MASH (film)

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MASH

Réalisation Robert Altman
Scénario Ring Lardner, Jr.
Acteurs principaux
Sociétés de production Aspen production
Ingo Preminger Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie
guerre
Sortie 1970
Durée 116 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

MASH (parfois orthographié M*A*S*H) est une comédie satirique américaine réalisée par Robert Altman et sortie en 1970. Les lettres MASH signifient Mobile Army Surgical Hospital (unité chirurgicale de campagne) tiré du roman Mash : A Novel About Three Army Doctors de Richard Hooker. Le film se déroule durant la guerre de Corée.

Selon l'American Film Institute, ce film est le 54e meilleur film américain de l'histoire (voir Le top 100 de l'American Film Institute). Le film reçut la Palme d'or lors du 23e Festival de Cannes.

Le film a inspiré la série très populaire et acclamée par la critique MASH qui est diffusée de 1972 à 1983.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À l'automne 1951, on affecte au 4077e Mobile Army Surgical Hospital deux nouveaux chirurgiens : les capitaines « Hawkeye » Pierce (Donald Sutherland) et « Duke » Forrest (Tom Skerritt). Dès leur arrivée, ils apparaissent comme rebelles, coureurs de jupons et malicieux, n'hésitant pas à enfreindre les règles (ils « empruntent » une Jeep et commencent immédiatement à flirter avec le personnel infirmier). Néanmoins, ils se révèlent rapidement très compétents. Le film narre leurs aventures, naissant souvent de leur attitude provocatrice vis-à-vis de l'autorité.

Ils entrent immédiatement en conflit avec leur nouveau compagnon de tente, le major Frank Burns (Robert Duvall), qui est à la fois un religieux et un chirurgien médiocre. Hawkeye et Duke mettent la pression sur le lieutenant-colonel Henry Blake (Roger Bowen), commandant de l'unité, pour qu'il change Burns de tente. Dans le même temps, ils lui demandent d'affecter un chirurgien thoracique à la 4077e.

Hélicoptère aux couleurs du MASH 4077 (fictif) du film.

Le mystérieux nouveau chirurgien arrive, sans rien révéler quant à qui il est et d'où il vient. Hawkeye, cependant, est convaincu qu'il l'a déjà rencontré par le passé. C'est après un match de football improvisé que Hawkeye se souvient d'un match de football universitaire, dans lequel il a joué et dont le nouveau chirurgien thoracique a marqué le seul touchdown du match. Il s'agit de « Trapper John » (Elliott Gould).

Le major Margaret Houlihan (Sally Kellerman), l'infirmière nouvellement promue chef du camp, est accueillie par Henry Blake. Elle se révélera être autant rigide que le major Burns. Tandis que Houlihan et Burns s'apprêtent à rédiger un rapport incendiaire sur l'attitude des militaires du camp, ils cèdent à leurs propres passions refoulées et ont une relation sexuelle. Mais celle-ci est diffusée sur le système de sonorisation et tout le camp entend leurs ébats, notamment Houlihan disant à Burns « Embrasse mes lèvres chaudes ! », ce qui lui vaudra le surnom de « hot lips » durant le reste du film.

Plus tard, Waldowski (John Schuck), dentiste de l'unité, fait part de son envie de se suicider. Car suite à un « manque de performance » avec une infirmière, il pense avoir des tendances homosexuelles. Hawkeye, Trapper et Duke lui suggèrent d'utiliser la « capsule noire », ce qui s'avère être de banals somnifères. Lors d'un dîner, Waldowski prend la capsule et s'endort dans un cercueil sur la musique « Suicide is Painless ».

Hawkeye et Duke vont jouer un sale tour à Houlihan. Afin de vérifier si c'est une vraie blonde, il défont le rabat de la tente-douche exposant ainsi « Hot Lips » nue au milieu du camp. Furieuse, elle menace de démissionner auprès du lieutenant-colonel Henry Blake. Celui-ci la rabroue.

Lors d'une visite sur le camp du 4077e, le général Hammond, d'une autre unité, discute avec Hawkeye, Trapper et Duke et suggère que les deux unités fassent un match « amical » de football, en pariant une forte somme d'argent mise dans un pot commun. Voyant une occasion de faire un peu d'argent, Hawkeye pense à un plan. Tout d'abord, ils obtiennent de Blake le fait de demander un neurochirurgien spécifique : Oliver Harmon « Spearchucker » Jones (Fred Williamson), un ancien joueur de football professionnel. Ensuite, le plan de Hawkeye est de ne miser que la moitié de l'argent et garder Jones sur le côté lors de la première moitié du match. Une fois que l'autre équipe a accumulé quelques points faciles et est suffisamment en confiance pour miser le reste de l'argent, le 4077e place Jones sur le terrain. Le match finit sur la victoire du 4077e.

