Guy Peellaert

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Guy Peellaert (né le 6 avril 1934 à Bruxelles en Belgique, mort le 17 novembre 2008 à Paris) était un graphiste, auteur de bandes dessinées, peintre, illustrateur, affichiste et photographe belge. Il détourna et recomposa la réalité autour de personnages marquants des années pop dans des livres cultes comme Rock Dreams, des photomontages, des pochettes de disque et des affiches de film.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié à l’École des Beaux-Arts de Bruxelles, il débute comme décorateur de théâtre et illustrateur publicitaire.

Installé à Paris, à partir de 1967, il se fait connaître par le biais de la bande dessinée semi-érotique. Son style s’apparente à l’esthétique « psychédélique » et au Pop Art:

  • Les Aventures de Jodelle, sur un scénario de Pierre Barbier, paraissent en 1966 dans le mensuel satirique Hara-Kiri. L'héroïne est un avatar de la chanteuse Sylvie Vartan.
  • Peellaert réitère en 1967 dans ce même magazine, avec une seconde aventure, coécrite avec Pascal Thomas pour une nouvelle héroïne, Pravda, la survireuse. Cette fois, c'est la chanteuse Françoise Hardy qui est prise comme modèle. Pravda symbolise l'Héroïne sexuée. Le livre est alors un choc pour beaucoup de monde jusqu'en Pologne[1]. Le mouvement du Pop Art s'approprie ces deux héroïnes aux États-Unis.
  • Dans le même style, Peellaert réalise la même année, le générique et les inserts animés du film d’Alain Jessua, Jeu de massacre avec Jean-Pierre Cassel dans le rôle d’un auteur de bandes dessinées[2].
  • Signalons aussi, The Game, bande dessinée qui paraît à partir du no 78 du mensuel Hara-Kiri de mars 1968 et SHE and the Green Rairs, bande dessinée en collaboration avec Roger Wolfs qui paraît à partir du no 86 du mensuel Hara-Kiri de novembre 1968

Peellaert vit à Paris, où il travaille dans un fouillis indescriptible près de la Place de la Bastille. Son atelier est rempli de photos, d'images, de textes découpés en vue de ses montages. Il vit avec sa femme Elisabeth, traductrice d'ouvrages anglo-saxons, et son fils Orson[3].

En 1969, Pelleart part travailler en Allemagne puis aux États-Unis où il se consacre à la peinture qui se traduit dans la conception d’affiches de films pour quelques cinéastes, dont : Robert Altman, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Wim Wenders ou Robert Bresson (Voir section Affiches de cinéma)
Et des pochettes de disques pour David Bowie, The Rolling Stones ou Étienne Daho (Voir section Pochettes de disques)

En 1982, sur la musique de Franz Waxman – issue du film Une place au soleil, réalisé par George Stevens –, il réalise le générique de l’émission de Télévision consacrée au Septième Art, Cinéma, cinémas pour Antenne 2.

Ses œuvres font l’objet de nombreuses expositions à travers le monde (Londres, Bâle, Tokyo, Paris, New York, La Havane, Reims, Brest).

Elles sont réunies dans quelques livres qui connaissent un grand succès international :

  • Rock Dreams (1974)[4]: album d’illustrations peintes autour de rencontres improbables entre artistes du show-bizz photos peintes de stars du rock ou de la pop music, sur des textes de Nick Cohn (critique de musique rock). Il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires.
  • Las Vegas. The Big Room (1986)[5] : Peellaert utilise le pastel pour représenter des célébrités emblématiques de l’Amérique (textes de Michael Herr).
  • Rêves du 20 e siècle (1999)[6] : avec la complicité de Nick Cohn pour les textes, Peellaert rassemble des collages peints de diverses personnalités politiques comme Jacqueline Kennedy et Cassius Clay, Jane Fonda ou Richard Nixon.

Ses dernières productions sont faites de découpages photographiques à l’aide de la palette graphique sur ordinateur, telle l'étonnante carte de vœu « La République contre les bien-pensants », qu'il réalise pour Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'intérieur, en 2000[7]. Napoléon y enlace une Jeanne d'Arc en armure et Chevènement botte les fesses de bourgeois en haut-de-forme[8]. Pelleart se range aux côtés de Chevènement pour l'élection présidentielle de 2002[9].

Fashion Dreams, son dernier travail, est publié en avril 2008. C’est une exceptionnelle série de tableaux exécutés pour Next, le supplément artistique du quotidien Libération. Il y a Madonna, Mareva Galanter, Vanessa Paradis, Tina Turner... dans un jeu de rôle illustrant le thème de la mode et de la musique, cher à ce créateur visionnaire. Le 3 novembre de la même année paraît Petite Mort, le premier album du groupe de rock, Second Sex, dont il a réalisé la pochette.

Deux semaines après, Peellaert meurt d'un cancer à l'âge de 74 ans. Il a été incinéré au crématorium du cimetière parisien du Père-Lachaise, le vendredi 21 novembre 2008[10].

