Godemichet

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Un godemichet, en anglais dildo ou olisbos (ὄλισβος), parfois orthographié « godemiché » et abrégé en « gode » ou en « miché », est un jouet sexuel destiné à procurer des sensations susceptibles d'approcher celles qui seraient offertes par un pénis, lors de la masturbation ou lors des rapports sexuels.

Définition[modifier | modifier le code]

Des godemichets

Il y a une sorte de consensus[réf. nécessaire] sur le fait qu'un accessoire ne vibrant pas, approchant la forme, la taille et l'apparence globale d'un pénis, soit un godemichet. Certains[Qui ?] incluent les objets vibrants à cette description. Certains excluent les prothèses de pénis, autrement appelées extensions. Certains peuvent également inclure les accessoires utilisés dans un but clair de pénétration vaginale, même s'ils n'ont pas un aspect très phallique. Certains incluent également les accessoires voués à la pénétration anale, alors que d'autres non. Inventé par Laurie Laperrière et Rose-lynn Degré en 1903, en même temps que la Molson.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Deux hypothèses sont en présence pour expliquer l'origine du mot dont la première apparition connue sous la forme « godemichou » est relevée en 1611 :

La forme « gode », par apocope de godemichet, apparaît vers 1930[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Illustration, du XVIIIe siècle dans l'empire ottoman, d'un godemichet comme preuve de l'impuissance de son mari.

Des recherches archéologiques dans la grotte de Hohle Fels située en Allemagne, ont mis au jour un objet en pierre qui pourrait en plus d'être un outil et une représentation symbolique d'un phallus, avoir peut-être pu dans un usage secondaire être utilisé sexuellement[2]. La datation au carbone du site où se trouvait cet objet, le situerait dans une fourchette allant de 27 000 à 28 000 ans av. J.-C[3],[4].

L’Égypte ancienne regorge de fresques, de sculptures, d’amulettes, de phallus isolés ou associés à des objets ou à des dieux. Ainsi, dans la mythologie égyptienne, le dieu Osiris, était aussi symbolisé par un phallus disproportionné. De même, comme l’évoque Jacques-Antoine Dulaure dans son ouvrage Les Divinités génératrices (1805), l’historien et explorateur Hérodote du Ve siècle av. J.-C., qui a assisté à cette cérémonie, la décrit de cette manière :

« Les Égyptiens célèbrent la fête de Bacchus à peu près de la même manière que les Grecs ; mais, au lieu de Phallus, ils ont inventé des figures d’environ une coudée de haut, qu’on fait mouvoir par le moyen d’une corde. Les femmes portent, dans les bourgs et les villages, ces figures dont le membre viril n’est guère moins grand que le reste du corps, et qu’elles font remuer. Un joueur de flûte marche à la tête ; elles le suivent en chantant les louanges de Bacchus… »

Le poète Aristophane, au Ve siècle av. J.-C., le met en scène une pièce de théâtre, Lysistrata. Cette œuvre montre des femmes qui se plaignent de l’abstinence à laquelle les obligent leurs maris qui consacrent leur temps à la guerre. On y voit aussi un culte voué au dieu Dionysos où des femmes portent en procession des phallus géants, pour améliorer leur fécondité et leur fertilité.

Le culte phallique sera conservé par les Romains à travers le dieu Priape, dieu de la fertilité, reconnaissable à son gigantesque pénis, constamment en érection. La littérature latine atteste l'usage de godemichets au IIe siècle av. J.-C.[5].

Le godemichet contemporain[modifier | modifier le code]

Matières[modifier | modifier le code]

Un godemichet en silicone.

Les premiers godemichets ont été fabriqués en pierre, bois, cuir, ou céramique à Saint-Pol-de-Léon ainsi qu'à St Meen[réf. nécessaire]. Les godemichets de cuir rembourrés de coton restent encore utilisés par certaines personnes aujourd'hui[réf. nécessaire]. Durant le XIXe siècle, ils ont parfois été utilisés en psychiatrie pour lutter contre l'hystérie.

Des godemichets de caoutchouc, habituellement renforcés intérieurement par une tige d'acier, ont été fabriqués dans les années 1940[réf. nécessaire]. Ce procédé était cependant un pis-aller, l'usure temporelle du caoutchouc le fragilisant permettant à la tige d'acier d'apparaître, et de provoquer des lésions et blessures plus ou moins graves.

