Numérotation de Sosa-Stradonitz

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Arbre généalogique publié par Michel Eyzinger dans Thesaurus principum hac aetate in Europa viventium à Cologne en 1590, pp. 146–147, et mettant en individu racine Henri III de France. Eyzinger est à l'origine de la numérotation de Sosa-Stradonitz.

La numérotation de Sosa-Stradonitz est une méthode de numérotation des individus utilisée en généalogie permettant d'identifier par un numéro unique chaque ancêtre dans une généalogie ascendante. Elle fut mise au point par le franciscain et généalogiste Jérôme de Sosa en 1676 dans son ouvrage Noticia de la gran casa de los marqueses de Villafranca[1], reprenant en cela la méthode publiée à Cologne en 1590 par Michel Eyzinger qui avait déjà utilisé ce système de numérotation[2].

Cette méthode fut reprise en 1898 par Stephan Kekulé von Stradonitz. Ce généalogiste, fils du chimiste renommé Friedrich Kekulé von Stradonitz, popularise la méthode dans son Ahnentafel-Atlas. Ahnentafeln zu 32 Ahnen der Regenten Europas und ihrer Gemahlinnen, contenant 79 tableaux d'ascendance de souverains européens et de leurs conjoints[3].

Les anglophones et germanophones connaissent cette méthode sous le nom de système de numérotation ahnentafel (table des ancêtres) ou méthode Eyzinger ou méthode Sosa ou méthode Sosa-Stradonitz.

Cette numérotation est aujourd'hui universellement reconnue par les généalogistes et la majorité des logiciels de généalogie est compatible. Par extension, les généalogistes parlent de lignée ou de branche Sosa et d'individus Sosa à propos d'individus portant cette numérotation et donc ascendants directs de l'individu racine étudié.

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe de la numérotation est d'attribuer le numéro 1 à l'individu racine (le sujet sur lequel on établit l'ascendance, appelé « de cujus » ou « probant ») puis le numéro deux à son père et trois à sa mère. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant et donc pair et chaque femme un numéro double de celui de son enfant plus un, soit un numéro impair[4].

Par exemple si un individu porte le numéro 15, on sait que c'est une femme, que son père sera identifié par le numéro 30 (15 * 2), sa mère par le 31 (15 * 2 + 1), et qu'elle-même est la mère de 7 ((15 - 1) / 2). En appliquant le même principe, 7 est la mère de 3 qui est la mère de 1 (l'individu racine).

L'inconvénient de cette numérotation est que si on décide de changer l'individu racine, celui numéroté 1, toute la numérotation est décalée. Les logiciels de généalogie peuvent faciliter cette opération en permettant de changer l'individu racine et d'effectuer une renumérotation dans un tel cas.

Chaque degré d'ascendance a un effectif théorique correspondant à la puissance de 2 qui est celle du degré. En même temps, le plus petit numéro d'ascendance de ce degré est le même que l'effectif théorique du degré. Ainsi, au degré des trisaïeuls, dont l'effectif théorique est de 16 (24), le plus petit numéro d'ascendance est 16, celui du grand-père paternel du grand-père paternel du sujet.

De nombreux généalogistes contemporains, de manière impropre, qualifient les degrés d'ascendance de « générations », et, de surcroît, « numérotent » des « générations d'ancêtres » en faisant démarrer au sujet, ce qui a pour effet de rompre l'ordonnancement des degrés lié aux puissances de 2, qui est pourtant à la base du travail de Sosa puis de Stradonitz.

Sujet
(degré « zéro »)
Parents
Premier degré
Aïeuls
Deuxième degré
Bisaïeuls
Troisième degré
Trisaïeuls
Quatrième degré
Quadrisaïeuls
Cinquième degré
effectif du degré :
1 = 20
effectif du degré :
2 = 21
effectif du degré :
4 = 22
effectif du degré :
8 = 23
effectif du degré :
16 = 24
effectif du degré :
32 = 25
1 : sujet 2 : père de 1 4 : père de 2 8 : père de 4 16 : père de 8 32 : père de 16
33 : mère de 16
17 : mère de 8 34 : père de 17
35 : mère de 17
9 : mère de 4 18 : père de 9 36 : père de 18
37 : mère de 18
19 : mère de 9 38 : père de 19
39 : mère de 19
5 : mère de 2 10 : père de 5 20 : père de 10 40 : père de 20
41 : mère de 20
21 : mère de 10 42 : père de 21
43 : mère de 21
11 : mère de 5 22 : père de 11 44 : père de 22
45 : mère de 22
23 : mère de 11 46 : père de 23
47 : mère de 23
3 : mère de 1 6 : père de 3 12 : père de 6 24 : père de 12 48 : père de 24
49 : mère de 24
25 : mère de 12 50 : père de 25
51 : mère de 25
13 : mère de 6 26 : père de 13 52 : père de 26
53 : mère de 26
27 : mère de 13 54 : père de 27
55 : mère de 27
7 : mère de 3 14 : père de 7 28 : père de 14 56 : père de 28
57 : mère de 28
29 : mère de 14 58 : père de 29
59 : mère de 29
15 : mère de 7 30 : père de 15 60 : père de 30
61 : mère de 30
31 : mère de 15 62 : père de 31
63 : mère de 31

La plupart des tableaux d'ascendance pré-imprimés que l'on trouve dans le commerce présentent, sur une page de format A4, le sujet et quatre degrés d'ascendance, soit un effectif total de 31 personnes (1 sujet + 30 ancêtres).

