Rollerball (film, 1975)

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Rollerball
Réalisation Norman Jewison
Scénario William Harrison (en)
Acteurs principaux
Sociétés de production United Artists
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Anticipation
Action
Durée 120 minutes
Sortie 1975


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Rollerball est un film américain de science-fiction réalisé par Norman Jewison, sorti en 1975, avec notamment dans les rôles principaux James Caan, John Houseman, Maud Adams et John Beck.

Le scénario est élaboré d'après la nouvelle « Meurtre au jeu de boules » (Roller Ball Murders) de William Harrison (en).

Bien que Rollerball ait eu une distribution américaine, un réalisateur canadien, et a été sorti par la société américaine United Artists[1], il a été produit à Londres et à Munich[2],[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

En 2018, dans univers futuriste de type dystopique, les nations du monde ont disparu, remplacées par des cartels économiques planétaires qui regroupent les activités humaines en six départements : Alimentation, Communications, Énergie, Logement, Luxe et Transports. Avec cette organisation de la société, la population humaine jouit d'un confort matériel inégalé. Mais celle-ci a néanmoins besoin de purger régulièrement les pulsions violentes qui la parcourt. C'est dans ce but qu'a été créé par les corporations le rollerball, un sport violent qui mélange divers sports, dont le patinage à roulettes, le motocyclisme et le football américain.

Jonathan E., un joueur de rollerball, est le capitaine de l'équipe de Houston et une véritable star mondiale. Il est alors convoqué par Bartholomew, le président de la corporation Énergie et l'un des organisateurs les plus importants de ce sport. Bartholomew annonce à Jonathan qu'il sera présenté dans une émission spéciale en « multivision » qui montrera une rétrospective de sa carrière. Mais, craignant sa popularité, Bartholomew exige de lui qu'il parte à la retraite avant la finale annuelle car il met à mal la philosophie même du rollerball et de cette société du futur, dont le slogan est : « Le jeu est plus grand que le joueur », le rollerball ayant été créé également pour démontrer la futilité de l'individualisme. Mais Jonathan refuse la demande de Bartholomew et demande à voir son ancienne épouse, Ella, qui lui avait été retirée quelque temps auparavant par un dirigeant de la corporation qui la voulait pour lui-même. Commence alors entre les deux hommes, par matchs interposés, une lutte sans merci.

Méfiant à cause de cette demande de retraite forcée, Jonathan se rend dans une bibliothèque et demande des livres sur les corporations et leur histoire. Il constate alors que tous les livres ont été numérisés et « édités » pour convenir aux souhaits des corporations, et qu'ils sont désormais stockés au sein de vastes superordinateurs appartenant aux corporations, situés dans de grands lieux protégés.

Peu après, le championnat de rollerball dégénère rapidement en une violence insensée alors que les règles sont modifiées, juste pour forcer Jonathan à partir. Pour preuve, le match de demi-finale de l'équipe de Houston contre Tokyo n'a pas de pénalités et les remplacements de joueurs sont limités. De fait, la brutalité du match tue plusieurs joueurs dont le motard de Houston, Blue ; par ailleurs, le meilleur ami et coéquipier de Jonathan, Moonpie, est lui-aussi gravement blessé, terminant en mort cérébrale, seul son corps restant encore vivant.

Par la suite, Jonathan se rend à Genève pour accéder au supercalculateur central du monde, connu sous le nom de « Zero ». Bien que vénéré comme le dépositaire de toutes les connaissances humaines, Zero est défectueux, ce qui est révélé lorsque le bibliothécaire mentionne à Jonathan que Zero a « perdu » tout le XIIe siècle. L'objectif de Jonathan était de découvrir comment les corporations prennent leurs décisions, mais le résultat de ces recherches n’aboutit qu'à une double conversation informatique indéchiffrable.

Peu après, Jonathan reçoit la visite de son ancienne épouse Ella, qui a été envoyée pour le convaincre de prendre sa retraite mais aussi pour lui préciser que le prochain match qu'il doit disputer sera « à mort ». Jonathan se rend compte que la visite de sa femme a été organisée par les dirigeants des corporations. Effaçant un long film chéri d'eux deux, il lui déclare : « Je voulais juste que tu sois à mon côté ». Il décide ensuite que, malgré les dangers, il jouera la finale.

Résistant à toutes les pressions et malgré les avertissements de son entraîneur, Jonathan participe à ce match qui se déroule sans règles ni durée contre l'équipe de New York, et dont le but véritable est son élimination. Peu après le début de la rencontre, le match perd rapidement tout semblant d'ordre qu'il aurait pu avoir ; les joueurs sont tous blessés ou tués. La foule des spectateurs, extatique au début, devient progressivement plus modérée à mesure que le carnage se déroule devant elle et que le jeu se transforme littéralement en combat de gladiateurs. Envers et contre tout, et au terme d'une bataille épique, Jonathan reste le dernier survivant de son équipe. Il épargne le dernier survivant de l'équipe adverse avant de remporter la finale, en marquant le seul point de la rencontre, devenant ainsi ce que redoutaient tant les dirigeants des corporations : une légende vivante.

