrie Henn, âgée de 8-9 ans au moment du tournage, en participant à un film d'horreur de ce calibre, et eurent de longues conversations avec elle et ses parents. Henn leur assura qu'elle comprenait que c'était du théâtre[11].

L'acteur Michael Biehn dédicaçant un exemplaire du DVD du film durant une apparition aux Midtown Comics (en) de Manhattan, le 23 août 2012.
L'acteur Lance Henriksen en 2010.

Après plusieurs semaines de recherche, Cameron et Hurd décidèrent de faire venir des acteurs américains avec qui ils avaient déjà travaillé pour remplir les rôles restants. Lance Henriksen est choisi pour interpréter l'androïde Bishop et Bill Paxton pour Hudson. Al Matthews (en) obtient le rôle du sergent Apone, et utilise son expérience militaire pour son rôle. Les acteurs interprétant les marines suivirent tout de même un véritable entrainement militaire avec des professionnels, pour préparer leurs rôles et renforcer l'unité et camaraderie du groupe. On leur demanda également de lire le roman de science-fiction Étoiles, garde-à-vous ! (titre original : Starship Troopers) de Robert A. Heinlein. Le hasard fit que Weaver, Paul Reiser dans le rôle de Burke, et William Hope dans le rôle du lieutenant Gorman rejoignirent le tournage après, ce qui établit une distance entre eux et la troupe jouant les marines, ce qui est pertinent vis-à-vis du scénario du film[7]. Michael Biehn, qui avait déjà travaillé avec Cameron et Hurd dans Terminator, est engagé une semaine après le début du tournage pour rapidement remplacer James Remar dans le rôle du caporal Hicks, et s'intègre au groupe sans préparation[12].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débuta fin 1985 aux Pinewood Studios en Angleterre. Il fut marqué par des tensions entre l'équipe américaine et l'équipe anglaise, attribuées à un « clash culturel ». Notamment, Cameron vira le premier chef-opérateur anglais dont le travail ne correspondait pas à sa vision : il éclairait trop les scènes par rapport aux goûts de Cameron et il estimait que Cameron ne le laissait pas faire correctement son travail. De plus, l'équipe anglaise, admirative du travail de Ridley Scott pour le premier Alien, ne vit pas d'un bon œil qu'un jeune cinéaste canadien aidé d'une équipe américaine reprenne sa création. L'équipe anglaise travailla également de manière « traditionnelle », relativement décontractée, interrompant le travail pour des pauses thé régulières, ou prenant de longs déjeuners, ce qui contrastait avec Cameron, un réalisateur dynamique et très exigeant soumis à de fortes contraintes budgétaires. Lorsque Cameron et Hurd licencièrent le premier assistant, l'équipe anglaise ira jusqu'à les menacer d'une grève[12].

Pendant le tournage, il y eut quelques accidents mineurs. Notamment lorsque le personnage Drake tire au lance-flammes vers le tank APC où se trouvent les autres marines ; les acteurs respirèrent le gaz toxique du décor en plastique brûlé, et suffoquèrent pendant quelques instants. Le tank APC, difficile à manier, provoqua également plusieurs incidents sans causer de blessures graves aux membres de l'équipe[6]. Pour le tournage des scènes dans la centrale électrique abandonnée, l'équipe dut nettoyer l'amiante, prendre des mesures de la toxicité de l'air et même distribuer des médicaments[5].

Sur le plateau de tournage, Sigourney Weaver fut surprise par l'omniprésence d'armes à feu, bien que le scénario qu'elle avait lu ne le cachât pas. Cette situation provoqua chez elle un cas de conscience, puisqu'elle est de mentalité très progressiste et avait milité contre le port d'armes aux États-Unis. Cameron la fit s’entraîner dans un stand de tir pour qu'elle se sente plus à l'aise avec leur maniement. Elle aurait d'ailleurs utilisé son aversion pour les armes à feu lors de son interprétation, estimant que Ripley n'est pas une guerrière qui éprouve du plaisir à utiliser une arme, ce qui la distingue des marines[6].

