Scaridae

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Poisson-perroquet

Les poissons-perroquets (Scaridae) constituent une grande famille de poissons marins tropicaux qui font partie intégrante d'un vaste sous-ordre les Labroidei comprenant aussi bien des poissons d’eau douce comme les Ciclidés que d’eau de mer avec par exemple les poissons-clowns, ou encore les labres.

Description[modifier | modifier le code]

Un poisson-perroquet caractéristique : Scarus globiceps (mâle), à la Réunion.

Les Poissons-perroquets ont un corps massif, allongé, légèrement comprimé, au profil arrondi, recouvert de grosses écailles cycloïdes[1].

Selon l’espèce, la taille oscille entre moins de 20 cm à 130 cm, soit une taille moyenne de 30 à 40 cm[2].

Les ‘’poissons-perroquets’’ se déplacent selon l’espèce en groupe de taille variable ou de manière solitaire. Ils nagent tous avec leurs nageoires pectorales.

La dénomination commune de perroquet provient de deux caractéristiques physiques remarquables :

- la composition de leur mâchoire en un bec robuste issu d’une fusion entre les dents leur permettant ainsi de gratter la surface des roches ou des coraux morts pour se nourrir.

-la couleur vive de la livrée des mâles dominants qui revêt des nuances de bleu, de vert et parfois de rose.

Il est important de noter que la livrée de ces poissons varie énormément au cours de leur vie en fonction de leur maturité et de leur rang au sein du groupe. Il existe une phase juvénile et une phase adulte, dite initiale, où les mâles et les femelles sont semblables avec des teintes ternes (grises à brunes) puis une phase terminale où le poisson change de sexe s’il était femelle et devient très coloré. Entre ces trois phases, il existe également des phases intermédiaires. L’ensemble de ces variations de livrée rend particulièrement difficile l’identification entre les espèces, le risque de confusion est grand et ce même pour les spécialistes[3].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Les Poissons-perroquets sont répartis dans le monde entier majoritairement en zone tropicale mais également pour certaines espèces en zone subtropicale. La région où la concentration et la variété d’espèces est la plus importante est l’Indo-Ouest Pacifique[3]. Cependant, les espèces du genre Sparisoma de trouvent dans l'Océan Atlantique tropical (ainsi que l'espèce Nicholsina ustus), et l'espèce Sparisoma cretense se trouve jusqu'en Mer Méditerranée.

L'environnement de prédilection des poissons-perroquets varie selon les espèces et est constitué de lagons coralliens, de platiers récifaux, de pentes récifales, de récifs externes, de prairies de zosteracées ainsi que de zones rocheuses entre 1 et 30 m de profondeur. Leur abondance est maximale dans la zone de 1 à 10 m[4]. Certaines espèces ont cependant été trouvées à 180 m[5].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Les poissons-perroquets ont une activité diurne axée principalement sur le nourrissage en parcourant leur territoire en solitaire ou en groupes homogènes ou mixtes, c'est-à-dire avec d’autres espèces de poissons-perroquets ou avec d’autres familles de poissons herbivores comme les poissons-chirurgiens[6].

La nuit, les poissons-perroquets se reposent soit à l’abri dans des anfractuosités du récif, sous des roches, dans les épaves ou posés sur le substrat[7].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le bec caractéristique est bien visible.

Bien qu'ils soient considérés comme des herbivores, les poissons-perroquets mangent une grande variété d'organismes de récif, et ils ne sont pas nécessairement végétariens. Des espèces comme le perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum) intègrent le corail (polypes) dans leur alimentation[8]. Les dents poussent continuellement, pour compenser l'usure due à l'alimentation[9]. Les dents pharyngiennes broient le corail et en libèrent les algues coralliennes[10] que le poisson assimilera via son long intestin. Le calcaire ingéré est par la suite rejeté sous forme de nuage de sédiments[7].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le particularisme sexuel est de règle chez les poissons-perroquets tout comme chez leurs proches parents les labres et les poissons-clown.

Il existe plusieurs cas de figures dont voici les deux plus fréquents :

  • Le premier cas est lié une métamorphose sexuelle et concerne un certain nombre d’espèces qui pratiquent l’hermaphrodisme successif de type protogyne. Ce qui signifie que les individus juvéniles sont d’abord femelles (nommé stade initial) à leur maturité sexuelle puis mâles (stade terminal).
  • Le second cas est plus conventionnel, les adultes matures (stade initial) sont sexuellement déterminés, ils sont mâles ou femelles avec une livrée semblable. Seul le mâle dominant au sein du groupe est en stade terminal avec une livrée chatoyante.

Le groupe constitue donc un harem avec toujours un mâle dominant en stade terminal qui a le privilège de pouvoir se reproduire avec les femelles du groupe, ce mâle défend un territoire. À sa mort, il sera remplacé par un individu en stade initial appartenant à la communauté, ce sera donc selon l’espèce un mâle ou une femelle[6]. Ils fraient généralement en pleine eau et leur ponte est de type pélagique.

