Martinisme

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le sceau martiniste

Le martinisme est un courant de pensée ésotérique, rattaché à la mystique judéo-chrétienne. Ce courant de pensée remonte à Joachim Martinès de Pasqually, fondateur en 1761, de l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l'Univers, puis à son secrétaire, Louis-Claude de Saint-Martin, dit « le philosophe inconnu », célèbre par son livre Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers (1782). Le mot « martinisme » joue donc habilement sur les noms propres « Martinès » et « Saint-Martin ».

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est sous l'égide de Saint-Martin que le théosophe et occultiste Papus (Gérard Encausse) fonde l'Ordre Martiniste à la fin du XIXe siècle siècle. Le martinisme est donc issu d'une rencontre entre la théosophie et la pensée de Saint-Martin.

L'historien de l'ésotérisme Antoine Faivre écrivait que « La Théosophie est la doctrine chrétienne des XVIe et XVIIe siècles, tantôt populaire et mystique, tantôt érudite et philosophique, représentée par Paracelse, Boehme, Weigel, Fludd, etc., et qui se caractérise par la réflexion analogique ou l'illumination intérieure, l'expérience spirituelle, les notions : d'émanation, de chute originelle, d'androgynat, de sophia, de réintégration, d'arithmosophie, et surtout de double force »[1].

Certains chercheurs n'ont pas hésité à donner comme source de ce mouvement des confréries hermétiques du XIe siècle. Robert Ambelain, notamment, cite l'« Ordre des Frères d'Orient » (qui aurait été fondé à Constantinople en 1090) et fait remonter la généalogie du martinisme aux courants gnostiques alexandrins des Ie au Ve siècle. Par ailleurs, René Guénon écrit à André Bastien[2] que le mot Tradition (en tant qu' " histoire traditionnelle") est généralement employé comme synonyme pour mythologie, signification,ou symbolisme et non pas nécessairement comme réalité historique basée sur des faits: "A' ce propos, j'ai à peine besoin de vous dire que les prétendus Frères d'Héliopolis sont tout aussi imaginaires que les Frères d'Orient..." [3]

Classification[modifier | modifier le code]

Le martinisme est un courant qui relève de l'ésotérisme judéo-chrétien. Il se divise en quatre mouvements qui restent liés par leur histoire et par un même objectif (qui est, selon les mots de Papus, « la réhabilitation de l'Homme ») :

  1. le martinézisme, doctrine judéo-chrétienne et pratique théurgique fondées par J. Martinès de Pasqually en 1772
  2. le saint-martinisme, une philosophie fondée par Louis-Claude de Saint-Martin (secrétaire de Martinès de Pasqually) en 1775
  3. le willermozisme (et le Rite écossais rectifié), un rite maçonnique fondé par Jean-Baptiste Willermoz en 1778. Selon Michele Moramarco, qui a étudié les relations entre Martinisme et Franc-maçonnerie, on peut identifier aussi une forme de martinisme maçonnique dans les rituels "rose+croix" du Rite Philosophique Italien (1909)
  4. l'Ordre martiniste, Ordre fondé par Papus en 1891 ; en dérivent l'Ordre Martiniste Synarchique, fondé par Victor Blanchard en 1920, l'Ordre Martiniste Traditionnel, fondé par Augustin Chaboseau et Victor-Émile Michelet en 1931.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Martinisme[modifier | modifier le code]

  • Papus, Martinésisme, willermosisme, martinisme et franc-maçonnerie, Paris, Chamuel, 1899.
  • Teder (Ch. Détré), Rituel de l'Ordre martiniste (1913), in Œuvres Complémentaires de Louis-Claude de Saint-Martin, Éditions Déméter, 1985, 176 p.
  • Robert Amadou, Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme, Paris, Éditions du Griffon d'or, 1946.
  • Robert Ambelain, Le Martinisme, histoire et doctrine [1946], suivi de Le Martinisme contemporain et ses véritables origines [1948], Signatura, 2011, 288 p.
  • Robert Amadou, L'Ordre martiniste au temps de Papus, Paris, Cariscript, 1988.
  • Jean-Marc Vivenza, Le Martinisme, l'enseignement secret des Maîtres, Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz, fondateur du Régime Écossais Rectifié, Le Mercure Dauphinois, 2006.
  • Michele Moramarco, Nuova Enciclopedia Massonica, Foggia, Bastogi, 1997.
  • Stanislas de Guaita, "La Fraternité Martiniste et l'Ordre de la Rose-Croix" tiré de l'ouvrage "Essai de Sciences Maudites" (1886-1897).
  • André Bastien, Invocation au "Grand Architecte" - Rituel martiniste opératif et général, L'Initiation N° 1 de 1962 (janvier-février-mars)

Willermozisme[modifier | modifier le code]

  • Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup, Bruno Thévenon, Dictionnaire historique de Lyon, Stéphane Bachès, 2009, Lyon, 1054 p., (ISBN 978-2-915266-65-8)
  • Jean-Marc Vivenza, Les élus coëns et le Régime Ecossais Rectifié : de l'influence de la doctrine de Martinès de Pasqually sur Jean-Baptiste Willermoz, Le Mercure Dauphinois, 2010.

Martinésisme[modifier | modifier le code]

  • Martinès de Pasqually, Traité sur la réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine (1770-1772) (d'après le manuscrit de Louis-Claude de Saint-Martin), Diffusion Rosicrucienne, collection martiniste, 1999, édition présentée par Robert Amadou.
  • Robert Amadou, "Rituels d'initiation des Élus Coën", in L'Autre Monde, no 68, février 1983, p. 12-17. [1]
  • Franz von Baader, Les Enseignements secrets de Martinès de Pasqually, précédé d'une Notice sur le martinézisme et le martinisme, Bibliothèque Chacornac, 1900 ; rééd. Robert Dumas, 1976 ; Éditions Télétès, 2004.
  • Gilles Le Pape, Les écritures magiques, Aux sources du Registre des 2400 noms d'anges et d'archanges de Martinès de Pasqually, Arché Edidit, 2006.
  • G. Van Rijnberk, Un thaumaturge au XVIIIe s. : Martines de Pasqually. Sa vie, son œuvre, son ordre, t. I, Paris, Alcan, 1935 ; t. II, Lyon, Derain-Raclet, 1938 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Faivre, Encyclopædia Universalis, t. 15.
  2. Notice sur André Bastien sur le site belge du Martinisme
  3. Lettre à André Bastien - datée du 11 Octobre 1948