Les dernières scènes filmées sont celles où Ripley secourt Newt ; ainsi, les deux actrices, Weaver et la jeune Carrie Henn, sont les seules restantes pendant les derniers mois du tournage. Elles se surnommèrent alors les « orphelines » et développèrent une forte complicité. Henn considéra Weaver comme une mère de substitution alors que sa famille ne put venir la voir que pendant les week-ends. Selon Weaver, les scènes de fin avec Newt étaient physiquement parmi les plus difficiles de sa carrière puisque, pendant plusieurs mois de tournage, elle devait porter à la fois Henn et des armes très lourdes, le tout dans un froid glacial. Ainsi, pour certaines coupures, Weaver portait un mannequin léger de Henn[11].

Effets spéciaux[modifier | modifier le code]

Pour les effets spéciaux, Cameron et son équipe utilisèrent plusieurs techniques permettant d'éviter de dépasser le budget ou d'utiliser l'image numérique, à cette époque encore insatisfaisante, comme la perspective forcée avec des maquettes miniatures, l'utilisation de miroirs, de câbles, du stop motion, ou de la projection arrière. Ils filmèrent notamment des maquettes de vaisseaux au ralenti pour ensuite accélérer la bande, ce qui permit de rendre leurs mouvements réalistes[13]. Aussi, l'explosion thermonucléaire vue de l'espace à la fin du film est essentiellement une ampoule recouverte de coton[10].

Cameron et Hurd embauchèrent Robert et Dennis Skotak pour les effets spéciaux, étant donné qu'ils avaient déjà travaillé avec eux dans des films de Roger Corman. Ils restaurèrent d'abord le modèle miniature du vaisseau extraterrestre du premier film Alien afin de le photographier et d'utiliser les images dans des séquences du film. Ils firent ensuite construire à Pinewood Studios une miniature à 1/5e du complexe colonial, où les bâtiments font entre 5 et 8 pieds de haut et 30 à 40 de longueur. L'arrière-plan du complexe, le ciel nuageux et sombre de la planète, est en fait une peinture qui entoure le modèle. Ils récupérèrent des débris brûlés et rouillés d'autres productions du studio afin de les utiliser comme des débris pour décorer le complexe[13].

La maquette du vaisseau Sulaco fait 6 pieds de longueur, et est construite pour n'être vue que d'un seul côté. La navette est également construite en miniature, à 7 pieds de longueur (taille à 1/12e), le véhicule terrestre qui en ressort est alors une maquette télécommandée de très petite taille. En plus du véhicule taille réelle, une autre maquette plus grande que la première est utilisée dans d'autres séquences en gros plan. Pour la séquence où la navette s'écrase, ils utilisèrent des maquettes descendant sur des câbles jusqu'au sol et équipé d'explosifs. Cette séquence est filmée quatre fois au ralenti. Elle est ensuite utilisée en projection arrière afin que les acteurs puissent jouer la scène où ils réagissent à l'explosion de la navette qui se déroule à l'arrière-plan[13].

La scène où la reine alien pond des œufs s'avèra particulièrement difficile à filmer. Pour la tourner, les créateurs fabriquèrent un modèle au 1/4 du nid et de la créature et utilisèrent des câbles et marionnettistes (cachés derrière des miroirs) pour animer la ponte, et des bouilloires situées sous la maquette pour créer les effets de fumée. Des marionnettistes et des câbles furent également utilisés pour animer en temps réel des séquences où la maquette de la reine marche, et son combat avec l'exosquelette motorisé[13]. Une reine taille réelle de 14 pieds fut fabriquée ; à l'époque c'était l'un des plus grands animatroniques créés pour un film. Elle est suspendue par une grue, ses bras conduits par deux marionnettistes situés à l'intérieur du mannequin, son corps et sa tête étant contrôlés par des presses hydrauliques, et son visage par des câbles. Jusqu'à seize marionnettistes furent nécessaires pour la contrôler. L'exosquelette motorisé en taille réelle est également suspendu par des câbles et contrôlé par Weaver avec l'aide d'un marionnettiste situé à l'intérieur de la machine[9].