Mucus[modifier | modifier le code]

Un Scarus psittacus dormant dans son cocon (dans lequel s'est glissé un gobie Fusigobius maximus).

Un certain nombre de poissons-perroquets, dont le poisson-perroquet royal, secrète une sorte de mucus[11] via des glandes operculaires[7] et qui en environ trente minutes constitue une sorte de cocon protecteur. Il semble en effet que le cocon empêche leurs prédateurs de percevoir leur odeur[12].

Ce cocon de mucus peut également servir comme système d'alerte avancé, en permettant au poisson perroquet de s'enfuir lorsque des prédateurs tels que les murènes touchent à cette enveloppe protectrice. Le mucus a des propriétés anti-oxydantes qui peuvent lui servir également à réparer des dommages corporels[11], ou à repousser des parasites, tout en procurant une protection accrue contre la lumière ultra-violette[11].

Rôle dans le récif coralliens[modifier | modifier le code]

L’activité de grattage des algues pour se nourrir des poissons-perroquets joue un rôle important au sein de l’écosystème récifal car elle limite le développement de certaines algues qui pourrait nuire à l'épanouissement du corail dur. En outre, les déjections de poussière de corail des poissons-perroquets, dont la quantité est estimées en moyenne à une tonne par hectare, par an et par individu[7], contribuent à la consolidation du récif par le dépôt de ces déjections dans les interstices et participent aussi grandement à la production de sable corallien des plages tropicales.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

En 1958, Schultz[13] divise la famille des Scaridés en deux sous-familles Sparisomatinae et Scarinae. Cette séparation se fonde sur une phylogénie qui met en évidence une division de la famille dans la répartition de plusieurs caractéristiques internes et externes[14]. Cette division est rejetée par Bellwood en 1994 qui montre que Sparisomatinae est paraphylétique[15].

Selon World Register of Marine Species (15 mars 2014)[16] :

Galerie[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Helmut Debelius et Rudie H. Kuiter, Atlas mondial des poissons marins, Paris, Ulmer,‎ 2007 (ISBN 978-2-84138-296-5, OCLC 470740074)
  • (en) David R. Bellwood, « A phylogenetic study of the parrotfishes family Scaridae (Pisces: Labroidei), with a revision of genera », Records of the Australian Museum Supplement, no 20,‎ 1994, p. 1-86 (ISBN 0-7310-3663-8).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ewald Lieske et Robert Myers, Guide des poissons des récifs coralliens, Delachaux & Niestlé,‎ 2009, 400 p. (ISBN 9782603016749), p. 105
  2. http://vieoceane.free.fr/poissons/familles/Scaridae/fiche1.html.%7Cconsulté le=17 avril 2013
  3. a et b (en) Rudie Kuiter, World atlas of marine fishes, IKAN,‎ 2006, 357 p. (ISBN 3925919775), p. 317
  4. (Bellwood 1994, p. 7)
  5. Bruce, RW. & J.B. Randall, 1985. Revision of the Indo-Pacific Parrotfish Genera Calotomus and Leptosearus. Indo-Pacific Fishes Number 5, 32 pp.
  6. a et b http://www.com.univ-mrs.fr/IRD/atollpol/commatoll/scarid.htm%7Cconsulté le=17 avril 2013
  7. a, b, c et d http://vieoceane.free.fr/poissons/familles/Scaridae/fiche3.html%7Cconsulté le=17 avril 2013
  8. (en) J.H. Choat et D.R. Bellwood, Encyclopedia of fishes, San Diego, CA, Academic Press,‎ 1998 (ISBN 0125476655), p. 209–211.
  9. Lieske, E., & R. Myers (1999). Poissons des récifs coralliens. 2e édition. Princeton University Press. ISBN 0-691-00481-1
  10. (en) Richard C. Murphy, Coral Reefs: Cities Under The Seas, The Darwin Press, Inc.,‎ 2002 (ISBN 0-87850-138-X)
  11. a, b et c Cerny-Chipman, E. Distribution of Ultraviolet-Absorbing Sunscreen Compounds Across the Body Surface of Two Species of Scaridae. ; DigitalCollections@SIT 2007. (consulté le 21 juin 2009)
  12. R. B. Langerhans, Evolutionary consequences of predation: avoidance, escape, reproduction, and diversification, in Elewa, A.M.T. ed. Predation in organisms: a distinct phenomenon, Heidelberg, Allemagne, Springer-Verlag, p. 177-220,
  13. L.P. Schultz, « Review of the parrotfishes, family Scaridae », Bulletin of the United States National Museum, no 214,‎ 1958, p. 1-143
  14. (Bellwood 1994, p. 5)
  15. (Bellwood 1994, p. 1)
  16. World Register of Marine Species, consulté le 15 mars 2014