Jouet sexuel

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Aperçu de quelques jouets sexuels.

Un jouet sexuel (sextoy ou sex toy en anglais) est un objet principalement utilisé pour faciliter le plaisir sexuel humain. Cette désignation peut aussi inclure les appareils de BDSM. Les jouets sexuels n'incluent ni la contraception, ni la pornographie, ni les préservatifs ou les digues dentaires.

Par extension, l'expression « jouet sexuel » peut aussi s'appliquer aux poppers, aux herbes, et aux gels et lubrifiants et autres produits vendus dans les sex shops et qui sont supposés augmenter ou prolonger l'acte sexuel. Au sens figuré, l'expression est employée pour désigner un homme ou une femme considéré comme un objet de plaisir sexuel.

Législations[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs régions dans le monde, par exemple dans certains États américains, la vente des jouets sexuels est très réglementée, voire interdite, bien qu'en pratique l'application du règlement soit souvent rare. Néanmoins, les lois existent et interdisent ou réglementent l'usage occasionnel d'« objets obscènes ».

En France, la vente d'objets sexuels est limitée aux magasins spécialisés, les sex shops. On peut cependant acheter toutes sortes d'objets sexuels sur Internet, dans les supermarchés et certains magasins de produits non liés à l'acte sexuel comportent parfois des rayons spécialisés, dont la vente est réservée aux personnes majeures.

Types[modifier | modifier le code]

Masturbation féminine avec, notamment, un chapelet thaï.

Masculin et féminin[modifier | modifier le code]

Les chapelets thaï, ou perles anales, sont des dispositifs qui se composent d'une corde (souple ou rigide) de perles qui est insérée dans l'anus et puis lentement retirée pour fournir une stimulation. Il est aussi possible de les retirer très rapidement lors de l'orgasme, décuplant ainsi la puissance de celui-ci. Elles peuvent également être utilisées lors d'une relation vaginale pour une double stimulation, ou être partagées entre deux partenaires qui ont la moitié de la corde insérée dans l'anus, tout en jouant chacun-e avec le sexe de son conjoint.

Le rosebud ou butt plug est un dispositif qui s'insère dans l'anus. Il possède une extrémité évasée et ornée pour empêcher le dispositif d'être perdu à l'intérieur du rectum. C'est un jouet sexuel anal destiné à stimuler les zones érogènes. Chez l'homme il stimule à sa racine le pénis et la prostate. Chez la femme il augmente la pression vaginale. Il en existe une multitude de variantes.

Le lubrifiant anatomique est employé pour faciliter le rapport anal ou vaginal, ou comme aide à la masturbation. Dans le cas d'une relation avec préservatif, il est conseillé d'utiliser un lubrifiant à base d'eau, sans quoi il risque d'endommager le préservatif, et à l'usage de le rompre.

Les poupées sexuelles sont des imitations de la forme humaine destinée à la simulation des actes sexuels. Elles peuvent se composer d'une représentation d'un visage, des fesses, des parties génitales, ou du corps entier. La plupart des poupées sexuelles sont gonflables mais la fin des années 1990 a vu l'apparition de poupées plus élaborées, composées de silicone sur une armature métallique : les poupées moulées. Les love pillows (oreillers sexuels), particulièrement populaires au Japon, sont des oreillers gonflables avec une image grandeur nature d'une star du porno ou d'animes (ils sont aussi dotés de temps en temps d'un orifice pour stimuler la verge).

Les anneaux à tétons sont une famille d'outils qui appliquent une pression aux mamelons. Certains peuvent être utilisés comme jouets de BDSM, ou comme éléments de torture. Toutefois, la plupart d'entre eux provoquent une stimulation constante et intense et une augmentation de sensibilité du téton.

Masculin[modifier | modifier le code]

Le fleshlight.
Un fourreau à pénis.

Un vagin artificiel (parfois également appelé « vaginette ») est modelé pour simuler un rapport sexuel, en permettant à un pénis de s'y introduire. Il est formé comme un véritable vagin (moulé en latex à partir d'un vagin d'une actrice X par exemple). Une variante populaire, appelée « fleshlight » en anglais, permet de stimuler le pénis d'une façon similaire à un coït. D'autres organes sont également parfois reproduits (anus, bouche ou seins).

Comme les vagins artificiels, les gaines de masturbation visent à reproduire les sensations ressenties au niveau du pénis lors d'une pénétration (ou, selon les modèles, d'une fellation). Contrairement à celles-ci, elles ne sont pas « réalistes » : elles ne tentent pas de reproduire l'aspect d'un vagin, ou d'un autre organe « pénétrable ». Les œufs et les masturbateurs Tenga en sont un exemple.

