Nabeul

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Nabeul
Sculpture représentant des oranges, le principal fruit à Nabeul
Sculpture représentant des oranges, le principal fruit à Nabeul
Administration
Pays Tunisie Tunisie
Gouvernorat Nabeul
Délégation(s) Nabeul
Maire Mohamed Daknou[1]
Code postal 8000
Démographie
Gentilé Nabeulien
Population 56 387 hab. (2004[2])
Géographie
Coordonnées 36° 27′ Nord 10° 44′ Est / 36.45, 10.74 / 36.45; 10.7436° 27′ N 10° 44′ E / 36.45, 10.74 / 36.45; 10.74  
Localisation

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Nabeul

Géolocalisation sur la carte : Tunisie (relief)

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Nabeul
Liens
Site web www.commune-nabeul.gov.tn

Nabeul (نابل) est une ville du nord-est de la Tunisie située au sud de la péninsule du cap Bon à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Tunis.

Chef-lieu du gouvernorat du même nom, elle constitue une municipalité comptant 56 387 habitants en 2004[2]. En associant les villes voisines de Dar Chaâbane, Béni Khiar et El Maâmoura, elle forme une agglomération de 120 000 habitants. Avec Hammamet, elle forme une conurbation bipolaire de 185 000 habitants.

Nabeul est l'une des plus importantes villes qui se succèdent le long de la côte du golfe d'Hammamet. Son environnement est constitué de vergers et de jardins. Grâce à sa plage de sable fin, sa mer limpide et son climat méditerranéen, la région est une destination appréciée des touristes européens.

Sommaire

Climat[modifier]

Relevé météorologique de Nabeul
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,4 8,9 9,9 12 15,2 18,7 21,6 22,6 20,9 18,1 13,3 9,9 15
Température maximale moyenne (°C) 15,8 16,4 17,2 19,4 22,4 26,8 30,4 30,6 28,7 24,9 20,4 17 20
Précipitations (mm) 59 34 38 27 16 8 5 10 29 48 45 50 369
Nombre de jours avec pluie 10 9 10 8 6 4 1 2 7 8 10 11 86
Source : Institut national de la météorologie[3]


Histoire[modifier]

Vue générale de la Maison des Nymphes de Néapolis

Dans l'Antiquité, la ville porte le nom grec de Néapolis qui est composé de nea (nouvelle) et polis (cité). C'est ainsi que l'appellent les Grecs puis les Romains[4]. La fondation de la ville remonte à au moins 2 400 ans. Le grec Thucydide la qualifie, au Ve siècle av. J.-C., de comptoir carthaginois et lui confère le titre de ville d'Afrique du Nord la plus anciennement mentionnée par les textes après Carthage[5]. Durant la guerre du Péloponnèse en 413 av. J.-C., qui oppose Sparte à Athènes, les soldats de Sparte embarquent sur des navires qui s'échouent sur les côtes de Cyrénaïque. Les citoyens de Cyrène décident de les aider et leur fournissent des embarcations et des pilotes. Ils font escale dans une ville du nom grec de Néapolis. C'est à cette occasion que l'histoire enregistre, pour la première fois, le nom antique de Nabeul. En 148 av. J.-C., Néapolis paie sa fidélité à Carthage. En effet, la ville est prise et détruite par le général romain Calpurnius Pison[5].

Au début de l'occupation romaine, Néapolis sombre dans le déclin et l'oubli pendant près d'un siècle. De plus, avec la conquête arabe, les Byzantins détruisent la ville. Au Moyen Âge, la ville est une bourgade sans importance connue sous le nom de Ksar Bachou[6]. C'est surtout à l'époque moderne que la ville connaît un véritable essor économique avec l'afflux des Andalous chassés d'Espagne et l'installation d'une communauté de janissaires comme en témoigne des traditions locales et l'organisation urbaine de la ville. L'installation de la plupart des Juifs date également de l'époque moderne, cette communauté qui représente 10 % de la population avant le protectorat français vivant au milieu de la population et disposant d'une synagogue à proximité de la grande mosquée[7].

Avec le protectorat français, instauré en 1881, le type de propriété foncière et la petitesse des terrains agricoles mis en valeur par la population rendent difficile l'acquisition des terres par des colons, contrairement à d'autres endroits en Tunisie. La ville est l'une des premières du pays, en 1909, à engager une généralisation de l'enseignement et à émanciper la femme avec la création d'une école primaire pour les jeunes filles musulmanes.

Le mouvement nationaliste, appuyé par des intellectuels locaux, musulmans et juifs, voit la naissance de la cellule locale du Néo-Destour en 1936. Jusqu'à 2 058 juifs y sont recensés en 1946 avant que leur nombre ne décline progressivement[8].

Le 19 janvier 1952, des manifestations ont lieu dans la ville dans le cadre du soulèvement de la Tunisie pour son accès à l'indépendance. La riposte des forces de l'ordre fait trois morts parmi les manifestants[9].