Des animatroniques sont également utilisés pour le mouvement des facehuggers pendant la scène où Ripley et Newt se retrouvent enfermées avec deux de ces créatures. Les créateurs fabriquèrent une demi-douzaine de facehuggers aux fonctions différentes. Certains ont des doigts robotisés opérés par 6 ou 7 marionnettistes. Lorsque Ripley lutte contre un facehugger qui essaye d'atteindre son visage, en vérité les fils électriques de la marionnette sont dissimulés le long de la manche de Sigourney Weaver jusqu'aux marionnettistes qui opèrent le mouvement de la créature. Le facehugger qui court est opéré grâce à un système complexe : la marionnette est tirée par un câble sur le sol, ce qui fait tourner la roue située en dessous de la marionnette et active le mouvement des doigts. Pour tourner cette scène, Cameron emploiera également des techniques de stop-motion et d'action inversée[8].

Les aliens adultes sont interprétés par des cascadeurs costumés. Cameron souhaitait que les costumes soient simplifiés par rapport au premier film, afin de faciliter la mobilité des cascadeurs. Des séquences où les aliens rampent sur le plafond sont filmées à l'envers et, lors de sauts ou de mouvement verticaux, l'utilisation de câbles est préférée. Des mannequins taille réelle sont également fabriqués pour les aliens qui doivent exploser sous les coups de feu ou être écrasés par des véhicules. Ces mannequins sont également placés dans des positions contorsionnées pour imiter un aspect insectoïde[8].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Aliens:
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale de James Horner
Sortie
Durée 39:57
Genre classique
Label Varèse Sarabande
Critique

AllMusic 2,5/5 étoiles[14]
Filmtracks 3/5 étoiles[15] (Original)

Bandes originales de Alien

Aliens - Original Motion Picture Soundtrack est la bande originale composée par James Horner et interprété par l'Orchestre symphonique de Londres. Distribué par Varèse Sarabande, l'album est édité pour la première fois en 1987.

Une édition spéciale en vinyle sort le (26/4 correspondant à la planète LV426 du film). Cette édition, limitée à 75 exemplaires, contient des disques vinyles remplis de liquide jaune rappelant le sang de l'alien[16].

Liste des pistes édition 1987

Toute la musique est composée par James Horner.

No Titre Durée
1. Main Title 5:10
2. Going After Newt 3:08
3. Sub-Level 3 6:11
4. Ripley's Rescue 3:13
5. Atmosphere Station 3:05
6. Futile Escape 8:13
7. Dark Discovery 2:00
8. Bishop's Countdown 2:47
9. Resolution and Hyperspace 6:10
39:57
Aliens:
Original Motion Picture Soundtrack
(DeLuxe Edition)

Bande originale de James Horner
Sortie
Durée 75:44
Genre Classique
Label Varèse Sarabande
Critique

AllMusic 2,5/5 étoiles[14]
Filmtracks 4/5 étoiles[15] (Deluxe)

Liste des pistes 2001 (DeLuxe Édition)

Toute la musique est composée par James Horner.

No Titre Durée
1. Main Title 5:13
2. Bad Dreams 1:22
3. Dark Discovery/Newt's Horror 2:07
4. LV-426 2:03
5. Combat Drop 3:29
6. The Complex 1:34
7. Atmosphere Station 3:11
8. Med. Lab. 2:04
9. Newt 1:14
10. Sub-Level 3 6:36
11. Ripley's Rescue 3:19
12. FaceHuggers 4:24
13. Futile Escape 8:28
14. Newt Is Taken 2:04
15. Going After Newt 3:18
16. The Queen 1:45
17. Bishop's Countdown 2:50
18. Queen to Bishop 2:31
19. Resolution and Hyperspace 6:27
Bonus tracks
20. Bad Dreams (alternate) 1:23
21. Ripley's Rescue (percussion only) 3:20
22. LV-426 (alternate edit – Film version) 1:13
23. Combat Drop (percussion only) 3:24
24. Hyperspace (alternate ending) 2:08
1:15:28
Autour de l'album