Le cockring est employé pour fournir une sensation supplémentaire (à un ou aux deux partenaires) en enveloppant la base du pénis. Cet anneau, placé à la base de la verge avant son érection et utilisé pour augmenter la puissance de celle-ci, peut également être employé pour retarder le début de l'orgasme masculin, ou uniquement maintenir l'érection. Il incorpore parfois une garniture conçue pour stimuler le clitoris. Une variante est la bague en corne de buffle placée à la base du gland pénien qui stimule les parois vaginales de sa texture bosselée. Connue au Japon depuis l'époque Edo elle pouvait être en cuir ou en écaille. Le livre Manuels de l'oreiller[1] en répertorie deux sortes : le « rond de trépang », bague simple aux reliefs accentués, et le « rond de résonance », bague munie de boules qui roulent le long des parois vaginales à chaque va et vient.

Le cock harness est un harnais plus raffiné conçu pour être porté autour du pénis et du scrotum. Le but de son utilisation est semblable à celle d'un cockring. Souvent lié aux activités BDSM.

Un fourreau à pénis est un objet cylindrique qui est placé sur l'axe du pénis, dans le but de stimuler de façon croissante la personne pénétrée. Il est souvent doté de bosses souples et de creux pour fournir davantage de stimulation.

Une extension de pénis est un dispositif partiellement creux comme un godemichet très court, avec l'extrémité creuse placée sur l'extrémité du pénis, prévue pour augmenter la longueur utile du pénis au profit de la personne pénétrée. Celle-ci est généralement portée avec des préservatifs pour éviter qu'elle se détache pendant son utilisation.

Le pompe à pénis, une sorte d'épais préservatif pour homme, vibrant ou seulement aspirant.

Les stimulateurs du point G masculin (point de la prostate[2]), tel que l'Aneros.

L'utilisation de godemichets est également pratiquée par les hommes, couplée à celle du lubrifiant.

La pose de différents piercings sur le gland est parfois considérée comme érotique, voire stimulante lors de la pénétration.

Féminin[modifier | modifier le code]

Le godemichet ou olisbos (dildo en anglais) est un objet phallique qui ne vibre pas, spécialement dédié à la pénétration, utilisé pour la stimulation sexuelle du vagin ou de l'anus. Il est généralement de la forme d'un pénis et d'un scrotum, mais, comme pour le vibromasseur, peut se décliner en de nombreuses formes, certains contenant par exemple un appendice externe dédié à la stimulation du clitoris.

Le harnais godemichet est un godemichet fixé à un harnais attaché à l'aine et aux hanches pour permettre à une personne de pénétrer son partenaire, comme si le godemichet était le propre pénis du pénétrant. En particulier, il permet à une femme de pénétrer un homme par voie anale, ou une autre femme, par voie vaginale ou anale. Il peut également être employé par les hommes pour pénétrer leur partenaire ; les godemichets ceintures utilisés de cette manière sont généralement creux, plutôt que solides. Le godemichet ceinture permet aussi de jouer avec un outil mieux équipé, ou de pratiquer la double pénétration (s'il est porté par un homme, ou porté par une femme si le godemichet ceinture est double). La ceinture peut aussi comporter, en plus du godemichet externe destiné au partenaire, un ou deux plugs internes destinés au porteur ou à la porteuse de la ceinture.

Le double godemichet est un long (et habituellement flexible) godemichet avec deux extrémités conçues pour la pénétration. Il permet une pénétration mutuelle entre deux personnes (principalement conçu pour les lesbiennes). Il peut également être utilisé pour pénétrer à la fois le vagin et l'anus d'une femme.

Le vibromasseur est un dispositif prévu pour stimuler les cellules nerveuses de la zone massée. Les vibromasseurs destinés à une utilisation sexuelle ont souvent la forme d'un godemichet, bien qu'on puisse trouver également une gamme de formes variées permettant un usage interne aussi bien qu'externe (stimulation du clitoris).

Boules de geisha.

