Dii Consentes

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Les Dii Consentes ou Dii Complices[1] sont les douze grands dieux du panthéon classique gréco-romain.

Ils étaient au nombre de douze[2] et étaient regardés comme le conseil céleste présidé par Jupiter[3]. Leurs noms sont groupés par Ennius dans deux vers célèbres :

Juno, Vesta, Minerva, Ceres, Diana, Venus, Mars,
Mercurius, Jovi, Neptunu, Volcanus, Apollo[4]

Leur nom de consentes (« ceux qui sont ensemble », consens devant être rapproché de absens et de praesens[5]), indique bien que le culte qu'ils reçoivent s'adresse, non pas à chaque divinité séparément, mais au groupe, au conseil tout entier, considéré comme une sorte d'individualité céleste.

Ils furent réunis pour la première fois à Rome dans le lectisterne de -217, pour lequel Tite-Live rapporte : « Six pulvinaires[6] furent exposés en spectacle : un pour Jupiter et Junon, un pour Neptune et Minerve, un troisième pour Mars et Vénus, un quatrième pour Apollon et Diane, le cinquième pour Vulcain et Vesta, le sixième pour Mercure et Cérès. »[7]. Cette liste mêle les traditions étrusques et helléniques, car les décemvirs durent alors faire un choix dans le personnel mythologique : en effet, si le nombre douze était fixé par une vieille coutume, les Douze n'étaient pas partout les mêmes, en partie parce qu'il y a en tout quatorze divinités olympiennes en comptant Pluton et Bacchus. Ils eurent aussi à répartir les couples[8], qui, sans être conjugaux, associent les deux sexes. Sur le nombre, il en est trois qui prêtaient à l'arbitraire. Rivaux à Athènes, Poséidon et Athéna sont ici réconciliés ; Héphaïstos et Hestia symbolisent le même élément ; Hermès et Déméter unissent le commerce et l'agriculture. L'ordre de préséance des couples semble indiquer des préoccupations patriotiques : Apollon n'est plus au premier rang: il laisse même passer avant lui Mars et Vénus, les ancêtres des Romains.

Un portique des Dii Consentes s'élevait sur le Forum Romanum[9].

De Rome, le culte des dii consentes gagna tout l'empire, mais sans perdre jamais son caractère romain et public et sans cesser d'être associé à celui du Jupiter Optimus Maximus du Capitole[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve la forme de Dii Complices dans les ouvrages d'Arnobe (III, 40).
  2. Varron, De re rustica, I, I, 4.
  3. Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, IV, 23.
  4. Ennius, Fragments, 45.
  5. Jordan ap. Preller, Roem. Myth., I, p. 69, n. 1.
  6. Il s'agit de lits de parade garnis de coussins.
  7. Tite-Live, XXII, x, 9.
  8. En effet, il n'y a aucun ordre dans les vers mnémoniques d'Ennius. La répartition des Consentes dans le Zodiaque ne s'accorde que pour trois couples sur six (Jupiter-Juno, Apollon-Diane, Mars-Vénus) avec celle-ci. Les autres sont Neptune-Cérès, Vulcain-Minerve, Mercure-Vesta.
  9. Filippo Coarelli, traduit de l’italien par Roger Hanoune, Guide archéologique de Rome, édition originale italienne 1980, Hachette, 1998, (ISBN 2012354289), p. 52
  10. Corp. inscr. lat., III, 942 ; V, 1935 et 2121.

Source[modifier | modifier le code]

« Dii Consentes », dans Charles Victor Daremberg et Edmond Saglio (dir.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines,‎ 1877-1919 [détail de l’édition]