La bande originale d'Aliens était composée par James Horner. Lorsque Horner devait commencer à écrire la bande son, Cameron n'avait pas encore terminé le tournage, rendant toute tentative impossible. Six semaines avant la sortie prévue du film, Horner n'avait pas commencé, son calendrier de travail était donc très serré. Il a composé la musique de la séquence finale du film, celle où Ripley combat la reine, en dernier. Toutefois Cameron a ensuite changé le montage de cette scène obligeant Horner à recommencer, créant ainsi des tensions entre eux. Il a finalement terminé le travail in extremis avant la sortie du film. Malgré ces difficultés, la musique de la séquence finale fut très favorablement reçue, jusqu'à devenir une des premières musiques de film à succès puisqu'elle a été réutilisée dans d'autres films et bandes annonces depuis. Après cette expérience pénible, Cameron et Horner n'ont plus travaillé ensemble pour plus d'une décennie, jusqu'à ce que Cameron l'embauche pour écrire la musique de son film à succès Titanic (1997)[17].

Accueil[modifier | modifier le code]

Image des principaux membres de l'équipe d’Aliens célébrant les 30 ans du film à la San Diego Comic-Con International 2016.
De gauche à droite :
Bill Paxton, James Cameron, Gale Anne Hurd, Sigourney Weaver, Paul Reiser, Carrie Henn, Michael Biehn et Lance Henriksen.

Critique[modifier | modifier le code]

Le film a reçu un accueil critique extrêmement positif. En 2014, le site Rotten Tomatoes recense 98 % de critiques favorables, avec un score moyen de 8,910, sur la base de 59 critiques collectées[18]. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 87100, sur la base de 9 critiques collectées[19].

Le critique Roger Ebert lui donne une note de 3,5 sur 4 et écrit, à la sortie du film en 1986, dans le Chicago Sun-Times : « Je n'ai jamais vu un film qui maintient un tel niveau d'intensité pour aussi longtemps ; c'est comme une sorte de manège de carnaval qui ne s'arrête jamais[f] »[20]. La réception positive du film lui a permis de faire la couverture du Time magazine du 28 juillet 1986. L'auteur de l'article, Richard Schickel, considère qu'Aliens est meilleur que le premier, notamment grâce à l'introduction de la petite fille Newt, ce qui permet d'ajouter une dimension émotionnelle à Ripley[21]. Dave Kehr du Chicago Reader considère également qu'il est meilleur que l'original[22]. Walter Goodman du New York Times est moins enthousiaste mais il encense les effets spéciaux et commente que le film est « un peu moins innovant que son prédécesseur […] mais il rattrape en technique ce qu'il manque en originalité[g] »[23]. En janvier 1987, le Time a élu Aliens parmi les meilleurs films de 1986[24].

Les critiques sont restées positives au fil des années. Dans une critique de 2000, le critique web James Berardinelli donne au film un score de 4 sur 4 et note que « pour les fans de la saga Alien, Aliens représentait un formidable triomphe, surpassant les attentes des plus fidèles optimistes[h] »[25].

Chez les spectateurs, le film est toujours très apprécié. Sur le site web Internet Movie Database, Aliens est présent dans le top 250 des films les mieux notés par les utilisateurs, à la 64e place et avec un score moyen de 8,410[26]. Sur AlloCiné, il obtient un score moyen des notes des spectateurs de 45[27].

