Județ de Tulcea

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Județ de Tulcea
Blason de Județ de Tulcea
Héraldique
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région StemaDobrogea.jpg Dobrogée
Chef-lieu Tulcea
Code ISO RO-TL
Indicatif (+40) x40
Démographie
Population 250 641 hab. (2007)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Superficie 849 900 ha = 8 499 km2
Localisation
Localisation du județ au sein de la Roumanie
Localisation du județ au sein de la Roumanie
Liens
Conseil du județ http://www.cjtulcea.ro/
Préfecture http://www.prefecturatulcea.ro/

Tulcea est un județ de Roumanie en Dobrogée, au sud-est du pays, à la frontière avec l'Ukraine, sur les bords de la Mer Noire. Le chef-lieu est Tulcea.

Le județ de Tulcea.

Liste des municipalités, villes et communes[modifier | modifier le code]

Le județ compte 1 municipalité, 4 villes et 44 communes.

Municipalité[modifier | modifier le code]

(population en 2007[1])

Villes[modifier | modifier le code]

(population en 2007)

Communes[modifier | modifier le code]

(De gauche à droite et de haut en bas sur la carte)

  • Brătianu
  • Grindu
  • Luncaviţa (Văcăreni)
  • Somova
  • Ceatalchioi
  • Pardina
  • Chilia Veche
  • Rosetti
  • Smârdan
  • Jijila
  • Măcin
  • Carcaliu
  • Greci
  • Niculiţel
  • Nufăru
  • Maliuc
  • Crişan
  • Turcoaia
  • Cerna
  • Hamcearca
  • Izvoarele (Valea Teilor)
  • Frecăţei
  • Mahmudia (Salsovia ou Beștepe)
  • Peceneaga
  • Horia
  • Nalbant
  • Kogălniceanu
  • Valea Nucarilor
  • Ostrov
  • Dorobanţu
  • Ciucurova
  • Mihai Bravu
  • Sarichioi
  • Murighiol
  • Topolog
  • Slava Cercheză
  • Sfântu Gheorghe
  • Dăeni
  • Casimcea
  • Stejaru
  • Beidaud
  • Baia
  • Ceamurlia
  • Jurilovca.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ancien moulin en bois à Letea, dans le delta du Danube
Pêcheur lipovène.

Le relief du județ de Tulcea culmine à 467 m.: il s'agit d'un massif ancien hercynien, d'âge paléozoïque, couvert de forêts d'acacia productrices de miel, qui émerge d'un plateau lœssique sculpté par l'érosion au pléistocène, couvert de prairies steppiques propices à l'élevage ovin, développé dans la région. À l'ouest, au nord et à l'est, le Județ de Tulcea est entouré d'eau : Danube à l'ouest et au nord, Mer Noire et ses limans à l'est. Mais les petites rivières et fleuves qui s'y déversent, ont un régime irrégulier, d'étiage estival, car la pluviosité du județ est la moins abondante de toute la Roumanie.

Les trois quarts du Delta du Danube font partie du județ de Tulcea (le dernier quart est ukrainien). Le Delta et les limans, qui sont partiellement protégés par une réserve de biosphère de 2 733 km², inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, représentant pour le județ une importante source de revenus touristiques et halieutiques. C'est aussi un conservatoire de traditions maritimes, où fonctionnent les derniers chantiers navals artisanaux capables de construire des embarcations traditionnelles en bois, telles que les mahonnes (grosses baleinières capables de ramener d'énormes esturgeons dont certains atteignent la tonne) ou les lotca (barque aux pointes relevées capable de fendre les roseaux et que l'on peut mâter et voiler à volonté).

La population du județ de Tulcea est composée de :

Ensemble, les Roumains représentent environ 80 % de la population du județ.

  • Les 20 % restants se répartissent entre de nombreuses minorités[2], dont certaines ne se trouvent que dans ce județ :

Historique[modifier | modifier le code]

Monnaies grecques d'Histria trouvées à Tulcea.
Tulcea en 1896.

La présence humaine dans le județ de Tulcea est attestée depuis le néolithique. La région est peuplée dans l’Antiquité par les tribus Daces ou Gètes faisant partie de l’ensemble thrace. Les navigateurs grecs découvrent le pays vers la fin du VIIe siècle av. J.-C., et Hérodote le décrit avec force détails : à l'époque, les limans (Iancina/Rasim ou Razelm, Galazu ou Golovița, Fidilimanu ou Zmeica et Albastru ou Sinoe) n'étaient encore que des golfes (Argamos, Halmyris, Histrios) où les Ioniens ouvrent des comptoirs qui commercent avec les Gètes, les Thraces et les Scythes locaux. Ces comptoirs forment une confédération et recherchent des alliances pour échapper à la tutelle perse puis macédonienne. Ils s'allient ainsi avec le Royaume du Pont de Mithridate. À l'époque, le climat était ici plus méditerranéen qu'aujourd'hui, car les Histriotes possédaient des forêts de pins maritimes, qui ne poussent plus aujourd'hui. Pour une courte période, l'actuel județ de Tulcea passe sous le contrôle du royaume des Daces (voir Dacie) au Ier siècle av. J.-C.. Ensuite il est intégré dans l'Empire romain où constitue la limite nord de la province romaine de Mésie (puis de Scythie mineure) durant sept siècles (en comptant l'Empire romain d'Orient qui, lui, ne s'effondre pas). À cette époque, la population est latinisée et hellénisée. Les Romains élèvent des cités telles Noviodunum ou agrandissent les ports grecs tels Aegyssos (l'actuelle Tulcea).

