Acteur de films pornographiques

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Lisa Ann, star du X.

Les acteurs de films pornographiques sont parfois appelés acteur X ou actrice X ou encore hardeur ou hardeuse ou même star du X.

Des législations les considèrent comme des travailleurs du sexe car faisant commerce de leur corps. Ce que contestent certains acteurs qui arguent du fait qu'ils ne sont pas payés directement par leur partenaire mais par l'intermédiaire d'un studio ou d'une agence de recrutement. Cela dit, certaines prostituées ne sont pas payées directement non plus mais bien par l'intermédiaire d'un souteneur.

Certain(e)s acteurs/actrices X se sont spécialisé(e)s dans des créneaux définis : lesbianisme, bondage, strap-on, sodomie, double pénétration, avaleuse de sperme, cul à la bouche, adolescente, interracial ou MILF.

Histoire du film pornographique[modifier | modifier le code]

Photographies d'un film érotique autrichien, vers 1906, par le photographe Johann Schwarzer.

Les films pornographiques font partie des tout premiers films réalisés à la suite de l'invention du cinéma par les frères Lumière. Ces premiers films sont fortement marqués d'amateurisme et généralement tournés dans des maisons closes, mettant en scène des prostituées et leurs clients. Ces films sont également généralement projetés dans ces mêmes maisons closes.

À la suite du développement du cinéma muet au début du XXe siècle, les tournages de films pornographiques sont parfois réalisés en parallèle des films plus conventionnels, l'équipe de tournage utilisant les mêmes décors et parfois les mêmes acteurs. Ces tournages apportaient un apport financier permettant de soutenir la production de l'œuvre principale. Des réalisateurs très connus du cinéma muet en noir et blanc ont ainsi réalisé des films pornographiques. Les actrices de ces films sont généralement des prostituées ou de jeunes actrices.

Années 1970

Les films pornographiques de l'après guerre suivent les innovations technologiques du cinéma conventionnel. Des salles de cinéma dédiées les projettent. Plusieurs tentatives ont eu lieu aux États-Unis dans les années 1970 pour proscrire la pornographie. Mais les tribunaux firent la distinction entre une personne qui reçoit de l'argent en contrepartie d'un rapport sexuel, et la représentation cinématographique ou photographique d'un rapport sexuel.

La première femme à avoir été reconnue star du X est Linda Lovelace à la suite de sa participation dans le film Gorge profonde (Deep throat en version originale) de 1972. Le succès de ce film, qui engrangea des recettes record, engendra bien d'autres films et de nouvelles « stars » comme Marilyn Chambers (dans Behind the Green Door), Gloria Leonard (dans The Opening of Misty Beethoven), Georgina Spelvin (dans The Devil in Miss Jones), Tina Russell, Leslie Bovee, Sharon Mitchell, Colleen Brennan, Careena Collins, Sharon Kane, Constance Money, Linda Wong, Bambi Woods (dans Debbie Does Dallas).

En France, le documentaire Exhibition (Jean-François Davy 1975) apporte un éclairage original sur la pornographie et révèle l'actrice Claudine Beccarie. Les principales stars de cette période ont été Sylvia Bourdon, Brigitte Lahaie, Karine Gambier et Barbara Moose. Chez les hommes, ce sont Richard Lemieuvre, Jean-Pierre Armand, Alban Ceray, Gabriel Pontello, Charlie Schreiner ou Jean-Louis Vattier qui figurent dans la plupart des films de cette époque. Leur carrière s'arrêtera au début des années 1980.

Années 1980

Cette période est qualifiée d'« âge d'or de la pornographie », au début des années 1980. Les principaux protagonistes de cette époque sont John Holmes, Kay Parker, Seka, Ginger Lynn, Annette Haven, Veronica Hart, Desiree Cousteau, Colette Choisez, Vanessa del Rio, Savannah, Traci Lords, Nina Hartley ou encore Hyapatia Lee. On note que les acteurs masculins sont moins connus que leurs collègues féminins, mais certains d'entre eux constituent l'exception qui confirme la règle, comme Jamie Gillis et John Leslie.

En France, les stars étaient Marilyn Jess, Olinka Hardiman, Dominique Saint Claire, Élisabeth Buré et Mina Houghe.