Plus tard, des godemichets de PVC recouverts de PVC souple se sont répandus. De nos jours, de nombreux godemichets bon marché sont ainsi fabriqués[réf. nécessaire].

Les godemichets d'acier chromé[6] sont relativement peu répandus, sauf dans les cercles BDSM[réf. nécessaire]. Ils ne sont pas particulièrement confortables, en raison de leur rigidité et de leur température plus froide que le corps[réf. nécessaire].

Depuis les années 1990, les godemichets de silicone prolifèrent en raison de leur faible coût de fabrication. Relativement chers lors de leur apparition, ils sont aujourd'hui raisonnablement bon marché[réf. nécessaire].

Plus récemment, des godemichets de verre borosilicate (pyrex)[7] sont apparus sur le marché. Ils sont plus chers et plus rigides.

Usages[modifier | modifier le code]

Utilisation vaginale d'un godemichet

Les godemichets sont utilisés par une population des deux sexes, de toutes orientations sexuelles, pour un usage solitaire ou à plusieurs. La pénétration vaginale est l'usage le plus courant[réf. nécessaire] dans le cadre d'une utilisation solitaire de masturbation chez la femme. Le godemichet, éventuellement muni d'un harnais qu'on appelle gode-ceinture, peut aussi être utilisé pour la pénétration anale (sodomie) d'un homme ou d'une femme ou encore pour la pénétration vaginale d'une femme.

Les godemichets ont également une utilisation fétichiste. Ils peuvent être utilisés comme bâillon, ou pour la pénétration orale dans une sorte de fellation artificielle.

Les godemichets en verre, ou l'usage de verre de table à cet effet, se justifient d'une manière supplémentaire : il est alors possible de voir, de manière déformée, l'intérieur de l'orifice pénétré. Sont également utilisés à cet effet des spéculums, copies de l'appareil médical, vendus en boutiques spécialisées et utilisés peu ou prou de la même manière.

Variations[modifier | modifier le code]

Un double godemichet

Il existe des godemichets à deux têtes (double-do), ou godemichets doubles (double godes), de différentes formes, utilisables pour des relations entre deux individus, ceux-ci se plaçant chacun à une extrémité, ou pour, après avoir été pliés en deux, être utilisés sur la même personne pour effectuer une double pénétration.

On trouve des godemichets doubles d'une autre sorte : les deux bras sont quasiment parallèles, de taille et d'épaisseur différentes. Ils sont utilisables pour une pénétration vaginale et anale simultanée. Certains comportent un vibreur supplémentaire pour stimuler le clitoris. De manière générale, le bras à destination anale est plus long et plus fin que le bras à destination vaginale (l'anus est de dilatation plus malaisée que le vagin et le rectum est plus long, car il se prolonge dans le côlon).

Les godes ceinture ou harnais godemichet sont étudiés pour être portés via un harnais, comme prothèse masculine pour une femme, ou pour être portés de manière interne parfois avec des accessoires vibratoires externes. On trouve ainsi des godemichets multiples (doubles ou triples) destinés à des femmes voulant sodomiser leur partenaire : le godemichet interne est destiné à stimuler le vagin de la femme qui le porte, un autre godemichet interne peut permettre un stimulation anale, tandis que le godemichet externe est destiné au rectum du partenaire. Ce type de harnais peut être muni d'un mécanisme de verrou, utilisé dans les pratiques sado-masochistes.

Il existe des godemichets gonflables dont l'épaisseur peut varier.

Les plugs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Plug anal.

Certains godemichets sont destinés à la pénétration et à la résidence anale. Un godemichet de ce type est appelé buttplug ou plug anal ; il n'existe pas d'équivalents stricts en français mais par endroits le terme « bouchon » est aussi utilisé[réf. souhaitée]. Il a une forme particulière, celle de deux cônes joints par la base, un disque coiffant un de ces deux cônes. Cette forme assure la persistance de l'objet qui est maintenu par le sphincter anal qui se resserre autour du rétrécissement entre le cône et le disque, l'intégralité du volume des deux cônes se situant dans le rectum à ce moment-là. La sécurité d'emploi est assurée par le disque qui, d'un diamètre supérieur à la base des cônes, empêche l'objet de pénétrer entièrement dans le rectum.

L'usage principal du plug est d'être inséré puis conservé le plus longtemps possible par son receveur, celui-ci vaquant à d'autres activités alors même qu'il porte l'objet[réf. souhaitée]. Le défi consiste à le porter en présence d'autrui sans être remarqué malgré le plaisir forcément provoqué, et malgré une démarche différente[réf. nécessaire].