Économie[modifier]

L'économie de la région s'articule principalement autour du tourisme, la grande majorité des hôtels de la ville se trouvant en bord de mer.

Parmi les sites touristiques de la cité figurent le site romain de Néapolis (situé à deux kilomètres du centre), le musée archéologique qui offre des collections d'objets en céramique, des statues puniques datant du VIIe siècle av. J.-C. et une importante collection de mosaïques romaines provenant des sites de la région du cap Bon.

Le marché hebdomadaire du vendredi matin attire de nombreux touristes et habitants du cap Bon. Nabeul est également connue pour son agriculture et, notamment à l'étranger, pour son artisanat.

Artisanat[modifier]

Article connexe : Artisanat tunisien.
Porte de la médina

Nabeul est réputée en Tunisie et à l'étranger pour la qualité artistique de ses poteries, en particulier de ses assiettes peintes et de ses faïences. Cette production est venue s'ajouter aux traditionnels articles utilitaires crus et poreux ; elle est relancée pendant la première moitié du XXe siècle grâce aux recherches des français Tessier, Deverclos et du tunisois Chemla.

Souk de la médina

Leurs efforts sont poursuivis par les artisans des ateliers locaux car la profession se transmet de père en fils. Plusieurs importants musées commencent à considérer avec intérêt les productions comportant certaines signatures, notamment celles de ces rénovateurs. Quant aux nattes, elles sont faites à base de jonc vert qui est normalement récolté au début de l'été et qui a plusieurs couleurs qui vont du jaune au vert en passant par le bordeaux et le bleu violacé. Il s'agit d'abord de mettre une grille d'alfa qui ne doit pas être transformée (c'est-à-dire qu'elle doit être à l'état brut).

Ensuite, il faut commencer le tissage en croisant le jonc avec l'alfa. Ce croisement nécessite l'utilisation de ficelles de chanvre en remplacement des cordelettes d'alfa. Les nattiers fabriquent des couffins de la même manière. Tout le travail est effectué dans la squifa des maisons ou dans les ateliers traditionnels. Les souks abritent également diverses productions locales ou provenant d'autres régions du pays : cuivre, cuir et vêtement, chéchia, broderies ou couffins.

Couscous pour le nouvel an

La ville de Nabeul est par ailleurs le seul lieu en Tunisie où l'on trouve des figurines réalisées en sucre, confiserie préparée à chaque nouvel an musulman. Offertes aux enfants et aux mariées, elles trônent également sur les plats traditionnels de couscous. Obtenues à partir d'un moulage et décorées ou peintes avec des colorants naturels, elles sont ensuite déposées dans un plat creux et à pied, le mithred, au milieu de bonbons, dragées et autres fruits secs.

Agriculture[modifier]

La culture des arbres fruitiers est axée sur les oranges, le citron Beldis ainsi que le bigaradier. Ainsi, les Nabeuliens distillent des fleurs, en particulier les fleurs du bigaradier, le géranuim bourbon et la rose de Damas et vendent la production en très grande quantité. Une grande partie est destinée au marché local, le reste partant à l'exportation. La tradition de distillation n'est pas exclusive de Nabeul mais celle-ci a su plus que d'autres villes la préserver.

Personnalités[modifier]

Voir la catégorie : Naissance à Nabeul.

Jumelages[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. (fr) « Tunisie : maintien de la délégation spéciale de Nabeul », Investir en Tunisie, 14 août 2012
  2. a et b (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
  3. (fr) Données climatiques annuelles (Institut national de la météorologie de Tunisie)
  4. Simon Hornblower, A Commentary on Thucydides. Volume III. Books 5.25-8.109, éd. Oxford University Press, Oxford, 2008, p. 641
  5. a et b (fr) Pascal Mongne, Archéologies : vingt ans de recherches françaises dans le monde, éd. Maisonneuve et Larose, Paris, 2005, p. 263
  6. Le plus ancien monument de la médina date de l'époque hafside tardive.
  7. La ville compte alors sept synagogues, dont deux permanentes, et un saint, Rabbi Yaakov Slama, dont la tombe est l'objet au mois de mai d'un pèlerinage voyant également la participation de musulmans.
  8. Robert Attal et Claude Sitbon, Regards sur les Juifs de Tunisie, éd. Albin Michel, Paris, 2000 (ISBN 2-226-00789-X)
  9. Georgette Elgey, « La République des contradictions. 1951-1954 », Histoire de la Quatrième République, tome II, éd. Fayard, Paris, 1968[réf. incomplète]
  10. (fr) Biographie de Mohamed El Fekih (Nabeul.net)

Bibliographie[modifier]

  • Roger Coque, Nabeul et ses environs : étude d'une population tunisienne, éd. Presses universitaires de France, Paris, 1964
  • Pierre Lisse et André Louis, Les potiers de Nabeul : étude de sociologie tunisienne, éd. Imprimerie Bascone & Muscat, Tunis, 1956

Liens externes[modifier]

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