Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade

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L’ordre suprême de la Très Sainte Annonciade (dit communément ordre de l'Annonciade) est un ordre de chevalerie de Savoie, puis d’Italie, créé au cours de la seconde moitié du XIVe siècle. Depuis la déchéance de la maison de Savoie, en 1946, il en est le principal ordre dynastique.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’ordre de l’Annonciade fut créé probablement dans le courant du mois de janvier 1362 par le Comte Vert Amédée VI de Savoie, sous le nom d’Ordre du Collier. Il succédait ainsi à l’éphémère Ordre du Cygne noir, institué par le même Amédée VI, en 1350, à l’occasion du mariage de sa sœur Blanche avec Galéas II Visconti. Les statuts de l’Ordre du Collier furent codifiés par Amédée VIII, en 1409, puis profondément restructurés par le duc Charles III de Savoie, en 1518. C'est alors que l’Ordre du Collier pris le nom d’Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade, plus que jamais consacré à la Vierge, à travers la prière du rosaire et ses trois mystères (Mystères joyeux, mystères douloureux, mystères glorieux, chacun comprenant cinq prières) : il était donc composé de quinze chevaliers, parmi lesquels le comte de Savoie, chef légitime de l'ordre.

Amédée VII ajouta la devise FERT (« Fortitudo Eius Rhodium Tenuit, sa bravoure a défendu Rhodes ») fait référence à la défense de Rhodes contre les Turcs, opérée en 1315 par le Amédée V de Savoie[1], pour indiquer que le chevalier portait le signe de la foi. Les statuts s'étant perdus avec sa mort, Amédée VIII les recomposa en 1409 ; enfin, en 1518, Charles III ajouta au collier l'image de l'Annonciation, d'où le nom de l'ordre[2].

L’ordre de l’Annonciade réunit les meilleures conditions pour mériter une place de choix parmi les plus illustres ordres chevaleresques d’Europe, tels que l’Ordre de la Toison d'or (Bourgogne – 1430), l’ordre de la Jarretière (Angleterre 1348) ou l’ordre du Saint-Esprit (France – 1578). Il a pour lui l’ancienneté de sa fondation et le rôle historique joué par le célèbre fondateur et ses successeurs ; le nombre très restreint des chevaliers de cet Ordre ; à cela s'ajoutait, autrefois, la double sanction accordée à la valeur des chevaliers et à leur mérite par le choix du souverain et la ratification de leurs frères d’armes.

Au début du XVIIe siècle, avant les destructions de la Révolution, il subsistait un exemplaire du collier de l'ordre dans l'abbaye d'Hautecombe, comme le rapporte Samuel Guichenon, principal historiographe de la Maison de Savoie au Grand Siècle : « Il était d'or, large de trois doigts, avec ces lettres : FERT, et un lacs d'amour an bout de chaque FERT[3]. »

À partir du XIXe siècle, l'esprit chevaleresque et religieux ayant en effet disparu, l’ordre de l’Annonciade est maintenant conçu pour renforcer l’amitié entre les souverains régnants. Cette distinction est également réservée aux membres des familles royales et aux chefs d’État. Le nombre de décorés est toujours restreint à vingt personnalités, réparties, à notre époque, selon deux critères : le grand collier pour les nationaux italiens ; le petit collier pour les étrangers. Il n’existe toujours qu'une classe unique de chevalier.

Suite chronologique des chevaliers[modifier | modifier le code]

Amédée VI (1362-1383)[modifier | modifier le code]

Amédée VI surnommé le Vert[4] fondateur et premier chef de l'ordre[5],[6].

Composition[modifier | modifier le code]

Au nombre des membres actuels, l’on peut citer, parmi d’autres dignitaires du plus haut niveau :

Ruban de l'Ordre.
  • S.M. le roi d’Espagne
  • Siméon II, ex-roi de Bulgarie
  • Constantin II, ex-roi de Grèce
  • Jean de Luxembourg
  • Fra' Matthew Festing

L'insigne[modifier | modifier le code]

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Ruban
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Cavaliere


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article [Samuel Guichenon 1660] Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la Maison royale de Savoie : Justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monuments, histoires et autres preuves authentiques ; enrichie de plusieurs portraits, sceaux, monnaies, sculptures et armoiries, t. 1, Lyon, Guillaume Barbier,‎ 1660, 310 p. (lien notice BnF?, lire en ligne)
  • [Claudius Blanchard 1875] Claudius Blanchard, Histoire de l'abbaye d'Hautecombe en Savoie : avec pièces justificatives inédites, Chambéry, Puthod,‎ 1875, 741 p. (lire en ligne)
  • [Dom Romain Clair 2010] Dom Romain Clair, Hautecombe, Aix-les-Bains, Société d’art et d’histoire d'Aix-les-Bains,‎ 2010, 320 p. (ISBN 978-2951969179)

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Bunel, « Armorial des Chevaliers de l'Annonciade », sur http://www.heraldique-europeenne.org/Principal.htm, Héraldique européenne (consulté le 10 octobre 2012).
  2. Claudius Blanchard 1875, « Glorieux règne d'Amédée VI, le Comte-Vert », p. 247 et 248.
  3. Samuel Guichenon 1660, « Notice sur l'ordre de l'Annonciade », p. 112.
  4. On trouve également écrit le Verd
  5. Les chevaliers de l'ordre de l'Annonciade
  6. Le grand dictionnaire historique Par Louis Moreri, Desaint et Saillant page 126 et suivantes
  7. Devise  : A tout venant Beau Jeu
  8. Devise  : Tôt ou tard Vienne
  9. Devise  : A petite cloche grand son