Santé et sécurité[modifier | modifier le code]

Les godemichets peuvent transmettre des MST, de la même façon que les autres formes de contacts sexuels, et doivent, impérativement, être protégés avec un préservatif en cas de contacts partagés. Par ailleurs, il est nécessaire de laver son godemichet avant et après l'utilisation et de le conserver dans un endroit sec.

Les godemichets doivent être de préférence lavés avec un produit à vaisselle particulièrement désinfectant. Cela suffit, car ils ne doivent jamais être utilisés sans protection, la meilleure des protections étant le préservatif.

Les plugs en plexiglas ont une plate-forme collée qui peut se décoller facilement à l'usage. Le danger est que la plug non-retenue par la plate-forme reste bloqué dans la cavité anale, ce qui nécessite ensuite une intervention chirurgicale pour l'extraire. Il est donc préférable de choisir des plugs en latex ou en chrome.

Évocation dans les arts[modifier | modifier le code]

Sainte-Thérèse, dessin par Félicien Rops.

Littérature[modifier | modifier le code]

« Dès que nous fûmes debout, elle n’eut rien de plus pressé que de passer à l’examen de cet outil si nouveau pour elle.

Je l’aidai à en désunir toutes les parties : il était parfaitement semblable à un vit ; toute la différence consistait dans des ondes transversales depuis la tête jusqu’à la racine pour procurer un frottement plus actif. Il était d’argent, mais couvert des couleurs de la nature, et d’un vernis dur et poli. Il était vide, mince et léger. Dans le milieu de l’espace, il y avait un tuyau du même métal, rond et plus gros qu’une plume, dans lequel il y avait un piston. Ce tuyau se vissait à un autre bout percé et soudé au fond de la tête. Il se trouvait par ce moyen des espaces autour de cette petite seringue, dont elle avait l’effet, et les parois de celui qui imitait le vit. Un morceau de liège, taillé pour boucher exactement ce dernier, avait un trou qui laissait entrer très juste la naissance de la petite pompe, dans lequel on insérait un ressort d’acier en spirale qui repoussait le piston par le moyen d’une détente. Quand Rose l’eut bien tourné et retourné :

— Il faut encore, me dit-elle, que tu m’apprennes comment on lui fait faire son office.

— On emplit, lui dis-je, le godemiché d’eau suffisamment échauffée pour en supporter la chaleur sur les lèvres ; on le bouche bien avec le morceau de liège, auquel tu vois cet anneau pour le retirer ; on emplit ensuite la pompe, par le moyen du piston qu’on attire, de colle de poisson fondue et légèrement teinte de blanc qu’on tient toute préparée : la chaleur de l’eau se communique aussitôt à cette liqueur qui ressemble autant qu’il est possible à la semence. »

  • Fight Club de Chuck Palahniuk : un garde de sécurité travaillant dans un aéroport mentionne qu'il y a de temps en temps des alertes à la bombe déclenchées par un godemichet vibreur rangé dans une valise qui s'est allumé tout seul.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Dans L'Empire des sens (1976), une scène montre l'utilisation d'un godemichet dans un cercle de courtisanes.
  • Dans Requiem for a Dream, un double godemichet est utilisé « cul à cul » ou, plus communément, « ass to ass ».
  • Dans Oh My God ! (2011), une comédie originale qui se propose de retracer l'invention du premier vibromasseur.

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Charles Trenet, dans La Folle Complainte, parle de la bonne qui « n'est pas sage » : « On l'a trouvé hier soir / Derrière la porte en bois / Avec une passoire / Se donnant de la joie. »
  • Georges Brassens, dans sa chanson Mélanie, raconte l'histoire d'une bonne de curé qui se sert de cierges comme godemichet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaires Le Robert, 1998, p. 1603.
  2. Handbook of the Evolution of Human Sexuality, Michael R. Kauth, Routledge, 2013, p. 94
  3. Ancient phallus unearthed in cave, Jonathan Amos , BBC,25 juillet 2005
  4. South-Western Germany, Masculine Palaeolithic, World Archaeology, 6 septembre
  5. Selon le fragment H71 de Lucilius évoquant un noctipungam medicam : Satires. Tome III : Livres XXIX-XXX et fragments. Belles Lettres, 1992, éd. François Charpin.
  6. Exemple de godemichet en acier chromé
  7. Exemple de godemichet en verre borosilicate

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]