Années 1990

Le développement des technologies de support comme les cassettes vidéo VHS puis le DVD, permit l'accès au grand public des films pornographiques dans le cadre de la vie privée, en quittant le milieu restreint des cinémas X. La qualité des productions déclina généralement pour répondre à une demande continuellement croissante. Il existe plusieurs centaines de studios qui produisent des dizaines de milliers de films chaque année, et plusieurs milliers de personnes travaillent comme acteur ou actrice pornographiques.

Le public hétérosexuel masculin constitue la majeure partie du marché. Ainsi les femmes au physique agréable, capables de tourner aussi bien avec des hommes qu'avec des femmes, sont les actrices les plus demandées comme Jenna Jameson, Belladonna, Aurora Snow, Asia Carrera, Jill Kelly, Chloe Jones, Heather Hunter, Ashlyn Gere et Racquel Darrian.

C'est aussi l'arrivée des stars des pays de l'Est comme Silvia Saint, Daniella Rush, Monica Sweetheart, Anita Dark, Lea Martini, Sandra Romain

Les stars françaises étaient Tabatha Cash, Julia Channel, Rebecca Lord et surtout Laure Sainclair.

Homme

Le physique chez les acteurs masculins est longtemps passé au second plan, les éléments les plus importants étant leur capacité à maintenir une érection et à éjaculer sur demande. Les acteurs masculins sont depuis longtemps moins nombreux que les actrices, et leur salaire sensiblement inférieur. Leur rôle étant de servir de substitut au spectateur, ils ont généralement un rôle de second plan, la caméra se focalisant principalement sur sa partenaire féminine. Cependant, à partir des années 1980, le phénomène de starisation se développa aussi parmi les acteurs masculins, sous l'impulsion d'acteurs comme Rocco Siffredi, Ron Jeremy, Lexington Steele, Rodney Moore, Ed Powers, Vince Vouyer et Peter North qui font partie des acteurs hétérosexuels les plus connus. Les stars françaises sont Titof, HPG, Philippe Dean, Didier LaDule, Ian Scott et Manuel Ferrara.

La capacité de production commençant à saturer le marché du film pornographique, les pratiques évoluèrent vers des pratiques jusqu'ici plus confidentielles, comme la sodomie, le BDSM, les multiples pénétrations, etc. Certaines de ces pratiques furent incorporées aux films pornographiques plus conventionnels, créant une nouvelle norme de pratiques sexuelles. D'autres studios se sont tournés vers un système à longue traîne, se spécialisant dans la réalisation de fantasmes plus spécifiques et ne touchant qu'un nombre limité d'amateurs, mais en diversifiant leur offre afin d'occuper ces niches commerciales. Certains studios japonais se sont ainsi spécialisé dans ce type de marché, proposant aux consommateurs de signaler les fantasmes qui les intéressent, le studio réalisant les films ensuite. Les acteurs et actrices les plus recherchés devinrent donc ceux qui incorporaient ces pratiques à leur répertoire de jeu d'acteur.

Années 2000

L'internet et le web vont changer la donne, les films X sont téléchargés illégalement et parallèlement le paiement se met en place sur des sites web pour voir des films. Tout cela donne accès à un plus large public international. Les actrices X sont rapidement propulsées « starlette » par le web. Les amateurs deviennent aussi des stars avec leur webcam. Mais les américaines dominent toujours le marché comme Jenna Haze, Tory Lane, Brooke Haven, Sasha Grey et bien d'autres. Les Françaises sont Katsuni, Melissa Lauren et Ovidie.

Maladies[modifier | modifier le code]

En raison de la nature de leur métier et des rapports sexuels rarement protégés, les acteurs et actrices porno sont particulièrement vulnérables au SIDA et autres maladies sexuellement transmissibles ; le port du préservatif est généralement obligatoire si les films sont destinés à la télévision (France, États-Unis…).

Dans les années 1980 aux États-Unis, le SIDA tue plusieurs acteurs et actrices érotiques, notamment John Holmes et Lisa De Leeuw. C'est alors qu'est créée l'Adult Industry Medical Health Care Foundation. Cette fondation met en place des tests de séropositivité mensuels et demanda que chaque rapport soit répertorié. Ainsi, aujourd'hui aux États-Unis, un éventuel séropositif peut-il être identifié, contacté et à nouveau expertisé sous trois à six mois. Les taux de transmission du VIH s'avérèrent relativement bas et, entre 2000 et 2004, aucun cas de transmission ne fut relevé. En 2004, l'acteur Darren James a été contrôlé positif au VIH. Une de ses anciennes partenaires de scène, Lara Roxx, fut à son tour testée positivement. James aurait eu des rapports avec douze autres actrices.

