Godemichet
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Un godemichet, dildo en anglais ou olisbos, parfois orthographié « godemiché » et abrégé en « gode » ou en « miché », est un jouet sexuel destiné à procurer les sensations offertes par un phallus, lors de la masturbation ou lors des rapports sexuels.
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Définition[modifier]
Il y a une sorte de consensus[réf. nécessaire] sur le fait qu'un accessoire ne vibrant pas, approchant la forme, la taille et l'apparence globale d'un phallus, soit un godemichet. Certains incluent les objets vibrants à cette description. Certains excluent les prothèses de pénis, autrement appelées extensions. Certains peuvent également inclure les accessoires utilisés dans un but clair de pénétration vaginale, même s'ils n'ont pas un aspect très phallique. Certains incluent également les accessoires voués à la pénétration anale, alors que d'autres non.
Étymologie[modifier]
Deux hypothèses sont en présence pour expliquer l'origine du mot dont la première apparition connue sous la forme « godemichou » est relevée en 1611 :
- Le catalan godomacil (1409) pour « cuir de Gadamès » ;
- Gaude mihi, « réjouis-moi » en latin médiéval.
La forme « gode », par apocope de godemichet, apparaît vers 1930[1].
Historique[modifier]
L’utilisation des premiers godemichets semble très ancienne, dans la mesure où des recherches archéologiques ont mis au jour un godemichet de pierre dans la grotte de Hohle Fels située en Allemagne. La datation au carbone de cet objet le situerait dans une fourchette allant de 27 000 à 28 000 ans av. J.-C. La littérature latine atteste leur usage au IIe siècle av. J.-C.[2].
L’Égypte ancienne regorge de fresques, de sculptures, d’amulettes, de phallus isolés ou associés à des objets ou à des dieux. Ainsi, dans la mythologie égyptienne, le dieu Osiris, était aussi symbolisé par un phallus disproportionné. De même, comme l’évoque Jacques-Antoine Dulaure dans son ouvrage Les Divinités génératrices (1805), l’historien et explorateur Hérodote du Ve siècle av. J.-C., qui a assisté à cette cérémonie, la décrit de cette manière :
- « Les Égyptiens célèbrent la fête de Bacchus à peu près de la même manière que les Grecs ; mais, au lieu de Phallus, ils ont inventé des figures d’environ une coudée de haut, qu’on fait mouvoir par le moyen d’une corde. Les femmes portent, dans les bourgs et les villages, ces figures dont le membre viril n’est guère moins grand que le reste du corps, et qu’elles font remuer. Un joueur de flûte marche à la tête ; elles le suivent en chantant les louanges de Bacchus… »
Le poète Aristophane, au Ve siècle av. J.-C., le met en scène une pièce de théâtre, Lysistrata. Cette œuvre montre des femmes qui se plaignent de l’abstinence à laquelle les obligent leurs maris qui consacrent leur temps à la guerre. On y voit aussi un culte voué au dieu Dionysos où des femmes portent en procession des phallus géants, pour améliorer leur fécondité et leur fertilité.
Le culte phallique sera conservé par les Romains à travers le dieu Priape, dieu de la fertilité, reconnaissable à son gigantesque pénis, constamment en érection.
Le godemichet contemporain[modifier]
Matières[modifier]
Les premiers godemichets ont été fabriqués en pierre, bois, cuir, ou céramique à Saint-Pol-de-Leon ainsi qu'à St Meen[réf. nécessaire]. Les godemichets de cuir rembourrés de coton restent encore utilisés par certaines personnes aujourd'hui[réf. nécessaire]. Durant le XIXe siècle, ils ont parfois été utilisés en psychiatrie pour lutter contre l'hystérie[3].
Des godemichets de caoutchouc, habituellement renforcés intérieurement par une tige d'acier, ont été fabriqués dans les années 1940[réf. nécessaire]. Ce procédé était cependant un pis-aller, l'usure temporelle du caoutchouc le fragilisant permettant à la tige d'acier d'apparaître, et de provoquer des lésions et blessures plus ou moins graves.
Plus tard, des godemichets de PVC recouverts de PVC souple se sont répandus. De nos jours, de nombreux godemichets bon marché sont ainsi fabriqués[réf. nécessaire].
Les godemichets d'acier chromé sont relativement peu répandus, sauf dans les cercles BDSM[réf. nécessaire]. Ils ne sont pas particulièrement confortables, en raison de leur rigidité et de leur température plus froide que le corps[réf. nécessaire].
Depuis les années 1990, les godemichets de silicone prolifèrent en raison de leur faible coût de fabrication. Relativement chers lors de leur apparition, ils sont aujourd'hui raisonnablement bon marché[réf. nécessaire].
Plus récemment, des godemichets de verre borosilicate (pyrex) sont apparus sur le marché. Ils sont plus chers et plus rigides.
Usages[modifier]
Les godemichets sont utilisés par une population des deux sexes, de toutes orientations sexuelles, pour un usage solitaire ou à plusieurs. La pénétration vaginale est l'usage le plus courant[réf. nécessaire] dans le cadre d'une utilisation solitaire de masturbation chez la femme. Le godemichet, éventuellement muni d'un harnais qu'on appelle gode-ceinture, peut aussi être utilisé pour la pénétration anale (sodomie) d'un homme ou d'une femme ou encore pour la pénétration vaginale d'une autre femme.
Les godemichets ont également une utilisation fétichiste. Ils peuvent être utilisés comme bâillon, ou pour la pénétration orale dans une sorte de fellation artificielle.