En 2003, l'American Film Institute a élu Ellen Ripley, telle qu'elle apparaît dans Aliens, le 8e meilleur héros de l'histoire du cinéma américain[28]. La citation d'Ellen Ripley à la fin d'Aliens, « get away from her, you bitch! » (VF : « ne la touche pas, sale pute ! ») a été proposée en 2005 pour la liste AFI des 100 meilleures citations de films américains, mais elle n'a pas été élue[29]. Aliens a également été proposé en 2001 pour la liste des 100 meilleurs thrillers[30]. En 2007, le magazine Entertainment Weekly l'a élu deuxième meilleur film d'action de tous les temps[31]. Parallèlement, le site web IGN l'a élu troisième meilleur film d'action[32], onzième meilleur film de science-fiction[33] et quatrième meilleure suite[34].

Box-office[modifier | modifier le code]

Avec un budget d'environ 18 500 000 US$, Aliens, le retour fut un succès commercial en salles. Il a réalisé 131 060 248 US$ au box-office mondial, dont 65 % aux États-Unis et au Canada (85 160 248 US$) et 35 % à l'étranger (45 900 000 US$)[35]. Le film est sorti en Amérique du Nord le 18 juillet 1986 et était numéro 1 au box-office dans son premier week-end, distribué dans 1 437 salles et remportant 10 052 042 US$. Il est resté à la première place pendant quatre semaines consécutives[36]. Aliens a rapporté 7 012 907 US$ en France (1 720 593 entrées[37]) et 271 368 US$ en Belgique, où il est sorti le 8 octobre 1986[38].

Box-office en US$ par pays[38]
Pays Box-office Pays Box-office Pays Box-office Pays Box-office
Afrique (sauf nord) 680 951 Drapeau de l'Allemagne Allemagne 4 666 844 Amérique centrale 225,432 Drapeau de l'Argentine Argentine 472 866
Drapeau de l'Australie Australie 3 118 350 Drapeau de l'Autriche Autriche 139 530 Drapeau de la Belgique Belgique 271 368 Drapeau de la Bolivie Bolivie 25 563
Drapeau du Brésil Brésil 3 676 920 Drapeau du Chili Chili 145 776 Drapeau de la Colombie Colombie 254 344 Drapeau du Danemark Danemark 153 466
Drapeau de l'Égypte Égypte 27 507 Drapeau de l'Espagne Espagne 674 261 Drapeau des États-Unis États-Unis et Drapeau du Canada Canada 85 160 248 Drapeau de la Finlande Finlande 65 054
Drapeau de la France France 7 012 907 Drapeau de la Grèce Grèce et Drapeau de Chypre Chypre 72 692 Drapeau de Hong Kong Hong Kong 1 665 181 Drapeau de l'Inde Inde 58 668
Drapeau d’Israël Israël 180 809 Drapeau de l'Italie Italie 505 378 Drapeau du Japon Japon 9 302 337 Drapeau du Liban Liban 3 869
Drapeau de la Malaisie Malaisie 225 286 Drapeau du Mexique Mexique 300 044 Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 192 398 Drapeau de la Norvège Norvège 127 323
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 322 381 Drapeau du Pérou Pérou 89 023 Drapeau des Philippines Philippines 179 815 Drapeau de Porto Rico Porto Rico 293 256
Drapeau du Portugal Portugal 165 294 Drapeau de la Roumanie Roumanie 78 471 Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 6 636 712 Drapeau de la Russie Russie et Drapeau de l'Ukraine Ukraine 184 514
Drapeau de Singapour Singapour 624 561 Drapeau de la Suède Suède 1 070 417 Drapeau de la République de Chine Taïwan 1 006 223 Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 178 600
Drapeau de l'Uruguay Uruguay 95 898 Drapeau du Venezuela Venezuela 563 720 TOTAL 131 060 248

