Venustiano Carranza

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Venustiano Carranza
Image illustrative de l'article Venustiano Carranza
Fonctions
Président du Mexique
20 août 191421 mai 1920
Prédécesseur Francisco Carvajal
Successeur Adolfo de la Huerta
20 août 19146 novembre 1914
Prédécesseur Francisco Carvajal
Successeur Eulalio Gutiérrez (Convention d'Aguascalientes)
Gouverneur de Coahuila
22 novembre 191113 avril 1913
Prédécesseur Amador Cárdenas
Successeur Ignacio Alcocer
Biographie
Date de naissance 29 décembre 1859
Lieu de naissance Cuatro Ciénegas, (Mexique)
Date de décès 21 mai 1920
Lieu de décès Puebla, (Mexique)
Nationalité Mexicain
Parti politique Libéral Constitucionalist (PLC)
Liste des chefs d'État du Mexique

José Venustiano Carranza Garza né le 29 décembre 1859 à Cuatro Ciénegas dans l'État de Coahuila au Mexique et mort assassiné le 21 mai 1920 à Tlaxcalantongo, État de Puebla. Il fut Président du Mexique de 1915 à 1920.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Venustiano Carranza à La Cañada
Venustiano Carranza à Piedras Negras

Son père Jesús participa à la Guerre de Réforme et combattit les indiens, partisan de Benito Juárez il est nommé colonel dans l'armée républicaine durant l'intervention française.

Grâce à la fortune de sa famille Venustiano Carranza put fréquenter les meilleures écoles de Saltillo puis de Mexico.

Révolution mexicaine[modifier | modifier le code]

Carranza sous Madero[modifier | modifier le code]

Durant le porfiriat il fut maire de Cuatro Ciénegas, député au congrès de l'état de Coahuila puis député fédéral et sénateur au Congrès du Mexique, gouverneur intérimaire (1908), déçu de ne pas avoir été choisi a titre définitif en raison de ses affinités politiques avec Bernardo Reyes au poste de gouverneur de l'état de Coahuila[1], il fut l'un des premiers à soutenir les efforts de Francisco Madero pour renverser Porfirio Díaz. Il fut nommé gouverneur de l'état de Coahuila par Francisco Madero. Madero une fois au pouvoir le nomma secrétaire de la guerre et de la marine.

Chef constitutionnaliste[modifier | modifier le code]

Après que Victoriano Huerta eut renversé et fait assassiner Madero et Pino Suárez au terme de la Décade tragique, seuls deux gouverneurs, Maytorena au Durango et Carranza au Coahuila, osèrent se soulever contre lui. Venustiano Carranza était un admirateur de Benito Juarez et un partisan de l'application stricte de la Constitution libérale de 1857. Le 4 mars 1913, il forma l'armée constitutionnaliste (Ejército Constitucionalista), qui tirait son nom de cette volonté affichée de respecter la légalité constitutionnelle. Il se proclama «Primer Jefe» (premier chef) de la révolution et, le 26 mars, il publia un document en sept points, connu sous le nom de plan de Guadalupe. son autorité fut reconnue par les chefs révolutionnaires du nord du pays.

Doué de flair politique, Carranza n'avait aucun talent militaire. Il fut bientôt obligé de quitter le Coahuila et de gagner l'État de Sonora où il établit un gouvernement. Il y fit alliance avec Álvaro Obregón, qui se révéla un brillant stratège doublé d'un politicien froid et dissimulateur. À la fin de l'hiver 1913-14, il contrôlait la plus grande partie de l'État de Sonora. En 1913-14, les principales opérations militaires se déroulaient cependant dans l'Etat de Chihuahua, où Pancho Villa infligea des défaites retentissantes à l'armée fédérale. Villa reconnaissait nominalement l'autorité de Carranza, mais celui-ci ne lui faisait pas confiance. Beaucoup de choses séparaient les deux hommes : l'âge mais aussi le tempérament. Carranza était froid et calculateur, tandis que Villa était impulsif et émotionnel[2],[2]. Par ailleurs, les manifestations d'indépendance de Villa irritaient Carranza, qui le considérait comme un rival potentiel. Carranza s'évertua donc par tous les moyens à entraver son action[3].

Huerta, qui n'avait pas le soutien des Américains et dont les troupes subissaient défaite sur défaite, dut renoncer au pouvoir le 15 juillet 1914 et s'exila aux USA, où il mourut en 1916[4],[5].

Les discordes entre chefs éclatèrent alors au grand jour. Pour damer le pion à Villa, Carranza convoqua une «convention des représentants des gouverneurs et des commandants des unités de l'armée constitutionnaliste, qui fut un fiasco. Sous la pression de certains généraux, qui souhaitent éviter un affrontement entre Carranza et Villa, il fut décidé qu'elle se poursuivrait en terrain neutre, à Aguascalientes[6].

Le 10 octobre 1914, la Convention d'Aguascalientes commença ses travaux. On peut grosso modo diviser les participants en trois groupes : les villistes, les carrancistes et les «indépendants», bien qu'aucun des trois ne fût vraiment homogène[7]. Obregón fut à l'origine d'une proposition présentée le 30 octobre : démettre Carranza, retirer à Villa le commandement de la division del Norte et désigner un président par intérim[8]. Le1er novembre 1914, Eulalio Gutiérrez fut élu président provisoire par la Convention. Villa accepta la proposition, tandis que Carranza, qui avait déployé en vain des manœuvres dilatoires et entendait soumettre sa démission à certaines conditions, quitta Mexico le 2 novembre pour la ville de Cordoba. Il finit par être déclaré rebelle par la convention le 10 novembre. Obregón, qui considérait l'issue des travaux comme un échec, se rallia à Carranza. La rupture entre les dirigeants révolutionnaires était consommée. Le mouvement était maintenant divisé en «institutionnalistes», c'est-à-dire les partisans de Carranza et en «conventionnalistes»[9].

