Vibromasseur

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Vibromasseur (godemichet) pour stimulation vaginale (d’autres usages sont cependant possibles).

Un vibromasseur est un objet muni d'un petit moteur électrique permettant de donner une stimulation sexuelles. Les plus courants sont les godemichets vibrants.

Sommaire

Histoire [modifier]

Références historiques et culturelles [modifier]

Il n'existe pas de civilisations ou de continents où des vestiges en forme de sexe d'homme n'ont pas été retrouvés par des archéologues. Les premières traces de ce que l'on appelle aujourd'hui vibromasseur remontent à l'ère paléolithique. Dans la grotte de Hohle Fels, il a été découvert un phallus de 20 cm environ. La datation au carbone le situerait autour de 27000 ans av. J.-C.

À l'époque gréco-romaine, le phallus fait l'objet d'un culte au nom de la fécondité ou de la fertilité. L'ancêtre du vibromasseur est déjà utilisé comme objet de plaisir. On connaît de nombreuses fresques, poteries, sculptures représentants des sexes en érection de même que l'on a retrouvé des jouets sexuels taillés dans le bois ou la pierre et même, pour certains, fabriqués en cuir. Leurs tailles sont variables. Ces objets semblent avoir été utilisés par les deux sexes.

Au Ve siècle av. J.-C., Aristophane met en scène la pièce de théâtre Lysistrata qui met notamment en avant un culte à Dionysos où des femmes portent des sexes géants pour améliorer leur fertilité.

Dans la mythologie égyptienne, Osiris était notamment représenté par un sexe disproportionné. Jacques-Antoine Dulaure indique dans son ouvrage Les Divinités génératrices[1] :

« Les Égyptiens célèbrent la fête de Bacchus à peu près de la même manière que les Grecs ; mais, au lieu de Phallus, ils ont inventé des figures d’environ une coudée de haut, qu’on fait mouvoir par le moyen d’une corde. Les femmes portent, dans les bourgs et les villages, ces figures dont le membre viril n’est guère moins grand que le reste du corps, et qu’elles font remuer. Un joueur de flûte marche à la tête ; elles le suivent en chantant les louanges de Bacchus… »

Si l'on s'éloigne de la Méditerranée pour aller vers l'Orient, au Japon, l'on retrouve aussi des mentions de ces objets. Ainsi, Pierre d’Assy dans son ouvrage Mentor indique que « les Japonais voyageant confirmaient leur haut degré de civilisation en préférant confier un olisbos aux épouses esseulées. »

En France, Pierre de Ronsard écrit au XVIe siècle[2] :

« Amour, je ne me plains de l'orgueil endurcy,
Ny de la cruauté de ma jeune Lucresse ;
Ny comme, sans secours, languir elle me laisse :
Je me plains de sa main et de son godmicy. »

Invention [modifier]

Les premiers vibromasseurs apparaissent en 1883, inventés par le Dr Joseph Mortimer Granville[3]. Ils sont des outils à usage strictement médical (qui portent un autre nom), utilisés par des médecins dans les asiles de fous hébergeant des femmes hystériques, puis dans les cabinets de médecins spécialiste et de famille pour soigner les crises d'hystérie de femmes souffrantes — folles, malades ou, pour certaines, délaissées trop longtemps par leur compagnon, dont les veuves.

Dans cette société du XIXe siècle, très prude et austère à la moralité imposant des contraintes pour ne pas être déshonorée, la femme qui a besoin de soigner un manque certain de stimulation ne peut donc avoir recours qu'au médecin et à sa discrétion. Comme, de tout temps, le manque de stimulation cause aux femmes, dans certains cas, une grande irritabilité et d'autres symptômes peu engageants qui détériorent leur qualité de vie, le traitement consistait en quelques séances de stimulation vaginale, ce qui rendait assez vite à la patiente un comportement plus acceptable — déjà, médicalement parlant — ainsi que, pour les femmes aisées, en société : elles retrouvaient calme et bien-être, même si ce n'était pas toujours parfait. Le traitement était donc une amélioration visible et mesurable. Auparavant, faute de traitement, on enfermait les femmes prise d'hystérie dans les asiles d'aliénés avec tout ce que cela impliquait.