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Année Cérémonie ou récompense Prix Lauréat(es)
1986
Oscars du cinéma[39] Meilleur montage son Don Sharpe
Meilleurs effets visuels Robert Skotak, Stan Winston, John Richardson et Suzanne Benson
BAFTA Awards[40] Meilleurs effets visuels Robert Skotak, Brian Johnson, John Richardson et Stan Winston
Saturn Awards[41] Meilleur film de science-fiction
Meilleure actrice Sigourney Weaver
Meilleur acteur dans un second rôle Bill Paxton
Meilleure actrice dans un second rôle Jenette Goldstein
Meilleur jeune acteur Carrie Henn
Meilleure réalisation James Cameron
Meilleur scénario
Meilleurs effets visuels Stan Winston
1987
Golden Reel Awards[42] Meilleur montage son Don Sharpe
Prix Hugo[43] Meilleur film
Kinema Junpō Awards[44] Meilleur film étranger (choix des lecteurs)

Nominations[modifier | modifier le code]

Année Cérémonie ou récompense Prix Lauréat(es)
1986
Oscars du cinéma[39] Meilleure actrice Sigourney Weaver
Meilleurs décors Peter Lamont et Crispian Sallis
Meilleur montage Ray Lovejoy
Meilleure musique de film James Horner
Meilleur mixage de son Graham V. Hartstone, Nicolas le Messurier, Michael A. Carter et Roy Charman
BAFTA Awards[40] Meilleur son Don Sharpe, Roy Charman et Graham V. Hartstone
Meilleurs décors Peter Lamont
Saturn Awards[41] Meilleur acteur Michael Biehn
Meilleurs costumes Emma Porteous
Meilleur maquillage Peter Robb-King
Young Artist Awards[45] Meilleure jeune actrice dans un second rôle Carrie Henn
1987
Golden Globes[46] Meilleure actrice Sigourney Weaver
Nippon Akademī-shō[47] Meilleur film étranger
Artios Awards[48] Meilleur casting pour un film dramatique Mike Fenton, Jane Feinberg et Judy Taylor

Version longue[modifier | modifier le code]

En 1992, James Cameron ressort une version director's cut du film pour le laserdisc (que l'on retrouve également sur diverses éditions DVD). D'une durée de 154 minutes, soit 17 minutes supplémentaires, on peut notamment relever[49],[50],[51] :

  • une scène où Ripley append que sa fille est morte d'un cancer pendant qu'elle était en hibernation ;
  • la commission d'enquête détaillant la sentence de Ripley, entre autres le retrait de sa licence de pilote et de son grade ;
  • une scène se passant sur la colonie de LV-426 où l'on voit notamment un enfant conduire un tricycle ;
  • les parents de Newt qui découvrent le vaisseau alien abandonné sur LV-426. En ressortant, la mère de Newt ramène son mari agrippé par un facehugger et demande du secours à la colonie par radio ;
  • un passage où Hudson briefe Ripley sur l'armement que possèdent les marines, lors du trajet de la première navette vers LV-426.
  • Vasquez et Hudson remarquant la présence d'êtres vivants sur leurs détecteurs. Ils pénètrent dans une salle et découvrent que ce ne sont que des souris de laboratoire ;
  • une escouade de sauvetage se rendant sur le site des œufs aliens et qui est attaquée par des dizaines de facehuggers ; (Scène ne faisant pas partie du film en director's cut).
  • Newt, demandant à Ripley si elle a déjà eu un bébé. Celle-ci lui répond que oui, mais qu'elle est « partie » ;
  • la fameuse scène du sentry gun (mitraillette automatique) qui massacre les aliens ;
  • un début d'intimité entre Ripley et Hicks, qui se révèlent leurs prénoms.

Pour la version française, les suppléments sont doublés par les mêmes comédiens (Torrens, Alfos, Crouzet, Luccioni, etc.). Seuls Med Hondo et Michel Gudin n'ont pas assuré les répliques des passages supplémentaires (respectivement Bishop et Van Leuwen).

