Inégalités de revenus salariaux entre hommes et femmes

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Les inégalités de revenus entre les hommes et les femmes fait l’objet d’un débat entre scientifiques, sociologues et économistes pour quantifier la part qui revient à la différence biologique entre les sexes, à des préférences économiques (le nombre d’heures travaillées) ou à la discrimination sexiste.

En France[modifier | modifier le code]

L’Observatoire des inégalités, constatant les inégalités de salaires entre femmes et hommes en France a tenté de les quantifier[1]. Selon ses chercheurs, l’écart global est de 27 % et se répartit entre :

  • 13,3 % dû au temps de travail : les femmes sont cinq fois plus souvent en temps partiel que les hommes, leur revenu tous temps de travail confondu est logiquement inférieur (de 7,5 %) ; les hommes font plus souvent des heures supplémentaires (ce qui explique 5,8 % de différence)
  • 3,7 % est dû à des différences de poste (cadre, employé, ouvrier), d’expérience, de qualification et de diplôme et de secteur d’activité (éducation ou finance)
  • 9,7 % restent inexpliqués (ou attribués au sexisme).

Selon un rapport de l'OCDE publié en décembre 2012, les Françaises gagnent 13 % de moins que les hommes, contre 9,5 % en 2000, ce qui témoigne d'un accroissement du fossé entre les revenus hommes-femmes. Olivier Thévenon, économiste à la division emploi de l'OCDE précise que « c'est le résultat des interruptions de carrière, du travail partiel et de la base de calcul des retraites sur une période plus longue en France ». L'écart de salaires se creuse pour les familles d'un ou plusieurs enfants, atteignant 22 %, et ce en raison des frais qui incombent de les élever et d'une fiscalité n'encourageant pas à travailler davantage. En outre, le rapport note que le taux d'emploi des femmes en France est de 60 % contre 68,1 % pour les hommes (dans le monde, il est de 56,7 % pour les femmes et de 73 % pour les hommes). Le rapport note qu'une réduction de cet écart permettrait d’accroître le PIB de 12 % en 20 ans, encourageant l'emploi féminin ; il déplore les politiques d'austérité mises en place dans les pays industrialisés, les femmes salariées étant les premières à en pâtir, tant au niveau des salaires, des recrutement que de la politique familiale[2].

Évolution des salaires mensuels nets moyens[modifier | modifier le code]

En 2011, le salaire mensuel net moyen d’un homme travaillant à temps complet s’élevait à 2 312 euros, tandis que celui d’une femme était de 1 865 euros, soit un salaire inférieur de 19,3 % à celui de son collègue masculin.

Révision novembre 2013[3]
Année 2000 2005 2008 2009 2010 2011
Salaire hommes (euros) 1 825 2 037 2 201 2 223 2 266 2 312
Salaire femmes (euros) 1 459 1 652 1 742 1 777 1 815 1 865
Salaire femmes
en % du
salaire hommes
79,9 % 81,1 % 79,1 % 79,9 % 80,1 % 80,7 %

Évolution des salaires horaires nets moyens[modifier | modifier le code]

Révision novembre 2013[4]
Année 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Salaire hommes (euros) 13,42 13,85 14,29 14,46 14,70 14,99
Salaire femmes (euros) 11,12 11,47 11,83 12,05 12,31 12,64
Salaire femmes
en % du
salaire hommes
82,9 % 82,8 % 82,8 % 83,3 % 83,7 % 84,3 %

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Évolution du salaire annuel médian[modifier | modifier le code]

En 2010 aux États-Unis, le salaire annuel médian d’un homme travaillant à temps complet s’élevait à 49 221 $, tandis que celui d’une femme était de 38 097 $, soit un salaire inférieur de 22,6 % à celui de son collègue masculin[5]. Cependant, l'écart s'est réduit au cours des dernières décennies.

Année 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Salaire hommes ($) 35 676 46 346 48 369 46 173 48 654 49 221
Salaire femmes ($) 21 646 27 515 29 098 33 068 35 868 38 097
Salaire femmes
en % du
salaire hommes
60,7 % 59,4 % 60,2 % 71,6 % 73,7 % 77,4 %

Évolution du salaire hebdomadaire médian[modifier | modifier le code]

En 2010 aux États-Unis, le salaire hebdomadaire médian d’un homme travaillant à temps complet s’élevait à 850 $, tandis que celui d’une femme était de 690 $, soit un salaire inférieur de 18,8 % à celui de son collègue masculin[5].

Année 1970 1980 1990 2000 2010
Salaire hommes ($) 854 828 837 850
Salaire femmes ($) 546 595 644 690
Salaire femmes
en % du
salaire hommes
62,3 % 63,9 % 71,9 % 76,9 % 81,2 %

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Un rapport des Nations Unies[6] montre qu’en 2004, les femmes travaillant dans le secteur manufacturier ont, presque partout dans le monde, un salaire inférieur à leur homologues masculins indépendamment de leur âge, de leur expérience et d’autres facteurs. Au Royaume-Uni, leur salaire moyen est de 79 % de celui d’un ouvrier, au Japon de 60 %, en France de 78 %, en Allemagne de 74 %. Dans les pays développés, la Scandinavie se distingue par sa (toute) relative égalité puisque les ouvrières gagnent 87 % autant qu’un homme au Danemark ou 91 % en Suède. Parmi les pays les plus inégalitaires, le Botswana et le Paraguay avec 53 %. Parmi les pays où l’inégalité est inversée, se trouvent la Suisse (133 %) et le Qatar (194 %)[7].

Plus récent, un rapport commandé par la Confédération syndicale internationale[8] montre qu’en 2008 l’écart moyen des soixante-trois pays recensés est de 15,6 % (le salaire d’une femme se monte en moyenne à 84,8 % de celui d’un homme). Ces statistiques excluent le secteur informel.