Les premiers appareils étaient encombrants ; ils fonctionnaient via un branchement à une prise de courant et nécessitaient toute l'expérience du praticien pour être correctement utilisés ; une séance comportait généralement plusieurs tentatives pour mener la patiente à l'orgasme afin d'optimiser les effets bénéfiques du traitement. Étrangement, cela restait un acte assez confidentiel et la pression sociale ne permettait pas d'envisager à une personne, même fortunée, de posséder un tel appareil considéré comme exclusivement médical et honteux.

Dans les années 1950[réf. nécessaire], les appareils sont formés d'anneaux (qui s'enfilent sur les doigts) sur lesquels est fixé un moteur électrique vibrant. Ces objets permettent de se faire des massages relaxant (cou, épaule, dos) avec une qualité équivalente à ceux que peut faire un masseur expérimenté[4].

Rapidement détournés[5] à des fins sexuelles, les « vibromasseurs » désignent aujourd'hui toute une catégorie de jouets sexuels.

Types [modifier]

Un canard vibrant, exemple de vibromasseur à usage externe.

Ces objets se répartissent en plusieurs catégories, selon le mode d'utilisation :

  • Stimulation clitoridienne : les héritiers directs des vibromasseurs d'origine ; ils ont des formes et des tailles variées, par exemple l'œuf vibrant. (Ils servent aussi à stimuler la prostate par application sur le périnée, sans pénétration anale.)
  • Stimulation vaginale : il s'agit de godemichets dans lesquels a été incorporé un dispositif vibrant. Certains vibromasseurs peuvent avoir une utilisation de type médical pour traiter les sphincters de certaines femmes atteintes d'incontinence, notamment à l'aide de dispositifs d'électro-stimulation (cependant, un tel usage doit être réalisé sous contrôle médical[6]).
Vibromasseurs pour stimulation anale.
  • Stimulation anale : il s'agit de jouets sexuels s'insérant dans l'anus et excitant celui-ci par leurs vibrations. En pratique, la différence entre un vibromasseur anal et un vibromasseur vaginal n'est pas toujours évidente.
  • Couplage stimulation clitoridienne et pénétration vaginale : les vibromasseurs « rabbits », dont la forme évoque vaguement celle d'un lapin, sont des godemichets accompagnés d'une bouture vibrante (les « oreilles » du lapin) permettant de stimuler le clitoris, tout en bénéficiant d'une pénétration vaginale. Il existe également de petits vibromasseurs recourbés destinés à être portés par la femme au cours d'un rapport sexuel[7] : une extrémité s'insère dans le vagin et stimule celui-ci en complément de la pénétration, tandis que l'autre extrémité stimule le clitoris.

Alimentation électrique [modifier]

Les vibromasseurs peuvent, selon les modèles, être alimentés par :

  • une ou des piles électriques,
  • une batterie rechargeable (les chargeurs peuvent utiliser diverses sources, y compris le solaire),
  • une dynamo (le vibromasseur Earth Angel[8]),
  • un branchement sur secteur.

Dans les trois premiers cas, tout risque d'électrocution est évité.

Au cinéma [modifier]

Notes et références [modifier]

Sources bibliographiques [modifier]

  • Rachel Maines, Technologies de l'orgasme. Le vibromasseur, l'"hystérie" et la satisfaction sexuelle des femmes, Paris, Payot, 2009 (ISBN 9782228904285)

Notes [modifier]

  1. « Du culte du phallus chez les Grecs ».
  2. Citation plus longue sur exeter.ac.uk.
  3. (en) Biographie de Joseph Mortimer Granville.
  4. Ils ont beaucoup été utilisés dans les cercles sportifs, par exemple chez les cyclistes, qui pouvaient ainsi se faire faire des massages de qualité par leurs soigneurs.
  5. De nos jours, les vibromasseurs à usage de massage ou médicaux ne portent plus ce nom à cause de la connotation sexuelle. Les services marketing des fabricants s'ingénient à leur trouver d'autres noms.
  6. Électrostimulation périnéale.
  7. We Vibe, LELO Tiani...
  8. Un éco-sextoy : le vibro-dynamo.
  9. Image de la séquence.
  10. Voir AlloCiné et RefList.

Article connexe [modifier]

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