Thèmes et inspirations[modifier | modifier le code]

Certains aspects du film sont implicitement inspirées de la guerre du Viêt Nam, encore à l'époque du tournage très inscrite dans la conscience américaine. En effet, les marines coloniaux du film arrivent très confiants en leur victoire dans un monde méconnu, et se retrouvent confrontés à des ennemis qui, malgré leur infériorité technologique, leur imposent des défaites difficiles grâce à leur détermination brute. L'idée de marines à la fois durs et indisciplinés, qui décorent leurs équipements militaires, est également tirée de l'imagerie classique des soldats américains de la guerre du Viêt Nam. L'aspect industriel des équipements, et l'attitude de « camionneurs » des marines correspondaient aussi à l'image populaire de l'armée. Par extension, Aliens était l'un des premiers films de science-fiction qui ne s'attachait pas à vêtir ses personnages de costumes futuristes caricaturaux de science-fiction « à la Star Wars », préférant un design sale et rude, ce qui a aidé à donner un aspect réaliste et a éventuellement inspiré dans ce sens de futures œuvres du genre[10].

L'inspiration du colonialisme européen est également présent, notamment de compagnies coloniales comme les compagnies néerlandaises et anglaises des Indes orientales. En effet, il s'agissait de sociétés commerciales privées qui travaillaient dans les colonies, mais qui, en cas de résistance autochtone, se voyaient secourues par les armées nationales de leurs états qui avaient tout intérêt à ce que ces sociétés prospèrent économiquement. Dans le même sens, Aliens présente la société « malfaisante » Weyland-Yutani assistée par l'armée nationale dans ses colonies. La compagnie ne commande pas directement l'armée, mais elle la conseille dans l'objectif de la mission, et l'armée assure la protection et le sauvetage de ses acquis. James Cameron avoue qu'à l'époque de l'écriture du scénario, il ne connaissait rien du fonctionnement de grandes sociétés, et se basait alors sur des préjugés classiques. Toutefois il rajoute avec humour que depuis, avec son expérience, il estime que sa vision naïve était très proche de la réalité[10].

Un autre thème important est celui de l'amour maternel, incarné par l'héroïne Ripley vis-à-vis de Newt. Ripley représente une femme forte aux idées progressistes, soucieuse du sauvetage des colons. Lorsqu'elle découvre que la jeune fille Newt est la seule survivante, elle la prend sous son aile et la protège jusqu'au bout, jusqu'à mettre sa propre vie en péril. Ce thème est renforcé par le fait que Ripley a perdu sa propre fille qui avait l'âge de Newt, elle transfère alors son désir de maternité sur cette autre enfant. Dans une scène coupée du début du film, mais présente dans la version longue, Ripley apprend que sa fille est morte à l'âge de 66 ans alors que Ripley dérivait en biostase pendant 57 ans dans l'espace. Cette scène devait établir dès le départ la souffrance et le manque de Ripley, mais a été coupée du film à cause de contraintes de longueur, ce qui a fortement déplu à l'actrice Sigourney Weaver qui selon ses dires a basé toute sa performance sur cette tragédie[10].