Lors des invasions "barbares", l'actuel județ de Tulcea passe successivement sous le contrôle des Slavons et des Bulgares au VIIe siècle, puis des Russes et des Pétchénègues turcophones au IXe siècle, mais les cités grecques des limans (Argamos, Halmyris) et les bouches du Danube, protégées par la flotte impériale, demeurent sous le contrôle de l'Empire romain d'Orient (ou Empire byzantin). Le massif du Măcin et delta du Danube deviennent alors un refuge pour les populations hellénophones et latinophones des alentours, qui formeront le peuple dicien dont la capitale est Vicina[3]. Comme il y a des ruines de cette époque aussi bien sous Tulcea (l'antique Aegyssos) que sous Isaccea, on ne sait pas laquelle de ces deux cités était Vicina.

Intégré au Premier État bulgare de 681 à 919, l'actuel județ de Tulcea redevient romain (byzantin) de 920 à 1186, puis fait partie du deuxième royaume bulgare, alors appelé Regnum Bulgarorum et Valachorum, fondé à cheval sur le bas-Danube par les rois de la dynastie valaque Assen. En 1205, le pape Innocent III dans une correspondance avec le roi Caloian (Kalojan, roi des bulgares) (1197-1207) le qualifie de rex Bulgarorum et Blachorum (roi des Bulgares et des Valaques) tant ces deux ethnies, ainsi que celle des Coumans, étaient alors mélangées dans le bassin du Bas-Danube. Entre 1224 et 1352, la puissance des Tatars de la Horde d’Or s'impose, puis décline, et un despotat bulgaro-gréco-roumain apparaît dans le l'actuel județ de Tulcea, gouverné par le prince Demetrios, avec la capitale à Vicina. Menacé par les Tatars au nord et par les Turcs au sud, Demetrios se met sous la protection de la Valachie ; Hyacinthe, évêque de Vicina, devient le premier métropolite de Valachie.

Entre le XIIe siècle et le XIVe siècle, les commerçants italiens de Gênes établissent des comptoirs dans la région: Caladda (aujourd'hui Galati), Licostomo (aujourd'hui Periprava près de Chilia veche) et Eraclea (aujourd'hui ruinée, près de Babadag)[4]. Le voïvode de Valachie Mircea l'Ancien les chasse de l'actuel județ de Tulcea, mais finalement la Valachie est évincée au XVe siècle par l'Empire ottoman, qui reste maître du pays durant plus de quatre siècles, jusqu'en 1878, lorsqu'il est rattaché à la Roumanie. Durant la période ottomane, l'actuel județ de Tulcea dépendait du pachalik de Silistra (Özi Eyaleti, province turque) tandis que ses habitants chrétiens relevaient de l’exarchat du Proïlavon ayant pour siège Brăila et incluant les territoires ottomans à majorité chrétienne entre Varna et le liman du Dniestr.

En 1948, alors que la Roumanie communiste et l'URSS étaient pourtant alliées, cette dernière enleva au județ de Tulcea six îles (les deux Daleru, Coasta-dracului, Maican, Limba le long du bras de Chilia et des Serpents et Mer Noire) que l'Ukraine hérita en 1991 et que la Roumanie revendiqua vainement de 1990 à 1997.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Grigore Antipa, Le delta du Danube et la Mer Noire, éd. de l'Académie roumaine, 1939.
  • Ion Barnea et Ștefănescu, Ștefan, Byzantins, roumains et bulgares sur le Bas-Danube, București, Editura Academiei Române,‎ 1971 (OCLC 1113905).
  • G.I. Brătianu, Recherches sur Vicina et Cetatea-Albă, Univ. de Iași, 1935, 39 p., et le Codex Parisinus latinus in Ph. Lauer, Catalogue des manuscrits latins, pp.95-6, d'après la Bibliothèque Nationale Lat. 1623, IX-X, Paris, 1940.
  • Claudio Magris, Danube, Paris, Gallimard, coll. « L'arpenteur »,‎ 24 novembre 1988, 497 p. (ISBN 978-2070780020).
  • Dominique Robert, Danube : les oiseaux au fil du fleuve : les photocarnets de terrain de Dominique Robert, Paris, Lechevalier et R. Chabaud,‎ 1988 (ISBN 978-2720505249).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Population des villes du judet sur le site de l'Institut National de Statistiques de Roumanie
  2. Eurominority.org
  3. George Vâlsan: Œuvres choisies (dir.: Tiberiu Morariu), Ed. științifică, Bucarest 1971 - 693 pages, p. 123, et Thede Kahl, Rumänien: Raum und Bevölkerung, Geschichte und Gesichtsbilder, Kultur, Gesellschaft und Politik heute, Wirtschaft, Recht und Verfassung, Historische Regionen, 976 pp.
  4. G.I. Brătianu, Recherches sur Vicina et Cetatea-Albă, Univ. de Iași, 1935, 39 p., et le Codex Parisinus latinus in Ph. Lauer, Catalogue des manuscrits latins, pp.95-6, d'après la Bibliothèque Nationale Lat. 1623, IX-X, Paris, 1940