Neuromancien

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Neuromancien
Auteur William Gibson
Genre Science-fiction
Cyberpunk
Version originale
Titre original Neuromancer
Éditeur original Ace Books
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 1er juillet 1984
ISBN original 0-441-56956-0
Version française
Traducteur Jean Bonnefoy
Lieu de parution Paris
Éditeur La Découverte
Collection Fictions
Date de parution 14 novembre 1985
Type de média Livre papier
Nombre de pages 300
ISBN 2-7071-1562-2
Série Trilogie de la cité tentaculaire
Chronologie
Comte Zéro Suivant

Neuromancien (titre original : Neuromancer) est le premier roman de science-fiction de William Gibson. Publié en 1984, il est généralement considéré comme le roman fondateur du mouvement Cyberpunk ayant inspiré bon nombre d'œuvres telles que les mangas Ghost in the Shell ou Akira et Matrix au cinéma.

Il est suivi de Comte Zéro et de Mona Lisa s'éclate.

Le genre[modifier | modifier le code]

Ce roman présente une dystopie : un monde où règne le capitalisme le plus sauvage gouverné par des multinationales sans pitié, où la drogue est omniprésente, où tous les cowboys, pirates du cyberespace se connectent au réseau informatique, la matrice, via une prise neuronale et des électrodes qui leur permettent d'avoir une perception visuelle et sensorielle des données numériques qu'ils manipulent.

Le terme Neuromancien est une variation sur « nécromancien[1][2] », magicien qui pratique la nécromancie, la divination par l'évocation des morts :

  • neuro- = nerfs, intelligence (artificielle)
  • mancien = prédire l'avenir, par extension, la magie.

Gibson définit le terme original Neuromancer comme un mot-valise basé sur Neuro, Romancer et Necromancer [3] où lui-même apparaît en trompe-l'œil comme le narrateur qui renouvelle les genres littéraires dans ce pastiche d'anticipation futuriste[4].

L'histoire[modifier | modifier le code]

Dans la Conurb, la plus grande métropole du monde, Henry Dorsett Case est un hacker, un pirate informatique. Il est le meilleur et rien ne lui résiste. Mais un jour, étant trop gourmand, il décide de doubler son employeur. Celui-ci, en représailles, lui injecte une neurotoxine qui lui détruit de manière sélective une partie du système nerveux, celle qui est reliée aux trodes (les électrodes de sa console informatique). Case perd alors toute capacité à se connecter au réseau : pour lui, tout est perdu, il n'est plus rien...

Aussi, lorsqu'un jour Armitage, un homme mystérieux au passé trouble mais apparemment influent, et Molly, une mercenaire dangereuse dont les yeux ont été remplacés par des implants oculaires, lui proposent de lui redonner accès au Cyberespace, Case accepte sans hésiter. Mais sa mission est risquée : il s'agit de pénétrer le système informatique d'une gigantesque multinationale, l'entreprise Tessier Ashpool, avec l'aide du mystérieux Muetdhiver.

Influence[modifier | modifier le code]

Le roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et son adaptation au cinéma, le film Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982, ont influencé Willian Gibson pendant l'écriture de son roman.[5][6]

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

Classique de la science-fiction[modifier | modifier le code]

Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction dans les ouvrages de références suivants :

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « nécromancie » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. David Porush, "Cybernauts in Cyberspace: William Gibson's Neuromancer," in Aliens: The Anthropology of Science Fiction, ed. George Slusser and Eric Rabkin (Carbondale: Southern Illinois UP, 1987), 171.
  3. « "Neuromancer," the boy said, slitting long gray eyes against the rising sun. "The lane to the land of the dead. Where you are, my friend. Marie-France, my lady, she prepared this road but her lord choked her off before I could read the book of her days. Neuro from the nerves, the silver paths. Romancer. Nec- romancer. I call up the dead. But no, my friend," and the boy did a little dance, brown feet printing the sand, "I am the dead, and their land." He laughed. A gull cried. "Stay. If your woman is a ghost, she doesn't know it. Neither will you." » (Chapitre 21) traduction (par Jean Bonnefoy) : «Neuromancien, dit le garçon, plissant ses grands yeux gris face au soleil levant. La voie vers le pays des morts. Où tu te trouves en ce moment, mon ami. Marie-France, ma dame, c'est elle qui a préparé cette route, mais son seigneur l'a étouffée avant que j'aie pu lire le livre de ses jours. Neuro, de nerfs, ces chemins d'argent. Et mancien. Comme nécromancien. J'invoque les morts. Mais non, mon ami ( et le garçon accomplit une petite danse, pieds bruns s'imprimant sur le sable), je suis les morts, les morts et leur territoire. (Il rit. Une mouette cria.) Reste. Si ta compagne est un spectre, elle ne le sait pas. Et toi non plus. »
  4. Lance Olsen à propos de l'essai de David Porush : «Second, as Porush notes, the title echoes "necromancer, the magician who conjures up the dead." No doubt this is a text inhabited by those raised from the dead, Lazarus after Lazarus, from Dixie Flatline in the form of a construct to Linda Lee's structure in cyberspace. Ashpool intermittently awakes from his cryogenic death-sleep, and the child 3Jane perceives Wintermute as a ghost whispering in her ear. Case flatlines and comes back to talk about it. Metaphorically, Corto is raised from the dead when he is transformed into Armitage.» «But Porush does not point out a secondary "necromancy" in the title. Not only are characters raised from the dead by a number of fictional magicians, but also various genres are "raised from the dead" by the very real magician of magicians — Gibson himself. The text is one about regeneration and endurance. Forms arise, undergo transformations, and continue metamorphosed. Gibson becomes the new romancer behind Neuromancer, revitalizing the science fiction novel, the quest story, the myth of the hero, the mystery, the hard-boiled detective novel, the epic, the thriller, and the tales of the cowboy and romantic artist, among others. He represents old stories in a revealing revamped intertexual pastiche.»
  5. How did William Gibson really feel about Blade Runner?
  6. An Interview with William Gibson by Larry McCaffery
  7. Neuromancer (Le film) sur Allociné [1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]