Si l'on désire présenter par exemple les ancêtres du no 24, on utilisera un tableau où le sujet sera le no 24, accompagné des ancêtres des différents degrés : 48-49, 96-97-98-99, 192-193-194-195-196-197-198-199, 384-385-386-387-388-389-390-391-392-393-394-395-396-397-398-399, et, si l'on désire présenter les ancêtres du no 399, on créera un tableau où le sujet sera le no 399, avec les ancêtres respectifs.

Caractère abstrait de la numérotation et implexe[modifier | modifier le code]

En général, à partir d'un certain degré, infiniment variable selon les situations, les tableaux sont incomplets, mais la numérotation permet d'en maintenir la cohérence : les ancêtres non connus ont un numéro prévu, fonction de leur place dans l'arbre d'ascendance.

La numérotation prévoit 2n ascendants au degré n. L'augmentation indéfinie du nombre d'ascendants ne peut se produire : on retrouvera nécessairement les mêmes personnages à plusieurs places différentes si on poursuit l'arbre d'ascendance suffisamment loin. Ce phénomène s'appelle implexe. En cas d'implexe, un même ascendant se voit attribuer plusieurs numéros d'ascendance, caractérisant chacun une de ses places dans le tableau d'ascendance. Par convention on préfère attribuer à cet ascendant commun le numéro le plus petit parmi ces numéros.

Règles générales[modifier | modifier le code]

Pour un de cujus en génération 0,

  • chaque génération n au dessus de la sienne porte les numéros allant de 2n à 2n+1 -1,
  • le nombre d'ascendants (implexes compris) à chaque génération est égal au premier numéro de cette génération, donc 2n
  • et le nombre total d'individus du tableau d'ascendance (de cujus et implexes compris) arrêté à la génération n est égal au dernier numéro de cette génération, donc 2n+1 -1. Soit dans l'exemple ci-dessus, de la génération 0 à la génération 5, 63 personnes = 26 - 1.

Une étude plus poussée demande de faire intervenir des notions d'arithmétique :

  • Le degré d'ascendance s'obtient en prenant le logarithme de base 2 du numéro d'ascendance (plus exactement sa partie entière)
  • Une fois le degré d'ascendance connu, l'écriture du numéro d'ascendance en base 2, effectuée immédiatement par un ordinateur par exemple, donne le détail de la filiation.
  • Exemple : numéro d'ascendance 38
    • 38 est compris entre 25=32 et 26=64, on est donc au 5e degré d'ascendance ;
    • On convertit 38 en base 2 : 38=32+4+2=1*32+0*16+0*8+1*4+1*2+0*1, soit le nombre binaire 100110. On écarte le 1 initial et on convertit les chiffres restants en remplaçant 0 par père et 1 par mère ;
    • L’ancêtre n° 38 du de cujus s'atteint donc en prenant son père (0), le père de celui-ci (0), la mère de ce dernier (1), la mère de celle-ci (1), et enfin le père de cette dernière (0).

Numérotation basée sur celle de Sosa-Stradonitz[modifier | modifier le code]

La numérotation Beruck mise en place par Christophe Beruck est un système de numérotation basé sur la numérotation de Sosa-Stradonitz permettant en plus d'identifier tous les individus d'une base de données généalogiques, les ascendants du de cujus comme leurs descendants ainsi que la famille des conjoints et les parrains/marraines[5]. Cette numérotation date des années 2000 et encore peu connue et donc peu exploitée par les généalogistes et les logiciels.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léo Jouniaux, Généalogie : pratique, méthode, recherche, Quercy : Seuil, 2006, pp. 44–45.
  2. Michael Eytzinger, Thesaurus principum hac aetate in Europa viventium, quo progenitores eorum... simul ac fratres et sonores inde ab origine reconduntur... usque ad annum..., Cologne: G. Kempensem, 1590 (1591). Note : le nom de l'auteur peut apparaître sous plusieurs formes à savoir Aitsingeri, Aitsingero, Aitsingerum, Eyzingern.
  3. Stephan Kekulé von Stradonitz, Ahnentafel-atlas. Ahnentafeln zu 32 Ahnen der Regenten Europas und ihrer Gemahlinnen, Berlin: J. A. Stargardt, 1898–1904.
  4. Archassal 2000, p. 89
  5. « Numérotation Beruck » (consulté le 14 mars 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pierre-Valéry Archassal, ABCdaire de la Généalogie, Flammarion,‎ 2000 (ISBN 978-2080126863)

Lien externe[modifier | modifier le code]