Gouvernement national réorganisé de la République de Chine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

République de Chine
中華民國
Zhōnghuá Mínguó

19401945

Drapeau Blason

Devise : Paix, anticommunisme, construction nationale

Informations générales
Statut République, Dictature, État satellite de l'Empire du Japon
Capitale Nankin
Démographie
Population 182 000 000 hab. env. (est. 1940)
Histoire et événements
30 mars 1940 Création
10 août 1945 Dissolution

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Gouvernement national réorganisé de la République de Chine[1],[2] est un régime politique qui exista de 1940 à 1945, durant la guerre sino-japonaise ; dirigé par Wang Jingwei, il pratiquait la collaboration avec l'occupant japonais, et se posait en rival de celui de la Première république de Chine créé par Sun Yat-sen en 1912, lequel regroupait en son sein les partis opposé à l'occupation nippone (Parti communiste chinois et nationaliste du Kuomintang, notamment). L'État chinois proprement dit était toujours désigné par le régime collaborateur de son nom officiel de République de Chine (中華民國, Zhōnghuá Mínguó).

Ce gouvernement avait son siège à Nankin, ce qui lui valut d'être désigné de manière informelle sous les termes de Régime de Nankin, Gouvernement de Nankin, Gouvernement nationaliste de Nankin ou République de Chine-Nankin. Le régime fut également appelé Nouvelle République de Chine ou, tout simplement, Gouvernement de Wang Jingwei.

Drapeau national utilisé par le gouvernement de Wang Jingwei, usurpant le nom et l'étendard de la République de Chine du Kuomintang. Le fanion, arborant la devise « Paix, anticommunisme, construction nationale », fut supprimé en 1943 : deux gouvernements rivaux utilisèrent donc, jusqu'en 1945, le même nom et le même drapeau.

Création[modifier | modifier le code]

Au fur et à mesure de leur invasion du pays, les Japonais avaient créé plusieurs gouvernements collaborateurs chinois chargés d'administrer les territoires conquis, notamment les gouvernements de Pékin (le Gouvernement provisoire de la République de Chine) et de Nankin (le Gouvernement Réformé de la République de Chine).

Wang Jingwei était un ancien premier ministre de la République et un ancien chef du Kuomintang, évincé par son rival Tchang Kaï-Chek. Son ralliement permettait aux Japonais de bénéficier du concours d'une figure politique connue. La Nouvelle République fut donc créée en fusionnant les différents gouvernements - à l'exception du Mandchoukouo, reconnu comme un État indépendant - pour constituer une autorité centrale chinoise donnant à l'occupation japonaise une apparence de légitimité.

Le régime de Wang Jingwei se présentait comme le gouvernement légitime de la Chine, son but étant de disputer à la République de Chine la souveraineté sur l'ensemble du territoire. En qualité d'ancien dirigeant du Kuomintang et de disciple de Sun Yat-sen, Wang Jingwei utilisa pour son gouvernement le drapeau et l'emblème du parti nationaliste, son régime utilisant également la même dénomination que le camp adverse de Tchang Kaï-Chek.

Le régime fut créé en mars 1940, et Liang Hongzhi, dirigeant du Gouvernement réformé de la République de Chine (précédent gouvernement collaborateur de Nankin), laissa la présidence à Wang Jingwei. La vice-présidence était assumée par Zhou Fohai, qui cumulait les charges de ministre des finances, ministre des affaires étrangères, et maire de Shanghai. Wang Kemin, ancien chef du Gouvernement provisoire de la République de Chine (gouvernement collaborateur de Pékin), avait en charge les affaires intérieures. Le gouvernement de Nankin avait théoriquement l'autorité sur l'ensemble de la Chine, y compris sur le Gouvernement autonome uni du Mengjiang, entité collaborationniste soutenue en Mongolie-Intérieure par les Japonais, qui demeura cependant relativement indépendante dans les faits. L'administration mise en place dans la région de Pékin conservait également son autonomie de fait. Dans la réalité, le régime n'avait de contrôle effectif que sur les régions du Jiangsu, de l'Anhui et du Nord du Zhejiang et ne disposait d'autre autonomie que celle accordée par les Japonais.

Drapeau des forces armées, utilisé de 1942 à 1945.
Pavillon naval

En juillet 1941, en vertu de son alliance avec le Japon, l'Allemagne nazie reconnut le régime de Wang Jingwei comme le seul gouvernement légitime de la Chine et interrompit ses rapports avec le gouvernement du Kuomintang.

En juillet 1943, en gage de ses bonnes relations avec le gouvernement collaborateur chinois, le Japon effectua la rétrocession à la Chine des concessions internationales de Shanghai.

Participation à la guerre[modifier | modifier le code]

Les troupes combattant sous la bannière du gouvernement collaborateur chinois étaient équipées de tanks et d'avions japonais. Les bateaux dont disposait la marine militaire du régime étaient souvent des vaisseaux américains ou chinois capturés par les Japonais. L'armée des collaborateurs chinois, qui se composait entre autres des troupes gouvernementales renégates ou d'armées de seigneurs de la guerre chinois et de mercenaires ralliés aux Japonais, compta jusqu'à 345 000 hommes en 1943, selon une estimation des Britanniques. Les troupes de collaborateurs furent notamment employées par les Japonais contre la guérilla des communistes de la Nouvelle Quatrième armée.

Le gouvernement déclara la guerre aux Alliés le 9 janvier 1943. En novembre 1943, Wang Jingwei représenta la Chine à la Conférence de la grande Asie orientale à Tokyo. À la mort de Wang Jingwei, fin 1944, le gouvernement fut dirigé par Chen Gongbo.

Dissolution[modifier | modifier le code]

Le régime cessa d'exister en août 1945, lorsque les troupes japonaises furent mises en déroute par la contre-offensive générale alliée en Chine. Lors de la capitulation japonaise, l'essentiel des forces armées du régime collaborateur annonça aussitôt son ralliement au Kuomintang.

Chen Gongbo fut exécuté pour trahison en 1946, de même que Liang Hongzhi. Wang Kemin se suicida en 1945. Zhou Fohai mourut en prison en 1948.

Voir également[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David P. Barrett and Larry N. Shyu, Chinese Collaboration with Japan, 1932-1945: The Limits of Accommodation Stanford University Press 2001
  • John H. Boyle, China and Japan at War, 1937–1945: The Politics of Collaboration (Harvard University Press, 1972).
  • Hsi-sheng Ch'i, Nationalist China at War: Military Defeats and Political Collapse, 1937–1945 (Ann Arbor: University of Michigan Press, 1982).
  • James C. Hsiung and Steven I. Levine, eds., China's Bitter Victory: The War with Japan, 1937–1945 (Armonk, N.Y.: M. E. Sharpe, 1992)
  • Tetsuya Kataoka, Resistance and Revolution in China, The Communists and the Second United Front, University of California Press, 1974
  • Frederick W. Mote, Japanese-Sponsored Governments in China, 1937–1945 (Stanford University Press, 1954).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. William F. Nimmo, Stars and Stripes Across the Pacific: The United States, Japan, and the Asia/Pacific Region, 1895-1945, Greenwood Press, 2001, page 175
  2. Narangoa Li, Robert Cribb, Imperial Japan and National Identities in Asia, 1895-1945, RoutledgeCurzon, 2003, page 13