Enel

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ENEL S.p.A.
Description de l'image Enel logo.svg.
Création 27 novembre 1962
Dates clés
  • 1992 - transformation en société anonyme
  • 1999 - privatisation
Forme juridique SA
Action BIT : ENEL, NYSE : EN
Slogan L'energia che ti ascolta (L'energie qui t'ecoute)
Siège social Drapeau d'Italie Rome (Italie)
Direction
  • Présidente : Maria Patrizia Grieco
  • CEO : Francesco Starace
Actionnaires État italien 25,5 %
Activité énergie
Produits électricité, gaz naturel
Filiales Endesa - Enel Green Power
Effectif (2014) 68.961
Site web http://www.enel.it
Chiffre d’affaires 84,88 milliard de €
Résultat net 4,148 milliard de €
Une centrale d'ENEL
Des concentreurs solaires

Enel (Ente Nazionale per l'Energia Elettrica) était, jusqu'à sa privatisation en 1999, la société nationale italienne d'électricité ; elle reste le principal producteur d'énergie électrique du pays. Elle est également devenue un groupe italien multi-services (électricité, eau, gaz), tout en étant un des poids lourds de la production électrique à l'échelle mondiale, avec 283,1 TWh d'électricité et 7,8 milliards de m3 de gaz vendus en 2014.

Enel est le plus important producteur d'énergie géothermique au monde avec plus de 100 ans d'expérience et 32 centrales en service en Italie et 20 dans le monde. L'entreprise dispose également des plus importantes centrales photovoltaïques en service en Italie. La première réalisation remonte à 1993 à Serre Persano d'une capacité de 3,3 MW, et va exploiter d'ici à 2008 sa nouvelle unité à Montalto di Castro de 6,0 MW.

Histoire[modifier | modifier le code]

Créée en 1962 lors de la nationalisation de l'ensemble des producteurs d'électricité en Italie (loi du promulguée sous le gouvernement d'Amintore Fanfani, DC), elle a été profondément réformée et privatisée en 1999 à l'occasion de l'ouverture du marché italien de l'électricité prônée par la Commission européenne.

Depuis l'ouverture du marché italien et pour satisfaire à la règlementation imposée par Bruxelles, Enel a dû se séparer de centrales en Italie pour 15 000 MW, contrairement à beaucoup d'autres concurrents européens, ce qui l'a obligé à rechercher ailleurs les capacités de production et de développement. Actuellement, ENEL produit plus de 50 000 MW à l'extérieur de son territoire national contre 42 000 en Italie.

Les résultats 2004 fournis par la direction d'ENEL montre un résultat de 36,5 milliards d'euros.

En 2013, Enel vend sa participation dans le groupe gazier russe SeverEnergia à Rosneft pour 1,8 milliard de dollars[1].

En juillet 2014, Sharp et STMicroelectronics se désengagent de leur participation de 33,3 % dans Enel Green Power pour 1 euro symbolique en faveur d'Enel[2].

Le Trésor italien s'apprête à donner le coup d'envoi à la vente d'une tranche de 5 % à 6 % du capital d'Enel entre le 9 et le 20 février 2015 pour près de deux milliards d'euros ; sa part dans le capital d'Enel tombera ainsi à 25 %[3].

En mars 2015, Enel Green Power vend 49 % dans sa filiale d'Amérique du Nord, gérant 560 MW, à General Electric pour 440 millions de dollars[4].

Le 11 janvier 2016, l'assemblée générale d'Enel a adopté l'absorption de sa filiale Enel Green Power, jusqu'ici contrôlée à 68,3 %. Enel juge que les énergies vertes sont « au cœur de son business model » et y consacrera la moitié de ses investissements de croissance sur 2016-2019 (17 milliards d'euros). Elles doivent passer de 38 % du mix énergétique du groupe en 2014 à 52 % en 2019. Parallèlement, Enel a annoncé la fermeture de 23 centrales thermiques en Italie, et un programme de cession d'actifs de 6 milliards d'euros[5].

Activité[modifier | modifier le code]

Enel est la principale compagnie d'électricité en Italie. Enel produit et distribue de l'électricité principalement en Europe, Amérique du Nord et Amérique latine. Enel a environ 42 000 Mégawatt de capacité productive et 30 millions de clients dans le secteur de l'électricité. ENEL c'est aussi le second distributeur de gaz naturel en Italie derrière ENI, avec plus de 2 millions de clients et une part de marché de 12 %.

64 000 employés travaillent dans le Groupe ENEL. La plupart gèrent 43 centrales thermoélectriques, 495 hydro-électriques, 31 sites géothermiques, 18 installations éoliennes, trois sites photovoltaïques... et une distribution de millions de kilomètres lignes électriques. ENEL a engagé tous ses efforts en innovation et notamment en dispositifs électriques modernes qui permettent la lecture de tous les compteurs abonnés à distance.

Le groupe s'est également diversifié vers d'autres activités comprenant notamment la distribution d'eau et de gaz, les services de communication et Internet, ainsi que la gestion immobilière. ENEL est présent dans le secteur des télécommunications (fixe et mobile), à travers New Wind, issu de la fusion en juillet 2001 entre Wind et Infostrada (17 millions d'abonnés).