Patinant sur la piste dans une victoire silencieuse, les entraîneurs et les fans des deux équipes scandent son nom ; d'abord doucement, puis de plus en plus fort alors que Jonathan patine de plus en plus vite. Pendant ce temps, Bartholomew sort de l'arène en hâte, craignant peut-être une émeute tandis que le chant de « Jonathan ! Jonathan ! Jonathan ! » retentit dans l’arène pour devenir un rugissement.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Le rollerball[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Dans le film, le rollerball est une forme de roller derby où interviennent également des motards. Les équipes doivent prendre le contrôle d'une boule de métal et la mettre dans l'en-but, une sorte de panier aimanté circulaire pour marquer des points.

Le rollerball est aussi à rapprocher par bien des aspects du football américain et du hockey sur gazon ou du hockey sur glace (tenues des joueurs, tactiques). Il n'a en revanche de commun avec le roller derby que les patins à roulettes et la piste circulaire (qui rappelle dans le film celle d'une piste de cyclisme).

Dans la nouvelle intitulée « Meurtre au jeu de boules » (Roller Ball Murders) de William Harrison (en) qui a inspiré le film, le but était avant tout de tuer son adversaire. C'est moins vrai dans le film, même si la violence reste un élément essentiel du jeu[4]. Ainsi, afin de faire tomber Jonathan E. de son piédestal de meilleur joueur, le dernier match du film se joue sans règles et sans limites de temps.

Le réalisateur Norman Jewison fut contacté de multiples fois par des promoteurs voulant acheter les droits du jeu pour créer un championnat de rollerball. Jewison s'en indigna, car le but du film consistait à dénoncer « les dérives de sports de contacts et de leur entourage »[5].

Règles[modifier | modifier le code]

  • Le rollerball est joué par deux équipes de 12 joueurs chacune (neuf rollers, trois motocyclistes).
  • Le jeu se déroule en trois périodes de 20 minutes, ce qui représente une heure de temps de jeu total.
  • Une boule d'acier est tirée dans une arène circulaire via une « gouttière » qui entoure l'arène, fixée aux murs. L'une des équipes doit capturer la boule avant qu'elle ne roule hors de la « gouttière », sinon une nouvelle boule doit être tirée.
  • Une fois qu'un joueur capture la boule, son équipe attaque et tente de marquer en plaçant la boule dans le but de l'équipe en défense (en parcourant la piste jusqu'au but adverse), les buts de chaque équipe étant situés aux deux extrémités de l'arène. L'équipe en défense tente de protéger son but et/ou de voler la boule (devant rattraper le joueur adverse en parcourant la piste).
  • La boule doit toujours être bien visible, sinon elle « meurt » et une nouvelle boule est tirée.
  • Les patineurs peuvent s'accrocher aux motocyclistes de leur propre équipe et être remorqués pour prendre de l'élan.
  • Les motocyclistes peuvent tenter de bloquer les patineurs de l'équipe adverse (mais pas de les attaquer).
  • Les joueurs blessés sont retirés du terrain par des médecins et de nouveaux joueurs arrivent en jeu pour les remplacer.

Pénalités[modifier | modifier le code]

  • Les patineurs peuvent utiliser la force les uns contre les autres, mais pas contre les motocyclistes.
  • Les motocyclistes ne peuvent pas utiliser la force contre les patineurs ou entre eux.
  • Les patineurs ne sont pas autorisés à engager des joueurs tombés.

La violation de l'une de ces trois règles est punie de trois minutes de hors jeu ; des violations répétées peuvent entraîner le retrait d'un joueur du jeu.

Production[modifier | modifier le code]

Préproduction[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, l'auteur William Harrison (en), professeur à l'université de l'Arkansas, assiste à un match de basket-ball qui finit en bagarre générale. Observant que le public apprécie davantage les coups de poings que le jeu lui-même, Harrison imagine alors une histoire dans laquelle la violence ne se bornerait pas à faire partie intégrante du sport mais en serait l'unique raison d'être. Il imagine un sport fictif appelé Rollerball et qui est un mélange de football américain, de motocross et de hockey.

En 1973, le réalisateur Norman Jewison découvre dans le magazine Esquire la nouvelle de Harrison, intitulée « Meurtre au jeu de boules » (Roller Ball Murders). Il contacte l'auteur et lui propose de lui acheter les droits pour 50 000 dollars. Mais Harrison demande plus d'argent, exige d'écrire lui-même le scénario et de toucher le même salaire que l'acteur principal. Deux mois plus tard, ce dernier écrit le scénario du film à Londres.