Les boules de geisha sont composées de deux boules liées par un fil. Insérées dans le vagin, c'est un des rares objets sexuels qui peut se porter quasiment en toutes circonstances (dans la rue, au travail…). Chaque boule contient une bille métallique qui heurte les parois lors de chaque mouvement, provoquant des vibrations. On trouve des boules de geisha légères ou lourdes, en métal ou en plastique souple, avec des boules internes plus ou moins puissantes et qui font plus ou moins de bruit. Le fait d'avoir peur de se faire détecter par ses voisins (par l'expression de son visage ou par le bruit qu'elles provoquent) peut aussi susciter du plaisir. L'utilisation de boules de geisha est parfois conseillé aux femmes souhaitant remuscler leur plancher pelvien après un accouchement ou en cas d'incontinence.[réf. nécessaire]

Le « vibro rabbit » est un vibromasseur en forme de tête de lapin, rendu célèbre grâce à la série Sex and the City. Ses petites oreilles stimulent le clitoris et son godemichet vibre et tourne.

Le « feeldoe » a la même fonction qu’un gode-ceinture mais il possède deux têtes, une petite et une grande. La petite est introduite dans le vagin ou dans l'anus de la femme et la grande sert alors de pénis. Ce concept de sextoys a été breveté aux États-Unis par Melissa Mia Kain en 1997 [3].

Ustensiles médicaux[modifier | modifier le code]

Des ustensiles médicaux, comme la roulette de Wartenberg, le spéculum et les exercices de Kegel (également connus sous l'appellation de vaginal barbells), sont également utilisés comme jouets sexuels.

Point de vue médical[modifier | modifier le code]

Données neurobiologiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comportement érotique.

Dans les années 2000, les recherches en neurosciences ont montré que les êtres humains stimulent leurs zones érogènes, car cela procure des récompenses / renforcements dans le cerveau[4]. Ces récompenses, en particulier l'orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisir érotique et de jouissance. En simplifiant, l'être humain recherche toutes les activités qui permettent de stimuler les zones érogènes, parfois avec des objets, car ces stimulations physiques procurent des plaisirs sexuels intenses.

En effet, chez l'être humain (comme chez le Chimpanzé, le Bonobo, l'Orang outan et le Dauphin), le comportement sexuel n'est plus un comportement de reproduction mais un comportement érotique[5]. Au cours de l'évolution, l'importance et l'influence des hormones[6] et des phéromones[7],[8] sur le comportement sexuel a diminué. Au contraire, l'importance des récompenses est devenue majeure[4]. Chez l'être humain, le but du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal mais la recherche des plaisirs érotiques, procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes[9].

L'utilisation régulière des jouets sexuels est une préférence sexuelle, qui se développe au cours de la vie de la même manière que toutes les autres préférences, par exemple alimentaires ou musicales. Pour toutes ces raisons, l'utilisation de jouets sexuels est « biologiquement normale » et ne peut être considérée comme un acte « contre nature », une maladie ou un trouble psychologique. Chez l'être humain, le but du comportement érotique est la recherche des plaisirs sexuels, nouveaux, variés et intenses[10].

Risques pour la santé[modifier | modifier le code]

La présence de phtalates a été signalée sur un certain nombre de sextoys. Depuis le 3 mai 2011, le parlement français a interdit l'utilisation des phtalates ; cela étant, aucun décret d'application n'est depuis entré en vigueur[11],,[12].

Médias[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éditions Philippe Picquier, Manuels de l'oreiller (ISBN 2-87730-627-5)
  2. « Le point P, secret le mieux gardé du plaisir masculin », sur Rue89.
  3. United States Patent Number 5690603
  4. a et b (en) AGMO Anders Functional and dysfunctional sexual behavior Elsevier 2007.
  5. Les distinctions entre « comportement sexuel », « comportement de reproduction » et « comportement érotique » sont expliquées dans les articles Comportement érotique et Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin Johnson et Barry Everitt dans leur ouvrage Reproduction (De Boeck Université 2001), afin de tenir compte des différences comportementales et neurobiologiques du comportement sexuel entre les espèces. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de cette distinction est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.
  6. BUVAT J. : Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques, Contracept. Fertil. Sex., 24/10:767-778, 1996
  7. ZHANG J. , WEBB D. M. Evolutionary deterioration of the vomeronasal pheromone transduction pathway in catarrhine primates, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 100(14):8337-8341, 2003
  8. FOIDART A. , LEGROS J.J. , BALTHAZART J. : Les phéromones humaines : vestige animal ou réalité non reconnue, Revue médicale de Liège, 49/12:662-680, 1994
  9. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  10. Philippe Brenot, Serge Wunsch. « Neurobiology of pleasure », Sexologies, 13(50):17-27, 2004
  11. Greenpeace - 8 sept. 2006
  12. Texte de l'Assemblée nationale.
  13. Image de la séquence.

Voir aussi[modifier | modifier le code]