Tableau récapitulatif des implantations Enel par pays pour la production d'énergie électrique
Pays Puissance installée Enel

(2015)

Energie produite par Enel dans le pays

(2014)

Pourcentage Enel sur le total Energie totale produite dans le pays[6]

(2014)

Europe 59,1 GW 178,3 TWh 896 TWh
Italie[7] 30.810 MW 71,8 TWh 24,0% 299 TWh
Espagne & Portugal[8] 23.042 MW 69,7 TWh 18,4% 377 TWh
Slovaquie[9] 4.032 MW 20,6 TWh 85,8% 24 TWh
Roumania[10] 534 MW 15,0 TWh 26,3% 57 TWh
Belgique[11] 406 MW 0,7 TWh 0,8% 83 TWh
Grèce[12] 308 MW 0,5 TWh 0,9% 56 TWh
Amérique du Nord 2,1 GW 6,4 TWh 4.718 TWh
USA & Canada[13] 2.083 MW 6,4 TWh 0,1% 4.718 TWh
Amérique Centrale 1,0 GW 2,8 TWh 320 TWh
Panama[14] 312 MW 1,1 TWh 15,7% 7 TWh
Mexique[15] 495 MW 0.8 TWh 0,2% 296 TWh
Guatémala[16] 164 MW 0,7 TWh 8,7% 8 TWh
Costa Rica[17] 55 MW 0,2 TWh 2,2% 9 TWh
Amérique du Sud 17,5 GW 62,8 TWh 813 TWh
Chili[18] 6.886 MW 20 TWh 31,7% 63 TWh
Argentine[19] 4.400 MW 14,4 TWh 12,1% 119 TWh
Colombie[20] 3.000 MW 13,5 TWh 21,7% 62 TWh
Pérou[21] 1.900 MW 9,1 TWh 23,9% 38 TWh
Brésil[22] 1.353 MW 5,8 TWh 1,1% 531 TWh
Asie 8,9 GW 42,4 TWh 1.057 Twh
Russie[23] 8.944 MW 42,4 TWh 4% 1.057 TWh
Afrique 0,4 GW 0,8 TWh 21 TWh
Maroc[24] 384 MW 0,8 TWh 3,8% 21 TWh
Total 89,0 GW 293,5 TWh 7.825 TWh

Organisation[modifier | modifier le code]

Le groupe est organisé en secteurs et filiales.

  • Réseau de transport haute tension
    • Terna (sortie du groupe Enel en 2005)
  • secteur production : Generazione ed Energy Management :
    • Enel Produzione SpA ;
    • Enel Green Power SpA ;
    • Conphoebus SpA ;
    • Elettroambiente SpA ;
    • Enel Trade SpA ;
    • B&F Logistics SpA ;
    • Gruppo Electra de Viesgo ;
  • Distribution d'électricité
    • Enel Distribuzione SpA (propriétaire et gestionnaire du réseau basse tension);
    • Enel Energia SpA ;

Internationalisation[modifier | modifier le code]

Depuis la privatisation en 1999, Enel a conclu un certain nombre d'accords internationaux et prises de participations majoritaires dans des producteurs comme :

  • Slovaquie : Slovenské elektrárne, parc de production de 7 000 MW,
  • Grèce, avec EnelCO deux centrales mixtes au gaz de 430 MW chacune, construction d'une unité de 127 MW éoliens,
Sites de production d'électricité d'Enel dans le monde
  • Espagne. En janvier 2002, ENEL rachète pour 1,87 milliard d'euros, la société Viesgo, filiale d'Endesa et cinquième électricien espagnol. Cette société est active tant dans la distribution d'énergie électrique, dans les régions autonomes des Asturies, de Cantabrie, de Castille et Galice, que dans la production, avec des usines en Andalousie, dans l'Aragon, les Asturies, la Cantabrie, la région de Castille-La Manche, Castille-et-León et Catalogne. Elle détient 5 % de la puissance installée en Espagne et 2,4 % du marché de la distribution, avec une capacité installée de 2 200 MW, elle est la 1re producteur du pays, avec sa société Enel Viesco présente dans le pays. En début d'année 2007, l'allemand E.ON s'apprêtait à lancer une OPA hostile sur l'espagnol Endesa. ENEL et le groupe espagnol Acciona ont été appelés comme chevaliers blancs et ont fait une contre proposition ce qui obligea l'allemand à retirer son OPA. ENEL a donc racheté pour 43 Md€ 67 % du groupe Endesa et devient ainsi le second électricien européen, derrière EDF. En février 2009, Enel rachète pour 11 milliards d'euros, les 25 % d'Endesa que possédait Acciona. Enel possède désormais 92 % d'Endesa[25].
  • France: La filiale française d'Enel, Enel France, est créée en janvier 2007. L'activité première est basée sur la commercialisation aux clients industriels. Après la finalisation de l'opération sur le groupe Endesa, Enel devient l'actionnaire majoritaire de la SNET Société nationale d'électricité et de thermique qui est cédée immédiatement à E-On. Le rachat de Erelis permet à Enel d'acquérir un portefeuille de projets de parcs éoliens de 500 MW.
  • Belgique, avec Duferco construction d'une unité gaz de 420 MW,
  • Turquie,
  • Bulgarie, une centrale thermoélectrique de 840 MW, la plus puissante du pays,
  • Roumanie, rachat de deux sociétés de distribution, Electrica Banat et Electrica Dobrogea qui couvrent 20 % du réseau, rachat de Electrica Muntenia en 2006 qui exploite le réseau de Bucarest,
  • Russie, reprise de la centrale NWTPP de 900 MW qui alimente S. Petersbourg, rachat de RusEnergoSbyt qui dessert les plus gros industriels russes, et rachat en 2007 des actifs gaz de Yukos en association avec l'italien ENI : Articgaz, Urengoil et NeftegazTechnologia,
  • USA & Canada, Enel North America dispose de centrales traditionnelles de 1000 MW et développe avec TradeWind Energy un programme de 1000 MW d'éoliennes.
  • Chili, deux centrales hydroélectriques en service de 600 MW et construction de deux centrales géothermiques de 40 MW,
  • Panama, rachat de EGE Fortuna qui dispose de centrales hydroélectriques d'une capacité de 300 MW,
  • Costa Rica - Nicaragua - ElSalvador - Guatemala - Brésil,