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Jewison propose le rôle principal à James Caan. L'acteur prend quelques semaines pour apprendre à patiner à une vitesse comprise entre 55 et 65 km/h et s'entraîne pour les cascades qu'il exécute finalement lui-même lors du tournage. Pour l'épauler, les acteurs John Houseman et Ralph Richardson sont également choisis.

Sylvester Stallone a été auditionné pour le rôle de Moonpie, mais Jewison ne l'a pas choisi.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été essentiellement tourné à Munich en raison de ses décors futuristes. On reconnaît notamment la tour BMW qui sert de siège à la Corporation de l'énergie mais aussi le parc olympique qui avait été utilisé pour les Jeux olympiques d'été de 1972. Les séquences intérieures ont été tournées aux Pinewood Studios, au Royaume-Uni.

Musique[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Toccata et fugue en ré mineur (BWV 565) de Jean-Sébastien Bach
interprété par Ashtar Moïra, orgue
(8 minutes, 45 secondes).

Dans le film, une partie de la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach est jouée à l'orgue par Simon Preston pendant la séquence d'ouverture ; on l'entend à nouveau à la fin de la scène finale et dans la première partie du générique de fin qui termine le film[6].

On entend également l’Adagio en sol mineur (Adagio d'Albinoni) de Remo Giazotto ainsi que le mouvement Largo de la Symphonie no 5 de Dmitri Chostakovitch, utilisées pour établir le ton, l'humeur et l'atmosphère de certaines scènes du film.

Les œuvres de musique classique du film ont été interprétés par le London Symphony Orchestra dirigé par Andre Previn, qui a également écrit la musique Executive Party Dance pour le film[6],[7].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Les critiques américaines de Rollerball ont été mitigées.

Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 66 % de critiques positives, sur la base de 32 critiques collectées et une note moyenne de 6,1/10 ; le consensus du site indique : « Dans Rollerball, le commentaire social entre en collision avec l'action à grande vitesse – et le [spectateur] est le gagnant »[8].

Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 56 sur 100, sur la base de 11 critiques collectées ; le commentaire du site indique : « Avis mitigés ou moyens »[9].

Box-office[modifier | modifier le code]

En Amérique du nord, le film a rapporté 6,2 millions de dollars au box-office et en location vidéo[10], pour un budget de production de 5-6 millions de dollars[11].

Au box-office mondial, le film rapporte un total de 30 million de dollars[12].

Suite[modifier | modifier le code]

Le film a fait l'objet d'un remake en 2002 réalisé par John McTiernan, avec notamment Jean Reno parmi les acteurs.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Le logo présent sur l'affiche du film a inspiré celui du groupe de hard rock allemand Scorpions, logo créé en cette même année 1975[réf. nécessaire].
  • Le jeu vidéo Speedball (1988) et sa suite Speedball 2: Brutal Deluxe (1990) de Bitmap Brothers sur Commodore Amiga ont été qualifiés dans la presse comme fortement influencés par le film[13]. Mais le cofondateur de Bitmap Brothers, Mike Montgomery a nié ceci, affirmant que ce n'était pas son intention et qu'il a vu dans cette affirmation une coïncidence plutôt qu'une influence.
  • Le rollerball est une des inspirations pour la création du sport motorball dans le manga Gunnm de Yukito Kishiro.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) David A. Cook, Lost illusions: American cinema in the shadow of Watergate and Vietnam, 1970–1979, vol. 9, Simon & Schuster, coll. « History of the American cinema, Charles Harpole », (ISBN 0-684-80463-8, lire en ligne), p. 243
  2. M. Keith Booker, Historical Dictionary of Science Fiction Cinema, Scarecrow Press, (ISBN 978-0-8108-5570-0), p. 66
  3. (en) Stephen Vaughn, Freedom and Entertainment: Rating the Movies in an Age of New Media, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-85258-7, lire en ligne), p. 55
  4. Documentaire Le Retour dans l'arène, 2002[source insuffisante].
  5. http://www.newspapers.com/image/254103323/
  6. a et b « Andre Previn* – Rollerball (Original Soundtrack Recording) », Discogs.com (consulté le23 avril 2020).
  7. Rollerball – Notes de la bande originale.
  8. (en) « Rollerball (1975) », sur Rotten Tomatoes.com (consulté le 23 avril 2020).
  9. « Rollerball 1975 », Metacritic.com (consulté le 23 avril 2020).
  10. (en) « All-time Film Rental Champs », Variety, 7 janvier 1976, p. 46
  11. (en) « When it comes to the crunch », sur The Guardian, .
  12. (en) « Rollerball, Box Office Information », sur .the-numbers.com (consulté le 23 avril 2020).
  13. (en) « Top 10 Most Influential Amiga Games », sur Wired.com, , « Heavily influenced by "Rollerball" and other futuristic, high-contact sports ».

Liens externes[modifier | modifier le code]