Francisco I. Madero

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Francisco I. Madero
Illustration.
Fonctions
Président du Mexique
Vice-président José María Pino Suárez
Prédécesseur Francisco León de la Barra
Successeur Pedro Lascuráin Paredes
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Coahuila, (Mexique)
Date de décès (à 39 ans)
Lieu de décès Mexico, (Mexique)
Nationalité Mexicain
Parti politique Constitutionnel Progressiste (PCP) ancêtre du Parti national anti-réélectionnist
Liste des chefs d'État du Mexique

Francisco Ignacio Madero González (, Coahuila, Mexico) est un homme politique, qui fut président du Mexique de 1911 à 1913. Il est connu au Mexique comme el Apostol de la revolución, l'apôtre de la révolution.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Sa famille comptait parmi les plus riches du pays. Il reçut une éducation soignée chez les jésuites, puis partit étudier à Baltimore, HEC à Paris, et à l'Université de Californie à Berkeley. Ce richissime entrepreneur voulait apporter la démocratie au Mexique, mais sans bouleverser les cadres de la société ; il pensait que la démocratie apporterait par elle-même et au fil du temps l'amélioration des conditions de vie pour l'ensemble des Mexicains. Son slogan était le même que celui de Díaz à ses débuts : sufragio efectivo, no reelección (suffrage effectif et pas de réélection). Luttant contre le gouvernement de Porfirio Díaz, qui, sans cesse réélu, gouvernait le pays depuis 1876, il créa le Parti national anti-réélectionniste le 22 mai 1909[1] et présenta sa candidature aux élections de 1910. Accusé de fomenter une insurrection armée, il fut arrêté le et emprisonné à San Luis Potosí. Après s'être échappé de la prison, il se réfugia aux États-Unis[2] et y proclama le plan de San Luis qui déclencha la révolution mexicaine.

Présidence[modifier | modifier le code]

Après la chute de Ciudad Juárez et le départ en exil de Porfirio Díaz qui ce faisant voulait empêcher une guerre civile, Madero, qui alors avait le soutien des États-Unis, remporta l’élection présidentielle d'octobre 1911 et accéda au pouvoir le 6 novembre. La longue période de progrès matériel et dans les infrastructures (ports, voies ferrées, industrialisation) mais aussi d'immobilisme politique qui avait marqué le porfiriat exigeait de nombreuses réformes tant administratives que politiques. Madero ne put surmonter les divergences entre révolutionnaires et satisfaire tout le monde. Pour des raisons opposées, il déçut agraristes, partisans de la restitution des terres et conservateurs, ouvriers des villes et classe moyenne. Madero en désaccord sur le problème agraire avec Emiliano Zapata qu'il venait pourtant de nommer général, envoya dans l'État de Morelos le général Victoriano Huerta, pour le combattre lui et ses partisans.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Cependant, au début de l'année 1913, Huerta conspira avec Bernardo Reyes, Felix Díaz, le neveu de Porfirio, et l'ambassadeur américain Henry Lane Wilson qui craignait que l'arrivée au pouvoir de Madero n'ouvrît une période d'instabilité. Le coup d'état fut fixé au . Il fut convenu que Madero serait destitué et que Reyes lui succèderait jusqu'à ce que des élections permettent à Díaz d'accéder au pouvoir[3]. Le coup d'état fut le début d'une période confuse et sanglante qui dura dix jours. Cette période est connue en espagnol sous le nom de «Decena Trágica» (la décade tragique). Madero, qui ne soupçonnait rien de la trahison de Huerta, prit une série de décisions qui lui furent fatales. Il confia à Huerta le commandement des troupes chargées de mater les rebelles menés par Díaz après la mort de Reyes. Le 17 février, Gustavo Madero, le frère du président, fit arrêter Huerta. Le président, pour des raisons inexplicables, le fit libérer. Le 18 février, Francisco Madero fut arrêté et emprisonné. Huerta s'empara du pouvoir, après avoir convaincu Madero de démissionner et lui avoir donné sa parole qu'il aurait la vie sauve. Le 21 février, Madero fut pourtant assassiné par ses gardiens, en même temps que son vice-président Pino Suárez, au cours d'un simulacre de tentative d'évasion. Cet fut le prologue d'une guerre civile entre révolutionnaires.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Madero était un adepte du spiritisme[4],[5] et un membre important de la franc-maçonnerie[6]. Il était végétarien et non violent[7].

Le 30 novembre 1911 Il fut le premier président en exercice au monde a prendre l'avion durant un vol de 4 minutes sur un Deperdussin piloté par George Miller Dyott (en).

Madero a figuré sur de nombreuses monnaies et billets de banque mexicains. Son effigie apparaît sur les nouvelles pièces de 5 pesos de circulation courante de 2009 commémorant le 100e anniversaire de la Révolution.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Manuel Plana, Pancho Villa et la révolution mexicaine, Casterman - Giunti,‎ 1993
  • (en) Frank McLynn, Villa and Zapata. A Biography of the Mexican revolution, Pimlico,‎ 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. NUNES A., Les révolutions du Mexique, Flammarion, Paris, 1975, p. 70.
  2. Plana 1993, p. 27
  3. McLynn 2001, p. 152
  4. Rosales Hernán, Madero y el espirítismo, Editorial Posada, Mexico D.F., 1973
  5. Ferre de Mendioles Gabriel, Vida de Francisco I. Madero, Secretaría de Educación Pública, 1945
  6. Robert A. Minder, Freimaurer Politiker Lexikon, Zum Rauhen Stein. ISBN et PARKES H. B., Histoire du Mexique, trad. SOUSTELLE J., Paris, 1939, p. 326.
  7. JAUFFRET E., Révolution et sacrifice au Mexique, Les éditions du Cerf, Paris, 1986, p. 12.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]