Le Maître du Haut Château

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Le Maître du Haut Château
Auteur Philip K. Dick
Genre Roman
Science-fiction
Version originale
Titre original The Man in the High Castle
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original États-Unis
Date de parution originale 1962
Version française
Traducteur Jacques Parsons
Lieu de parution Paris
Éditeur OPTA
Collection Club du livre d'anticipation
Date de parution 1970
Type de média Livre papier
Nombre de pages 352

Le Maître du Haut Château (titre original : The Man in the High Castle) est un roman de Philip K. Dick. Il a été écrit en 1962 et a reçu le prix Hugo du meilleur roman l'année suivante. Il s'agit d'une uchronie : la description d'un monde alternatif au nôtre dans lequel l'Allemagne, l'Italie et le Japon ont gagné la Seconde Guerre mondiale, et l'auteur imagine les conséquences qu'aurait eues cette victoire.

L'histoire se déroule aux États-Unis occupés pour moitié par les Allemands et pour moitié par les Japonais, comme l'a été l'Allemagne divisée entre les Occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni et France) et l'URSS, et met en scène un écrivain qui a imaginé les conséquences d'une victoire des Alliés durant la guerre.

Le titre fait référence à la maison isolée, une véritable forteresse, où vit ce personnage, Hawthorne Abendsen.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ce roman décrit un présent qui diverge de celui que nous connaissons dans la mesure où l'auteur a changé le cours de l'histoire réelle. En 1942 les troupes allemandes remportent le victoire à Stalingrand;enfonçant les défenses soviétiques, Rommel s empare du Caire, après avoir vaincu le maréchal Gott(Mongtomery n existant pas dans ce monde alternatif) et opérant sa jonction , avec bien des difficultés avec les armées du caucase . en 1944 les différents débarquements alliés en Afrique et en Europe ont échoué, les Japonais se sont emparés de l Australie,ont attaqué la Russie en Sibérie , l invasion de l Angleterre en 1945 ,et la capitulation de Londres,précipitera la défaite, les armes atomiques serviront à raser New York , Boston , et Baltimore. Finalement en 1947, les Alliés capitulent devant les forces de l'Axe (Allemagne nazie, Japon impérialiste, Italie fasciste). Les États-Unis sont divisés en trois :

Ce sont dans les deux zones centrale et occidentale que se déroulent les différentes actions de l'intrigue. On suit à San Francisco plusieurs personnages :

  • un officier de l'Abwehr en mission secrète se faisant passer pour un commercial suédois ;
  • Le commercial japonais qui doit l'accueillir : M. Tagomi ;
  • L'antiquaire Childan qui à la fois méprise, admire et redoute les Japonais ;
  • un ouvrier américain juif, Frank, qui cherche par l'entreprenariat et l'artisanat à vaincre en lui la rancœur de l'occupation.
  • l'ex-femme de Frank, Juliana qui vit dans les Montagnes Rocheuses.

Au cours du roman, les histoires se croisent sans jamais se rencontrer. La plupart des personnages ont un lien avec Childan. Le commercial japonais qui doit accueillir le faux Scandinave est un client régulier de l'antiquaire chez qui il cherche un cadeau pour son invité de marque. Frank se fait renvoyer de son usine dans laquelle sa principale activité était illicite : il créait de fausses antiquités américaines prisées par les Japonais. Il se lance ensuite dans un commerce d'un nouveau genre : des bijoux en métal d'un style totalement neuf. Il vend ses bijoux à l'antiquaire Childan qui essaye de les lancer chez les Japonais. Ces derniers les trouveront tout à fait laids et sans intérêt au départ, mais y trouveront un équilibre de forme qu'ils attribueront à une sorte de spiritualité intérieure. Frank Fink, d'origine juive, sera sauvé de justesse de la déportation nazie par M. Tagomi sans que les personnages ne se rencontrent. M. Tagomi refusera simplement de signer le papier autorisant sa déportation par colère contre les nazis. En effet, lors du rendez-vous secret avec le faux Scandinave, en réalité officier des services de renseignement de l'Armée allemande, qui venait avertir le Japon d'une attaque imminente de l'Allemagne, il a été obligé de tuer deux nazis venant appréhender l'officier. Très troublé par son acte, un des bijoux de Frank qu'il trouvera chez Childan l'aidera un peu à retrouver une paix intérieure.

Dans les États des Rocheuses, Juliana, l'ex-femme de Frank, s'éprend d'un jeune migrant italien. Celui-ci a une mission secrète liée à un roman que tous les personnages cités vont croiser: Le poids de la Sauterelle. Ce roman est le vrai lien entre toutes les histoires. Sa mention revient de nombreuses fois au cours de la narration. Son titre provient d'une citation de l'Ecclésiaste (12:5).

La Sauterelle est un roman dans le roman, une uchronie dans l'uchronie : Hawthorne Abendsen a écrit une histoire où les Alliés sont vainqueurs de l'Axe. Les héros japonais et allemands s'intéressent de près à ce livre, et les nazis veulent en éliminer l'auteur. Les deux Américains qui le découvrent en tirent des impressions et des conclusions différentes. L'auteur ne nous livre pas tous les détails de ce roman. Mais le monde qui y est décrit n'est pas tout à fait semblable au nôtre. La Sauterelle parle bien du président Roosevelt (assassiné dans le monde du Maître du haut château) et de la bataille de Stalingrad. Cependant, il est aussi évoqué une domination anglosaxonne sur la Russie et même une possible guerre entre le Royaume-Uni et les États-Unis.