Les godemichets en verre, ou l'usage de verre de table à cet effet, se justifient d'une manière supplémentaire : il est alors possible de voir, de manière déformée, l'intérieur de l'orifice pénétré. Sont également utilisés à cet effet des spéculums, copies de l'appareil médical, vendus en boutiques spécialisées et utilisés peu ou prou de la même manière.
Variations[modifier]
Il existe des godemichets à deux têtes (double-do), ou godemichets doubles (double godes), de différentes formes, utilisables pour des relations entre deux individus, ceux-ci se plaçant chacun à une extrémité, ou pour, après avoir été pliés en deux, être utilisés sur la même personne pour effectuer une double pénétration.
On trouve des godemichets doubles d'une autre sorte : les deux bras sont quasiment parallèles, de taille et d'épaisseur différentes. Ils sont utilisables pour une pénétration vaginale et anale simultanée. Certains comportent un vibreur supplémentaire pour stimuler le clitoris. De manière générale, le bras à destination anale est plus long et plus fin que le bras à destination vaginale (l'anus est de dilatation plus malaisée que le vagin et le rectum est plus long, car il se prolonge dans le côlon).
Les godes ceinture ou harnais godemichet sont étudiés pour être portés via un harnais, comme prothèse masculine pour une femme, ou pour être portés de manière interne parfois avec des accessoires vibratoires externes. On trouve ainsi des godemichets multiples (doubles ou triples) destinés à des femmes voulant sodomiser leur partenaire : le godemichet interne est destiné à stimuler le vagin de la femme qui le porte, un autre godemichet interne peut permettre un stimulation anale, tandis que le godemichet externe est destiné au rectum du partenaire. Ce type de harnais peut être muni d'un mécanisme de verrou, utilisé dans les pratiques sado-masochistes.
Il existe des godemichets gonflables dont l'épaisseur peut varier.
Les plugs[modifier]
Certains godemichets sont destinés à la pénétration et à la résidence anale. Un godemichet de ce type est appelé "butplug" ou simplement « plug » ; il n'existe pas d'équivalents stricts en français mais par endroits le terme « bouchon » est aussi utilisé[réf. souhaitée]. Il a une forme particulière, celle de deux cônes joints par la base, un disque coiffant un de ces deux cônes. Cette forme assure la persistance de l'objet qui est maintenu par le sphincter anal qui se resserre autour du rétrécissement entre le cône et le disque, l'intégralité du volume des deux cônes se situant dans le rectum à ce moment-là. La sécurité d'emploi est assurée par le disque qui, d'un diamètre supérieur à la base des cônes, empêche l'objet de pénétrer entièrement dans le rectum.
L'usage principal du plug est d'être inséré puis conservé le plus longtemps possible par son receveur, celui-ci vaquant à d'autres activités alors même qu'il porte l'objet[réf. souhaitée]. Le défi consiste à le porter en présence d'autrui sans être remarqué malgré le plaisir forcément provoqué, et malgré une démarche différente[réf. nécessaire].
Santé et sécurité[modifier]
Les godemichets peuvent transmettre des MST, de la même façon que les autres formes de contacts sexuels, et doivent, impérativement, être protégés avec un préservatif en cas de contacts partagés. Par ailleurs, il est nécessaire de laver son godemichet avant et après l'utilisation et de le conserver dans un endroit sec.
Les godemichets doivent être de préférence lavés avec un produit à vaisselle particulièrement désinfectant. Cela suffit, car ils ne doivent jamais être utilisés sans protection, la meilleure des protection étant le préservatif.
Les plugs en plexiglas ont une plate-forme collée qui peut se décoller facilement à l'usage. Le danger est que la plug non-retenue par la plate-forme reste bloqué dans la cavité anale, ce qui nécessite ensuite une intervention chirurgicale pour l'extraire. Il est donc préférable de choisir des plugs en latex ou en chrome.
Évocation dans les arts[modifier]
Littérature[modifier]
- Histoire d'O de Pauline Réage : O utilise un godemichet anal « en ébonite inséré derrière et maintenu en place par trois petites chaînes reliées à une ceinture de cuir autour de ses hanches, pour que les muscles internes ne puissent l’expulser. Une petite chaîne suivait le sillon de ses fesses et les deux autres de chaque côté de son triangle pubien, pour éviter toute sodomie si besoin. »
- Le Godemichet de la gloire, poème de Théophile Gautier.
Cinéma[modifier]
- Dans L'Empire des sens (1976), une scène montre l'utilisation d'un godemichet dans un cercle de courtisanes.
- Dans Requiem for a dream, un double godemichet est utilisé « cul à cul » ou, plus communément, « ass to ass ».
- Dans Oh My God !(2011), une comédie originale qui se propose de retracer l'invention du premier vibromasseur.
Chansons[modifier]
- Charles Trenet, dans La Folle Complainte, parle de la bonne qui « n'est pas sage » : « On l'a trouvé hier soir / Derrière la porte en bois / Avec une passoire / Se donnant de la joie. »
- Georges Brassens, dans sa chanson Mélanie, raconte l'histoire d'une bonne de curé qui se sert de cierges comme godemichet.
- Mylène Farmer, Sextonik, dans son album Point de suture. Une douce ode au godemichet.
- Kyary Pamyu Pamyu, dans sa chanson "Chou Ii No", parle, de manière subtile, d'un godemichet.
Notes et références[modifier]
- Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaires Le Robert, 1998, p. 1603.
- Selon le fragment H71 de Lucilius évoquant un noctipungam medicam : Satires. Tome III : Livres XXIX-XXX et fragments. Belles Lettres, 1992, éd. François Charpin.
- Tout sur le vibromasseur, paragraphe Historique.
Annexes[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Sexualité humaine ~ kamasutra
- Jouet sexuel
- Vibromasseur
- Harnais godemichet
- Électrostimulation érotique