Affiches de cinéma[modifier | modifier le code]

Réalisateur Titre original Traduction Année Observation
Robert Altman Short Cuts 1993
Robert Bresson L’Argent 1983
Francis Ford Coppola One from the Heart Coup de cœur 1982
The Outsiders Outsiders 1983
Stephen Frears My Beautiful Laundrette 1985
Alain Jessua Jeu de massacre Comic Strip Hero 1967 Une affiche a été spécialement créée pour le marché anglais.
Jim McBride The Big Eazy The Big Easy, le flic de mon cœur 1987 L’article The, n’est pas inscrit sur l’affiche française.
Martin Scorsese Taxi Driver 1976
Wim Wenders Der Amerikanische Freund L'Ami américain 1977
Lightning Over Water Nick’s Movie 1980 Film coréalisé avec Nicholas Ray.
Hammet 1982
Der Stand der Dinge L'État des choses 1982
Paris, Texas 1984 Deux affiches différentes ont été créées.
Tokyo Ga 1985
Der Himmel über Berlin Les Ailes du désir 1987
Don't Come Knocking 2005

Pochettes de disques[modifier | modifier le code]

Artiste Titre du disque Label Année Observation
Guy Béart Béart chante l’espace Temporel/CBS 1968 Sur microsillon super 45 tours (GB 60 007).
David Bowie Diamond Dogs RCA 1974 Peu après sa sortie, la censure fait retirer les disques du commerce pour que soit dissimulé l’ « entre-patte » de la créature hybride, mi-Bowie mi-chien, de la pochette.
Bowie at the Beeb BBC 2000
Étienne Daho Pour nos vies martiennes Virgin 1988
Willy DeVille Horse of a Different Color EastWest 1999
Lio Wandatta WEA 1996
Jacques Loussier Jeu de massacre Disques Vogue 1967 Bande originale du film d’Alain Jessua sur microsillon super 45 tours.
Astor Piazzolla Tanguedia de Amor Piazzolla/Milan Records 1989 Compilation.
The Rolling Stones It's Only Rock'n Roll Rolling Stones/Atlantic 1974 La censure fait supprimer la culotte abandonnée sur la dernière marche de l’escalier qui doit figurer au dos de la pochette.
Second Sex Petite Mort Because Music 2008
Les Variations Café de Paris Buddah Records 1975

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Guy Peellaert, vérités et mensonges, réalisé par Philippe Cornet, à l’occasion de la rétrospective « Paris/New-York/Los Angeles », Canal Jimmy, RTBF (52 min).
  • 2004 : Guy Peellaert, l’art et la manière, réalisé par Claude Ventura (coresponsable de l’émission « Cinéma, Cinémas »).

Autour de Pravda[modifier | modifier le code]

  • Pravda figure parmi les personnalités internationales présentes sur l’affiche du film One + One, réalisé en 1968 par le cinéaste Jean-Luc Godard avec les Rolling Stones.
  • En 1999, le groupe de hard rock, Jack Meatbeat and the U.G.S., l'emprunte pour la pochette de leur album, Back From World War III (Munster Records).
  • En 2000, le groupe de rock, Play Group, l’utilise pour la pochette de l’album, Make It Happen ! (Source SOURCDS017).
  • En 2001, le couturier Jean-Charles de Castelbajac contacte Guy Pellaert pour dessiner ses imprimés en reprenant les images de Pravda (et de Jodelle). Invité au défilé, cette collection printemps-été 2002, baptisée Physical Graffiti, lui est dédié.
  • En prévision d’une série télévisée, 13 synopsis sont rédigés en 2002, et un épisode test – scénarisé par Guy Pellaert et Gallien Guibert – de 3 min 30, est réalisé en 2003. La série ne verra pas le jour[11].
  • Au Japon, une exposition, « Looking for Pravda », est organisée dans l’espace de la boutique de produits de luxe, CELINE (du groupe LVMH), avenue Omotesandō à Tokyo, en septembre/octobre 2004[12].
  • Dans le numéro spécial du magazine Pilote, publié pour le 40e anniversaire de mai 68, Christophe Blain rend « Hommage à Peellaert » avec Une fille, pastiche en bande dessinée de Pravda la survireuse.
  • Peu avant sa mort, Guy Peellaert projetait de donner une suite à Pravda la survireuse. Celle-ci aurait eu les traits de l’actrice Isild Le Besco[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Les Aventures de Jodelle, scénario de Pierre Bartier, éd. Éric Losfeld, octobre 1967
  • Pravda, la survireuse, coécrit avec le cinéaste Pascal Thomas, éd. Éric Losfeld, janvier 1968.

Œuvres peintes[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

  • Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye : rétrospective de son œuvre au Musée Maillol, 61 rue de Grenelle 75007 Paris, du 27 mai 2009 au 28 septembre 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après le témoignage de la galeriste Basia Embiricos, amie de Peelleart, dans Yves-Marie Labé, Le Monde, 25.11.08
  2. DVD coll. « Les films inclassables », Studio Canal, juin 2004.
  3. Le Monde, 25.11.08
  4. Rock Dreams, Albin Michel, réédition Taschen, 2003
  5. Albin Michel, 1986, Préface de Jean Baudrillard
  6. Grasset, 1999
  7. Interview de Jean-Pierre Chevènement au sujet de cette carte de vœux.
  8. Billet sur le site de Jean-Pierre Chevènement
  9. Le Monde, 30/03/2002, sur le site de la Galerie Basia Embiricos
  10. Brigitte Ollier, [1], Libération, 19 novembre 2009
  11. Épisode test de Pravda la survireuse.
  12. Diaporama dans la section « Exhibitions » du site officiel (voir lien externe ci-dessous).
  13. Bodoï, Benjamin Roure, le 19 novembre 2008.
  14. Les images peuvent être feuilletées dans la section « Paintings » du site officiel (voir lien externe ci-dessous).

Lien externe[modifier | modifier le code]