Dans le roman, le livre La Sauterelle est interdit dans toute la partie sous domination nazie. Juliana va découvrir que celui qu'elle croyait être un routard italien est en fait un officier nazi chargé d'éliminer l'auteur du roman. Horrifiée, elle le tuera avant d'aller en avertir l'auteur de science-fiction.

Un second livre anime les personnages. Le Livre des transformations ou (Yi King) est un ouvrage chinois qui permet d'avoir des oracles à l'aide de tirages au sort. C'est d'ailleurs grâce à lui que Juliana et Abendsen comprennent l'incroyable vérité : en se servant du Livre des transformations pour écrire La sauterelle, ils découvrent que les Alliés ont vraiment gagné la guerre.

Le monde politique dans le roman. Les tons rouges renseignent sur l'Empire allemand et ses vassaux, les tons verts sur l'Empire japonais et ses vassaux

Analyse[modifier | modifier le code]

Si l'uchronie change le cours de l'histoire pour créer une intrigue et faire réfléchir, l'auteur part de l'histoire réelle dont les éléments se retrouvent dans ce monde changé :

  • C'est la mort précoce du président Roosevelt qui constitue le point de changement pour Philip K. Dick.
  • Le régime nazi se perpétue dans les territoires conquis : génocide sur la Côte Est, et rumeur de conquête et de nettoyage ethnique en Afrique.

Comme plus tard, Robert Harris dans Fatherland, Dick ne peut imaginer une Seconde Guerre mondiale qui ne se terminerait pas en Guerre froide. Les relations entre les ex-alliés allemands et japonais sont empreintes de méfiance, comme dans notre monde celles entre les États-Unis et l'URSS, et l'un des ex-alliés projette d'attaquer l'autre.

Dans la réalité, la conclusion du roman est cohérente, non sur le plan militaire, mais sur le plan économique. La défaite en 1945 de l'Allemagne et du Japon a eu un effet économique : privés d'armée puissante et de prestige militaire, les deux pays vaincus se sont repliés vers l'excellence économique. Ils sont redevenus des puissances économiques mondiales au bout des « Trente Glorieuses ». Dans le Maître du Haut-Château, les habitants des États-Unis se relèvent lentement de la défaite par l'innovation artisanale, par la vente de leur patrimoine à des vainqueurs qui l'apprécient. Ils commencent à prendre leur revanche comme le montre le personnage Frank dans sa relation avec les Japonais, mais sont décrits comme gardant un fort complexe d'infériorité devant la culture de leurs vainqueurs, comme dans notre véritable monde les Japonais ont fait vis-à-vis de la culture des occupants américains.

Enfin, Philip K. Dick tire des conclusions technologiques à la victoire des Nazis. Les États-Unis, dans son uchronie, n'ont plus les moyens de développer leur aviation à réaction, c'est l'ingénieur allemand Werner von Braun qui va inventer pour l'Allemagne des fusées pour les vols intercontinentaux : la Lune est conquise peu après la fin de la guerre, les premières missions vers Mars commencent dans la décennie qui suit, ce que Dick impute dans le livre au goût pour l'abstraction de la culture nazie : « La race, la colonisation spatiale, l'espace vital : ils ne raisonnent que comme ça ».

Dans la réalité, c'est bien von Braun qui a développé des fusées-missiles V2 pour Hitler avant d'être récupéré par les États-Unis et de participer aux projets de fusées spatiales : le projet Jupiter lui sera confié après les échecs répétés du programme Vanguard de la Marine qui ne l'avait pas consulté, et sera, lui, un sans-faute.

La fin du livre est énigmatique. En effet Juliana apprend alors que c'est l'oracle qui a écrit La Sauterelle et à la question "Pourquoi ?", ce dernier répond que c'est la vérité. Quelle est cette vérité dont parle l'oracle ? Dans un roman où le monde est clairement sous la domination de l'Axe, les personnages doivent admettre que "l'Allemagne et le Japon ont perdu la guerre". On peut y voir une nouvelle mise en abyme où, sans se l'avouer clairement, les personnages doivent admettre qu'ils vivent dans une fiction. Cependant, le livre écrit par l'oracle ne décrit pas tout à fait notre réalité. Et le livre ne peut que nous renvoyer à notre propre questionnement, quelle est notre réalité ? Car nous aussi, comme les personnages du roman, nous lisons un livre qui nous décrit un autre monde en nous disant "c'est la réalité". À travers ces jeux de miroirs, le roman de Philip K. Dick pose à nouveau la question de la définition de la réalité, de sa frontière avec la fiction, de notre existence et de son incertitude.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classique de la science-fiction[modifier | modifier le code]

Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction dans les ouvrages de références suivants :

  • Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;
  • Jacques Goimard et Claude Aziza, Encyclopédie de poche de la science-fiction. Guide de lecture, Presses Pocket, coll. « Science-fiction », n°5237, 1986 ;
  • Denis Guiot, La Science-fiction, Massin, coll. « Le monde de... », 1987 ;
  • Enquête du Fanzine Carnage mondain auprès de ses lecteurs, 1989 ;
  • Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;
  • Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994.

Adaptation filmée[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]