Victoire et présidence de Carranza[modifier | modifier le code]

Le 24 novembre 1914, les derniers soldats de Carranza quittèrent Mexico pour le port de Veracruz. où Carranza établit le siège de son gouvernement, après le départ des Américains qui occupaient la ville. Les forces conventionnalistes se déchirèrent rapidement. Tandis que Villa accumulait les maladresses, Carranza eut l'habileté de faire des concessions politiques et d'adapter son programme : le 6 janvier 1915, il promulgua une loi de réforme agraire. Sa portée était limitée mais elle atteignit son but : aliéner une partie de la base paysanne de Villa. Par ailleurs, au printemps 1915, Obregón, à la tête des troupes institutionnalistes et soutenu par ses bataillons rouges de la Casa del obrero mundial, remporta une série de victoires militaires extrêmement sanglantes, qui brisèrent Villa.

Carranza, assuma la présidence le 1er mai 1915. En 1916, plus aucun chef de faction révolutionnaire n'était en mesure de contester son pouvoir à l'échelon national, comme en témoigne la pragmatique reconnaissance de facto de son gouvernement par les États-Unis en octobre 1915[10]. Il mit en place un système judiciaire indépendant, plus de décentralisation, et une réforme agraire sous le système de l'ejido. C'était un homme d'une grande intelligence avec une vaste connaissance de la situation et de l'histoire mexicaine. Il était aussi opportuniste et sans pitié pour ses adversaires. Les zapatistes qu'il combattit inventèrent le verbe « carrancear » tiré de son nom, et qui signifiait pillage, mort et désolation. En septembre 1916, il vit le besoin d'une nouvelle constitution et appela une convention constitutionnelle. La constitution de Querétaro fut adoptée le 5 février 1917. Le 1er mai 1917, Carranza fut élu le premier président sous la nouvelle constitution.

Le Mexique était cependant loin d'être pacifié. De grandes parties du territoire échappaient aux carrancistes. Non seulement ni Villa ni Zapata ne sont définitivement écrasés, mais bon nombre de leurs partisans, devenus des bandits de grand chemin entretenaient l'insécurité. Carranza offrit une récompense sur la tête de Zapata, qui mena à son assassinat dans une embuscade (1919), tandis que Villa poursuivait un combat sans issue.

Chute et assassinat[modifier | modifier le code]

En 1920, comme sa présidence arrivait à son terme, il choisit Ignacio Bonillas pour successeur. Ignacio Bonillas, inconnu de tous, était ambassadeur à Washington. Il devait servir de marionnette pour Carranza et empêcher Álvaro Obregón d'accéder à la présidence. Les alliés de ce dernier, Adolfo de la Huerta ainsi que Plutarco Elías Calles, tous deux natifs de l'état de Sonora, comme Obregón, auquel ils étaient très liés, lancèrent le plan d'Agua Prieta et forcèrent Carranza à fuir Mexico. Il choisit de retourner à Veracruz mais il fut intercepté et assassiné en route à Tlaxcalantongo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Krauze 1997, p. 193
  2. a et b McLynn 1991, p. 231
  3. Krauze 1997, p. 209
  4. (en) Burton Kirkwood, History of Mexico., Westport, CT, Greenwood Publishing Group, Incorporated,‎ 2000, 1e éd., poche (ISBN 978-1-4039-6258-4), p. 107
  5. (en) Burton Kirkwood, History of Mexico., Westport, CT, Greenwood Publishing Group, Incorporated,‎ 2000, 1e éd., poche (ISBN 978-1-4039-6258-4), p. 100
  6. Nunes 1975, p. 93
  7. Katz 1998, p. 381
  8. Gilly 1995, p. 120
  9. Nunes 1975, p. 96
  10. Knight 1990, p. 329

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolfo Gilly (trad. Pierre-Luc Abramson et Jean-Pierre Paute), La révolution mexicaine. 1910-1920 : une révolution interrompue, une guerre paysanne pour la terre et le pouvoir, Editions Syllepse,‎ 1995
  • (es) Enrique Krauze, Biografia del poder : Caudillos de la Revolucion mexicana, TusQuets Editores, coll. « Coleccion andanzas »,‎ 1997
  • (en) Frank McLynn, Villa and Zapata. A Biography of the Mexican Revolution, Pimlico,‎ 2001
  • Americo Nunes, Les révolutions du Mexique, Flammarion,‎ 1975
  • Manuel Plana (trad. Bruno Gaudenzi), Pancho Villa et la révolution mexicaine, Casterman,‎ 1993
  • (es) Lucas Alamán, Historia de México desde los primeros movimientos que prepararon su independencia en 1808 hasta la época presente, México D.F., Fondo de Cultura Económica,‎ 1985
  • (es) Carmen Blázquez Domínguez, Veracruz, una historia compartida, Gobierno del Estado de Veracruz, Instituto Veracruzano de Cultura,‎ 1988, 369 p. (ISBN 968-6173-60-9)
  • (es) Carlos María de Bustamante, Cuadro histórico de la Revolución mexicana, México D.F., INEHRM,‎ 1843 (réimpr. 1985)
  • (es) Luis Garfias Magana, Guerrilleros de México: Personajes famosos y sus hazanas, desde la Independencia hasta le Revolución mexicana, México D.F., Panorama,‎ 1980, 138 p.
  • Alexander Von Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, Paris,‎ 1811
  • (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, México D.F., Diana,‎ 1993, 165 p. (ISBN 968-13-2560-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]