Histoire en France[modifier | modifier le code]

La présence du géant italien sur le sol français n'est pas récente. En effet, Enel a participé à la création et au financement à hauteur de 33,33 % de la centrale de surgénération Superphénix de Creys-Malville dans l'Isère dont Ansaldo avait fourni la partie génératrices).

En 2005, au travers de plusieurs accords, le groupe italien Enel entend asseoir sa présence sur le marché français de l'électricité :

  • Dans le cadre de la dérégulation progressive du marché de l'électricité en France, le groupe espère pénétrer progressivement le marché français de l'électricité. Dans ce cadre EDF devrait céder à l'ENEL l'équivalent d'une capacité de production de 200 MW en 2006, puis à nouveau 200 MW supplémentaires chaque année, pour atteindre finalement 1 200 MW.
  • Enel devrait construire au moins deux centrales à cycle combiné gaz (400 MW l'unité) dans le nord de la France, qui seront ensuite vendues à EDF.
  • Le groupe devrait acheter les 35 % restants du capital de SNET, qui est le premier fournisseur indépendant d'électricité en France, pour un montant de l'ordre de 300 M€ (65 % appartenant à Endesa). Désormais pour parfaire sa stratégie, le groupe doit se constituer un portefeuille clients. Dans cette optique, il pourrait s'intéresser aux nouveaux entrants sur le marché français de l'électricité (Poweo, Direct Énergie).
  • En décembre 2010, ENEL devient le seul fournisseur d'électricité du groupe Carrefour.
  • Le groupe devait aussi participer au projet nucléaire EPR au côté d'EDF, avec une part de 12,5 % du projet et un investissement de l'ordre de 300/350 M€ qui devait garantir à l'ENEL une capacité de production d'électricité de l'ordre de 1 000/1 500 MW pour 60 ans. Cependant, le 1er décembre 2012, au lendemain de l'annonce d'une nouvelle hausse du coût du projet de 2 milliards d'euros, Enel annonce son retrait du projet de construction de l'EPR[26].

Données boursières[modifier | modifier le code]

Actionnaires principaux : 2005 Flottant 67,8 %, État italien 32,2 %.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rosneft buys Enel's stake in Russia gas firm for $1.8 billion, Vladimir Soldatkin, Reuters, 24 septembre 2013
  2. Japan's Sharp to pull out of solar panel production venture in Europe, Reuters, 24 juillet 2014
  3. Le gouvernement Renzi accélère sa campagne de privatisations en Italie, Les Échos, 6 février 2015.
  4. Enel Green Power to sell stake in N. America assets for $440 million, Reuters, 31 mars 2015
  5. L'italien Enel va absorber sa filiale dans les énergies vertes, Les Échos, 12 janvier 2016.
  6. (en) « electricity production by country », sur IndexMundi.com (consulté le 11 décembre 2015)
  7. « Italie », sur Enel (consulté le 11 décembre 2015)
  8. « Espagne », sur Enel,‎ (consulté en 11 décembre2015)
  9. « Slovaquie », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  10. « Roumanie », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  11. « Belgique », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  12. « Grèce »,‎ 31 dicembre 2014 (consulté le 11 décembre 2015)
  13. « USA », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  14. « Panama », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  15. « Mexique », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  16. « Guatémala », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  17. « Costa Rica », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  18. « Chili », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  19. « Argentine », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  20. « Colombie », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  21. « Pérou », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  22. « Brésil », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  23. « Russie », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  24. « Maroc », sur Enel,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  25. Enel prend le contrôle d'Endesa
  26. EPR de Flamanville: EDF se fait lâcher par Enel, Benoit Tessier, L'Expansion.com, 4 décembre 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]