Le plafond de verre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Plafond de verre.

Moins bien payées, les femmes sont aussi moins souvent promues à des postes de direction et bénéficient par conséquent moins souvent que les hommes des salaires supérieurs qui vont avec. D'après la Gazette des communes[9], en France, les femmes représentent 59,1 % des fonctionnaires, avec une pointe à 77 % dans la fonction publique hospitalière, suivie de l’Éducation nationale. Au total, toutes administrations confondues, elles occupent 16 % des emplois de direction, le taux le plus faible étant à l'Éducation nationale où seulement 11,3 % de femmes participent à la direction. Certaines personnes disent que l’État français donne ainsi l'image caricaturale de la femme nourricière, soignante, éducatrice mais soumise à l'homme quand il s'agit de prendre des décisions, de diriger, de commander.

Paradoxalement, aux États-Unis comme en France les diplômés des MBA sont en grande partie des femmes (à 43 % pour les États-Unis[10]) mais 1,5 % des PDG sont des dirigeantes et au sein des 1500 plus grosses entreprises américaines, elles ne représentent que 2,5 % des postes les mieux payés.

D’une étude statistique[10] faite sur 2000 diplômés du MBA de l'université de Chicago, il ressort que :

  1. les femmes sont moins nombreuses à suivre le cursus « finance », or ce cursus est fortement corrélé avec une forte rémunération.
  2. même sans enfants, les femmes travaillent moins (un tout petit peu moins) que les hommes, mais cumulé sur quinze ans de carrière, cela équivaut à un écart temporel de six mois.
  3. les femmes sont plus enclines à interrompre leur carrière : seuls 10 % des hommes contre 40 % des femmes ont fait une interruption de plus de six mois. Le « handicap » représenté par le fait de faire des enfants et de s’en occuper explique une partie de l'écart mais pas la totalité.

Ce qui est valable, en général, pour les MBA américains l’est aussi, en particulier, pour la plus prestigieuse des écoles de commerce français, HEC. Comme le constate une diplômée : « Le problème, c'est que dans les qualités intrinsèquement attribuées aux femmes, la modestie, la discrétion et même le silence sont leur lot. Si une femme demande une promotion, elle enfreint plusieurs de ces attributs féminins : elle cesse d'être modeste en pensant qu'elle mérite une promotion, elle prend la parole (au lieu de garder le silence). In fine, elle se verra reprocher son ambition « démesurée », une agressivité « déplacée » - alors que pour un homme, il est considéré comme normal - voire positif - de demander une promotion. » D’où la création, au sein de l’association des anciens élèves, d’HEC au Féminin[11] pour offrir des outils de carrière - parfois très concrets comme « comment demander une promotion » ou organiser des rencontres avec des femmes manager qui peuvent servir de modèles.

Pour lutter objectivement contre ce plafond de verre, des chercheurs de McKinsey ont démontré qu’une entreprise dont la direction est féminisée est plus performante[12].

Explications attribuées au sexe[modifier | modifier le code]

Une étude réalisée par des économistes béhavioristes[10] aurait montré que les femmes sont moins motivées à gagner de l'argent. Selon eux, le mythe de la jeune louve aux dents longues n'a jamais existé et n'existera sans doute jamais.

Cette différence de motivation pourrait, selon certains auteurs[Qui ?], aussi être liée au fait que les femmes sont, pour des raisons culturelles, le plus souvent mariées à des hommes qui peuvent subvenir à leurs besoins financiers, et pour qui cette différence de revenus entre le mari et la femme constitue la raison d'être du mariage. Dans ces conditions, la femme est confrontée à des impératifs financiers moins prenants, ce qui tend à la rendre moins exigeante lors de la négociation salariale[réf. nécessaire].

Sexisme[modifier | modifier le code]

Cet écart de motivation n'explique pas non plus tout. Comme le constate l’INSEE, « Pendant leurs six premières années de vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10 % à ceux des femmes : 1 380 euros par mois, toutes primes comprises, pour les hommes et 1 260 euros pour les femmes en 2008[13]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les inégalités de salaires hommes-femmes : du temps de travail aux discriminations
  2. Anne Cheyvialle, « L'écart hommes-femmes se creuse », in Le Figaro Économie, mardi 18 décembre 2012, page 23.
  3. Écart de salaires mensuels nets entre les hommes et les femmes en 2011, rapport de l’INSEE, novembre 2013
  4. Salaires horaires nets par sexe et catégorie socioprofessionnelle en 2011, rapport de l’INSEE, novembre 2013
  5. a et b (en)IWPR - The Gender Wage Gap: 2011
  6. Statistiques et indicateurs sur les hommes et les femmes : tableau 5g Salaire des femmes relatif aux hommes (Women's wages relative to men's), United Nations Statistics Division, 22 avril 2005
  7. Pour ce richissime pays pétrolier, la situation s’explique sans doute par le fait qu’une part importante de la population active est immigrée et masculine, issue d’Inde, du Pakistan, etc. et que la qatarisation de l’économie « force » les entreprises à embaucher des travailleurs locaux, dont des femmes, et que ceux-ci bénéficient d’avantages salariaux supérieurs aux immigrés.
  8. Chubb, C Melis S, Potter L and Storry R eds International Trade Union Confederation Reports 2008, The Global Gender Pay Gap, Brussels
  9. 23 mars 2009, p. 10
  10. a, b et c Steven Levitt & Stephen J. Dubner, Super Freakonomics, Denoël, Paris, 2010, p. 72 et suivantes.
  11. HEC au féminin
  12. Women matter.
  13. Femmes et hommes en début de carrière, rapport de l’INSEE, février 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]