En France, les MST seraient moins présentes, l'utilisation de préservatifs s'étant très vite imposée dans les plus grandes productions. L'actrice Ovidie présente d'ailleurs la différence française sur ce point dans son livre Porno Manifesto[1].

Depuis le début des années 2010, l'industrie du porno est confrontée à une certaine recrudescence de l'épidémie de SIDA[2].

Controverses[modifier | modifier le code]

D'anciennes actrices de ce milieu se sont senties des victimes et ont fini par le quitter comme l'actrice française Laure Sainclair.

Le professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa Richard Poulin[3] explique que « les gens sont prêts à prendre le risque de tomber aux mains de trafiquants pour améliorer leur vie, et de l’autre, il y a une tendance dans les pays industrialisés à employer de la main-d’œuvre bon marché, non déclarée, et d’exploiter sexuellement les femmes et les enfants dans l’industrie de la prostitution et de la pornographie. »

Ovidie, qui se qualifiait auparavant de « travailleuse du sexe », admet que « parfois, il y a des choses qui sont très violentes et qui laissent des marques ». Elle dit « être sexuellement attirée par les images fortes, de puissance. Par la violence guerrière presque sublime (…) » [4]. Comme d'autres femmes, notamment l'américaine Annie Sprinkle, Ovidie a abandonné le statut d'actrice pour passer à la réalisation.

Starisation[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'actrices (et un nombre plus limité d'acteurs) ont acquis une véritable célébrité qui dépasse parfois leur domaine. Les films ou les images de ces actrices sont recherchés par les amateurs qui constituent notamment des sites de fans. Ces actrices ont d'ailleurs souvent leur propre site web (en grande partie payants) et participent à des manifestations publiques (salons de l'érotisme…) où elles peuvent rencontrer leurs admirateurs. Certaines actrices parviennent ainsi à mener des carrières qui s'étalent sur plus d'une dizaine d'années.

La notoriété de ces acteurs et actrices déborde parfois du milieu pornographique, en participant à des émissions télévisées ou radiodiffusées grand public ou en débutant une carrière dans d'autres domaines du show business. Ainsi l'acteur Rocco Siffredi a tourné dans des films plus classiques comme le Romance de Catherine Breillat, et certaines actrices se sont tournées vers la chanson, comme Clara Morgane ou Catherine Ringer.

Il est cependant à noter que l'on ne saurait confondre ces prestations. Lorsque Rocco Siffredi joue pour Catherine Breillat, il le fait avec un souci de composition qui, quoi qu'on en pense, échappe à la caricature pornographique qui définit l'acteur du X[1].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autobiographies[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Dian Hanson sur la vie de : Fifty Years of Slightly Slutty Behavior (en)
  • Rocco Siffredi, Rivituso Alessio et Catherine Siné, Rocco raconte Rocco, 2006 (ADCAN)
  • Matthieu Dubost, La tentation pornographique : Réflexions sur la visibilité de l'intime, 2006 (Ellipses)
  • François Jouffa, Tony Crawley, L'Âge d'or du cinéma érotique et pornographique, 2003 (Ramsay)
  • Le Cinéma X (Sous la direction de Jacques Zimmer), 2002 (La Musardine)
  • Dolly Golden, Le Meilleur des perles du X, 2001 (Michel Lafon)
  • Christophe Bier,Jacquet Christian de Gosselies Censure-moi. Histoire du classement X en France, 2000 (L'Esprit frappeur)
  • Gérard Lenne, Erotisme et cinéma, 1998 (La Musardine)
  • McNeill Legs, Osborne Jennifer, Pavia Peter, Shattered Innocence Los Angeles/Farmington, Minnesota 1983-1984 dans The Other Hollywood, The Uncensored Oral History of the Porn Film Industry, Regan Books, Harper Collins, 2004
  • Annie Sprinkle, A. Post-porn modernist: my 25 years as a multimedia whore. Cleis Press, 1998 (en anglais).
  • Pornstar (Anthony Sitruk), 2013, La Musardine

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b cf. Matthieu Dubost, La tentation pornographique – réflexions sur la visibilité de l'intime, 2005
  2. http://www.youtube.com/watch?v=eW717VsfgsU
  3. dans La Mondialisation des industries du sexe, Ottawa, Éditions l'Interligne, 2004.
  4. Entretien d'Ovidie avec Marzano, 2003
  5. feminist porn awards[1]

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