Note et référence[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prononcé dans le film « LV quatre vingt-six ».
  2. Littéralement « forme étrangère ». Ce terme est utilisé pour la première fois dans ce film par le lieutenant Gorman ; il est parfois pris, à tort, pour le nom de l'espèce.
  3. Dans une scène coupée au montage qui est visible dans la version Blu-Ray du film, Burke est capturé par les Aliens et se retrouve non loin du nid de la Reine quand Ripley retourne dans la base. Infesté par un Chestburster, il demande à Ripley de le sauver ; cette dernière lui donne une munition explosive pour qu'il se suicide.
  4. Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film.
  5. Citation originale : « rocket gun that carries stuff ».
  6. Citation originale : « I have never seen a movie that maintains such a pitch of intensity for so long; it's like being on some kind of hair-raising carnival ride that never stops ».
  7. Citation originale : « It's a touch less innovative than its predecessor […] but it makes up in technique what it lacks in novelty ».
  8. Citation originale : « For fans of the Alien series, Aliens represented an unqualified triumph, exceeding the expectations of the most optimistic faithful ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. À suivre…, Édition Le Manuscrit, (ISBN 2748158792), page 71
  2. fiche IMDB du film
  3. « Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage, consulté le 25 février 2015
  4. a et b Gale Anne Hurd, James Cameron, Sigourney Weaver, Jenette Goldstein, Mark Rolston. 57 ans plus tard, l'histoire continue [Alien Quadrilogy Special Edition DVD]. 20th Century Fox.
  5. a, b, c et d Gale Anne Hurd, Syd Mead, Ron Cobb, Peter Lamont. (). Construire des mondes meilleurs : du concept à la réalisation [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  6. a, b et c John Richardson, Simon Atherton, Paul Weston, Sigourney Weaver, Bill Paxton.... (). Le risque est toujours présent : armes et action [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  7. a, b, c et d Gale Anne Hurd, Sigourney Weaver, Jenette Goldstein, Carrie Henn, Lance Henriksen, Bill Paxton.... (). Préparation pour la bataille : Casting [Alien Quadrilogy Special Edition DVD]. 20th Century Fox.
  8. a, b et c Stan Winston, James Cameron, Alec Gillis, Tom Woodruff Jr..... (). La traque : la créature [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  9. a et b John Rosengrant, Stan Winston, Richard Landon, Tom woodruff Jr, Shane Mahan, Pat McClung, Joss Williams, John Richardson.... (). La belle et la garce : l'affrontement [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  10. a, b, c, d et e  (). Commentaires audio de l'équipe sur la version longue [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  11. a et b Sigourney Weaver, Gale Anne Hurd, Carrie et Christopher Henn, Peter Robb-King. (). Deux orphelines : Sigourney Weaver et Carrie Henn [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  12. a et b Gale Anne Hurd, Michael Biehn. (). Cette fois, c'est la guerre : Pinewood Studios, 1985 [Alien Quadrilogy Special Edition DVD]. 20th Century Fox.
  13. a, b, c et d Gale Anne Hurd, Robert et Dennis Skotak, Pat McClung, John Richardson, Peter Lamont, James Cameron. (). Le pouvoir des effets spéciaux : effets spéciaux [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
  14. a et b (en) « Aliens Original Soundtrack », AllMusic (consulté le 4 janvier 2012)
  15. a et b (en) « Aliens Original Soundtrack », Filmtracks (consulté le 27 novembre 2012)
  16. « Un vinyle rempli de liquide pour la réédition de la BO du film Aliens, le retour », sur Trax (consulté le 26 avril 2016).
  17. (en) Gale Anne Hurd, James Horner, Graham Hartstone, James Cameron. (). Le compte à rebours : musique, montage et son [Alien Quadrilogy DVD]. 20th Century Fox.
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  19. (en) « Aliens », sur Metacritic (consulté le 1er janvier 2012)
  20. (en) « Aliens », sur le site de Roger Ebert (consulté le 1er janvier 2012)
  21. (en) « Aliens », sur Turner Classic Movies (consulté le 3 janvier 2012)
  22. (en) « Aliens », sur Chicago Reader (consulté le 3 janvier 2012)
  23. (en) « Movie Review: Aliens (1986) - Film: Sigourney Weaver in 'Aliens' », sur The New York Times (consulté le 3 janvier 2012)
  24. (en) « Cinema: Best of '86 », sur Time (consulté le 5 janvier 2012)
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  38. a et b (en) « Box-Office international d'Aliens, le retour », sur boxofficemojo.com (consulté le 1er janvier 2012)
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  42. (en) « 1987 Golden Reel Awards », sur IMDB (consulté le 2 janvier)
  43. (en) « 1987 Hugo Awards », sur thehugoawards.org (consulté le 2 janvier)
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  47. (en) « 1987 Awards of the Japanese Academy », sur IMDB (consulté le 2 janvier 2012)
  48. (en) « Casting Society of America - Artios Awards 1987 », sur IMDB (consulté le 2 janvier 2012)
  49. http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18413720/?page=5&tab=0
  50. http://www.movie-censorship.com/report.php?ID=2558663
  51. https://www.imdb.com/title/tt0090605/alternateversions

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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