Peu de temps après le match de football, Hawkeye et Duke reçoivent leurs ordres d'évacuation et repartent dans la même Jeep « empruntée » à leur arrivée. Par le haut-parleur du camp démarre le générique parlé du film.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du projet[modifier | modifier le code]

M*A*S*H prend sa source dans les pages d'un roman autobiographique écrit par Richard Hooker en 1968. Le pitch tourne autour de trois jeunes officiers militaires frondeurs et anticonformistes qui sont affectés à un hôpital mobile de campagne durant la Guerre de Corée et qui vont mettre la vie du camp sens dessus-dessous. Très vite, Ring Lardner Jr., scénariste du Kid de Cincinnati, s'empare du livre et propose un script à Ingo Preminger (en) (frère d'Otto).

Réalisation[modifier | modifier le code]

Ingo Preminger (en) et le président de la Twentieth Century Fox dressent une liste des réalisateurs susceptibles de mettre en scène cette histoire peu banale et extrêmement controversée. Tour à tour Fred Zinnemann, Joseph L. Mankiewicz, David Lean, Arthur Penn, Mike Nichols et Stanley Kubrick sont contactés. Tous refusent la proposition soit par indisponibilité (Kubrick travaille sur Orange mécanique), soit par peur de la controverse.

Le dernier de la liste est alors Robert Altman. À 45 ans, le cinéaste a une certaine carrière cinématographique derrière lui mais aucun véritable succès. Engagé sur le projet, Altman met certaines choses au clair : Pour lui, le film est une occasion d'agresser le public et par extension la race humaine qu'il tient responsable de toutes les atrocités perpétrées dans le monde. [réf. souhaitée]

Casting[modifier | modifier le code]

Durant le casting, Robert Altman insiste pour n'avoir que des acteurs inconnus. C'est alors que sont choisis de futures vedettes comme Donald Sutherland, Elliott Gould, Tom Skerritt ou encore Robert Duvall.

À l'origine, Altman envisageait Gould pour le rôle d'« Œil de lynx » mais l'acteur était très embêté par le fait de devoir prendre un accent plus territorial. Il a affirmé au réalisateur qu'il se retrouvait plus en « Trapper John ». Altman contacte Tom Skerritt, qu'il connaissait déjà depuis plusieurs années, alors que l'acteur est en train de travailler sur une histoire. Il s'engage finalement pour le film.

Altman a conscience que la crédibilité de M*A*S*H repose essentiellement sur l'harmonie qui règne entre les personnages du film. Pour les immerger, le réalisateur installe ses acteurs durant quelques semaines dans des tentes militaires, qui serviront de décors pour le tournage, afin qu'ils puissent faire connaissance et répéter ensemble.

Tournage[modifier | modifier le code]

En raison du budget restreint, le tournage ne se fait pas en Corée comme Altman le souhaitait. Le décor du film est en fait reproduit à Santa Monica. Le camp médical est construit à Malibu, près du ranch du producteur Richard D. Zanuck. La séquence de la partie de golf, censée se passer à Tokyo, est quant à elle filmée sur un autre terrain à proximité.

Altman a l'idée de filmer des scènes en Overlapping autrement dit les personnages parlent tous en même temps et ainsi leurs voix se couvrent les unes les autres.

Au fil du tournage, les acteurs improvisent de plus en plus leurs dialogues pour finalement omettre ce qui est écrit dans le script original.

Montage[modifier | modifier le code]

Lorsqu'ils aperçoivent les scènes d'interventions chirurgicales, les dirigeants de la Fox exigent qu'elles soient toutes coupées au montage, pensant qu'elles choqueraient le public. Mais, craignant que le film en perde sa qualité, Altman insiste pour qu'elles soient conservées.

Musique[modifier | modifier le code]

La composition de la musique est confiée à Johnny Mandel. Bien que l'action se déroule au début des années 1950, Mandel impose une musique typique des années fin 60, à savoir le genre Flower Power.

Bande son[modifier | modifier le code]

La bande-son originale du film est éditée chez Sony Music (COL 476746 2) :

  1. MASH. Theme (Ahmad Jamal) (2:48)
  2. Duke and Hawkeye Arrive at M.A.S.H. (10:43)
  3. The Operating Theater (1:06)
  4. Major Houlihan and Major Burns (6:43)
  5. Painless Suicide, Funeral and Resurrection (8:02)
  6. Hot Lips Shows Her True Colors (3:48)
  7. Moments to Remember (1:12)
  8. The Football Game (8:01)
  9. Going Home (3:32)

Héritage[modifier | modifier le code]

Suite à l'énorme succès commercial du film, Twentieth Century Fox demande à ce qu'il y ait une suite. Cependant aucun scénario n'est retenu. La production décide alors de se tourner vers la télévision et faire de M*A*S*H une série télévisée. À l'exception de Gary Burghoff, le casting change complètement. La série débute en 1972 pour s'achever en 1983.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film fut le 38e long métrage à sortir en cassette VHS.

En 1996, MASH a été considéré [Par qui ?] comme un « jalon culturel » [réf. souhaitée] et le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

À noter[modifier | modifier le code]

Le film inspirera notamment le film français P.R.O.F.S, avec Patrick Bruel et Fabrice Luchini, dans lequel le concept est repris cette fois-ci dans un lycée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • L'adaptation en série télévisée MASH a été l'une des séries télévisées favorites des téléspectateurs américains des années 1970 et 1980.

Lien externe[modifier | modifier le code]